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Histoire de France

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066337704
Table des matières
ORIGINE DES FRANCAIS.
PREMIERE RACE, DITE DES MÉROVINGIENS.
PHARAMOND. — I er Roi des Français.
CLODION, DIT LE CHEVELU — II e Roi.
MEROVEE, — III e Roi.
CHILDÉRIC I er . — IV e Roi.
CLOVIS-LE-GRAND. — Premier Roi chrétien.
CHILDEBERT I er . — VI e Roi.
CLOTAIRE I er , DIT DE SOISSONS. — VII e Roi.
CHEREBERT OU CARIBERT. — VIII e Roi.
CHILPERIC I er . — IX e Roi.
CLOTAIRE II, LE GRAND. — X e Roi.
DAGOBERT I er . — XI e Roi.
CLOVIS II. — VII e Roi.
CLOTAIRE III. — XIII e Roi.
CHILDÉRIC II. — XIV e Roi.
THIERRI I er . — XV e Roi.
CLOVIS III. — XVI e Roi.
CHILDEBERT II, LE JUSTE. — XVII e Roi.
DAGOBERT II. — XVIII e Roi.
CLOTAIRE IV. — XIX e Roi.
CHILPERIC II, ou DANIEL. — XX e Roi.
THIERRI II, DIT DE CHELLES — XXI e Roi.
CHILDERIC III. — XXII e Roi.
MŒURS, COUTUMES ET USAGES DES FRANÇAIS
DEUXIEME RACE, DITE DES CARLOVINGIENS.
PEPIN-LE-BREF. — XXIII e Roi.
CHARLEMAGNE, EMPEREUR ET Roi. — XXIV e Roi.
LOUIS I, DIT LE DÉBONNAIRE, Empereur et Roi. — XXV e Roi.
CHARLES II, DIT LE CHAUVE. — XXVI e Roi.
LOUIS II, DIT LE BÈGUE, Empereur et Roi. — XXVII e Roi.
LOUIS III et CARLOMAN, FRÈRES. — XXVIII e Hoi.
CHARLES III, DIT LE GROS. — XXIX e Roi.
EUDES, ROI USURPATEUR. — XXX e Roi.
CHARLES III, DIT LE SIMPLE. — XXXI e Roi.
RAOUL, USURPATEUR. — XXXII e Roi.
LOUIS IV DIT D’OUTRE-MER. — XXXIII e Roi.
LOTHAIRE. — XXXIV e Roi.
LOUIS V, DIT LE FAINÉANT. — XXXV e Roi.
MŒURS, COUTUMES ET USAGES DES FRANÇAIS
TROISIEME RACE, DITE DES CAPÉTIENS.
HUGUES CAPET. — XXXVI e Roi.
ROBERT I er , DIT LE PIEUX. — XXXVI e Roi.
HENRI I er . — XXXVIII e Roi.
PHILIPPE I er . — XXXIX e Roi.
LOUIS VI, DIT LE GROS. — XL e Roi.
LOUIS VII, DIT LE JEUNE. — XLI e Roi.
PHILIPPE II, DIT AUGUSTE. — XLII e Roi.
LOUIS VIII — XLIII e Roi.
LOUIS IX, OU SAINT LOUIS. — XLIV e Roi.
PHILIPPE III, DIT LE HARDI. — XLV e Roi.
PHILIPPE IV, DIT LE BEL. — XLVI e Roi.
LOUIS X, DIT LE HUTIN. — XLVII e Roi.
PHILIPPE V, DIT LE LONG. — XLVII e Roi.
CHARLES IV, DIT LE BEL. — XLIX e Roi.
BRANCHE DES VALOIS.
PHILIPPE DE VALOIS. — Le Roi.
JEAN-LE-BON. — LI e Roi.
CHARLES V, DIT LE SAGE. — LII e Roi.
CHARLES VI. — LIII e Roi.
CHAULES VII. — LIV e Roi.
LOUIS XI, — LV e Roi.
CHARLES VIII. — LVI e Roi.
LOUIS XII. — LVII e Roi.
FRANÇOIS I er . — LVIII e Roi.
HENRI II. — LIX e Roi.
FRANÇOIS II. — LX e Roi.
CHARLES IX. — LXI e Roi.
HENRI III. — LXII e Roi.
HENRI IV. — LXIII e Roi.
LOUIS XIII, DIT LE JUSTE — LXLV e Roi.
LOUIS XIV. — LXV e Roi.
LOUIS XV. — LXVI e Roi.
LOUIS XVI —LXVII e Roi.
LOUIS XVII. — LXVIII e Roi.
REPUBLIQUE.
NAPOLEON BONAPARTE,
LOUIS XVIII. — LXX e Roi.
CHARLES X. — LXXI e Roi.
LOUIS-PHLLIPPE I er . — LXXII e Roi.

ORIGINE DES FRANCAIS.
Table des matières
L’ORIGINE des grandes nations se perd presque toujours dans l’antiquité, et les Français ne connaissent qu’imparfaitement leurs fondateurs; cependant le sentiment le plus probable est que les Francs ou Français sont originaires de la Germanie. Les auteurs anciens, qui ont parlé de ces peuples, nous les représentent comme des sauvages qui ne vivaient que de leur chasse, de fruits, de légumes et de racines, n’ayant d’autres habitations que des forêts, d’autres maisons que des antres souterrains, d’autres possessions que les terres que leurs chefs leur distribuaient chaque année, suivant la condition, les services et la valeur de chacun. Ces peuples, vrais, fidèles, sincères, se piquaient de la plus scrupuleuse délicatesse sur le point d’honneur. Ils étaient généreux envers leurs ennemis, implacables dans leur vengeance, et toujours prêts à tout sacrifier pour la patrie. Leur religion se ressentait de la simplicité de leurs mœurs; leurs dieux, étaient le soleil, la lune, le feu, les arbres, les rivières; leurs temples étaient des cavernes ou de sombres forêts; leurs sacrifices, des victimes humaines. La nation était divisée en quatre classes: les nobles, les libres, les affranchis et les serfs. Ils étaient gouvernés, tantôt par des rois, quelquefois par des princes, souvent par des ducs. L’usage des lettres ou caractères leur étant totalement inconnu, ils n’avaient ni annales, ni lois écrites: les bardes ou poètes étaient leurs seuls historiens.
PREMIERE RACE, DITE DES MÉROVINGIENS.
Table des matières
PHARAMOND. — Ier Roi des Français.
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— Ve Siècle, 420. —
PHARAMOND, fils de Marcomir, chef des Saliens, fut proclamé roi des Français vers l’an 420; ses soldats l’élevèrent sur un bouclier, et les chefs de l’armée le promenèrent tout autour du camp, aux cris de vive le Roi!!! On le regarde comme le premier qui porta ce titre en France. Il fit rédiger les lois saliques pour le réglement de ses états. Parmi ces lois on distingue celle qui exclut les femmes de la couronne. La religion de Pharamond était le paganisme. Il régna huit ans, et mourut en 428.
Les armes de France n’étaient point alors telles qu’on les voit aujourd’hui: selon les uns, c’étaient des crapauds ou quelque chose de semblable; suivant d’autres, c’étaient des abeilles: enfin il y a des historiens qui assurent que nos rois n’ont point eu d’armoiries, proprement dites, avant le douzième siècle.
CLODION, DIT LE CHEVELU — IIe Roi.
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—Ve Siècle, 428. —
CLODION, fils de Pharamond et d’Argote, fut surnommé le Chevelu, parce qu’il avait de longs cheveux, et qu’il fit la loi de la Chevelure, qui servait alors à distinguer les princes du sang royal du reste de la nation. Il hérita du royaume de son père et de ses desseins, que de grands obstacles l’empêchèrent néanmoins d’exécuter. Il prit Boulogne, Thérouane, Arras, et établit son siège à Amiens. Il mourut de la douleur que lui causa la perte de son fils aîné , tué au siége de Soissons, en 448, après avoir régné près de vingt ans; et il recommanda sa femme et ses enfans à Mérovée-Clodion. Il était païen comme son père.
MEROVEE, — IIIe Roi.
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— Ve Siècle, 448. —
MÉROVÉE, que l’on croit communément gendre de Clodion, lui succéda par l’élection qu’en firent les Français pour être leur roi, en 448. Ce prince étendit ses conquêtes jusque dans la Champagne où il défit Attila, dans les plaines de Châlons, et tailla en pièces son armée qui était de deux cent mille hommes. Cet Attila était roi des Huns, peuples barbares, descendus des anciens Scythes. On l’avait surnommé le fléau de Dieu à cause des ravages qu’il commettait partout. Dans cette journée mémorable, dont Insuccès assura la tranquillité de la France, Aétius, général des Romains, et Théodoric, roi des Visigoths, s’étaient réunis à Mérovée. Théodoric fut tué sur le champ de bataille. C’est en considération de cette grande victoire, que les descendans de Mérovée prirent le nom de Mérovingiens. Ce prince prit ensuite Orléans, Sens, Paris, et plusieurs autres villes. Après avoir assuré ses conquêtes et régné dix ans, il mourut en 458. Mérovée était auss païen.
CHILDÉRIC Ier. — IVe Roi.
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— Ve Siècle, 458. —
CHILDÉRIC Ier succéda à Mérovée, son père; mais, dans les commencemens de son règne, il tomba dans plusieurs excès qui donnèrent lieu à ses sujets de se révolter et de le chasser de ses Etats. Il se réfugia chez Basin, roi de Thuringe, qui était son ami,et où il resta environ quatre ans, au bout duquel temps il remonta sur le trône par le moyen de Guiemans, son favori, qu’il avait laissé en France. Celui-ci porta à de si grandes violences Égidius qui occupait la place de Childéric, que les Français parurent regretter ce roi; alors Guiemans lui en ayant donné avis, il revint et chassa Égidius, que d’autres appellent Gillon. Rentré dans ses États, il s’y conduisit avec modération, prudence et valeur. Il prit Angers, Orléans, les îles des Saxons, et battit les Allemands. Ayant épousé Basine, femme de Basin, qui le suivit à son retour de Thuringe, il en eut Clovis, qui lui succéda, et trois filles, Alboflède, Lantilde et Audeflêde. Il règna vingt-quatre ans, mourut en 480, et fut enterré à Tournai, où son tombeau fut découvert en 1633. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’on y trouva des espèces d’abeilles d’or, ses tablettes, ses armes, un globe de cristal, et plusieurs autres curiosités qui furent déposées en grande partie dans la bibliothèque royale à Paris.
CLOVIS-LE-GRAND. — Premier Roi chrétien.
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— Ve Siècle, 481. —
Clovis, fils de Childéric épousa la fille de Gontran, roi de Bourgogne, qui, ayant été élevée dans la religion chrétienne, contribua beaucoup à sa conversion.
Au commencement de son règne l’an 481, Clovis fit la guerre à Siagrius,fils de Gillon qui avait été couronné roi à la place de Childéric, son père et, l’ayant vaincu, il le fit mourir. En 486, il prit Reims et Soissons; et, en 496, près de livrer aux Allemands la célèbre bataille de Tolbiac, il fit vœu d’embrasser la religion chrétienne s’il demeurait vainqueur; comme il fut victorieux, il s’écria: «La victoire nous reste; je jure d’embrasser la foi du Dieu de Clotilde.»
Il se fut baptiser par saint Remi, archevêque de Reims, et, le même jour, une de ses soeurs ettrois mille hommes de son armée reçurent le baptême. Pour agrandir le royaume de France, il fit la guerre aux Romains, aux Bourguignons et aux Visigoths, qui en occupaient chacun une partie. Il tua, près de Poitiers, de sa propre main, à la tête des deux armées, Alaric, roi des Visigoths, qui était arien. On remarque qu’il était très-vaillant, grand politique, et fort cruel. Sa barbarie s’exerça contre tous ses parens, entre autres contre Sigebert-le-Boiteux, roi de Cologne, et son fils Clodéric; contre Césarie, contre Ranacair qui régnait à Cambrai; contre Récomer qui régnait au Mans. S’étant défait d’eux, il s’empara de leurs biens et de leurs états. Il mourut en 511, après avoir régné trente ans, et fut enterré à Sainte-Geneviève. Il changea les armes de France en fleurs-de-lis. Sous le règne de Clovis fut établie la loi Gombette, qui autorisait le duel judiciaire ou jugement de Dieu. On faisait combattre en champ-clos l’accusateur et l’accusé ; si celui-ci succombait, il était considéré comme coupable et on le conduisait au supplice; si, au contraire, il était vainqueur, son antagoniste, réputé calomniateur, subissait la peine du crime dont l’avait accusé son ennemi.
CHILDEBERT Ier. — VIe Roi.
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— VIe Siècle, 511. —
CLOVIS eut quatre fils de Clothilde, sa femme: Childebert, qui fut roi de Paris; Clodomir, roi d’Orléans; Clotaire, roi de Soissons, et Thierri, roi de Metz. Ils furent tous cruels, avares, et jaloux l’un de l’autre. Clotaire et Clodomir firent jeter Sigismond, duc de Bourgogne, dans un puits, avec sa femme et ses enfans. Clodomir fut tué, et ses enfans massacrés par Clotaire et par Chidebert, leurs oncles. Amalaric, beau-frère de ces quatre rois, perdit aussi la vie. Quant à Childebert, il fit la guerre à Amalaric, roi des Visigoths, et le vainquit. Amalaric était arien, et avait épousé la sœur de Childebert; il la maltraitait souvent à cause de sa religion, et elle s’en plaignit à son frère qui prit aussitôt les armes pour la venger. Il fit des conquêtes considérables en Espagne: ayant assiégé Sarragosse il leva le siège par respect pour saint Vincent, dont cette ville conservait les reliques; et c’est à cette occasion qu’étant de retour à Paris, il fit bâtir, en l’honneur de ce saint, une église qui est aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés. Il s’est rendu recommandable par sa charité envers les pauvres et son zèle pour la religion. Il eut de sa femme, nommée Ultrogothe, deux filles qui ne voulurent pas se marier; et après un règne de quarante-sept ans, il mourut en 458, et fut enterré dans l’église qu’il avait fondée en l’honneur de saint Vincent.
CLOTAIRE Ier, DIT DE SOISSONS. — VIIe Roi.
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— VIe Siecle, 560. —
CLOTAIRE Ier, fils de Clovis et roi de Soissons, succéda à son frère Childebert en 560; et son autre frère, étant aussi décédé, il fut roi de toute la France. Il fit deux fois la guerre en Bourgogne, et égorgea cruellement les enfans de son frère Clodomir, qu’il y avait attirés sous prétexte de les mettre en possession du royaume de leur père; ensuite il battit les Saxons qui s’étaient révoltés, les Thuringiens qui les avaient secourus, et ruina totalement le pays. Son fils s’étant révolté contre lui, il eut la barbarie de le faire brûler avec sa famille, dans une cabane où il s’était sauvé. Il en témoigna dans la suite un grand repentir; il était libéral, vaillant, mais ambitieux et cruel. Il vécut soixante-quatre ans, en égna cinquante, et dit en mourant, à Compiègne, ces paroles mémorables:
Que pensez- vous que soit le Roi du ciel, qui fait ainsi mourir les rois de la terre?
Il fut entérré à Soissons, dans l’église de Saint-Médard.
Il avait épousé six femmes dont il avait eu plusieurs enfans.
