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Maxime Perret, Paul Bar

L'éducation des mères


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066323264

Table des matières

PRÉFACE

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE PREMIER

Vêtements.

Alimentation.

Exercice.

Voyages.

Professions.

Bains, injections.

Rapports sexuels.

Seins.

Urines.

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER

§ 1 er . — SOINS IMMÉDIATS

§ 2. — HABILLEMENT DE L’ENFANT

§ 3. — SOINS ULTÉRIEURS A DONNER AU NOUVEAU-NÉ

CHAPITRE II

§ 1. — CAUSES INVOQUÉES POUR NE PAS NOURRIR

§ 2. — QUANTITÉS DE LAIT QUE LE NOUVEAU-NÉ DOIT PRENDRE PENDANT LES DIX PREMIERS JOURS

§3. — QUANTITÉS DE LAIT QUE L’ENFANT DOIT PRENDRE APRÈS LE DIXIÈME JOUR

§ 4. — DIFFICULTÉS QUE L’ON PEUT RENCONTRER DANS L’ALLAITEMENT AU SEIN

§ 5. — ALLAITEMENT PAR UNE NOURRICE MERCENAIRE

§ 6. — CHOIX D’UNE NOURRICE

§ 7. — HYGIÈNE DE LA FEMME QUI NOURRIT

CHAPITRE III

§ 1. — LA MÈRE N’A PAS ASSEZ DE LAIT POUR NOURRIR SEULE SON ENFANT, IL FAUT L’AIDER: QUEL LAIT ALLONS-NOUS LUI DONNER, ET COMMENT ALLONS-NOUS LE DONNER?

§ 2. — COMMENT DONNER LE LAIT STÉRILISÉ

§ 3. — SEVRAGE

CHAPITRE IV

§ I er . — ALLAITEMENT ARTIFICIEL PENDANT LES DIX PREMIERS JOURS POUR UN ENFANT MOYEN PESANT TROIS KILOGR.

§ 2. — ALLAITEMENT APRÈS LE DIXIÈME JOUR

§ 3. — ALIMENTATION PENDANT LA SECONDE ANNÉE

CHAPITRE V

§ 1 er . — REFROIDISSEMENT

§ 2. — ALIMENTATION

§ 3. — MALADIES CONTAGIEUSES

CHAPITRE VI

§ 1 er . — DENTITION

§ 2. — VACCINATION

CHAPITRE VII

§ 1 er . — LA DIARRHÉE

§ 2. — REFROIDISSEMENT

§ 3. — CONSTIPATION

§ 4. — ÉRYTHÈME DU SIÈGE

§ 5. — MUGUET

§ 6. — ECZÉMA

Livret de l’Enfant


Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation

réservés pour tous pays.

Copyright by Ch. Delagrare, 1912.

PRÉFACE

Table des matières

Il n’est personne qui ne reconnaisse la nécessité de lutter contre la mortalité infantile.

La loi Roussel eût pu assurer la victoire. Appliquée par des mains défaillantes ou des esprits indifférents, elle n’a pas donné les résultats que ses auteurs espéraient.

Le meilleur de ce qui a été obtenu est dû à l’initiative privée.

C’est elle qui a réussi à secouer l’indifférence de nos administrations publiques, c’est elle, et bien elle seule, qui a provoqué ce mouvement d’assistance sociale des petits, qui sera, pour ceux qui nous suivent, à la fois un objet d’admiration à l’égard de ceux qui l’ont provoqué et de légitime révolte contre ceux qui, étant de par leurs fonctions chargés de protéger les enfants, semblent ignorer leur devoir.

Aujourd’hui, les Mutualités maternelles, les Œuvres d’assistance aux femmes enceintes ou nourrices, les Gouttes de lait, les Consultations de nourrissons, se multiplient.

Les résultats qu’elles permettent d’obtenir dans les régions où elles trouvent un peu d’aide auprès des municipalités ou des administrations départementales, montrent que le succès serait certain et rapide, si la torpeur administrative pouvait être partout ébranlée.

Dans ces œuvres privées les Consultations de nourrissons occupent une place prépondérante.

Elles sont l’œuvre de Budin.

Dans tous les services hospitaliers qu’il a été appelé à diriger, il a organisé avec cette sûreté de méthode qui était une de ses plus hautes qualités, une Consultation de nourrissons qu’il ne manquait jamais de faire lui-même.

Avec une patience inlassable, ignorant des heures qui s’égrenaient, il donnait et redonnait aux mères des conseils, en apparence simples, j’allais dire enfantins, et cependant d’une importance telle que sans eux toute consultation de nourrissons devient une œuvre stérile.

Bien n’est facile pour un débutant, rien n’apparaît simple pour une mère qui, voulant bien faire, ne sait pas ce qu’elle doit faire.

Budin n’ignorait pas ce précepte, et lui qui à l’amphithéâtre, devant ses élèves, se plaisait à aborder l’étude des problèmes les plus compliqués de la science obstétricale, savait mieux que personne apporter dans les leçons qu’il donnait aux mères, une simplicité qui rendait son enseignement accessible à tous.

C’est ainsi qu’il avait réussi à faire de sa Consultation de nourrissons une véritable École des mères.

Budin était entouré d’élèves pénétrés de ses doctrines, qui le suppléaient souvent et qui, après la mort du maître, se sont attachés à poursuivre l’œuvre commencée.

Ce sont eux qui ont donné aux Consultations de nourrissons le développement qu’elles ont aujourd’hui; ce sont eux qui, dans nos hôpitaux, assurent, avec un succès toujours croissant, le fonctionnement de ces Consultations; c’est à leur dévouement que la Fondation Pierre Budin doit de s’être réalisée et de vivre.

De ces élèves, Perret a toujours été le plus ardent.

Approchant le maître, vivant dans son intimité, jouissant de sa confiance, préparant constamment avec lui les conférences destinées à propager les Consultations de nourrissons, Perret avait, depuis de longues années, consacré toute son activité à l’étude du nouveau-né.

Ses beaux travaux, d’ordre scientifique, sur la Ration alimentaire de l’enfant, sur la Pasteurisation du lait, l’avaient placé au premier rang des puériculteurs.

La mort du maître qu’il aimait n’a pas diminué son zèle.

Depuis quatre années il dirige l’École des mères de la Clinique Tarnier, celle-là même qu’avait fondée Budin, et voici qu’aujourd’hui il publie ce petit livre, l’Education des mères, qui est en quelque sorte la codification des conseils qu’il y donne chaque jour.

Écrit simplement, clairement, ce livre s’adresse aux mères et, autant qu’à elles, aux nombreuses personnes qui s’intéressent aux questions de puériculture, qui prêtent leur concours aux Consultations de nourrissons, aux Gouttes de lait, qui assurent le fonctionnement des Mutualités maternelles; je sais aussi bien des médecins qui les liront avec profit.

Il arrive du reste à son heure.

Un cours normal d’éducation maternelle vient, par un récent arrêté ministériel (5 janvier 1912), d’être institué à Paris dans les locaux de l’École normale d’Institutrices de la Seine.

Ce cours, dont la direction pédagogique est confiée à la femme d’élite qu’est Mme Kergomard, Inspectrice générale de l’Instruction Publique, doit être et sera le modèle que suivront certainement les écoles normales d’institutrices de nos départements. Il n’est pas douteux que le livre du Dr Perret sera vite le bréviaire des auditrices de ces cours.

En publiant l’Éducation des mères, le Dr Perret fait une œuvre bonne, utile, et c’est pour moi un grand plaisir de présenter au public cet ouvrage, qui est le meilleur hommage que l’élève aimé de Budin pouvait rendre au maître qu’il a perdu.

PAUL BAR.

INTRODUCTION

Table des matières

«Un vieillard de quatre-vingts ans a plus de chances de vivre un an qu’un bébé qui vient de naître,» a dit le docteur Bergeron.

Cet aphorisme épouvantable ne sonne-t-il pas comme un glas funèbre sur les destinées de notre pays?

Certes, si nous regardons de près ce qui se passe chez nous, c’est avec une légitime terreur qu’il faut envisager l’avenir.

Comment saurait-il en être autrement, puisque non seulement nous ne faisons presque plus d’enfants, mais encore nous laissons mourir le peu que nous avons?

Pourquoi cette faiblesse de la natalité ?

Notre pays a-t-il donc perdu toute son énergie, la source de ses forces vives est-elle donc tarie? Les femmes françaises sont-elles donc devenues stériles ou n’ont-elles plus aucune notion du premier de leurs devoirs?

Hélas! il semble bien qu’on doive répondre par l’affirmative à cette dernière question.

Notre siècle est égoïste. Le culte du «moi», la volonté de «vivre sa vie», font prévaloir des doctrines d’un individualisme outrancier qui nous ramène aux temps de la décadence romaine. L’amour du luxe et des jouissances effrénées, le renchérissement de la vie, le relâchement des mœurs, sont, comme à cette époque, les causes principales d’une dégénérescence qui s’affirme surtout par la diminution de la natalité.

Jamais autant qu’aujourd’hui la sublime fonction de la maternité n’a été méprisée et dédaignée. La secte des malthusiens fait chaque jour de nouveaux prosélytes dans toutes les classes de la société, et, sous le prétexte de «procréation consciente», chacun recherche la limitation de ses dépenses et la satisfaction de ses appétits. On supprime les bouches inutiles, et quoi de plus inutile pour les égoïstes que les enfants?

Il y a même une autre cause. Dans les milieux où règne en maître le féminisme mal compris, certaines femmes croiraient déchoir en acceptant d’être mères. Comment se consacreraient-elles à l’éducation des autres, comment feraient-elles prévaloir leurs idées de l’égalité des sexes, si elles subissaient le joug de l’homme? Marcel Prévost, dans les Vierges fortes, a très bien étudié ce point de vue spécial, et si l’une de ses héroïnes ne peut s’affranchir du joug héréditaire et cède à la toute-puissance de l’amour, les autres du moins continuent leur œuvre, ayant dédaigné ou repoussé la tentation. Je n’ai jamais autant constaté la vérité de cette magnifique étude de l’auteur des Lettres à Françoise que dans une conversation que j’eus il y a deux ans avec une intellectuelle. Celle-ci, de haute intelligence, n’était pas arrivée encore à l’extrême limite des théories féministes. Elle consentait à se marier après plusieurs années de stage, mais posait comme condition de n’avoir pas d’enfant. Comme je m’en étonnais et tentais de lui montrer l’absurdité de ses opinions, lorsqu’elle m’eut énuméré les lieux communs que l’on débite en pareil cas, elle conclut en me disant: «Du reste, ces choses-là sont d’ordre inférieur, et il est bien préférable de cultiver son cerveau que d’avoir des enfants à mettre au monde, à nourrir et à élever.»

Voilà les choses douloureuses que l’on entend aujourd’hui. Encore s’agit-il ici, en définitive, d’un but noble à atteindre; mais combien s’affranchissent des lois naturelles par égoïsme, par pure coquetterie, pour conserver leur corps intact ou pour se laisser aller à leurs plus vils instincts?

Où est-il le temps où les vieux Romains se découvraient devant la femme enceinte?

Les législateurs contemporains, aidés en cela par des sociologues éminents, des écrivains de tous les partis, ont bien essayé de réagir contre cette tendance, les uns en facilitant le mariage, les autres en accordant des primes à la natalité ; quelques-uns ont voulu imposer les célibataires, d’autres venir en aide aux filles-mères, etc., toutes mesures insuffisantes si l’on considère leurs résultats et qui du reste, malgré l’enthousiasme de leurs promoteurs, devaient échouer, car elles ne tenaient pas compte des mœurs contemporaines.

Les Romains, eux aussi, avaient essayé d’enrayer le mal quand l’empereur Auguste, épouvanté de la stérilité des unions conjugales et de la diffusion du célibat, promulgua les célèbres Lois Caducaires; elles aussi restèrent sans effet, puisque rien ne put arrêter la ruée folle de ce peuple vers l’abîme, vers la mort.

Est-ce à dire que nous ne pouvons rien et qu’il nous faut assister impuissants à cette lamentable décadence? Non. Plus que jamais, puisque les mœurs sont en cause, il faut réformer les mœurs. Il faut rééduquer les femmes et les jeunes filles, leur apprendre que la maternité n’est pas, comme elles le croient, un devoir douloureux dont elles peuvent s’affranchir d’un cœur léger, mais qu’elle est la plus noble fonction de la femme, celle qui fait d’elle une divinité ! Créer de la vie, mettre au monde un petit être qui est la chair de votre chair, dont l’âme est faite de votre âme, que vous élèverez suivant l’idéal que vous portez en vous, dont vous formerez l’esprit et le corps et qui toujours demeure votre chose, quoi de plus magnifique, de plus beau, de plus grand?

La maternité, c’est l’épanouissement complet de la femme; elle met autour d’elle un rayonnement qui la complète et la divinise.

L’enfant, dans le ménage, c’est le trait d’union qui relie le père et la mère; c’est sa présence qui consolide le mariage, qui oblige les parents à concentrer leurs efforts vers un but commun, et décuple ainsi leur énergie vitale, et cela pour le plus grand bien non seulement de la famille, mais de la société tout entière.

L’enfant, c’est l’espoir des parents, la consolation des vieux jours, le charme de la vieillesse.

Élever des enfants, en faire des hommes, voilà le rôle de la femme: en est-il un plus beau, un plus sublime?

Mais en attendant que ces notions pénètrent dans les masses, que chacun comprenne où est le devoir, et je dirai plus, en attendant que, mieux éclairés, nous soyons persuadés que l’intérêt général est fait de l’intérêt de chacun, devons-nous assister en spectateurs impassibles à la ruine de notre pays? Certes non; plus que jamais nous devons lutter, et en attendant que notre natalité augmente, nous devons tout faire pour empêcher nos enfants de mourir.

La mortalité infantile est une plaie ouverte au flanc de la France, c’est une blessure par laquelle s’écoule son énergie et sa vie, lentement, mais sans arrêt.

Cette blessure, nous devons la guérir; cette plaie, nous devons la fermer; nous le pouvons, donc nous le devons.

Nos enfants ne meurent pas, on les tue; on les tue par négligence, par ignorance, par apathie.

Qu’un enfant succombe brûlé dans un incendie, noyé dans une rivière, toute la population s’émeut; mais que dix nouveau-nés meurent de la diarrhée, personne n’y prête attention, et cependant, dans le premier cas il s’agissait d’un accident, évitable peut-être, mais rare à coup sûr; dans le second, au contraire, rien n’était plus facile que d’éviter cette hécatombe, et cependant c’est tous les jours que semblable crime se renouvelle!

Tous les ans nous perdons en France 150.000 enfants âgés de moins d’un an; dans ce nombre, plus du tiers (385 p. 1.000) sont emportés par la diarrhée; viennent ensuite les affections pulmonaires (147 p. 1.000), la faiblesse congénitale (171 p. 1.000).

La diarrhée et les affections pulmonaires causent donc à elles seules plus de la moitié des décès, et pourtant ce sont des maladies essentiellement évitables. Quant à la faiblesse congénitale, elle est presque entièrement une conséquence de l’alcoolisme.

Voilà où nous conduisent l’ignorance, la négligence et l’alcool!

Ceci étant connu, nous serions coupables de ne pas y porter remède!

Nous le serions d’autant plus que le succès est certain: partout où on a voulu supprimer ces causes, on a réussi, et cela sans peine, sans difficulté, sans déboire.

Il suffit de faire l’Éducation des mères.

C’est une lacune complète dans l’éducation de nos filles; on leur a tout appris, sauf leur futur métier de mère.

Elles pèchent par ignorance et ne demandent qu’à s’instruire.

C’est ce que nous allons faire dans les pages qui suivent.

PREMIÈRE PARTIE

Table des matières

HYGIÈNE DE LA FEMME ENCEINTE

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

CONSEILS PENDANT LA GROSSESSE

Du jour où la jeune femme devient enceinte, elle ne s’appartient plus, et désormais toutes ses facultés doivent concourir à assurer le développement complet du fruit qu’elle porte.

Un certain nombre de précautions seront donc prises dans ce but; elles permettront à la future mère de mettre au monde un enfant sain, robuste et bien portant.

Voici quels sont les conseils que nous donnons à ce sujet:

Vêtements.

Table des matières

Tout d’abord la future maman devra désormais supprimer son corset: cet appareil gêne considérablement le développement de la matrice, favorise les mauvaises présentations de l’enfant, et il est certain qu’on doit lui attribuer quelquefois la naissance d’enfants mal conformés, et alors, quelle douloureuse surprise pour les parents, dont la joie se change soudain en désolation devant le petit qui vient de naître estropié pour toute sa vie! Le corset nuit également au développement des seins, et c’est là un point capital, car dès le début de la grossesse la jeune femme doit penser à nourrir son bébé et éviter par conséquent tout ce qui pourrait entraver le libre développement de la glande qui donnera le lait nécessaire à la vie de l’enfant.

Beaucoup de jeunes femmes ne veulent pas laisser paraître le début de leur grossesse, et pour cela serrent leur corset d’une façon exagérée: c’est une grosse faute, puisque l’enfant doit en souffrir; puis, pourquoi penser qu’une femme enceinte est disgracieuse? Rien n’est-il plus beau que la maternité ?

Une ceinture suffira à supporter les jarretelles et à soutenir les vêtements. Si les seins sont volumineux, ils seront maintenus par un soutien-gorge, mais ne seront pas comprimés.

Si la femme a déjà eu plusieurs enfants, si le ventre a été distendu par des grossesses antérieures, si les tissus sont relâchés, la jeune femme portera une ceinture élastique qui, tout en maintenant les muscles abdominaux, permettra à l’utérus de se développer librement.

Les vêtements seront souples, d’une ampleur suffisante pour ne gêner en rien les mouvements du corps; ils seront chauds en hiver, car il faut éviter les refroidissements, ceux-ci pouvant amener des accidents du côté des reins et exposer par là à des complications graves; ils permettront aussi d’éviter les rhumes, la bronchite, et chacun sait que la toux favorise et peut même amener l’expulsion prématurée de l’œuf, autrement dit, occasionner un avortement avec toutes ses conséquences.

Alimentation.

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La femme enceinte est très sujette à la constipation et, par suite, aux intoxications qui en résultent. Il est donc, par conséquent, de toute nécessité qu’elle évite d’une part les aliments qui fermentent facilement, et que d’un autre côté elle assure d’une façon parfaite l’évacuation des déchets contenus dans son intestin.

Sa nourriture sera saine et nutritive: elle évitera donc l’usage de la charcuterie, du gibier, des viandes faisandées, des sauces compliquées, de même que l’abus des crudités, des sucreries, des gâteaux; ses repas seront principalement composés de laitage, de pâtes, de purées, de légumes verts et de viandes fraîches rôties.

Comme boissons, le vin, la bière, le cidre, sont permis, mais en quantité modérée et étendus d’eau pure; dans tous les cas, l’alcool et les liqueurs sont expressément défendus.

Les débuts de la grossesse sont souvent rendus pénibles par des nausées et des vomissements survenant surtout le matin; généralement ce malaise disparaît une heure ou deux après le réveil et n’empêche pas la femme de s’alimenter suffisamment; mais il arrive parfois que les vomissements prennent des proportions inquiétantes, la malade rejette tous les aliments qu’elle absorbe et elle maigrit: dans ce cas, il faut appeler un médecin.

D’un autre côté, elle doit particulièrement veiller à ce que les fonctions intestinales s’accomplissent régulièrement tous les jours; et s’il y a tendance à la constipation, il faut la combattre; pour cela on aura recours aux laxatifs légers, la rhubarbe, la magnésie calcinée, la manne, les pruneaux, etc. On évitera avec soin les purgatifs drastiques (aloès, jalap), qui peuvent amener des accidents.

Exercice.

Table des matières

La future maman doit prendre de l’exercice, au grand air le plus possible, et ne jamais rester confinée dans sa chambre.

Le meilleur exercice est la marche: elle sortira donc tous les jours; si elle habite une grande ville, elle peut se faire conduire au dehors en voiture, mais à la condition de rouler lentement; une fois au grand air, elle se promènera pendant une heure et plus si elle peut; mais elle ne doit jamais arriver jusqu’à la fatigue.

Les stations dans les grands magasins sont funestes à la femme enceinte: elle devra donc s’en abstenir d’une façon absolue; le théâtre, les concerts, où l’air est vicié, sont également condamnés.

L’usage de l’automobile et surtout celui des autobus sont interdits; il en est de même pour l’équitation, la bicyclette. Du reste, d’une façon générale, tous les sports sont supprimés pendant la grossesse, seule la marche reste recommandée.

Voyages.

Table des matières

Les grands déplacements ne seront jamais autorisés. Certes, beaucoup de femmes enceintes voyagent et font même de longs parcours, mais il ne faut pas croire que cela soit sans danger; nous avons de malheureux exemples qui le démontrent. La trépidation du chemin de fer peut amener des contractions de la matrice et provoquer l’avortement; la malade non secourue peut avoir une hémorragie terrible et mourir en route.

Si, malgré le danger qu’elle court, la jeune femme est obligée de voyager, elle aura recours à quelques précautions qui peut-être lui éviteront tout accident.

Une heure avant le départ, elle prendra un lavement composé de:

Lait tiède, 1/4 de verre;

Un jaune d’œuf;

Laudanum, 20 gouttes.

Autant que possible elle voyagera complètement allongée; aussitôt arrivée à destination, elle se mettra au lit et on lui donnera un second lavement pareil au précédent, mais en y mettant seulement 10 gouttes de laudanum. Si aucune contraction, aucune douleur ne se produisent, la jeune femme pourra reprendre sa vie habituelle après 24 heures de repos; mais si elle souffre, si elle perd quelques gouttes de sang, elle fera immédiatement appeler un médecin.

Professions.

Table des matières

Un certain nombre de professions semblent avoir une influence néfaste sur le cours de la grossesse: ce sont celles qui risquent d’amener une expulsion prématurée de l’œuf, par cause mécanique ou par intoxication.

Parmi les premières, nous citerons les employées de magasins, qui sont obligées de rester debout et de piétiner sur place durant toute la journée, les ouvrières qui travaillent à la machine à coudre, celles qui portent de lourds fardeaux, etc., en un mot, toutes celles qui sont sujettes à des fatigues exagérées et aux traumatismes.

Dans le second cas, nous trouvons les ouvrières des manufactures de tabacs, celles qui travaillent à la vulcanisation du caoutchouc, les blanchisseuses qui s’intoxiquent par l’oxyde de carbone, etc.

Toutes ces femmes doivent abandonner leur travail pendant leur grossesse, et cela leur est d’autant plus recommandé qu’il existe aujourd’hui un grand nombre d’asiles où elles sont reçues gratuitement et où elles trouvent l’aisance et le repos nécessaires à leur état.

Bains, injections.

Table des matières

La femme enceinte peut prendre des bains, mais simplement des bains de propreté, c’est-à-dire des bains courts et à température pas trop élevée.

Les injections préparées avec de l’eau bien bouillie seront prises avec beaucoup de précautions, et surtout en ayant soin de ne jamais élever le réservoir trop haut: il faut que l’eau s’écoule sans pression. Vers la fin de la grossesse, dans la dernière quinzaine, on ajoutera à l’eau de l’injection un paquet contenant:


Ceci afin de bien aseptiser les organes génitaux et éviter ainsi la contamination des yeux de l’enfant au moment de sa naissance.

Rapports sexuels.

Table des matières

Ils seront modérés, car leur excès est une cause fréquente d’accouchement prématuré. Combien de jeunes mariées ont ainsi fait une fausse couche dans les premiers temps de leur mariage, fausse couche qui, mal soignée, parce que passée inaperçue ou pour toute autre cause, a rendu des malheureuses stériles pour toute leur vie!

Seins.

Table des matières

Un devoir très important pour la future mère consiste à se préparer dès les derniers mois de sa grossesse à son prochain rôle de nourrice. Pour cela elle lavera tous les soirs les bouts de seins avec un peu d’alcool, afin de les durcir et d’éviter ainsi des crevasses, qui non seulement sont extrêmement douloureuses, mais qui laissent la porte ouverte à des infections multiples, source d’abcès pour la mère et de dangers pour l’enfant.

Urines.

Table des matières

Enfin, vers le septième mois de la grossesse, la femme devra se faire examiner par un médecin, qui verra si tout se présente bien et qui analysera les urines.

Cet examen est absolument nécessaire chez toutes les femmes enceintes, car si ces urines contiennent de l’albumine, le cas est extrêmement grave, et le régime lacté absolu, très sévèrement suivi, peut, seul, sauver la vie de la malade.

DEUXIÈME PARTIE

Table des matières

LE NOUVEAU-NÉ

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

SOINS A DONNER AU NOUVEAU-NÉ APRÈS SA NAISSANCE
§ 1er. — SOINS IMMÉDIATS

Table des matières

Aussitôt après la naissance de l’enfant, il faut lui enlever les mucosités, les glaires qu’il a dans la bouche et qui peuvent gêner sa respiration.

Pour cela on se sert de l’index, autour duquel on enroule un morceau de coton hydrophile ou un linge très fin; on l’enfonce dans la bouche du bébé aussi loin que possible, et on ramène au dehors toutes ces mucosités.

Cela fait, il faut:

1° Soigner les yeux;

2° Lier le cordon;

3° Le laver et le baigner;

4° L’habiller.

Soins à donner aux yeux.

Presque tous les aveugles de naissance que nous rencontrons sont des enfants qui ont eu mal aux yeux (ophtalmie) dans les premiers jours de leur vie et qui n’ont pas reçu les soins nécessaires. Nous avons déjà indiqué (page 17) quelles précautions devait prendre la mère dans les derniers jours de sa grossesse pour éviter toute contamination des yeux de l’enfant au moment de son passage dans les organes génitaux maternels.

Mais cela ne suffit pas, et, pour éviter cette terrible maladie, on doit, aussitôt la naissance de l’enfant, sans attendre un seul instant, lui laver les yeux à l’eau bouillie, et y laisser couler quelques gouttes de jus de citron, ou mieux encore quelques gouttes d’une solution contenant:

Nitrate d’argent, 1 gramme;

Eau distillée, 150 grammes.

Pour faciliter ce traitement, qui, nous le répétons, est extrêmement important, une personne écarte les paupières du nouveau-né pendant qu’une autre laisse tomber dans l’œil quelques gouttes de la solution indiquée.

Cette petite opération est simple, facile, et suffit presque toujours pour mettre à l’abri de complications redoutables.

Ligature du cordon.

Lorsque l’enfant est né, tout rapport n’est pas complètement rompu entre la mère et son bébé, il lui est encore attaché par le cordon ombilical; nous allons faire une ligature sur ce cordon, puis le couper.

On se sert pour cela d’un fil très solide, de soie de préférence, qu’on a laissé tremper dans l’alcool pendant quelques instants.

On pose le fil à trois ou quatre centimètres de l’ombilic et on fait une ligature serrée; même, pour plus de sûreté, on tourne le fil deux fois autour du cordon, on serre et on fait un nouveau nœud.

Si le médecin ou la sage-femme sont présents, ce sont eux qui se chargent de ce soin; mais il est des cas où tous deux sont absents, et ces quelques conseils suffisent à une personne de l’entourage de la malade pour faire le nécessaire en attendant leur arrivée.

La ligature terminée, on coupe le cordon à un centimètre environ de cette ligature, en ayant soin de sectionner non pas entre l’ombilic de l’enfant et la ligature, mais bien de l’autre côté.

Les ciseaux qui serviront à couper le cordon devront être auparavant passés dans une flamme ou mis à tremper pendant quelques instants dans de l’alcool pur.

Laver et baigner le nouveau-né.

Le petit être qui vient de naître est extrêmement fragile, et on ne saurait trop prendre de précautions pour le transporter dans sa baignoire.

On ne doit jamais prendre l’enfant par le milieu du corps, et surtout ne jamais lui presser sur le ventre. Il doit être soutenu en passant la main gauche sous le cou et la nuque, la main droite sous les fesses et les cuisses (fig. 1).

On soulève ainsi le nouveau-né et on le place sur une serviette ou un linge souple, légèrement chauffé et posé sur les genoux. Cela fait, on prend un morceau de ouate hydrophile que l’on trempe dans l’eau tiède et qu’on enduit de savon; ce morceau de ouate est ensuite promené sur tout le corps de l’enfant; on frotte doucement, et en quelques instants il est couvert de mousse; on le porte ensuite dans son bain.

Fig. 1. — Comment on tient bébé pour le transporter.


Il arrive parfois que le corps du nouveau-né est recouvert d’une substance blanchâtre, appelée enduit sébacé, qui est fort difficile à enlever. On y arrive en frottant tout le corps avec de la vaseline pure; ce corps gras se mélange à l’enduit sébacé, le dissout en partie, et il ne reste plus qu’à frotter légèrement avec une compresse stérilisée sèche pour enlever le tout.

Préparation du bain.

Tout ce qui sert à la toilette du nouveau-né doit être extrêmement propre.

Par conséquent, les linges auront été lessivés récemment; mais en évitant l’emploi de l’eau de Javel. On ne repassera pas les couches, et l’eau dont nous allons nous servir sera toujours bouillie.

La baignoire sera lavée également à l’eau bouillie; si on n’a pas de petite baignoire à sa disposition, on prendra un bain-de-pieds, une grande cuvette, ou un récipient quelconque.

On versera dedans de l’eau bouillie qu’on aura laissé refroidir, mais on aura soin de s’assurer, en y plongeant non seulement la main, mais encore l’avant-bras tout entier, qu’elle n’est pas trop chaude pour risquer de brûler l’enfant, et aussi qu’elle n’est pas trop froide, ce qui pourrait l’enrhumer.

En un mot, l’eau du bain doit avoir, à peu près, la température du corps; si on a à sa disposition un thermomètre de bain, on s’en assurera en voyant si, trempé dans l’eau, il marque 33 à 34 degrés environ.

Si le bain est trop chaud, on aura soin de ne pas y verser d’eau froide non bouillie pour le rafraîchir; si on n’a pas d’eau bouillie froide, on attendra un peu que le bain se refroidisse de lui-même.

Voilà notre bain prêt; pendant que nous allons y plonger l’enfant, nous aurons soin de faire chauffer devant le feu un linge souple, une serviette éponge, par exemple. Pour mettre le nouveau-né au bain, nous le soutiendrons comme tout à l’heure, ou mieux encore, laissant la main gauche toujours sous le cou et la nuque, la main droite saisira les pieds, le droit entre l’index et le médius, le gauche entre le médius et l’annulaire (fig. 2).

Quand l’enfant est immergé, la main gauche ne bouge pas et maintient la tête hors de l’eau, la droite lâche les pieds et lave le corps de l’enfant pour le débarrasser du savon dont il est couvert, en ayant soin de ne pas projeter le liquide dans les yeux (fig. 3).

On lavera la tête également avec de l’eau chaude et du savon, au besoin on se servira, pour faciliter ce lavage, d’une petite brosse bien douce.

Fig. 2. — Comment on prend bébé pour le mettre au bain.


Dans les campagnes, on a encore parfois la mauvaise habitude de laisser venir des croûtes sur la tête des enfants; on va même jusqu’à prétendre qu’elles sont une garantie de santé ; aussi se garde-t-on bien d’y toucher.

C’est un préjugé odieux: la malpropreté ne peut qu’engendrer toutes sortes de maladies; aussi la tête de notre bébé, comme le reste de son corps, sera toujours tenue extrêmement nette.

L’enfant restera au bain de 5 à 10 minutes, puis sera retiré en ayant soin de le prendre de la même façon que celle qu’on a employée pour l’y mettre; la serviette éponge, chauffée à point (pas trop chaude, pour ne pas brûler le bébé), sera étendue sur les genoux, et l’enfant posé dessus. On lui fera sur les membres et sur le dos une friction avec de l’alcool ou de l’eau de Cologne. La serviette sera roulée autour du corps et servira à l’essuyer en frottant doucement, mais soigneusement, sans oublier le dessous des bras, les plis de la peau, etc. Quand l’enfant sera bien sec, il sera poudré avec soin, surtout entre les jambes et sous les bras, avec un tampon de ouate trempé dans une poudre spéciale, de la poudre d’iris par exemple ou, mieux, de sous-nitrate de bismuth.

Fig. 3. — Bébé dans son bain.


Pendant longtemps on s’est servi de poudre de talc; mais on a reconnu que, malgré les soins apportés à la préparation de cette poudre, les grains, si fins qu’ils soient, présentent toujours des aspérités très aiguës qui entrent dans la peau du bébé et le couvrent d’une multitude de petites plaies; aussi on a dû renoncer à son emploi, malgré les avantages qu’elle présente.

On évitera également de se servir de poudre d’amidon, car cette dernière, lorsqu’elle est humide, colle à la peau de l’enfant et peut produire des excoriations; de plus, elle n’est pas aseptique.

La poudre de lycopode est dangereuse, car elle s’enflamme très facilement lorsqu’on change le bébé près du feu; elle est donc également à rejeter.

Ceci dit, on fera autour du cordon un petit pansement avec de la ouate hydrophile trempée dans l’alcool et recouverte d’une compresse bien propre ou, mieux, stérilisée; ce pansement sera maintenu par une petite ceinture de flanelle large de 10 centimètres, s’enroulant deux ou trois fois autour du ventre et liée par deux cordons.

§ 2. — HABILLEMENT DE L’ENFANT

Table des matières

Notre bébé est bien sec, il est poudré, son cordon est pansé, nous allons l’habiller.

Deux méthodes sont en usage chez nous: la méthode anglaise et le maillot français.

La méthode anglaise laisse à l’enfant plus de liberté dans ses mouvements, mais l’expose aux refroidissements; le maillot, au contraire, emprisonnant les jambes du nouveau-né, lui tient plus chaud, mais l’empêche de remuer.

En conséquence, nous emploierons l’une ou l’autre méthode suivant la saison, et même nous pourrons, dans certains cas, habiller l’enfant à l’anglaise dans la journée, et le mettre en maillot pendant la nuit.

Méthode anglaise.

Les vêtements se composent:

D’abord, d’une chemise de toile souple,

Puis, d’une brassière de laine ou de flanelle;

D’une brassière de piqué ;

D’une ceinture de flanelle;

D’une couche de toile;

D’une culotte de flanelle;

Des bas et des chaussons.

Par-dessus tout, deux longues robes, la première en flanelle et sans manches, la seconde en lingerie et avec manches. On ajoutait autrefois un fichu de cou, mais on le remplace aujourd’hui par une petite bavette.

Maillot français.

Il se compose de:

Une chemise de toile;

Une brassière de flanelle ou de laine;

Une brassière de piqué ;

Une ceinture de flanelle;

Une couche de toile;

Un carré de piqué ou de tissu éponge;

Un lange de laine;

Une bavette.

Il n’est pas très aisé de passer à l’enfant sa chemise et ses brassières; aussi voici comment on procède.

On commence par passer les manches de la chemise dans les manches de la brassière de flanelle, puis chaque manche ainsi double dans les manches correspondantes de la brasssière de piqué (fig. 4).

Les trois petits vêtements n’en forment ainsi plus qu’un, mais composé de trois étoffes superposées; il suffira alors de passer les bras du bébé dans les manches de la chemise pour que, d’un seul coup, les trois vêtements se trouvent en place.

Contrairement au veston d’un adulte qui se ferme par devant, sur la poitrine, les vêtements de l’enfant se croisent par derrière.

Pour passer la manche de la petite chemise sur le bras correspondant de l’enfant, nous introduisons notre index et notre médius dans cette manche par l’extrémité libre; puis ces deux doigts, cheminant dans l’intérieur de la manche, sortent à l’autre extrémité et vont saisir la main du bébé dont ils réunissent les doigts, qu’ils tirent à eux avec précaution, de façon à tendre le bras (fig. 5).

Fig. 4. — Les trois brassières assemblées.


En même temps, notre autre main fait glisser la manche sur le petit bras. On en fait autant de l’autre côté, et voilà nos trois vêtements en place.

Nous retournons ensuite le bébé sur le ventre et nous le posons sur nos genoux; nous croisons sur son dos la chemise et les brassières, en ayant soin de bien les étirer pour qu’elles ne fassent pas de plis; nous mettons ensuite la ceinture de flanelle.

Ceci fait, nous avons placé l’un sur l’autre et à la même hauteur:

Fig. 5. — Comment on passe les manches.


D’abord le lange de laine;

Puis le carré de piqué ;

Enfin la couche.

L’enfant est posé sur le dos, au milieu de la couche, celle-ci arrivant juste sous les bras. On l’enveloppe avec la couche, que l’on croise sur la poitrine, puis, comme elle dépasse de beaucoup les pieds du bébé, on la relève en la passant entre les jambes et on ramène son extrémité sur le ventre.

Le carré de piqué est à son tour croisé sur la poitrine.

Il en est de même pour le lange en laine. Celui-ci étant croisé est maintenu en place à l’aide d’une épingle de sûreté placée à la partie supérieure. Ce lange dépasse aussi de beaucoup les pieds de l’enfant; on le relève également en haut, mais au lieu de le passer entre les jambes comme on l’a fait pour la couche, il les entoure toutes les deux. Il faut avoir soin de ne pas le remonter trop haut, pour que les petits membres puissent s’allonger. Le bord inférieur ainsi relevé fait le tour du corps, ses deux coins sont fixés en arrière avec une épingle de sûreté.,

Enfin on termine l’habillement en mettant la petite bavette; on laisse la tête nue (fig. 6).

Si nous employons la méthode anglaise, nous opérerons de même pour la petite chemise et les brassières. Quant à la couche, elle est pliée en triangle, la base en haut, la pointe en bas. On la place sur les brassières un peu au-dessous des aisselles, les deux angles supérieurs ramenés sur la poitrine. La pointe est relevée en passant entre les jambes et vient se fixer au niveau des deux premières. On met ensuite la culotte, les bas et les chaussons (fig. 7).

Par-dessus le tout on met la longue robe sans manche, puis la robe avec manches.

Voilà notre bébé habillé. Il n’est pas trop serré et il peut respirer librement.

Nous éviterons avec soin de lui mettre autour du cou une chaîne portant une médaille ou tout autre bijou, car, outre la gêne que cette chaîne peut apporter à la respiration, elle produit souvent des écorchures.

Fig. 6. — Bébé en maillot.


Fig. 7. — Bébé en culotte.


Les langes, tout en remontant assez haut, ne touchent pas les aisselles et laissent aux bras toute leur liberté ; il ne reste plus qu’à le coucher dans son berceau.

Notez bien que nous disons dans son berceau, car il est absolument interdit de le mettre à côté de sa mère, dans le même lit. Celle-ci peut s’endormir et étouffer son enfant pendant son sommeil. Quel terrible réveil pour la pauvre mère qui, en rouvrant les yeux, trouve à côté d’elle son petit glacé par la mort! Malheureusement de nombreux exemples montrent que cet accident est assez fréquent; mais, étant prévenus, nous ne nous y exposerons pas.

Le berceau.

Il y a longtemps qu’on a reconnu qu’il était mauvais de bercer les enfants: on ne doit jamais le faire; aussi le mot berceau est impropre et devrait être remplacé par celui de petit lit. C’est en effet un petit lit qu’il faut au nouveau-né.

Nous le choisirons facile à laver, à tenir propre, et pour cela un petit lit de fer est ce qu’il y a de mieux; tout au plus pourra-t-on le munir d’une flèche afin de pouvoir y poser un rideau; mais encore faudra-t-il que ce rideau soit à mailles très larges, afin que l’air puisse le traverser facilement. Notre petit lit sera garni d’un ou deux matelas remplis avec du crin, du varech ou de la balle d’avoine; en aucun cas on n’emploiera le duvet ou la plume. Sur le matelas on posera une toile caoutchoutée, ou un carré de feutre absorbant, mais à la condition de les tenir bien propres et non mouillés. On terminera la garniture du lit par un drap de dessous, un drap de dessus, une ou deux couvertures et un oreiller. Ce petit oreiller sera, autant que possible, rempli de crin, jamais de duvet.

Le petit lit est prêt, nous allons y placer notre bébé, mais en ayant soin de le coucher sur le côté, jamais sur le dos. Ceci est très important; l’enfant peut avoir des régurgitations, voire même des vomissements: s’il est sur le dos, les liquides, ne pouvant s’écouler par la bouche, obstruent la gorge, et il peut mourir asphyxié ; donc, avoir bien soin de le coucher sur le côté. On le mettra tantôt sur le côté droit, tantôt sur le côté gauche, car sa petite tête est encore trop molle, et si c’est toujours le même côté qui est posé sur l’oreiller, elle peut s’aplatir et amener une déformation du crâne.

Pour éviter que le nouveau-né ait froid, nous placerons à ses pieds une boule d’eau chaude, mais nous veillerons bien à ce qu’elle soit hermétiquement fermée, afin de ne pas occasionner de brûlures.

S’il fait très froid, la boule placée aux pieds ne sera pas suffisante; nous en placerons une de chaque côté de l’enfant, mais assez éloignée pour que ses mains ne puissent y toucher.

La chambre dans laquelle se trouve le petit lit sera chauffée en hiver; la température y sera maintenue entre 15 et 18 degrés; elle sera bien aérée. On le transportera dans une autre pièce pendant qu’on laisse ouvertes les fenêtres de celle où il se tient d’habitude. Rien n’est plus funeste pour ces petits êtres que de les maintenir enfermés dans une chambre qu’on n’ouvre jamais. On évitera avec soin l’emploi des cheminées roulantes, à feu lent, les salamandres, etc. Un bon poêle qui tire bien ou un bon feu de bois sont ce qu’il y a de préférable.

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Дата выхода на Литрес:
16 января 2025
Объем:
167 стр. 79 иллюстраций
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4064066323264
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