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H. Robinson
Chevaux de selle de chasse de course et d'attelage
Manuel complet de l'éleveur et du propriétaire de chevaux

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066334246
Table des matières
LE CHEVAL DE SELLE.
LE CHEVAL ARABE.
LE CHEVAL LIMOUSIN.
LE CHEVAL ESPAGNOL.
LE CHEVAL DE COURSE.
ÉCHELLE DES PROPORTIONS
LE CHEVAL DE CHASSE.
LE CHEVAL ANGLAIS.
LE CHEVAL IRLANDAIS.
LE CHEVAL D’ATTELAGE.
LE CHEVAL MECKLEMBOURGEOIS.
LE BAI CLEVELAND.
EXTÉRIEUR ET PROPORTIONS
AVANT-MAIN.
CORPS.
ARRIÈRE-MAIN.
ALLURES
MOUVEMENTS SUR PLACE.
AGE, SEXE ET ROBE.
SEXE.
ROBES.
INTRODUCTION AU DRESSAGE.
DES FORCES DU CHEVAL.
LIMITES DES FORCES DU CHEVAL.
LE DRESSAGE.
MANIEMENT DU POULAIN.
MANIEMENT DU CHEVAL FAIT.
MÉTHODE RAREY.
ENTRAINEMENT.
ENTRAINEMENT DES CHEVAUX DE COURSE.
ÉCURIES.
MAUX ET MALADIES
DE LA NOURRITURE DES CHEVAUX.
SOINS GÉNÉRAUX.
SOINS DES JAMBES ET DES PIEDS.
FERRAGE.
BANDAGES ET BOTTES.
COUVERTURES.
CHASSES A COURRE.
LES COURSES.
LES PARIS DE COURSES.
L’ENTRAINEMENT
DE L’ART DE MONTER LES CHEVAUX DE COURSE.
L’ART D’HANDICAPER.

LE CHEVAL DE SELLE.
Table des matières
Parmi les nombreux animaux que la nature a affectés au service de l’homme il en est deux dont il a tiré parti plus que de tous les autres, et qu’il a modifiés de mille façons selon ses besoins. Le cheval et le chien ont été soumis à des transformations répétées à l’infini et il est curieux d’observer jusqu’à quel point le chien, dont la souche primitive a été perdue de vue depuis des siècles, s’est montré infiniment plus apte que le cheval à subir les changements de toute espèce. Tout en se prêtant aux modifications nécessitées par ses divers et nombreux genres d’emplois, le cheval est resté fidèle à un type unique que l’on peut affirmer être peu dissemblable de l’animal primitivement sorti des mains de la nature.
Cette remarque suffit à donner la clef de toute l’histoire du cheval depuis les temps les plus reculés jusqu’aujourd’hui; on comprendra en réfléchissant sur cette matière que le cheval se prêtant mal à des transformations ou trop rapides ou trop considérables, les seules races vraiment éminentes sont celles qui se sont formées lentement et progressivement, avec l’aide combinée des hommes et de la nature elle-même.
On peut imaginer que dans les temps les plus reculés les hommes se soient demandé à quel usage le cheval était le plus propre, à la selle ou à l’attelage, et comme nous savons que le premier emploi qui en a été fait a été de l’atteler à des chariots nous pouvons conjecturer que l’animal primitif se rapprochait beaucoup plus de nos races de gros trait que de nos chevaux de sang. Il a donc fallu un assez long espace de temps pour former le cheval de selle; et, en effet, les écrits de l’antiquité nous apprennent que la science de l’équitation est de longtemps postérieure à l’emploi du cheval comme simple bête de somme; ce sont, paraît-il, les Egyptiens qui sont inventeurs de cette noble science. Les bas-reliefs antiques, découverts dans le pays des anciens Pharaons, nous font connaître de quelle façon étaient équipés les chevaux qui servaient de monture dans les temps primitifs: ils y sont représentés sans selle ni bride et dirigés au moyen d’une simple baguette. Les Parthes, les Perses, les Scythes et les Mèdes, se signalèrent successivement sous le rapport de l’équitation; les chevaux de ces derniers peuples servirent probablement de souche à l’illustre race arabe qui, à son tour, donna naissance à toutes les races de sang employées aujourd’hui.
On comprend sous le terme générique de cheval de selle: le cheval de course, de chasse, de guerre, de manège, de promenade, de piqueur, etc. La vitesse, qui tient plutôt à la puissance des organes respiratoires qu’à l’énergie des muscles, est sa qualité principale: aussi voyons-nous rechercher dans toutes les races qui servent à la selle, la poitrine profonde, c’est-à-dire mesurant un long espace depuis la pointe du garrot jusqu’au sternum placé entre les membres antérieurs, parce que c’est la construction la plus favorable au développement libre du système pulmonaire.
Le cheval, dans l’état de nature, n’avait que deux allures: le pas et le galop; ce sont les procédés de dressage qui lui ont donné la troisième allure: le trot, qui a varié avec les divers systèmes d’éducation. Ainsi la haquenée du moyen-âge et plus tard l’Andalou à la fière attitude, avaient un genre de trot tout différent de celui des trotteurs que l’on voit aujourd’hui.
Des expériences ont été faites pour mesurer, terme moyen, le terrain que parcourt le cheval aux diverses allures. On a obtenu pour résultat, par minute, au bon pas, une distance de 100 mètres; au petit trot 200 mètres; au petit galop 320 m. Le maximum de poids imposé au cheval de selle sera du tiers du poids de son propre corps; il est curieux à remarquer que s’il porte un fardeau inanimé au lieu d’un cavalier, il pourra soutenir une charge plus forte d’un tiers, sans en être autrement incommodé.
LE CHEVAL ARABE.
Table des matières
Le cheval arabe est, de tous, le plus illustre par son origine et son histoire; il est placé à la tête du premier et du plus noble groupe d’espèces chevalines, savoir, celui des races d’Orient, qui comprend à sa suite le cheval syrien, du Dongolah, le cheval persan, barbe, tartare, turc, hongrois, moldave et polonais. Son aspect et ses qualités rendent encore aujourd’hui le cheval arabe l’un des plus recommandables de tous.
Sa tête est infiniment plus belle que celle de toute autre race; l’œil saillant, le chanfrein plutôt concave que convexe, les oreilles petites, les naseaux larges et mobiles, lui donnent un air de suprême intelligence.
Les chevaux arabes se divisent en deux catégories; — M. W. Youatt en désigne trois, — ce sont les Kadischi ou chevaux de sang-mêlé et les Kochlani ou chevaux de pur sang: ces derniers, à ce que dit la tradition, possèdent une généalogie qui remonte aux haras du roi Salomon.
Les Arabes assurent que leurs chevaux sont capables de supporter les plus grandes fatigues, unies à la privation de nourriture; leur courage à la guerre, leur intelligence, leur fidélité à leurs maîtres sont établis par une foule d’histoires merveilleuses, dont plusieurs remontent aux temps les plus reculés.
Tous les écrivains qui ont traité du cheval arabe se plaisent à rendre hommage à sa douceur et à son excessive docilité, ce qui n’est pas surprenant quand on songe que, nourri sous la tente de son maître, il se trouve en rapports continuels avec lui, avec les femmes et les enfants; cette co-habitation n’a jamais fait redouter d’accidents.
M. Heber, dans son intéressant ouvrage intitulé : Indian Tour, parle en ces termes du caractère du cheval arabe.
«Mon cheval est un petit arabe doux et familier, du meilleur
»caractère; il est si courageux qu’il s’approche de l’éléphant
»sans manifester la moindre crainte. Il est aussi gracieux
»et aussi caressant qu’un chien. D’après ce que j’ai pu
»voir, ajoute M. Heber, ce caractère est celui de l’immense
» majorité des chevaux arabes: ils ne sont pas impétueux et
» rebelles comme je le supposais autrefois; au contraire, ils
» montrent plus de sagacité et de confiance dans leur cavalier
»que la majorité des chevaux anglais.»
Cette description est de la plus grande exactitude en ce qui concerne les juments. quant aux étalons, on en rencontre qui se montrent impatients, sauvages et parfois même d’un naturel dangereux.
La façon dont les propriétaires de chevaux arabes agissent avec leurs coursiers est un singulier mélange de caresses et de cruautés. Un usage absurde et hideux veut qu’un cheval, avant d’être reçu comme appartenant à la race des chevaux du prophète, ait accompli une série d’exercices dont le meilleur hunter anglais reviendrait fourbu. Sans aucun doute, les élèves qui auront pu résister à de pareils traitements seront aptes à tout usage, mais les entraîneurs de tous les pays reconnaissent qu’il est inutile, pour s’assurer des moyens d’un cheval, de dépasser la mesure de ce qu’on peut lui demander raisonnablement.
Le barbe qu’on a souvent confondu avec l’arabe est de moindre taille que lui; son encolure, sa tête sont inférieures, mais les formes générales sont plus parfaites pour le reste du corps.
L’encolure est longue et grêle, la tête petite et sèche, le chanfrein presque busqué, la poitrine profonde, le dos court, les paturons longs et le sabot petit.
Vers 1735 un anglais, M. Coke, rencontra à Paris un cheval de formes parfaites honteusement attelé à une charrette.
Ce cheval, qui n’était autre que l’illustre Godolphin Arabian appartenait, en dépit de son nom, à la race barbe. Il fut la souche d’une foule de célébrités chevalines de la Grande-Bretagne. On a cherché vainement la cause de la singulière décadence qu’avait subie en France le noble animal; on présume que Godolphin était l’un des chevaux dont le bey de Tunis fit hommage à Louis XV en 1731.
Le barbe qui, comme nous venons de le voir, a eu une grande influence sur l’amélioration chevaline de l’Angleterre, a également contribué puissamment à la formation de la race espagnole.
Quant au cheval tartare, petit de taille et d’apparence chétive, il est capable néanmoins de supporter les plus grandes fatigues et les plus longues traites. Il est courageux et rempli d’ardeur.
La tête est petite, l’encolure longue, la crinière abondante, le garrot tranchant, les hanches fortes, la croupe très-anguleuse, la queue mal placée.
Ces animaux, que l’on n’enferme jamais, sont peu éloignés de l’état sauvage; les Tartares se nourrissent de leur chair, ce qui explique la vigueur de la race, les chevaux qui possèdent des qualités exceptionnelles étant seuls conservés.
LE CHEVAL LIMOUSIN.
Table des matières
Bien avant que la race anglaise ne commençât à se former, les chevaux du Limousin et de la Normandie avaient acquis une réputation méritée et due surtout aux bons pâturages qui font de ces provinces des contrées d’élevage par excellence.
Le Limousin a conservé un grand nombre des traits caractéristiques des chevaux orientaux: cette race, consacrée surtout à la selle et que l’on trouve non-seulement dans le Limousin, mais encore dans l’Auvergne et le Périgord, a la tête très-fine, sèche et élégante, l’encolure gracieuse, le corps un peu arrondi quoique svelte, les hanches saillantes, le paturon très-long, les canons un peu trop grêles. Les jarrets larges, bien évidés; les os, les muscles et les tendons des membres très-vigoureux. Sa taille moyenne est de 1 mètre 49 centimètres à 1 mètre 52 centimètres.
Turenne et Napoléon Ier ont contribué à la réputation qu’a toujours méritée cette race pour la guerre. L’Embelle que l’empereur monta de 1806 à 1814 était une jument limousine, ainsi que l’illustre Pie qui porta Turenne dans vingt batailles.
Le paturon long que nous avons signalé comme caractérisant le cheval limousin lui donne une douceur d’allures qui le rend éminemment propre à la selle; il joint à la force, la vitesse et le fond et est capable la plupart du temps de rendre de grands services à un âge où l’immense majorité des chevaux sont communément usés. Par contre, il ne se forme que tard et souffre plus de préjudices que toute autre race des travaux prématurés. L’antique race Limousine, améliorée jadis au moyen du sang arabe, se retrempe actuellement par l’emploi de l’étalon anglais.
Le cheval normand était considéré au moyen-âge comme supérieur à toutes les autres races de l’Europe: Guillaume le Conquérant l’introduisit en Angleterre, et il n’est pas certain que le sang normand n’ait pas été pour une part dans la formation de la race anglaise.
Les chevaux normands se partagent aujourd’hui en deux subdivisions portant les noms de race Cotentine et race du Merlerault.
Ces derniers, nourris dans des pâturages moins abondants, sont d’une taille inférieure à celle des Cotentins; ils ont la tête plus carrée, l’encolure plus droite, le garrot plus haut. Leur caractère est souvent difficile, et ils ne sont guère agréables à monter.
Le Cotentin et le Merlerault fournissent un grand nombre de chevaux à l’armée française.
Une nouvelle race s’est formée depuis quelques années dans les mêmes contrées; elle porte le nom d’anglo-normande et est due au croisement des juments du Merlerault avec les étalons anglais.
Ces croisements ont fourni quelques animaux remarquables, parmi lesquels nous nous contenterons de citer Merlerault, étalon classé parmi les meilleurs reproducteurs de demi-sang du haras du Pin.
A la fin de 1856, le haras de l’État en Belgique appréciant les qualités des animaux de cette race, a fait l’acquisition en Normandie de deux reproducteurs, Tancrède et Toutain, destinés à la monte dans cette contrée.
LE CHEVAL ESPAGNOL.
Table des matières
Au moyen-âge, les chevaux d’Espagne jouissaient d’une renommée universelle: cette race était classée immédiatement après celle des barbes et des arabes dont elle descend sans aucun doute. De nos jours, le cheval espagnol, l’Andalou, a dégénéré. Quoique son origine perce encore dans ses formes, celles-ci s’écartent beaucoup plus du prototype que celles du cheval anglais, sans doute parce qu’un temps plus long s’est écoulé depuis l’infusion du sang oriental. La taille moyenne de ces chevaux est de 1 mètre 49 centimètres à 1 mètre 52 centimètres, mais ils n’atteignent toute leur stature qu’à l’âge de huit ans.
L’Andalou est encore de nos jours un superbe cheval de promenade; il parade bien, se plie facilement aux airs de manège, mais il ne faut pas chercher en lui le nerf et la vigueur qui distinguent l’anglais et l’arabe.
Pendant longtemps, l’exportation de la race andalouse a été défendue sous peine de mort, ce qui prouve le prix que les espagnols attachaient à son monopole.
C’est dans l’Andalousie que les Maures se maintinrent le plus longtemps. Leurs poëtes célébrèrent souvent les qualités de leurs chevaux, mais ils s’accordent à nier leur origine arabe ou barbe qui ne paraît pas cependant être sérieusement contestable. Ils font, comme les Arabes, remonter l’origine de leurs races au haras du roi Salomon. Ils se plaisent à rappeler le prix que les Romains attachaient aux coursiers de l’Espagne à cause de leur fierté, de la grâce majestueuse de leurs allures et de leur courage.
Voici la description que donne Béranger du type andalou:
«L’encolure, dit-il, est longue et arquée; on peut lui reprocher un peu de lourdeur, mais ce défaut est dissimulé par une crinière longue et épaisse. La tête est un peu forte, les oreilles longues, mais bien placées; l’œil est grand, hardi et plein de feu. L’attitude générale du coursier est empreinte de fierté et de noblesse. Il a le poitrail large, les épaules parfois épaisses et le ventre un peu trop proéminent; le rein est bas, les côtes arrondies et la croupe pleine et bien dessinée. Les jambes sont bien faites, garnies d’un poil fin et les tendons se détachent de l’os; ils sont actifs et souples dans leurs mouvements, d’une soumission parfaite, intelligents, affectionnés et en même temps pleins de feu et de courage.»
LE CHEVAL DE COURSE.
Table des matières
Rechercher l’origine des courses de chevaux serait un travail aussi ingrat qu’inutile; du jour où l’on a attaché quelque prix aux services que peut rendre le cheval, il est clair que l’on a dû songer à s’assurer du mérite respectif de ces animaux par la lutte de vitesse ou de fond. A défaut même des documents historiques qui nous montrent les luttes entre chevaux montés ou attelés à des chars, en honneur dans l’antiquité, le bon sens seul indiquerait que les courses de chevaux doivent remonter aux époques les plus reculées.
On peut dire cependant que ce n’est que dans ces derniers temps que les courses ont été constituées de façon à produire de notables améliorations dans les races de chevaux.
Les courses seules sont le critérium de la véritable valeur du cheval; c’est d’après le résultat des courses qu’il faut choisir les étalons et les juments capables de produire des poulains supérieurs. S’il n’est pas vrai de dire que tous les bons coureurs deviennent forcément de bons reproducteurs, il est incontestable que tous les étalons qui ont été renommés pour l’excellence de leurs produits, avaient été des chevaux de course de premier ordre.
Les courses de chevaux, à notre époque, peuvent et doivent être considérées comme la véritable source de tout progrès en matière d’industrie chevaline.
L’organisation régulière des courses de chevaux remonte en Angleterre à l’année 1669, époque à laquelle le roi Charles II signa le décret de fondation des courses de Newmarket.
En France, bien qu’il y eut depuis 1776 des luttes plus ou moins régulières à la plaine des Sablons près Paris, on ne peut considérer les courses comme établies sérieusement, qu’à partir de l’arrêté du 15 mars 1842. Elles ont pris un développement énorme dès l’arrivée au pouvoir de Napoléon III.
Le cheval de course par excellence est le cheval anglais; sa supériorité n’est plus contestée de nos jours, que par ceux qui sont complètement étrangers au turf, et qui ignorent que partout il a vaincu tous les rivaux qui lui ont été opposés. Il y a déjà plusieurs années que Recruit, cheval anglais d’une réputation médiocre, a battu Pyramus, le meilleur cheval arabe de l’Inde, du côté du Bengale.
Le cheval de course est en général reconnaissable à l’élégance de sa tête, à son encolure droite, à ses épaules obliques et allongées, à ses hanches amples, à ses jambes sèches aux canons courts, et à son paturon élastique.
La structure de cet animal est de si grande importance, qu’on est allé jusqu’à établir les proportions que chaque partie du corps doit avoir: en cela encore, tous les écrivains ne sont pas d’accord, et les diverses échelles qui ont été construites, diffèrent sous plusieurs rapports.
M. Percival prend pour unité de mesure la longueur de tête, sans subdivision. D’après lui:
«La hauteur du cheval, de l’occiput au sol, en supposant, la tête dans sa position naturelle, est de trois têtes de cheval ou unité de mesure.
» La taille, du garrot au sol, est de deux et demi hauteurs de tête, ainsi que la longueur du corps de l’animal, y compris l’avant-main et l’arrière-main.
» L’encolure, du garrot à l’occiput, est égale en longueur à l’unité de mesure, aussi bien que la largeur des épaules, et celle de la croupe.
» La jambe de derrière, de la rotule au jarret, représente également la dimension de l’unité de mesure, ainsi que l’espace compris entre le jarret et le sol, et la distance du sommet du garrot au point de jonction de l’encolure et du coffre.
» L’espace qui sépare le garrot de la rotule et celui qui sépare le coude du sommet de la croupe sont égaux, l’un et l’autre, égalent deux fois l’unité de mesure.
» La distance du coude au genou est égale à celle qui sépare cette jointure du sol, et la distance de la rotule au jarret est égale à celle qui sépare le jarret de la couronne du pied.»
M. Sainbell publia, en regard avec le travail qu’on vient de lire, une échelle des proportions d’Éclipsé. Voici les principales divergences que l’on remarque entre ces deux tableaux:
Au lieu de trois têtes de hauteur, Éclipse en mesurait trois et demie du sommet de l’occiput au sol; son encolure avait une fois et demie la longueur indiquée par ce tableau; la hauteur d’Éclipse qui aurait dû être égale à sa longueur, excédait celle-ci d’un dixième.
La distance du coude au genou excédait de beaucoup celle du genou au sol.
Voici maintenant une échelle de proportion beaucoup plus complète, que j’emprunte aux remarquables travaux de M. W. Youatt.
ÉCHELLE DES PROPORTIONS
Table des matières
DU CHEVAL DE COURSE.
On suppose la longueur de la tête du cheval partagée en vingt-deux parties égales, qui forment la commune mesure pour chaque partie du corps.
La hauteur du cheval, de la naissance de la crinière jusqu’à terre, est de trois têtes treize parties.
Depuis la selle jusqu’à terre, trois têtes.
Du croupion jusqu’à terre, trois têtes.
La longueur du corps, depuis la partie saillante du poitrail jusqu’à l’extrémité des fesses, trois têtes trois parties.
La hauteur du corps par le milieu du centre de gravité, deux têtes vingt parties.
Depuis la partie la plus élevée du poitrail jusqu’à terre, deux têtes sept parties.
Hauteur de la ligne perpendiculaire depuis l’articulation du bras avec l’épaule jusqu’au sabot, une tête cinq parties.
La hauteur de la perpendiculaire depuis le haut de la jambe de devant, la partageant également en toutes ses parties jusqu’au fanon, une tête vingt parties.
Hauteur de la perpendiculaire depuis le coude jusqu’à terre, une tête dix-neuf parties.
Distance de la selle au grasset, une tête dix-neuf parties.
Même mesure pour la distance du haut du croupion au coude.
Longueur du cou depuis la selle jusqu’au haut de la tête, une tête et demie.
Longueur du cou, du haut de la tête à son insertion avec le poitrail, même mesure.
Largeur du cou à son union avec le poitrail, une tête.
Largeur du cou à sa partie la plus étroite, deux parties d’une tête.
Largeur de la tête au-dessous des yeux, même mesure.
Grosseur du corps du milieu du dos au milieu du ventre, une tête quatre parties.
Largeur du corps, même mesure.
Du sommet de la croupe à l’extrémité des fesses, même mesure.
Distance de la racine de la queue au grasset, même mesure.
Distance du grasset au jarret, même mesure.
Hauteur de l’extrémité du sabot au jarret, même mesure.
Distance de l’extrémité des fesses au grasset, vingt parties d’une tête.
Largeur de la croupe, même mesure.
Largeur des jambes de devant depuis leur partie antérieure jusqu’au coude, dix parties d’une tête.
Largeur d’une des jambes de derrière prise au-dessous du pli des fesses, dix parties d’une tête.
Largeur du jarret prise à sa courbe, huit parties de tête.
Largeur de la tête au-dessus des narines, même mesure.
Distance des yeux d’un grand angle à l’autre, sept parties d’une tête.
Distance entre les jambes de devant, même mesure.
Grosseur des genoux, cinq parties d’une tête.
Largeur des jambes de devant au-dessus du genou, même mesure.
Grosseur du jarret, même mesure.
Largeur du paturon au boulet, quatre parties d’une tête.
Grosseur de l’os de la couronne, même mesure.
Largeur de l’os de la couronne, quatre parties et demie de la tête.
Grosseur des jambes à l’endroit le plus étroit, trois parties d’une tête.
Largeur des jambes de derrière, même mesure.
Grosseur des paturons de derrière, deux parties trois quarts d’une tête.
Largeur des canons de devant, même mesure.
Grosseur des paturons de devant, deux parties de têtes un quart.
Largeur des paturons de derrière, même mesure.
Grosseur des canons de devant et de derrière, une tête trois quarts.
LE CHEVAL DE CHASSE.
Table des matières
Trois qualités sont indispensables au cheval que l’on destine à suivre les chiens dans la chasse à courre: le courage, la docilité et surtout l’adresse. Cette dernière dépend uniquement de la conformation du cheval, et comme elle est d’une importance extrême, je parlerai avec détail des formes qu’il faut rechercher dans le choix d’un animal de ce genre.
Le pur sang et le demi-sang sont employés à la chasse; l’un et l’autre présentent certains inconvénients; à l’époque où l’on se servait exclusivement du second, les chiens étaient beaucoup moins rapides qu’ils ne le sont de nos jours, aussi me semble-t-il que le cheval de chasse parfait doit avoir beaucoup de sang sans être cependant de sang pur: un trois-quarts sang d’une bonne conformation réunira toutes les qualités désirables.
Il ne suffit pas que le cheval de chasse ait reçu de la nature les dons nécessaires au parfait accomplissement de ses travaux; il faut encore qu’il y ait été préparé et préparé avec intelligence. L’entraînement qu’il devra subir consiste comme pour le cheval de course à faire disparaître toute chair superflue, au moyen de médecines et d’exercices combinés. Je traiterai ce sujet avec détail dans un chapitre séparé.
Le cheval de chasse accomplit un travail extrêmement laborieux; plus que tout autre, il a besoin de repos. Après une journée de chasse, il lui faudra trois ou quatre jours de tranquillité durant lesquels il ne sortira qu’au pas de promenade pour se dégourdir et prendre l’air.
Le cheval partage l’enthousiasme du sportsman; il est capable de se laisser entraîner par son ardeur plus loin que ses forces ne le lui permettraient; c’est à son cavalier à se préoccuper de l’état de sa monture pour modérer son allure ou l’arrêter même si c’est nécessaire.
Il est arrivé maintes fois qu’un cheval de chasse ait continué ses efforts avec le même entrain jusqu’à ce que la nature épuisée, ne répondant plus à son courage, l’ai fait tomber et expirer de fatigue; mais le plus souvent, quand il est à bout de forces, il ralentit spontanément sa course, à moins que son maître impitoyable ne le force, à l’aide du fouet et de l’éperon, à courir jusqu’à ce qu’il meure.
Bien que ce soit un violent crèvecœur pour le sportsman enthousiaste de quitter la chasse commencée, il ne faut pas qu’il hésite un moment à sacrifier ses jouissances à la vie de sa monture aussitôt que celle-ci donne des signes de souffrance. Ces signes consistent dans le ralentissement de l’allure, la démarche mal assurée et chancelante, la tête qui appuie fortement sur la main, le flanc palpitant et le regard vague. En outre, on entend retentir dans la poitrine un son particulier qu’un homme inexpérimenté prendrait pour le battement du cœur: c’est le mouvement convulsif du diaphragme mis en action par les efforts que le cheval fait pour respirer, au moment où les poumons remplis de sang ne permettent plus à l’appareil de fonctionner. L’homme qui avance d’un seul pas après ces signes de détresse n’a jamais été digne de posséder un cheval.
Aussitôt que le cavalier s’aperçoit de l’état dans lequel est son cheval, il mettra pied à terre et ôtera immédiatement la selle; cela fait, et après une dizaine de minutes d’immobilité, si la respiration ne s’améliore pas et si le pouls ne se calme pas, une saignée sera indispensable sur le lieu même; si le cheval est mieux au bout d’un court délai, on peut le faire mener à l’écurie au petit pas, puis, après une abondante saignée, oh lui administrera une boulette de carbonate d’ammoniaque.
Le cheval de chasse doit avoir les épaules longues; sans cette condition, il ne peut être adroit. L’usage auquel on le destine le mettra constamment dans des positions difficiles; il faut qu’il puisse, avec sécurité pour son cavalier, gravir et descendre les montées les plus rapides, franchir les obstacles et parcourir les mauvais terrains; dans tous ces cas, une épaule courte est incompatible avec la sûreté. L’épaule doit être oblique, mais il n’est pas indispensable qu’elle soit fort mince; on a dit souvent qu’une épaule épaisse doit nécessairement être mauvaise, c’est une erreur; une épaule grossière, si elle est suffisamment oblique, peut être fort bonne.
D’excellents chevaux de chasse ont des épaules très-rondes qu’un sportsman inexpérimenté jugerait mauvaises, mais leur obliquité les empêche d’être telles. On peut voir un cheval avec les épaules épaisses poser fort bien le pied, et un autre avec de fort belles épaules faire précisément le contraire; je ferai remarquer ici qu’il importe peu de quelle manière le cheval soulève le pied, pourvu qu’il le pose à plat, et sans l’enfoncer dans la terre. Si vous voulez vous assurer si un cheval est sujet à broncher, montez-le, laissez flotter les rênes sur le cou, et faites-le partir tranquillement. S’il est broncheur il se trahira bientôt, surtout si le terrain n’est pas fort bon. Si cette épreuve n’est point concluante, soulevez ses pieds de devant et voyez si l’extrémité des fers est fortement usée.
La tête du cheval de chasse doit être bien posée. La longueur de l’encolure n’est pas aussi importante qu’on pourrait se l’imaginer, et même il n’y a pas grand mal à ce que la tête soit un peu épaisse: ce qui est indispensable, c’est que l’encolure et la tête soient bien proportionnées, et comme je l’ai déjà fait observer, cette dernière bien posée: c’est de là que dépend le plus ou moins d’agrément que l’on aura à monter le cheval; c’est de plus nécessaire à cause de la respiration. Si la tête de son cheval n’est pas convenablement placée, le cavalier ne pourra lui faire franchir aisément les obstacles, et il sera dangereux à monter.
Quoique la longueur de l’encolure ne soit pas aussi importante que quelques personnes l’imaginent, le développement suffisant des muscles est indispensable.
Je ne crois pas que la longueur de l’encolure ou la pesanteur de la tête seront toujours cause que le cheval pèsera lourdement sur la main. On a vu des chevaux de chasse dont l’encolure était fort courte et qui cependant pesaient sur la main, parce qu’à cause de la petitesse de leur encolure, leur tête n’était pas convenablement placée.
Les articulations des jambes seront aussi soigneusement examinées; elles doivent être musculaires et longues, de sorte que le cheval puisse étendre aisément les jambes de devant; c’est une qualité essentielle au. cheval de chasse, et même à tous les chevaux dont on exige de la rapidité. Le genou doit avoir de la largeur et de la profondeur, un petit genou est un défaut chez tous les chevaux et particulièrement chez le cheval de chasse. La partie du canon située immédiatement sous le genou doit être courte et la jambe plate en cet endroit; si elle est ronde elle ne pourra résister au travail.
Les chevaux qui enfoncent profondément les pieds dans le sol ont, lorsqu’ils travaillent beaucoup, une démarche vacillante et penchée en avant. De rusés marchands les font ferrer peu de temps avant de les offrir en vente; ce défaut est alors moins visible, mais un connaisseur le découvrira aussitôt qu’il verra l’animal en mouvement. Une jument (je n’ajouterai pas un étalon, car je ne puis supposer personne assez insensé pour en prendre un atteint d’une telle défectuosité) transmettra sans aucun doute ce défaut à son poulain.
Le boulet du cheval de chasse doit être fort, les paturons pas trop courts, quoique beaucoup moins longs que ceux du cheval de course; il faut éviter l’un ou l’autre excès, mais s’il fallait choisir je pencherais plutôt pour un long parce qu’il est doué de plus d’élasticité et que conséquemment le pied ne se fatigue pas aussi vite. Un cheval à paturons courts ne supporte pas les terrains lourds et est toujours incommode à monter; il est difficile de lui faire porter un certain poids ou de le mettre à un travail régulier.
Il est indispensable que le pied du cheval de chasse soit parfait. Le cheval dont le pied est mauvais ou étroit est tout à fait incapable de suivre une chasse. Supposons-nous dans les champs, avec un poids élevé sur le dos et une jambe de bois, nous serons à peu près dans la position d’un cheval dont le pied est étroit. Cependant si le pied du cheval de chasse ne peut être étroit, il ne faut pas non plus qu’il soit trop large, ou sa rapidité s’en ressentira. Un beau pied rond, bien ouvert et bien proportionné à la grandeur du cheval, est ce qu’il faut chercher. La plupart des chevaux naissent avec de bons pieds; beaucoup sont gâtés par la maladresse des maréchaux. Sur neuf maréchaux de village il ne s’en trouve pas un qui puisse ferrer convenablement, et comme la plupart des jeunes chevaux leur sont confiés, le mal qu’ils font est incalculable. Leur système est de faire prendre au pied la forme du fer, au lieu de modifier le fer selon la forme du pied.
Un sabot solide est de la plus grande importance pour le cheval de chasse; les anciens le savaient car ils faisaient de fréquentes allusions au sabot. Pour eux c’était une considération de la plus grande importance, car il n’était pas d’usage alors de ferrer les chevaux, et un sabot dur était absolument nécessaire pour qu’ils pussent en tirer parti. Le talon ne doit pas être trop bas, de crainte que la fourchette ne touche le sol, et occasionne une chute. Le pied doit être large au talon, la fourchette solide et grande et les quartiers bien distincts. J’ajouterai comme remarque concluante sur le pied que le vieux dicton «Pas de pieds, pas de cheval» ne devrait jamais être oublié des acheteurs ou des éleveurs de chevaux. Quiconque en achète un avec de mauvais pieds se repentira bientôt de son marché, et quiconque choisit pour la reproduction une jument ou un étalon atteint de cette défectuosité, n’obtiendra que de mauvais produits.
L’haleine est un point des plus importants pour les chevaux de chasse. Avant de choisir un étalon ou d’acheter un cheval assurons-nous qu’il a de la profondeur dans les quartiers de devant; car de là et de la forme de la poitrine dépendent la rapidité et les qualités de fonds de l’animal; sans place suffisante pour les poumons il ne pourra supporter une longue course. Une poitrine spacieuse permet le rapide passage du sang que l’action des muscles envoie dans les veines. Les chevaux à poitrine étroite ne supportent que peu de fatigue; ceux à poitrine ronde sont, comme nous le voyons chez le cheval de charrette, ordinairement lents et facilement hors d’haleine. C’est une poitrine profonde qu’il nous faut rechercher si nous avons besoin de rapidité et de fonds; quelle que soit sa largeur, si elle n’a point de profondeur, l’animal ne pourra courir comme l’exige le travail du cheval de chasse. Un cheval sans haleine, c’est une machine sans eau. Un grand nombre de chevaux, rangés sous la dénomination de chevaux à jambes courtes ne le sont pas en réalité, mais une grande profondeur de poitrine leur donne cette apparence; de tels chevaux sont ordinairement de bons sauteurs.
Le dos du cheval de chasse doit être modérément long; quand il est trop court les mouvements sont gênés.
Il faut éviter ce qu’on appelle des chevaux ensellés, dont le dos est affaissé.
De bons reins sont indispensables au cheval de chasse; ils ne sauraient être ni trop larges, ni trop musculeux. S’il y a inégalité à la jonction du dos et des reins, c’est une imperfection et un signe de faiblesse.
Les jambes de derrière doivent être bien agencées et les cuisses fortes. Les jambes de derrière droites sont très-désavantageuses au cheval de chasse. La cuisse longue et musculaire, et la jambe descendant perpendiculairement vers le sol, sans inclinaison dans aucun sens, est la forme que nous devons rechercher. La rapidité du cheval dépend surtout de la forme et de la position des jambes de derrière; nous devons donc les examiner attentivement avant de choisir un cheval de chasse. Le jarret est sujet à des maladies qui sont héréditaires; nous devons donc lorsque nous avons l’intention d’acheter un cheval, le soumettre à un examen attentif.
La queue doit être gracieusement posée, et ne pas être placée trop bas ce qui a une laide apparence et indique la faiblesse.
Nous savons qu’Éclipse avait l’avant-main assez bas: cette conformation qui ne nuit pas au cheval de course serait très-préjudiciable au cheval de chasse auquel un avant-main élevé est indispensable.
En terminant, nous engageons les sportsmen qui ont à choisir un cheval de chasse à apporter l’attention la plus méticuleuse à l’examen des yeux. Le cavalier qui monterait un cheval dont la vue est très-mauvaise, ne doit pas se dissimuler qu’il met à chaque instant son existence en péril.
LE CHEVAL ANGLAIS.
Table des matières
Dès l’an 1512, sous le règne d’Henri VIII, les rois d’Angleterre se sont efforcés par tous les moyens en leur pouvoir de perfectionner leurs chevaux. Ils avaient déjà réussi à produire des animaux qui pouvaient rivaliser avec toutes les races de l’Europe, sauf celle d’Espagne, quand Charles Ier fonda les courses régulières dont l’Angleterre devait attendre sa future gloire chevaline. Ces premières courses eurent lieu à Hyde-Park et à Newmarket.
Ce ne fut cependant qu’à l’époque où les premiers étalons arabes furent introduits dans la grande Bretagne, que ce pays commença à marcher à grands pas vers la prospérité chevaline qu’il ne devait pas tarder à atteindre.
On considère généralement le Darley-Arabian comme le premier étalon arabe qu’ait possédé l’Angleterre; c’est dans tous les cas, le premier aux qualités duquel on rendit justice, et dont on s’efforça de tirer parti au point de vue de l’amélioration de la race.
Jacques Ier, Charles Ier et Olivier Cromwell introduisirent des chevaux arabes; White-Turc, que Jacques Ier avait payé 500 livres, somme énorme pour le temps; — Helmsley-Turc, appartenant à Georges Villers, duc de Buckingham; — et le barbe Morocco, firent connaître aux Anglais, longtemps avant l’arrivée du Darley-Arabian, le type des races orientales.
Sous le règne de la reine Anne, M. Darley, éleveur et turfiste distingué, songea à produire sur l’hippodrôme un échantillon des races orientales, qui depuis longtemps étaient oubliées en Angleterre. Il fit venir d’Alep un étalon bai-brun, qui était le type le plus complet des beautés de la race arabe. Le Darley-Arabian ne fut pas reçu comme il le méritait: un préjugé bizarre avait survécu en Angleterre à la disparition des chevaux d’Orient, et le nouvel étalon ne trouva pas de juments. Cette situation dura jusqu’à ce que les produits obtenus par M. Darley lui-même, quoique au moyen de juments inférieures, se produisissent sur le turf et donnassent raison aux rares défenseurs des races orientales.
La descendance du Darley-Arabian compte une foule de brillants coursiers, parmi lesquels nous nous contenterons de citer Flying-Childers, de la jument Betty-Leeds, qui contribua surtout au revirement d’opinion qui se fit sur le compte du Darley.
Nous avons parlé plus haut du célèbre Godolphin-Arabian, le cheval de race orientale le plus remarquable qui avait été introduit dans la Grande-Bretagne depuis le Darley. Godolphin ne parut jamais sur le turf, et les qualités dont il devait faire preuve comme reproducteur, furent connues pour ainsi dire par hasard. Ce cheval produisit toute une série d’excellents chevaux, dont la descendance est encore très-prisée de nos jours par les turfistes anglais.
Il existe un portrait de Godolphin-Arabian, à la bibliothèque de Gog-Magog, dans le comté de Cambridge. Sur son dos a été placé par le peintre, un chat, son ami intime, qui ne le quittait jamais, et qui mourut de chagrin peu après l’étalon.
Godolphin était mort en 1753; onze ans après, le 5 avril 1764, une jument nommée Spiletta, qui descendait du célèbre Barbe, mettait bas un poulain par Marske, étalon faisant partie de la postérité du Darley-Arabian.
Une éclipse de soleil devait avoir lieu ce jour-là, et le cheval fut nommé Éclipse.
Le poulain de Spiletta ne promettait pas, à beaucoup près, de devenir le plus illustre de tous les coursiers qui parurent sur le turf anglais; à deux ans il fut vendu, à cause surtout de son caractère difficile, et atteignit le prix de 2,000 francs.
Quand il fut question de le faire paraître sur l’hippodrome, son entêtement paraissait devoir neutraliser à jamais les brillantes qualités dont le germe s’était développé peu à peu; mais l’un des prédécesseurs du dompteur Rarey, Sullivan, fut chargé de son éducation et le rendit en quelques leçons apte à tous les genres de travaux.
La force d’Éclipse, la rapidité à laquelle il lui était donné d’atteindre, ne sont et ne peuvent être connues; ce cheval n’ayant jamais été battu, nul ne peut savoir ce qu’il aurait déployé d’efforts dans le paroxysme d’une de ces luttes dans lesquelles la crainte d’une défaite semble décupler la puissance d’un cheval.
Dans toute l’Angleterre, pendant la durée de sa carrière de coureur, Éclipse enleva tous les prix qu’il disputa. On était arrivé à parier de 75 à 100 contre 1 en sa faveur et contre le champ. Quand, en 1771, il fut retiré du turf, son propriétaire, M. O’Kelly, le consacra à la reproduction, et sa réputation comme étalon ne tarda pas à s’élever à la hauteur de celle qu’il avait acquise sur l’hippodrome. Sa progéniture est considérable, et la plus grande partie des chevaux qui depuis son époque se sont illustrés, descendent de l’immortel Éclipse.
Ce que nous avons dit des trois chevaux dont le souvenir ne mourra jamais en Angleterre, du Darley, du Godolphin et d’Éclipse, descendant de l’un et de l’autre, établit sans conteste que c’est à la race arabe que les chevaux d’Angleterre doivent leur illustration et la gloire qu’ils ont aujourd’hui de surpasser toutes les races du monde sans en excepter celles d’Orient, auxquelles leur espèce chevaline a dû le jour.
Voici les principaux caractères qui distinguent le cheval de race anglaise:
La taille, supérieure à celle de toutes les races d’Orient, est en moyenne de 1 mètre 54 centimètres à 1 mètre 60 centimètres. Le corps est moins svelte et la tête moins légère que chez les races orientales; la poitrine, en apparence resserrée, est presque toujours profonde; l’épaule est haute, plate, oblique; le garrot est haut; le dos raccourci, l’encolure longue et mince, la croupe horizontale, les avant-bras, les cuisses et les jambes longs et forts, les canons plus courts que chez l’arabe; les articulations amples et nettes. La queue et la crinière sont peu garnies mais les crins en sont fins et soyeux.
LE CHEVAL IRLANDAIS.
Table des matières
Le cheval irlandais est d’une taille inférieure à celle du cheval anglais; il est ramassé, manque un peu d’élégance, a la tête forte, d’excellentes jambes un peu longues, des muscles souples et nerveux, la hanche cornue mais très-forte, le coffre ample.
Sans rival au point de vue du saut, ce cheval est un de ceux qui ont le pied le plus ferme et qui offrent à leur cavalier le plus de sécurité sur un mauvais terrain.
Les privations qu’il subit dans son enfance le rendent sans doute fort rustique, mais mettent souvent obstacle à sa croissance et à son parfait développement; cela ne l’empêche pas d’être hardi, vigoureux, plein de courage et excellent sauteur.
Le cheval anglais qui a un obstacle à franchir, saute les jambes déployées dans toute leur longueur: de cette façon, les membres antérieurs arrivent les premiers sur le sol et ont à supporter seuls le poids de tout le corps, ce qui dans beaucoup de cas, et notamment quand le cheval est faible du devant, peut causer de terribles chutes.
L’irlandais a un tout autre système. Son saut identique à celui du daim ou du chevreuil, rend difficile la position du cavalier; le cheval se ramasse et franchit l’obstacle les jambes pliées; parfois même, il prend un second élan en appuyant des pieds postérieurs au sommet du mur ou de la barrière; les quatre membres parviennent à la fois au sol, et il n’y a presque pas d’exemple de chutes arrivées après le saut.
On cite de nombreux cas de sauts prodigieux accomplis par des sauteurs irlandais. Il en est peu parmi ceux qu’on renomme qui ne soient capables de sauter une muraille de deux mètres de haut. D’autres ont franchi des rivières ou des canaux d’une largeur de sept mètres.
Le cheval irlandais n’est généralement pas très-vite; on peut affirmer que, s’il possédait cette qualité, ce serait le premier cheval de chasse du monde.
Dans l’Ulster, on remarque une race de chevaux qui mérite d’être signalée pour la sûreté toute particulière des jambes. Leur conformation est, du reste, peu régulière, et leurs allures peu agréables.
LE CHEVAL D’ATTELAGE.
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Le cheval de voiture, dit M. Youatt, n’est rien autre chose qu’un cheval de chasse bien grand et bien fort. Cette définition est fort exacte en tant qu’elle s’applique aux chevaux auxquels on demande du fonds et de la rapidité comme ceux qui font un service réglé de la ville à une maison de plaisance.
Mais il n’en est pas ainsi du cheval de carrosse proprement dit, dont on n’exige d’ordinaire que des formes amples, gracieuses et correctes, une allure majestueuse et une vitesse très-modérée.
La race qui remplit le mieux ces dernières conditions est celle du Mecklembourg; en Angleterre, on emploie comme cheval de parade le bai Cleveland, mélange progressif d’une race commune avec les chevaux de pur sang. Cette race se trouve non-seulement dans le canton qui lui a donné son nom, mais dans tout le nord de l’Angleterre.
L’action du genou et une élévation exagérée des pieds sont considérées comme qualités chez le cheval de carrosse, destiné aux cérémonies pompeuses des cours, mais cette action cause inévitablement la détérioration prématurée des jambes et des pieds.
Le cheval de voiture doit être mieux en chair que les animaux destinés à tous les autres usages.
La même légèreté dans les mouvements ne lui est pas indispensable, le corps doit être rond, l’épaule oblique, le garrot haut, l’avant-bras long, la croupe bien fournie, l’attache de la tête et de l’encolure irréprochable. Un robuste cheval traîne sans difficulté un fardeau de cinq à six fois plus lourd que lui-même tandis qu’il ne pourrait supporter un poids égal à la moitié de celui de son corps. Le cheval ne peut être appliqué à ce service avant d’être complétement formé et il est incontestable que des travaux de traction imposés prématurément sont les plus préjudiciables de tous.
Celui qui a besoin d’un cheval d’attelage doit en choisir un qui ait de l’action, les pieds et les jambes sains, une force qui soit en rapport avec la nature du chemin qu’il doit parcourir et de l’haleine, sans laquelle toute autre qualité ne sert de rien; il faut le bien nourrir et s’il est possible ne le faire travailler qu’une heure ou deux sur les vingt-quatre. Si l’animal a chaque semaine un jour de repos complet dans une écurie confortable il se maintiendra en excellente condition et durera fort longtemps sans rien perdre de son apparence élégante qui constitue son principal mérite.
LE CHEVAL MECKLEMBOURGEOIS.
Table des matières
Le magnifique animal qui porte ce nom n’est pas seulement élevé dans le Mecklembourg; les chevaux du Schleswig et du Holstein qui possèdent des qualités identiques, sont ordinairement confondus avec lui dans la dénomination générique de mecklembourgeois.
C’est le type par excellence du carrossier, car aucune race ne peut lutter avec le cheval du Mecklembourg pour la noblesse et la majesté du port, la souplesse des mouvements et cet aspect général de grâce et de vigueur réunies qui séduit tous les yeux.
Le cheval mecklembourgeois est presque toujours de la même couleur; sa robe est ordinairement bai-brune, sans balzanes ni marques en tête; son encolure est presque droite, ce qui est surprenant chez un animal aussi fort; sa tête est large et carrée, jamais busquée. La charpente osseuse est excessivement forte, les canons sont longs, forts et larges, les sabots grands et solides.
De toutes les races de l’Europe, la race mecklembourgeoise est celle à l’intégrité et au perfectionnement de laquelle sont apportés le plus d’efforts, et à ce propos, je citerai le nom d’un homme qui peut être considéré comme l’éleveur le plus consciencieux et le plus éclairé qui existe.
Le duc d’Augustenbourg habite l’île d’Alsen séparée par un détroit du duché de Schleswig. Il possède un haras qui contient une vingtaine d’étalons de pur sang qui doivent servir à l’amélioration de la race de tout le duché. En effet, chaque année, 600 juments appartenant à tous les cultivateurs de la contrée sont amenées au haras d’Augustenbourg.
Le duc préside lui-même à la monte, tient registre des saillies et choisit pour chaque jument l’étalon qui lui convient le mieux.
Une pareille sollicitude de la part d’un homme aussi parfaitement compétent que l’est le duc, devait nécessairement amener ces perfectionnement rapides que l’on remarque dans les races de ces contrées. Aussi, les chevaux mecklembourgeois atteignent-ils d’année en année des prix de plus en plus élevés.
Les paysans se montrent du reste aussi zélés que le duc lui-même, car il est presque inouï qu’une jument ayant toutes les qualités qu’on exige dans une excellente poulinière ait été livrée au commerce. Celles-là seules auxquelles on a reconnu quelque défaut sont vendues, ainsi que tous les hongres.
Les poulains mecklembourgeois sont presque tous élevés au pâturage. Cette mesure contribue beaucoup à leur vigueur future, car bien que réservés d’ordinaire aux équipages de grand luxe, ces chevaux ne sont pas du tout délicats ni prompts à s’incommoder par suite de l’inclémence des saisons.
LE BAI CLEVELAND.
Table des matières
La race du Bai Cleveland est une des plus anciennes races anglaises; il y a longtemps qu’elle est célébrée comme une des meilleures pour sa poitrine profonde, son garrot haut, ses épaules obliques et sa vigoureuse charpente. Originaire du Yorkshire cette espèce produit les plus beaux chevaux d’attelage que l’on remarque dans les promenades publiques de Londres. C’est en la croisant avec le pur sang que les éleveurs anglais ont obtenu ces carrossiers si distingués, d’une action si vive.
L’ancienne race du Yorkshire a aujourd’hui presque complétement disparu, car l’on trouve un peu de sang même dans les chevaux que les cultivateurs de ce comté emploient à la charrue: c’est ce sang qui a rendu tous ces animaux plus forts, plus actifs, plus légers et plus propres à la fatigue.
On pense que la race primitive de Cleveland a sa souche dans un certain nombre de chevaux français que le roi Jean introduisit en Angleterre; il serait bizarre cependant que les croisements faits au moyen du pur sang aient pu accroître la taille primitive de ces animaux; tel devrait pourtant être le cas, car les carrossiers de Cleveland dépassent assez notablement en taille les chevaux français.
Le Yorkshire a offert il y a 80 ans une preuve bien remarquable de la valeur de ses chevaux. Old Sampson qui n’était point de pur sang a battu sur les divers hippodrômes d’Angleterre ses concurrents de toutes races.
EXTÉRIEUR ET PROPORTIONS
Table des matières
DU CHEVAL.
L’extérieur du cheval se divise en trois parties:
L’avant-main, qui comprend la tête, l’encolure, le garrot, l’épaule, le poitrail et les membres antérieurs.
Le corps, qui comprend le dos, le rein, les côtes, le ventre et le flanc.
L’arrière-main, qui comprend la croupe, les hanches, la queue, l’anus, les organes génitaux et les membres postérieurs.
AVANT-MAIN.
Table des matières
La tête est une des parties dont l’examen a la plus grande importance. Non-seulement elle présente une grande variété de types dans les diverses races, mais encore chacune de ses parties offre à l’examinateur de nombreux indices sur les qualités et les défauts de l’individu.
Chacune des nombreuses formes que peut revêtir la tête du cheval a été dénommée; il y a la tête sèche, la tête conique, la tête busquée, la tête grasse, la tête décharnée, la tête plaquée, la tête camuse et la tête moutonnée, enfin la tête carrée.
Les têtes carrées, camuses, sèches, appartiennent aux races nobles; ce sont par conséquent celles qui sont le plus recherchées. La tête carrée est celle dont la partie antérieure est large et plate et par conséquent le crâne développé et la respiration facile. La tête camuse est caractérisée par une dépression du chanfrein, à la hauteur des yeux, dépression qui ne nuit pas aux organes de la respiration. Un grand nombre de chevaux arabes ont la tête ainsi conformée, et l’illustre Éclipse, avait également une tête camuse.
La tête moutonnée et la tête busquée sont exactement l’opposé de la tête camuse; le chanfrein au lieu d’être concave est convexe. Ces conformations, sans constituer à proprement parler un défaut, nuisent toutefois à l’apparence de l’animal.
La tête conique implique souvent l’étroitesse des canaux respiratoires; la tête grasse est peu élégante, et la tête décharnée donne au cheval un aspect de vieillesse prématuré. La tête plaquée est celle qui s’attache mal à l’encolure avec laquelle elle ne semble faire qu’une pièce. Le défaut contraire, qui consiste dans un développement insuffisant des parties qui joignent la tête à l’encolure est plus grave encore.
Dans sa position naturelle, la direction de la tête doit faire avec le sol un angle de 45 degrés; mais une conformation vicieuse de l’encolure force souvent les chevaux à la tenir plus verticale ou plus horizontale. Un bon dressage peut diminuer considérablement les inconvénients qui résultent de ces défauts de construction.
Les oreilles doivent être courtes, minces, recouvertes d’une peau fine.
Le front doit être large et plat.
Les yeux doivent être grands, bien clairs et bien ouverts; la pupille doit se dilater ou se réduire d’une façon sensible, selon que le cheval se trouve dans l’ombre ou exposé au jour.
Les naseaux doivent être mobiles, très-larges et très-dilatables.
Les lèvres doivent être minces, fermes, mobiles.
Les barres doivent être hautes, minces, mais non tranchantes, ce qui les rend par trop sensibles au mors, et trop faciles à blesser.
L’auge doit être large et profonde; elle exige un examen particulièrement attentif, car on peut y découvrir, dès son origine, le signe évident de la morve; il consiste en tumeurs dures attachées à la mâchoire. La maladie appelée gourmes produit également des tumeurs dans l’auge, mais ces dernières sont mobiles et non fixées à l’os.
L’encolure bien conformée se soudera à la tête assez intimement pour qu’on ne puisse déterminer leur point exact d’union; elle ne sera pas trop grèle, ce qui lui ôte sa fixité, ni trop courte, car tous ses mouvements seraient brusques et pénibles.
L’encolure renversée est concave à sa partie supérieure; les chevaux ainsi conformés portent la tête trop haut. Ceux au contraire qui ont l’encolure trop arrondie sont sujets à porter la tête verticalement. Le cheval de selle doit avoir l’encolure droite, pas trop charnue, pourvu que la tête soit légère; aux chevaux de trait et de carrosse, une encolure courbe conviendra mieux.
La largeur du poitrail ne donne pas la mesure de la profondeur de la poitrine; il ne faut pas cependant qu’il soit trop resserré, ce qui impliquerait un trop grand rapprochement des membres antérieurs; s’il est trop large, le cheval ne pourra être doué de la rapidité que l’on exige des chevaux de selle et même des chevaux de voitures légères.
Le garrot doit être élevé et saillant, sans cependant former pointe: il faut qu’il s’unisse avec le dos par une pente insensible; le garrot bas implique l’épaule droite et l’allure rétrécie.
L’épaule a une grande importance dans la construction du cheval et surtout en ce qui concerne la rapidité : elle ne saurait être trop longue ni trop oblique.
L’avant-bras doit être long, surtout chez les chevaux de vitesse.
Le genou doit être sec et plat.
Le canon doit être court et droit, exempt des tumeurs nommées suros, qui peuvent s’y trouver; il doit être bien séparé des tendons, et l’espace compris entre ces deux parties doit être examiné avec soin, parce qu’il peut être également le siège de tumeurs.
Le boulet est mal conformé s’il n’est pas placé dans une direction identique à celle du canon. Il porte parfois des traces de suros, de molettes ou d’atteintes.
Le paturon doit former avec le sol un angle de 45 degrés, ou être un peu plus oblique pour les races les plus distinguées. Trop long ou trop court, il cause l’usure prématurée des membres, qui périssent par les tendons dans le cas d’excès de longueur et par les boulets dans le cas contraire. Plus le paturon est long et oblique, plus les allures sont douces et agréables pour le cavalier.
Le pied est sujet à sa partie supérieure appelée couronne, à des exostoses nommées formes. Le sabot doit être recouvert d’une corne lisse, exempte de fissures et de sinuosités. Les pieds des membres antérieurs sont parfois trop serrés: on donne à cette conformation vicieuse le nom d’encastelure. Un maréchal intelligent peut obvier aux conséquences de ce défaut.
Le pied bot est celui qui est tordu en dedans ou en dehors.
Le pied cagneux est celui du cheval dont les jarrets sont très-écartés et les pinces tournées en dedans.
Le pied panard est au contraire tourné en dehors.
Le pied rampin a le bord supérieur de la pince qui vient plus avant que l’inférieur. Ce défaut n’existe qu’aux membres postérieurs.
CORPS.
Table des matières
Le point le plus important dans l’examen du corps est la profondeur de la poitrine; cette profondeur se mesure du sommet du garrot à la pointe du sternum placée entre les membres antérieurs. La poitrine profonde est presque toujours l’indice d’organes respiratoires bien conformés; elle implique la force et le fonds.
Le dos doit être court, horizontal, large. Concave, il exclut toute vigueur; convexe, il pourra supporter de lourds fardeaux, mais sera très-désagréable à monter. Cette dernière conformation porte le nom de dos de carpe ou dos de mulet.
Le rein doit être horizontal, court et large: le point exact de sa fusion avec la croupe ne doit pas être perceptible.
Les côtes, pour assurer à la poitrine de grandes facultés de dilatation, seront longues, parfaitement arrondies et assez écartées l’une de l’autre.
Le ventre sera cylindrique et peu développé : l’abdomen volumineux exclut la qualité du fonds. L’excès d’exiguité du ventre constitue la forme levrettée, également préjudiciable.
Le flanc doit être court et bien rempli.
ARRIÈRE-MAIN.
Table des matières
La croupe doit être longue, horizontale, intimement unie au rein. La croupe oblique ou avalée, qui implique une queue placée trop bas, la croupe courte, la croupe tranchante et la croupe ronde sont également défectueuses. La croupe trop fournie peut convenir au cheval de trait, mais constitue un défaut pour tous ceux dont on exige de la rapidité.
La hanche trop saillante est fort désagréable d’aspect; cependant il ne paraît pas que cette conformation offre d’inconvénients.
La queue sera bien placée si la croupe est bien construite; l’opération du niquetage qui tend à la relever artificiellement est une coutume absurde contre laquelle tous les hommes de l’art se sont élevés avec raison.
La cuisse doit être longue et oblique; l’étendue de cette partie comme celle de l’avant-bras favorise la rapidité.
La fesse doit être fournie, composée de muscles résistant et bien accentués. S’ils étaient minces et grêles, le cheval manquerait à la fois de force et de vitesse.
Le jarret sera sec, large, plat, perpendiculaire au sol; sa largeur implique l’éloignement des canons et des tendons; ses mouvements doivent être réguliers.
Les maladies qui peuvent atteindre cette partie sont: la courbe, tumeur osseuse qui attaque la partie interne du jarret; l’éparvin, qui attaque la même partie du jarret, mais plus bas que la courbe, à l’endroit où le jarret se rattache au canon; le capelet, tumeur molle placée au-dessus de la pointe; les vessigons, tumeurs également molles qui se manifestent aux parties latérales.

ALLURES
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ET MOUVEMENTS SUR PLACE.
On désigne sous le nom générique d’allures tous les mouvements que fait le cheval en vue de se déplacer.
Les allures se divisent en naturelles et défectueuses.
Les premières sont: le pas, le trot et le galop.
Les secondes sont: l’amble, le traquenard et l’aubin.
On appelle battue, foulée ou piaffée, le son que produit le pied en touchant le sol: dans le pas on perçoit quatre battues, deux seulement dans le trot et trois dans le galop.
Le pas est la plus lente, la plus douce des allures naturelles du cheval; plus ses battues sont égales, plus elle est régulière: quand l’animal part du pied droit les mouvements de ses quatre membres se succèdent dans l’ordre suivant: 1° antérieur droit; 2° postérieur gauche; 3° antérieur gauche; 4° postérieur droit. Un membre n’attend pas pour se lever que celui qui le précède soit posé, ce qui fait que dans cette allure, l’animal a constamment deux membres posés sur le sol et deux membres levés, à des degrés différents.
Sur un sol plat, le cheval doit placer chaque pied postérieur dans l’empreinte laissée par le pied antérieur du même côté. Si le cheval monte un plan incliné, ou s’il tire un fardeau considérable, le pied postérieur n’atteindra pas l’empreinte de l’antérieur; dans une descente très-rapide, au contraire, l’empreinte du pied antérieur sera dépassée.
Le pas est franc, lorsqu’il est prompt, sûr et léger; il est régulier quand les quatre battues se succèdent à intervalles égaux; il est relevé, quand le cheval meut vigoureusement ses membres antérieurs.
Le trot tient le milieu pour la rapidité entre le pas et le galop: il se distingue du pas en ce que dans cette dernière allure, le cheval a toujours deux membres en contact avec le sol, tandis que, dans le trot, il repose un instant sur deux membres qui se meuvent avec accord et se trouve un instant suspendu sans contact avec le sol.
Le trot, quoiqu’on le range au nombre des allures naturelles, n’est cependant presque jamais employé par le cheval à l’état sauvage. Il n’en use que pour passer du galop au pas. Cette allure dépend beaucoup par conséquent de l’éducation des poulains, et la meilleure preuve qu’on puisse en donner, c’est qu’au moyen-âge, par suite d’un dressage différent, l’allure du trot avait peu de points de ressemblance avec celle que l’on voit aujourd’hui.
Dans le petit trot, les pieds postérieurs n’arrivent pas aux empreintes laissées par les pieds antérieurs. Ces dernières sont dépassées au contraire dans le trot très-allongé.
Le galop est la plus accélérée des allures: il consiste dans une succession de sauts dans lesquels le bipède antérieur est soulevé le premier et à une plus grande hauteur que le bipède postérieur.
On dit que le cheval galope à droite ou à gauche, suivant que le membre antérieur droit ou gauche dépasse l’autre membre antérieur. S’il galope à droite, l’animal prend son point d’appui principal sur le membre postérieur gauche, ce qui explique la facilité avec laquelle il tourne à droite et la difficulté qu’il éprouverait à tourner du côté opposé. On dit que le cheval galope à faux quand il fait un cercle à gauche tout en galopant sur le pied droit et vice-versâ.
Voici l’ordre dans lequel les quatre membres se meuvent dans cette allure; je suppose que le cheval galope à droite: 1° le membre antérieur droit, 2° le membre postérieur gauche, 3° le bipède diagonal gauche.
De là les trois battues dont on perçoit le son; de là aussi cette conséquence que les deux membres qui opèrent chacun isolément font plus de fatigue que les deux autres qui travaillent de concert. Pour éviter d’user un cheval qui galope fréquemment, il faut donc employer alternativement le galop à droite et le galop à gauche.
On dit que le cheval est désuni s’il galope à droite du bipède antérieur et à gauche du bipède postérieur.
On donne le nom de galop à quatre temps à une allure de manège dans laquelle le bipède diagonal n’agit pas avec un parfait accord; dans le galop à quatre temps à droite, les battues se succèdent dans l’ordre suivant:
1° Le membre antérieur droit,
2° Le membre postérieur gauche,
3° Le membre postérieur droit,
4° Le membre antérieur gauche.
Selon la rapidité de l’allure, on distingue le petit galop ou galop de promenade; le galop ordinaire, galop de chasse ou galop rond; le grand galop ou galop de course.
L’amble consiste dans le mouvement successif des deux bipèdes latéraux; cette allure n’a d’autre rapport avec le trot que de fournir également deux battues.
Parmi les chevaux qui amblent, les uns prennent cette allure parce qu’ils y ont été dressés, les autres la tentent par suite de la faiblesse qui leur rend plus pénibles les allures naturelles.
Le cheval ambleur est agréable à monter, mais il est exposé à de fréquentes chutes au moindre faux pas; il fait, du reste, beaucoup de chemin, mais dure rarement aussi longtemps que le cheval trotteur.
Pour dresser les poulains à l’amble, il suffit d’attacher l’un à l’autre, au moyen d’une courroie, les deux membres de chaque bipède latéral et, dans cet état, de laisser les chevaux en liberté dans la prairie. Ils auront bientôt pris la seule allure qui leur soit permise dans cet état, et la conserveront toute leur vie.
Le traquenard est à l’amble ce que le galop à quatre temps est au galop ordinaire. Les membres agissent par bipèdes latéraux, mais les deux pieds du même côté ne touchent pas le sol de commun accord, de sorte que cette allure donne quatre battues comme le pas.
Les chevaux dont les reins sont faibles, les jambes ruinées, la prennent parfois.
L’aubin tient du galop et du trot: le cheval qui aubine galope du bipède antérieur et trotte du bipède postérieur, par suite de la faiblesse de son arrière-main. Des chevaux jeunes dont la formation n’est pas complète, prennent parfois cette allure défectueuse, mais quand on la rencontre chez des chevaux faits, c’est un indice d’usure complète.
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