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Louis Boivin

Notice sur M. Biard

Ses aventures, son voyage en Laponie avec madame Biard


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066333836

Table des matières

La première de couverture

Page de titre

Texte


Ignotos maгium tractus et inhospita lastrans

Littora, Naturam quasi duplicat Arte viator.

BIARD (AUGUSTE-FRANÇOIS), chevalier de la Légion-d’Honneur, un de nos artistes les plus originaux et les plus populaires, est né, en 1800, dans la ville la moins artistique de France, à Lyon. Sa carrière, déjà si féconde pour l’art, a été aussi variée, aussi capricieuse que le rêve. Nous, pourrons constater, dans toutes les productions de M. Biard, l’empreinte de la fantaisie, du pittoresque, de la soudaineté, pour ainsi dire, qui ont marqué sa vie; car il est impossible que les circonstances de milieu extérieur dans lesquelles l’homme s’est développé n’aient pas influencé la nature du talent de l’artiste.

Par une de ces méprises si communes et parfois, si déplorables en matière de vocations, les parens du jeune Biard le destinèrent d’abord à l’état ecclésiastique. Il préluda aux fonctions de ce grave ministère en remplissant celles d’enfant de chœur. Il allait tous les jours, en cette qualité, servir la messe à l’abbé Perrin, aumônier de la prison de Roanne. L’abbé Perrin avait toutes sortes de bontés pour ses prisonniers; il les aimait, les consolait, leur distribuait tous les secours dont sa charité pouvait disposer; enfin, il leur faisait du bien, dans la mesure de ses forces. Un matin donc, le digne homme et son petit clerc venaient de dire la messe à leurs bandits. Comme ils allaient sortir de la prison, l’abbé fouille dans ses poches, s’arrête tout étonné, et dit au jeune Biard: — Sais-tu ce qu’ils m’ont fait, petit? — Non, M. l’abbé. — Eh bien! ils viennent de me voler mon mouchoir! mais reste ici, et attends-moi; je vais le chercher. — L’enfant s’arrête sur l’escalier, l’abbé Perrin retourne vers ses prisonniers, et, prenant sa plus grosse voix: — «N’avez-vous pas honte, — leur dit-il, — de me

» voler, moi qui viens tous les jours au milieu de

» vous, moi qui fais pour vous tout ce que je peux?

» L’un de vous a mon mouchoir; vous allez me le ren-

» dre, parce que je n’en ai pas assez pour en perdre.

» D’ailleurs, s’il me convient de donner, je n’aime pas

» qu’on me vole. Je ne veux pas vous faire punir

» comme je le pourrais; je ne veux pas même savoir

» quel est le voleur; mais je ne veux pas non plus être

» votre dupe, entendez-vous? Allons, pas de dénon-

» ciation! qu’on se dépêche seulement de me rendre

» ce qu’on m’a pris, pendant que je ne vous regarde

» pas.» — Ce disant, il tourne le dos aux prisonniers, son mouchoir est remis dans sa poche, et le bon prêtre s’en va, tout joyeux, rejoindre son jeune desservant, à qui il dit, en lui montrant le mouchoir reconquis: — Vois-tu, petit, je savais bien qu’ils me le rendraient!

Ce trait, d’une bonhomie si délicate, si vraiment évangélique, n’est pas sorti du souvenir de M. Biard, qui le conte toujours avec émotion; — et nous, nous n’avons pas su résister au plaisir de le redire, au risque de nous faire reprocher un hors-d’œuvre.

Après avoir étudié, pendant trois ou quatre mois, les premiers élémens du dessin chez M. Révoil, alors chef de ce qu’on voulait bien appeler l’école Lyonnaise, le jeune Biard s’en alla dans une fabrique de papiers peints, aux environs de Lyon. Sa fonction, dans cet établissement, était assez curieuse pour que nous en parlions un peu.

Indépendamment des papiers peints, on avait imaginé de fabriquer là quatre ou cinq tableaux, qui étaient invariablement: le Vœu de saint Louis, d’après Lebrun; — un Portrait de S. M. Louis XVIII, d’après Gros; — un Christ mourant sur la croix; — une Assomption, — enfin, une Adoration du saint Sacrement, dont on faisait, au besoin, une Adoration du Sacré Cœur. Quant au mode de confection de ces tableaux, rien de plus expéditif: on appliquait de la couleur sur des planches, qui, réunies ensuite et pressées sur la toile, donnaient la figure ou le tableau dont on avait besoin. C’était, comme on voit, le procédé de la fabrication du papier peint appliqué, dans toute sa simplicité, à la peinture. Ces enluminures, destinées à l’embellissement des églises de campagne, étaient enlevées par des commis-voyageurs, qui les mettaient en circulation. Cependant, comme on trouvait que les teintes, ainsi juxtà-posées mécaniquement les unes à côté des autres, avaient bien quelque chose d’un peu brusque et d’un peu heurté, M. Biard était chargé d’étendre la couleur vers les lignes d’intersection, afin d’établir une harmonie telle quelle entre ces tons glapissans et d’une réciproque intolérance. M. Biard exerça, pendant huit mois à peu près, concurremment avec des peintres-vitriers italiens, ce ministère de paix et de conciliation. C’était là le travail courant. — Il laissait, comme on voit, le libre exercice de l’intelligence; — mais quand un curé exigeant voulait avoir une Adoration du sacré Cœur, au lieu de l’Adoration du saint Sacrement stéréotypé, c’était bien une autre affaire! Il fallait, alors, que M. Biard inventât le Cœur, et il se tirait habituellement de cette besogne; à la satisfaction des paroissiens, des marguillers et même des curés.

Un beau jour, la clientelle de l’établissement avisa qu’on pourrait peut-être demander à l’art d’autres ornemens que le Vœu de Louis IX, — le portrait de S. M., — le Christ, — l’Assomption, — l’Adoration du saint Sacrement ou même celle du sacré Cœur, et, de ce jour, les commandes devinrent plus variées; le chef de l’établissement, fort embarrassé, eut recours à M. Biard, qui eut le courage d’entreprendre, non plus, cette fois, avec des planches, mais avec des pinceaux, quoiqu’il n’en eût jamais tenu, une copie de la sainte Cécile de Raphaël, d’après une gravure à deux sous. Cette première tentative réussit, d’autres s’en suivirent, et ces heureuses innovations donnèrent à la fabrique une vogue merveilleuse. Mais, comme il est peu de bonheur sans mélange, l’audace artistique de M. Biard lui suscita chez ses confrères, les peintres-vitriers, de formidables jalousies.

M. Biard était en voie de faire fortune dans sa fabrique, à la tête de laquelle il devait bientôt se trouver; mais il lui semblait être appelé à faire autre chose que des papiers peints, et son entraînement pour l’art le ramena à Lyon. A M. Révoil avait succédé un professeur appartenant à une autre école, — M. Richard; — M. Biard entra dans l’atelier de cet artiste, où il se mit à dessiner quelques yeux et quelques nez. Ses camarades se moquèrent fort de son premier essai, qui, dans le fait, n’était pas heureux; mais à peine avait-il dessiné deux ou trois têtes, qu’une certaine habitude de brosse, acquise dans la fabrique, jointe à son aptitude naturelle, le posa assez haut vis-à-vis de ses condisciples, pour leur ôter toute envie de railler.

A l’ironie succéda, chez les élèves de M. Richard, une jalousie sérieuse, qui faillit faire grand tort à notre jeune artiste: l’âge de la conscription était arrivé pour lui, et le sort ne l’avait pas favorisé ; cependant il espérait échapper à la loi du recrutement, en obtenant les prix de peinture et de dessin, dont la réunion dispensait du service militaire. Mais ses camarades, alarmés de sa supériorité, se prévalurent d’une circonstance accidentelle, qui l’avait empêché de suivre assidûment l’école obligée du modèle, pour lui faire interdire le concours de dessin. On lui permettait bien de se mettre sur les rangs pour le prix de peinture; mais, comme cette exclusion partielle lui rendait inaccessible le bénéfice de la dispense à laquelle il aspirait, il s’abstint de tout concours, et quitta même l’école.

Cependant le jeune Biard aurait bien voulu se soustraire à l’ennuyeux honneur de servir sa patrie, moyennant cinq centimes par jour. Révolté de l’injustice jalouse qui venait de lui enlever une espérance légitime, il imagina d’en appeler à M. Cochet, directeur provisoire de l’école de Lyon, en l’absence du titulaire, M. Artot. M. Biard va donc trouver M. Cochet, pour lui exposer sa plainte et les embarras de sa situation; — mais le personnage, à la vue de ce jeune homme timide, presque tremblant devant lui, et évidemment inepte au métier de solliciteur, prend son air le plus officiel, et lui répond par un glacial que voulez-vous que j’y fasse? C’était très digne, mais très sec; peu propre, par conséquent, à rassurer le jeune Biard. Il se trouble, il se déconcerte, et ne songe plus qu’au moyen de faire sa sortie. Au moment où il va se retirer, il avise une flûte sur un meuble; pour se donner une sorte de contenance, il hasarde deux ou trois mots sur cet instrument. Le directeur provisoire, qui n’avait pas écouté M. Biard, tant qu’il lui avait parlé peinture, devient tout oreilles, dès qu’il s’agit de flûte; un sourire d’aménité effleure ses lèvres, c’est une tout autre physionomie:

— Sauriez-vous jouer de la flûte? — demande-t-il au jeune homme.

— Oui, Monsieur.

— Vous joueriez un duo, à première vue?

— A moins qu’il ne fût bien difficile....

— Oui, vraiment? Eh bien! voyons, voulez-vous essayer? — En même temps, M. Cochet courait chercher une seconde flûte, et voilà nos deux amateurs dans la plus parfaite harmonie. Après quelques instans de concerto, le directeur provisoire était devenu d’une affabilité charmante. Il entra avec bienveillance dans tous les détails de l’affaire du jeune Biard, l’invita à venir, de temps à autre, jouer des duos avec lui, et promit de le servir de toute son influence. En effet, M. Cochet, après s’être assuré, par des informations exactes, que le jeune homme avait une supériorité réelle sur ses condisciples, et que les motifs qui l’avaient fait mettre hors de cours n’avaient rien de grave, lui délivra, à la suite d’une soirée employée tout entière à filer des accords, un certificat par lequel il attestait: Que M. Biard s’était abstenu de prendre rang au concours, pour satisfaire au vœu de ses camarades, relativement trop faibles; que les fabriques de la ville tiraient le plus grand avantage de ses talens; — cette considération, purement imaginaire, ne laissa pas que d’influencer puissamment le conseil de révision de Lyon. — Enfin, M. Cochet ajoutait, avec une sorte d’intuition qui fait honneur à sa sagacité, que le jeune Biard promettait d’être, un jour, un de nos artistes distingués. — Et voilà comment l’harmonie n’a pas seulement le privilège d’adoucir les tigres et de remuer les pierres; voilà comment, si M. Biard n’avait pas su jouer de la flûte, la France aurait en un héros de plus peut-être, mais aussi peut-être un ingénieux artiste de moins.

On peut dire que M. Biard n’eut pas de maître en peinture, car on ne doit pas compter, comme études, les quelques mois qu’il passa, à deux époques différentes, dans les ateliers de deux artistes absolument opposés de manières. Il a été, à lui seul, son propre maître, et cette circonstance est sans doute un des secrets de l’originalité de son talent.

Echappé, comme nous venons de le voir, à la conscription, M. Biard se mit à faire des tableaux qu’il ne vendait pas, son goût pour la peinture passant généralement, à Lyon, pour une manie ridicule et fort impertinente. Les peintres lyonnais, qui avaient adopté le genre flamand, moins la science et la verve qui ont assuré à cette école sa juste célébrité, étaient convenus entre eux que M. Biard n’avait aucune espèce de talent, qu’il ne ferait jamais rien qui valût; — et personne, bien entendu, ne songeait à contredire les artistes lyonnais.

Voici quelques faits qui donneront une idée du crédit que M. Biard avait, comme peintre, dans sa ville natale:

Il s’était formé, à Lyon, une société des amis des arts, uniquement composée des élèves de M. Révoil et de M. Richard. M. Biard, n’appartenant, fort heureusement, ni à l’une ni à l’autre école, n’avait pu prétendre à l’honneur de faire partie de cette académie. Les amis des arts tenaient des réunions et achetaient des tableaux. M. Biard s’était hasardé, un jour, à leur présenter quelque chose de sa composition; mais on avait crié au scandale: l’artiste et l’œuvre avaient été honnis.

A quelque temps de là, le jeune Biard, dont la persévérance laborieuse résistait, par instinct d’artiste, aux décourageans procédés de ses alentours, va frapper, avec un nouveau tableau, à la porte des amis des arts. La réunion n’étant pas encore ouverte, il laisse sa toile chez le concierge et s’en va. A l’heure ordinaire, les membres de la société arrivent; le tableau de M. Biard frappe les yeux; on le regarde, on en est content, il est bien. On demande au concierge qui l’a apporté, le concierge ne peut pas le dire; bref, tous conviennent que cette toile est une bonne chose, et qu’il faut l’acheter. Quand le nom de l’auteur fut connu, on trouva, dans l’œuvre, bien des défauts jusque-là inaperçus. Mais il eût été trop humiliant de se dédire tout-à-fait: — les amis des arts payèrent trois cents francs le tableau de M. Biard. — C’était, avec un assez joli effet de clair de lune, des Enfans perdus dans une forêt.

Comment notre jeune artiste avait-il eu le courage d’affronter, dans cette seconde épreuve, la critique des redoutables aristarques de la société des amis des arts? — Le voici: avant de leur porter son tableau, il était allé le soumettre à un estimable négociant de Lyon, membre du conseil municipal, en sa qualité de patenté, et, comme officier municipal, chargé de l’intérim de la direction des Beaux-Arts. Celui-ci, après avoir jeté un coup-d’œil dédaigneux sur la toile, avait dit, avec un sourire de pitié : — «Eh! mon cher, qu’est-ce

» que vous m’apportez là ? est-ce de la peinture? vrai-

» ment non. Il n’y a rien, absolument rien dans tout

» ça. Que prétendez-vous faire? Vous ne réussirez

» jamais. Si vous étiez comme Messieurs tels et tels

» ( le directeur citait des noms ), à la bonne heure!

» voilà des jeunes gens comme il faut! Ils ont de

» l’urbanité, de l’enjouement, de la complaisance; ils

» imitent le chien, le chat, les cris de toutes sortes d’ani-

» maux; enfin, ils savent plaire aux gens, ils amusent

» tout le monde. Aussi, voyez, on les recherche, ils

» sont reçus partout, même à la préfecture. — Mais

» vous, vous n’êtes pas, à beaucoup près, aussi aimable

» qu’eux. Vous n’avez pas de souplesse, vous ne savez

» vous rendre agréable à personne. D’ailleurs, vous

» n’avez pas de religion, et l’on dit que vous aimez les

» femmes!... comment pourriez-vous prospérer? —

» Faites tout ce que vous voudrez, mon cher, mais

» ne vous obstinez pas à tenir plus long-temps la pa-

» lette et le pinceau.» Le vertueux personnage en était là de son homélie, quand M. de Forbin, qui se trouvait de passage à Lyon, entra. M. de Forbin!... à ce nom, M. Biard s’était empressé de retourner sa toile, qui lui pesait comme un remords. M. de Forbin!... quel effet d’écrasement devait produire un pareil nom sur notre jeune artiste, maltraité, humilié, comme il venait de l’être, dans son œuvre, par la critique brutale du négociant lyonnnais! — «Voilà, — s’empressa de dire l’aristarque à M. de Forbin, en lui montrant son martyr: — Voilà un pauvre jeune » homme qui s’est mis dans la tête de faire de l’art, et

» qu’il serait charitable de désabuser. J’ai essayé, je ne

» sais pas si j’ai réussi.» — Mais que devint le mortifié Biard, lorsque M. de Forbin voulut voir sa toile!.. Oh! si la terre, alors, eût pu s’entr’ouvrir pour l’engloutir, lui et son œuvre maudite, il se serait estimé trop heureux!... — Mais la terre ne s’entrouvrit pas. Seulement, M. de Forbin prit tranquillement le tableau, l’examina, et dit au critique: «Mais, comment donc?

» voici qui n’est pas du tout mal. Il y a là du bon,

» beaucoup de bon, des qualités réelles qui ne deman-

» dent qu’à être développées. Vous auriez tort,

» Monsieur, de décourager ce jeune homme. Je suis

» convaincu, moi, qu’il réussira.» — M. Biard croyait rêver. Il remercia avec vénération M. de Forbin. Il ne fallait pas moins que l’intervention miraculeuse de ce Deus ex machina, pour lui donner l’audace de présenter aux amis des arts ce tableau, qui surprit, comme nous l’avons vu, si traîtreusement leurs suffrages.

Une chose digne de remarque, c’est que cette sagacité de jugement des compatriotes de M. Biard, à l’endroit des productions d’un artiste dont ils devraient être fiers, ne s’est jamais démentie. Ainsi, par exemple, lorsqu’en 1833, M. Biard fit ses Comédiens ambulans, les Lyonnais qui n’osaient pas le critiquer en face chargeaient charitablement des tiers d’ouvrir les yeux à l’auteur, sur ce qu’ils appelaient l’insignifiance parfaite et le ridicule de ce tableau.

A côté des paroles de M. de Forbin, nous devons noter encore un autre encouragement que M. Biard reçut, à son début, — car les encouragemens ne lui ont pas été prodigués: — En 1822, il était venu accidentellement à Paris, avec quelques camarades, les chefs d’emplois de l’école de Lyon, qui avaient des tableaux à l’exposition. Il imagina, par désœuvrement, de peindre une famille de mendians. Il n’avait mis encore sur la toile qu’une tête de vieille femme, qui lui avait posé quelques séances, lorsque M. Giroux la vit. Il en fut content, l’engagea à achever, en promettant d’acheter le tableau, et lui donna le conseil de travailler toujours d’après nature, contrairement aux habitudes de l’école lyonnaise. M. Biard finit sa toile et la donna à Giroux, pour cent francs.

Méconnu à Lyon et rebuté par la malveillance de ses concitoyens, M. Biard s’engagea, en 1827, dans la marine, pour professer le dessin sur une corvette d’instruction. Cette position lui donnait rang d’officier de marine, sans qu’il eût jamais fait d’études spéciales pour cette arme. Là commence la première période de ses voyages. Il alla d’abord à Malte; — de Malte, dans l’Archipel grec, qu’il parcourut en tous sens; — puis à Rhodes, — sur la côte de Caramanie, à Chypre et en Syrie, où son vaisseau était envoyé pour faire amener pavillon à nos consuls, en cas de guerre, tandis que la division restait à Egine. Dans le cours de cette expédition, pendant laquelle il fallait traverser des parages sillonnés, en tous sens, par des navires ennemis, M. Biard put s’inspirer, tout à son aise, du spectacle d’un branle-bas de combat, cette chose terrible et solennelle qu’il a reproduite, — on se le rappelle, — avec une vérité si énergique, au salon de 1836; — de Syrie, M. Biard s’en alla à Alexandrie, où l’équipage dont il faisait partie se trouva dans la situation la plus périlleuse:

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Дата выхода на Литрес:
16 января 2025
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71 стр. 2 иллюстрации
ISBN:
4064066333836
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Правообладатель:
Bookwire
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