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Histoire de France


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066337704

Table des matières

ORIGINE DES FRANCAIS.

PREMIERE RACE, DITE DES MÉROVINGIENS.

PHARAMOND. — I er Roi des Français.

CLODION, DIT LE CHEVELU — II e Roi.

MEROVEE, — III e Roi.

CHILDÉRIC I er . — IV e Roi.

CLOVIS-LE-GRAND. — Premier Roi chrétien.

CHILDEBERT I er . — VI e Roi.

CLOTAIRE I er , DIT DE SOISSONS. — VII e Roi.

CHEREBERT OU CARIBERT. — VIII e Roi.

CHILPERIC I er . — IX e Roi.

CLOTAIRE II, LE GRAND. — X e Roi.

DAGOBERT I er . — XI e Roi.

CLOVIS II. — VII e Roi.

CLOTAIRE III. — XIII e Roi.

CHILDÉRIC II. — XIV e Roi.

THIERRI I er . — XV e Roi.

CLOVIS III. — XVI e Roi.

CHILDEBERT II, LE JUSTE. — XVII e Roi.

DAGOBERT II. — XVIII e Roi.

CLOTAIRE IV. — XIX e Roi.

CHILPERIC II, ou DANIEL. — XX e Roi.

THIERRI II, DIT DE CHELLES — XXI e Roi.

CHILDERIC III. — XXII e Roi.

MŒURS, COUTUMES ET USAGES DES FRANÇAIS

DEUXIEME RACE, DITE DES CARLOVINGIENS.

PEPIN-LE-BREF. — XXIII e Roi.

CHARLEMAGNE, EMPEREUR ET Roi. — XXIV e Roi.

LOUIS I, DIT LE DÉBONNAIRE, Empereur et Roi. — XXV e Roi.

CHARLES II, DIT LE CHAUVE. — XXVI e Roi.

LOUIS II, DIT LE BÈGUE, Empereur et Roi. — XXVII e Roi.

LOUIS III et CARLOMAN, FRÈRES. — XXVIII e Hoi.

CHARLES III, DIT LE GROS. — XXIX e Roi.

EUDES, ROI USURPATEUR. — XXX e Roi.

CHARLES III, DIT LE SIMPLE. — XXXI e Roi.

RAOUL, USURPATEUR. — XXXII e Roi.

LOUIS IV DIT D’OUTRE-MER. — XXXIII e Roi.

LOTHAIRE. — XXXIV e Roi.

LOUIS V, DIT LE FAINÉANT. — XXXV e Roi.

MŒURS, COUTUMES ET USAGES DES FRANÇAIS

TROISIEME RACE, DITE DES CAPÉTIENS.

HUGUES CAPET. — XXXVI e Roi.

ROBERT I er , DIT LE PIEUX. — XXXVI e Roi.

HENRI I er . — XXXVIII e Roi.

PHILIPPE I er . — XXXIX e Roi.

LOUIS VI, DIT LE GROS. — XL e Roi.

LOUIS VII, DIT LE JEUNE. — XLI e Roi.

PHILIPPE II, DIT AUGUSTE. — XLII e Roi.

LOUIS VIII — XLIII e Roi.

LOUIS IX, OU SAINT LOUIS. — XLIV e Roi.

PHILIPPE III, DIT LE HARDI. — XLV e Roi.

PHILIPPE IV, DIT LE BEL. — XLVI e Roi.

LOUIS X, DIT LE HUTIN. — XLVII e Roi.

PHILIPPE V, DIT LE LONG. — XLVII e Roi.

CHARLES IV, DIT LE BEL. — XLIX e Roi.

BRANCHE DES VALOIS.

PHILIPPE DE VALOIS. — Le Roi.

JEAN-LE-BON. — LI e Roi.

CHARLES V, DIT LE SAGE. — LII e Roi.

CHARLES VI. — LIII e Roi.

CHAULES VII. — LIV e Roi.

LOUIS XI, — LV e Roi.

CHARLES VIII. — LVI e Roi.

LOUIS XII. — LVII e Roi.

FRANÇOIS I er . — LVIII e Roi.

HENRI II. — LIX e Roi.

FRANÇOIS II. — LX e Roi.

CHARLES IX. — LXI e Roi.

HENRI III. — LXII e Roi.

HENRI IV. — LXIII e Roi.

LOUIS XIII, DIT LE JUSTE — LXLV e Roi.

LOUIS XIV. — LXV e Roi.

LOUIS XV. — LXVI e Roi.

LOUIS XVI —LXVII e Roi.

LOUIS XVII. — LXVIII e Roi.

REPUBLIQUE.

NAPOLEON BONAPARTE,

LOUIS XVIII. — LXX e Roi.

CHARLES X. — LXXI e Roi.

LOUIS-PHLLIPPE I er . — LXXII e Roi.



ORIGINE DES FRANCAIS.

Table des matières

L’ORIGINE des grandes nations se perd presque toujours dans l’antiquité, et les Français ne connaissent qu’imparfaitement leurs fondateurs; cependant le sentiment le plus probable est que les Francs ou Français sont originaires de la Germanie. Les auteurs anciens, qui ont parlé de ces peuples, nous les représentent comme des sauvages qui ne vivaient que de leur chasse, de fruits, de légumes et de racines, n’ayant d’autres habitations que des forêts, d’autres maisons que des antres souterrains, d’autres possessions que les terres que leurs chefs leur distribuaient chaque année, suivant la condition, les services et la valeur de chacun. Ces peuples, vrais, fidèles, sincères, se piquaient de la plus scrupuleuse délicatesse sur le point d’honneur. Ils étaient généreux envers leurs ennemis, implacables dans leur vengeance, et toujours prêts à tout sacrifier pour la patrie. Leur religion se ressentait de la simplicité de leurs mœurs; leurs dieux, étaient le soleil, la lune, le feu, les arbres, les rivières; leurs temples étaient des cavernes ou de sombres forêts; leurs sacrifices, des victimes humaines. La nation était divisée en quatre classes: les nobles, les libres, les affranchis et les serfs. Ils étaient gouvernés, tantôt par des rois, quelquefois par des princes, souvent par des ducs. L’usage des lettres ou caractères leur étant totalement inconnu, ils n’avaient ni annales, ni lois écrites: les bardes ou poètes étaient leurs seuls historiens.

PREMIERE RACE, DITE DES MÉROVINGIENS.

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PHARAMOND. — Ier Roi des Français.

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— Ve Siècle, 420. —

PHARAMOND, fils de Marcomir, chef des Saliens, fut proclamé roi des Français vers l’an 420; ses soldats l’élevèrent sur un bouclier, et les chefs de l’armée le promenèrent tout autour du camp, aux cris de vive le Roi!!! On le regarde comme le premier qui porta ce titre en France. Il fit rédiger les lois saliques pour le réglement de ses états. Parmi ces lois on distingue celle qui exclut les femmes de la couronne. La religion de Pharamond était le paganisme. Il régna huit ans, et mourut en 428.

Les armes de France n’étaient point alors telles qu’on les voit aujourd’hui: selon les uns, c’étaient des crapauds ou quelque chose de semblable; suivant d’autres, c’étaient des abeilles: enfin il y a des historiens qui assurent que nos rois n’ont point eu d’armoiries, proprement dites, avant le douzième siècle.


CLODION, DIT LE CHEVELU — IIe Roi.

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—Ve Siècle, 428. —

CLODION, fils de Pharamond et d’Argote, fut surnommé le Chevelu, parce qu’il avait de longs cheveux, et qu’il fit la loi de la Chevelure, qui servait alors à distinguer les princes du sang royal du reste de la nation. Il hérita du royaume de son père et de ses desseins, que de grands obstacles l’empêchèrent néanmoins d’exécuter. Il prit Boulogne, Thérouane, Arras, et établit son siège à Amiens. Il mourut de la douleur que lui causa la perte de son fils aîné , tué au siége de Soissons, en 448, après avoir régné près de vingt ans; et il recommanda sa femme et ses enfans à Mérovée-Clodion. Il était païen comme son père.


MEROVEE, — IIIe Roi.

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— Ve Siècle, 448. —

MÉROVÉE, que l’on croit communément gendre de Clodion, lui succéda par l’élection qu’en firent les Français pour être leur roi, en 448. Ce prince étendit ses conquêtes jusque dans la Champagne où il défit Attila, dans les plaines de Châlons, et tailla en pièces son armée qui était de deux cent mille hommes. Cet Attila était roi des Huns, peuples barbares, descendus des anciens Scythes. On l’avait surnommé le fléau de Dieu à cause des ravages qu’il commettait partout. Dans cette journée mémorable, dont Insuccès assura la tranquillité de la France, Aétius, général des Romains, et Théodoric, roi des Visigoths, s’étaient réunis à Mérovée. Théodoric fut tué sur le champ de bataille. C’est en considération de cette grande victoire, que les descendans de Mérovée prirent le nom de Mérovingiens. Ce prince prit ensuite Orléans, Sens, Paris, et plusieurs autres villes. Après avoir assuré ses conquêtes et régné dix ans, il mourut en 458. Mérovée était auss païen.


CHILDÉRIC Ier. — IVe Roi.

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— Ve Siècle, 458. —

CHILDÉRIC Ier succéda à Mérovée, son père; mais, dans les commencemens de son règne, il tomba dans plusieurs excès qui donnèrent lieu à ses sujets de se révolter et de le chasser de ses Etats. Il se réfugia chez Basin, roi de Thuringe, qui était son ami,et où il resta environ quatre ans, au bout duquel temps il remonta sur le trône par le moyen de Guiemans, son favori, qu’il avait laissé en France. Celui-ci porta à de si grandes violences Égidius qui occupait la place de Childéric, que les Français parurent regretter ce roi; alors Guiemans lui en ayant donné avis, il revint et chassa Égidius, que d’autres appellent Gillon. Rentré dans ses États, il s’y conduisit avec modération, prudence et valeur. Il prit Angers, Orléans, les îles des Saxons, et battit les Allemands. Ayant épousé Basine, femme de Basin, qui le suivit à son retour de Thuringe, il en eut Clovis, qui lui succéda, et trois filles, Alboflède, Lantilde et Audeflêde. Il règna vingt-quatre ans, mourut en 480, et fut enterré à Tournai, où son tombeau fut découvert en 1633. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’on y trouva des espèces d’abeilles d’or, ses tablettes, ses armes, un globe de cristal, et plusieurs autres curiosités qui furent déposées en grande partie dans la bibliothèque royale à Paris.


CLOVIS-LE-GRAND. — Premier Roi chrétien.

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— Ve Siècle, 481. —

Clovis, fils de Childéric épousa la fille de Gontran, roi de Bourgogne, qui, ayant été élevée dans la religion chrétienne, contribua beaucoup à sa conversion.

Au commencement de son règne l’an 481, Clovis fit la guerre à Siagrius,fils de Gillon qui avait été couronné roi à la place de Childéric, son père et, l’ayant vaincu, il le fit mourir. En 486, il prit Reims et Soissons; et, en 496, près de livrer aux Allemands la célèbre bataille de Tolbiac, il fit vœu d’embrasser la religion chrétienne s’il demeurait vainqueur; comme il fut victorieux, il s’écria: «La victoire nous reste; je jure d’embrasser la foi du Dieu de Clotilde.»

Il se fut baptiser par saint Remi, archevêque de Reims, et, le même jour, une de ses soeurs ettrois mille hommes de son armée reçurent le baptême. Pour agrandir le royaume de France, il fit la guerre aux Romains, aux Bourguignons et aux Visigoths, qui en occupaient chacun une partie. Il tua, près de Poitiers, de sa propre main, à la tête des deux armées, Alaric, roi des Visigoths, qui était arien. On remarque qu’il était très-vaillant, grand politique, et fort cruel. Sa barbarie s’exerça contre tous ses parens, entre autres contre Sigebert-le-Boiteux, roi de Cologne, et son fils Clodéric; contre Césarie, contre Ranacair qui régnait à Cambrai; contre Récomer qui régnait au Mans. S’étant défait d’eux, il s’empara de leurs biens et de leurs états. Il mourut en 511, après avoir régné trente ans, et fut enterré à Sainte-Geneviève. Il changea les armes de France en fleurs-de-lis. Sous le règne de Clovis fut établie la loi Gombette, qui autorisait le duel judiciaire ou jugement de Dieu. On faisait combattre en champ-clos l’accusateur et l’accusé ; si celui-ci succombait, il était considéré comme coupable et on le conduisait au supplice; si, au contraire, il était vainqueur, son antagoniste, réputé calomniateur, subissait la peine du crime dont l’avait accusé son ennemi.


CHILDEBERT Ier. — VIe Roi.

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— VIe Siècle, 511. —

CLOVIS eut quatre fils de Clothilde, sa femme: Childebert, qui fut roi de Paris; Clodomir, roi d’Orléans; Clotaire, roi de Soissons, et Thierri, roi de Metz. Ils furent tous cruels, avares, et jaloux l’un de l’autre. Clotaire et Clodomir firent jeter Sigismond, duc de Bourgogne, dans un puits, avec sa femme et ses enfans. Clodomir fut tué, et ses enfans massacrés par Clotaire et par Chidebert, leurs oncles. Amalaric, beau-frère de ces quatre rois, perdit aussi la vie. Quant à Childebert, il fit la guerre à Amalaric, roi des Visigoths, et le vainquit. Amalaric était arien, et avait épousé la sœur de Childebert; il la maltraitait souvent à cause de sa religion, et elle s’en plaignit à son frère qui prit aussitôt les armes pour la venger. Il fit des conquêtes considérables en Espagne: ayant assiégé Sarragosse il leva le siège par respect pour saint Vincent, dont cette ville conservait les reliques; et c’est à cette occasion qu’étant de retour à Paris, il fit bâtir, en l’honneur de ce saint, une église qui est aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés. Il s’est rendu recommandable par sa charité envers les pauvres et son zèle pour la religion. Il eut de sa femme, nommée Ultrogothe, deux filles qui ne voulurent pas se marier; et après un règne de quarante-sept ans, il mourut en 458, et fut enterré dans l’église qu’il avait fondée en l’honneur de saint Vincent.

CLOTAIRE Ier, DIT DE SOISSONS. — VIIe Roi.

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— VIe Siecle, 560. —

CLOTAIRE Ier, fils de Clovis et roi de Soissons, succéda à son frère Childebert en 560; et son autre frère, étant aussi décédé, il fut roi de toute la France. Il fit deux fois la guerre en Bourgogne, et égorgea cruellement les enfans de son frère Clodomir, qu’il y avait attirés sous prétexte de les mettre en possession du royaume de leur père; ensuite il battit les Saxons qui s’étaient révoltés, les Thuringiens qui les avaient secourus, et ruina totalement le pays. Son fils s’étant révolté contre lui, il eut la barbarie de le faire brûler avec sa famille, dans une cabane où il s’était sauvé. Il en témoigna dans la suite un grand repentir; il était libéral, vaillant, mais ambitieux et cruel. Il vécut soixante-quatre ans, en égna cinquante, et dit en mourant, à Compiègne, ces paroles mémorables:

Que pensez- vous que soit le Roi du ciel, qui fait ainsi mourir les rois de la terre?

Il fut entérré à Soissons, dans l’église de Saint-Médard.

Il avait épousé six femmes dont il avait eu plusieurs enfans.

CHEREBERT OU CARIBERT. — VIIIe Roi.

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— VIe Siècle, 562. —

CHEREBERT succéda à Clotaire, son père, et fut couronné roi de Paris en 561. Son règne n’est remarquable que par la vie extrêmement licencieuse à laquelle il s’abandonna. Dès son avènement au trône, il répudia sa femme Ingoberge, qu’il avait épousée du vivant de son père; ensuite il se maria avec Méroflède, puis avec Maracovée, qui avait pris le voile sacré, toutes trois sœurs, et filles d’un cardeur de laine; et dans le même temps il entretenait encore Théodéglie, fille d’un berger: ce qui obligea saint Germain, évêque de Paris, de lui interdire les sacremens. Il régna six ans, mourut en 567, au château de Blaye sur la Garonne, et fut enterré dans l’église Saint-Romain. C’est de ce règne que date la dignité de maire du palais. Cet officier était dans l’origine ce que fut depuis le grand-maître de la Maison du Roi: il ne commandait qu’aux domestiques. Dans la suite, il devint ministre, commandant des armées, chef, prince, et enfin roi de la nation. (Voyez Charles-Martel et Pépin.)

CHILPERIC Ier. — IXe Roi.

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— VIe Siècle, 571. —

CHILPÉRIC fut placé sur le trône par la mort de son frère Cherebert, car il n’était auparavant que roi de Soissons. Il se fit remarquer en prenant deux fois les armes contre son frère qui était roi d’Austrasie, et gagna plusieurs batailles ou il était en personne; il se rendit maître de Reims, de la Touraine, du Poitou et du Limousin.

Il donna en plusieurs occasions des preuves de sa piété ; car il ne voulut point voir plusieurs grands seigneurs qui avaient mis l’épée à la main dans l’église de Saint-Denis, avant qu’ils n’eussent fait la pénitence que leur avait imposée l’évêque de Paris. Il eut grand soin de faire convertir les Juifs de son royaume, et fit de grandes libéralités aux églises et aux monastères. Mais ses autres actions ne répondaient point à celles-ci; car il fit tant de cruautés, qu’on l’appelait le Néron et l’Hérode de son temps. Il usurpa lè bien de ses frères, chargea le peuple de subsides, et fit étrangler Galzonde, sa femme, afin d’épouser Frédégonde, qui lui fit commettre les crimes les plus énormes. Mais aussi quelle fut sa fin? En revenant de la chasse, il fut assassiné dans la cour de son palais de Chelles, par les ordres de cette même Frédégonde, pour laquelle il avait tant de déférence, et qui avait conçu pour Landry une passion criminelle.

Il mourut donc en 584, après avoir régné environ dix-sept ans, et son corps fut enterré à Saint-Germain-des-Prés.

Sous ce règne florissait Grégoire, évêque de Tours, l’un des premiers historiens français.

CLOTAIRE II, LE GRAND. — Xe Roi.

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— VIe Siècle, 584. —

CLOTAIRE II, surnommé le Jeune, n’avait encore que quatre mois quand son règne commença. Il fut mis sous la tutelle de Frédégonde, sa mère, et sous la surveillance de son oncle, roi de Bretagne. A cette époque, il se donna une bataille, près de Soissons, contre Childebert, roi d’Austrasie, qui fut totalement défait, et où Frédégonde, pour exciter davantage l’ardeur des soldats, leur montrait à la tête de l’armée le jeune prince qu’elle tenait entre ses bras. Elle ne survécut pas long-temps à cette victoire: âgée de cinquante-cinq ans, elle mourut, et son fils eut à combattre ses deux cousins qui lui déclarèrent la guerre; mais la mort, qui les enleva peu de temps après, le mit à couvert de leurs persécutions, et lui donna le sceptre de toute la monarchie. Brunehaut, veuve de Sigebert, roi d’Austrasie, avait fait périr dix rois ou enfans de rois; elle tomba entre les mains de Clotaire qui la fit attacher à la queue d’une jument indomptée; elle fut déchirée en pièces. Il signala son courage contre les Saxons, dont il tua le chef de sa propre main. Au reste, il ne fit jamais la guerre que quand il y fut forcé, et pour procurer une paix durable et utile à ses États qu’il gouvernait avec justice, en y faisant régner la piété, le repos et l’abondance. C’est lui qui a établi les parlemens ambulatoires, nommés Placita, d’où sont venus les mots plaid, plaider, plaideurs, etc. Il vécut environ quarante-cinq ans, et fut enterré à Saint-Germain-des-Prés.

DAGOBERT Ier. — XIe Roi.

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— VIIe Siècle, 628. —

DAGOBERT Ier, fils de Clotaire, donna d’abord les plus grandes espérances; mais l’impureté de ses vices souilla l’éclat de ses vertus. Il répudia sa première femme pour épouser Nantilde, religieuse qu’il fit sortir du couvent, et dont il eut Sigebert et Clovis II. Cependant les sages conseils du vieux Pépin, maire de son palais, l’ayant fait renoncer au libertinage, il porta ses armes victorieuses contre différens peuples qui faisaient des courses en France, et qu’il dompta. Il chassa les Juifs de son royaume fit bâtir l’église de Saînt-Denis et couvrir d’argent l’endroit où reposaient les trois saints Martyrs, en 629. Il avait déposé dans cette église l’oriflamme, espèce de bannière qui était en soie couleur de feu, ornée de trois queues et entourée de houpes de soie verte et parsemée de fleurs de lis d’or. Dans la suite, lorsqu’on entreprenait une guerre, nos rois faisaient sortir l’oriflamme avec grand appareil: c’était dans les combats le signe de la victoire. Ce prince vécut 38 ans, en régna 10, et mourut en 638. Il laissa deux enfans mâles, Sigebert et Clovis II, et fut enterré à Saint-Denis.

CLOVIS II. — VIIe Roi.

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— VIIe Siècle, 633. —

CLOVIS II, second fils de Dagobert, succéda à son père dès l’âge de dix ans, Sigebert, son aîné , restant roi d’Austrasie: ce fut par ce prince que l’oisiveté s’établit sur le trône de France, ce qui lui valut le titre de Ier roi fainéant. Les derniers rois de cette première race, ne s’occupant que de leurs plaisirs, ne paraissaient qu’une fois l’année en public, le 1er mai, pour assister aux États sur un char garni de verdure; tiré par quatre bœufs, et laissaient toute l’autorité royale aux maires du palais. Ce prince, très-charitable envers les pauvres, fit découvrir l’église de Saint-Denis, pour faire de la monnaie, dont il soulagea le peuple dans une grande famine. Il mourut en 666, et fut enterré à Saint-Denis.

CLOTAIRE III. — XIIIe Roi.

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— VIIe Siècle, 656. —

CLOTAIRE III, fils aîné de Clotaire II, lui succéda à l’âge de quatre ou six ans, comme roi de France et de Bourgogne, son frère Childéric régnant en Austrasie, et Thierri le plus jeune n’ayant point eu de partage. Le sage gouvernement de la reine Batilde, sa mère, affranchit les Gaulois de la capitulation onéreuse dont ils étaient chargés, et défendit aux Juifs le commerce qu’ils faisaient des enfans des Gaulois, comme esclaves. Cette vertueuse princesse, s’étant fait haïr des grands, pour avoir soutenu le parti des évêques saint Léger et Sigebrand, fut obligée de se retirera Chelles, pour éviter les mauvais traitemens d’Archambeau et D’Ebroïn, maires du palais déjà tout puissans. Clotaire ne régna que quatre ans, et mourut en 670. Il fut enterré à Saint-Denis.

CHILDÉRIC II. — XIVe Roi.

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— VIIe Siècle, 670. —

CHILDÉRIC II, second fils de Clovis II, succéda à Clotaire III, son frère. Ce prince combattit et défit Ebroïn, maire du palais, qui pour mieux soutenir son autorité, avait fait proclamer roi, Thierri, cadet de Childéric, mais quand celui-ci les eut en son pouvoir, il les fit raser l’un et l’autre, et mettre chacun dans un couvent séparé, ce qui lui assura une autorité absolue, mais dont il abusa pour son malheur. Naturellement violent et cruel, il fit attacher à un poteau et frapper de verges un seigneur français, nommé Bodillon, pour une faute des plus légères: mais il fut puni de sa férocité , car il fut tué en revenant de la chasse par ce même gentilhomme. Il avait épousé Bilichide, qui fat aussi assassinée avec son fils Dagobert par des personnes que Childéric avait maltraitées. Il fut enterré à Saint Germain-des-Prés, en 673.

THIERRI Ier. — XVe Roi.

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— VIIe Siècle, 674. —

CE prince fut tiré de l’abbaye de Saint-Denis pour succéder à son frère; il fut d’une si grande indolence, qu’Ebroïn, échappé de son couvent, prit les armes pour se maintenir dans sa qualité de maire, se saisit du roi et de ses trésors, fit tuer son maire et décapiter saint Léger; mais quelque temps après, ayant été tué lui-même, Pépin-le-Gros fut reconnu pour maire et duc de France. Thierri, qui passa du trône dans un cloître, et du cloître sur le trône, et parut voir toutes ces horreurs avec une parfaite indifférence, mourut en 691. Il fut enterré à Saint-Vaast-d’Arras, et laissa pour héritiers Clovis et Childebert.

CLOVIS III. — XVIe Roi.

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— VIIe Siècle, 690. —

CLOVIS III, fils aîné de Thierri, fut couronné par Pépin-le-Gros, maire du palais. Il ne se passa rien de remarquable sous le règne de ce prince, qui ne fut que de quatre ans, sinon quelques révoltes que la puissauce de Pépin arrêta, et la guerre que ce même Pépin fit à Roboalde, duc des Frisons, dont il triompha, en obligeant les vaincus d’embrasser la religion du vainqueur. Clovis mourut en 696, sans enfans, encore fort jeune, et laissant la couronne à Childebert II, son frère. Il fut enterré à l’abbaye de Chelles.

CHILDEBERT II, LE JUSTE. — XVIIe Roi.

Table des matières

— VIIe Siècle, 696. —

CHILDEBERT II, second fils de Thierri, succéda à Clovis III, son frère. Ce prince aima fort son peuple et la justice; mais il ne soutint pas mieux la dignité de roi que ses prédécesseurs. Toute l’autorité royale résidait en Pépin-le-Gros, qui s’en servit à relever l’éclat de sa famille dans la personne de Charles-Martel, son fils, qu’il fit maire du palais; Childebert ne paraissant en public qu’une fois l’année, pour assister à l’assemblée des États. Il mourut en 711, et fut enterré à Choisy, près Compiègne. Ce prince avait plutôt les inclinations d’un moine que celles d’un roi.

DAGOBERT II. — XVIIIe Roi.

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— VIIIe Siècle, 711. —

DAGOBERT II succéda à Childebert II, son père, sous le gouvernement de Charles-Martel, maire de son palais, fils de Pépin-le-Gros, qui commença, sous le règne de ce prince, à jeter les fondemens de l’hérédité pour ses successeurs; car Dagobert ne fut roi que de nom, pendant cinq ans qu’il fut sur le trône. Ce prince mourut en 716, laissant de Clotilde, sa femme, un fils nommé Thierri-de-Chelles, lieu où il fut élevé, et qui ne régna qu’après Chilpéric II. Dagobert fut enterré à Nancy.

Avant de passer à Clotaire IV et à Chilpéric II, ou Daniel, je vais dire un mot sur Charles-Martel.

Après la mort de Pépin d’Héristal, l’autorité passa entre les mains de sa veuve Plectrude. Charles-Martel, fils naturel de Pépin, ayant paru suspect au nouveau gouvernement, fut arrêté : mais s’étant évadé, il fut reçu par les Austrasiens comme un libérateur, et s’empara, comme son père sous Chilpéric II, de toute l’autorité. Chilpéric, ayant osé le combattre, fut vaincu, et Charles-Martel lui ôta la couronne pour la donner à Clotaire IV. Charles-Martel gouverna l’État avec tant d’éclat et de sagesse, qu’il parvint par ses conquêtes à en étendre les limites. Sans lui, la France aurait été asservie aux Musulmans déjà maîtres de l’Espagne. Les Sarrasins, dont l’ambition ne pouvait s’assouvir, avaient attaqué sans succès Eudes, duc d’Aquitaine, lorsqu’Abdérame, émir ou gouverneur d’Espagne, ayant fait une seconde irruption avec des forces considérables, pénétra jusqu’à Sens. Ayant été repoussé, il fondit sur l’Aquitaine, battit le duc, et s’avança de nouveau vers le centre du royaume. Charles-Martel arrêta bientôt cet ennemi redoutable. Une sanglante bataille qu’il lui livra entre Poitiers et Tours, fut le salut de la France, et Abdérame y perdit la vie. Malgré une telle défaite, les ennemis demeurèrent long-temps en Languedoc ou en Provence, d’où Charles-Martel, aussi habile dans le gouvernement, qu’invincible à la tête des armées, ne cessa point d’augmenter la gloire du nom français. Après la mort de Thierri, qui avait succédé à Chilpéric II, que Charles-Martel avait replacé sur le trône après Clotaire IV, il régna en qualité de duc, sans daigner faire un roi, et sans affecter un titre qui n’eût rien ajouté à sa puissance. Il se préparait à passer en Italie, où le Pape Grégoire III l’appelait par des vues politiques, et offrait de le reconnaître consul de Rome, mais il mourut en 715, avant l’exécution de ce projet, et fut enterre à Saint-Denis avec beaucoup de pompe. Ses deux fils, Pépin et Corloman, prirent le timon des affaires et vécurent fort unis. Ainsi finit ce grand homme qui, sans avoir d’autre titre que celui de maire, fut plus roi qu’aucun souverain de l’Europe.

CLOTAIRE IV. — XIXe Roi.

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— VIIIe Siècle, 715. —

CLOTAIRE IV monta sur le trône l’an 717, par la protection de Charles-Martel maire du palais, qui gouverna à sa place. Ce prince ne fit rien de mémorable, et mourut en 720, dix-sept mois après avoir obtenu la couronne. On ignore le lieu de sa sépulture.

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16 января 2025
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4064066337704
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Bookwire
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