Читать книгу: «L’Option “Zéro”. Les idiots impunis»
Перевод A/I Gemini A/I Gemini
© Almaz Braev, 2026
ISBN 978-5-0070-7060-7
Created with Ridero smart publishing system
L’Option “Zéro”
Les idiots impunis
RECON: Plan d’ingénierie pour sortir du Système ZÉRO
Le monde n’est plus un ensemble d'États ou d’idéologies. Il est devenu une « File d’attente » mondiale unifiée — le Système ZÉRO — qui transforme les talents en bruit, l’individualité en interface et le futur en statut du passé.
Ce livre n’est ni un manifeste politique, ni un essai philosophique. C’est un plan d’ingénierie décrivant l’architecture des pièges dans lesquels les principaux acteurs mondiaux se sont enlisés :
États-Unis (la Foire): un centre opérationnel qui transforme l’individu en « interface » pour préserver la stabilité du processus.
BRICS (le Musée): une inertie conservatrice où les privilèges sont hérités et où les « moteurs » sont remplacés par des gardiens.
Chine (la Fabrique): une méritocratie industrialisée qui a commencé à se dévorer elle-même par crainte de l’autonomie de ses propres Architectes.
RECON met à nu les mécanismes des boucles sociales qui maintiennent l’homme dans les limites de la « File d’attente » et propose la seule issue possible: le Saut — le passage du rôle de « pièce sur l'échiquier » à celui de celui qui place les pièces.
Le livre constitue un protocole pratique pour les Sauteurs et les futurs Architectes :
Déconstruction des types: Des « Zerefs » aux « Zelotes » — comprendre qui tire le système vers le bas et qui est capable de le reconstruire.
Géographie du brouillard: Comment trouver des zones d’autonomie (” juridictions brumeuses”) dans le corps à corps entre les deux systèmes mondiaux.
Technologie des Petits Réseaux Denses: Comment transformer la confiance en l’unique monnaie fonctionnelle du futur, en créant des structures indépendantes des régulateurs et des algorithmes.
C’est un guide pour ceux qui ont cessé d’attendre la permission de construire leur propre avenir. Pour ceux qui sont prêts à sortir de la file d’attente publique, à faire tomber les masques des « marques anti-système » et à commencer à bâtir un nouvel étage de réalité, pendant que le monde est occupé à lutter pour le droit de diriger le passé.
Le Système ZÉRO ne change pas — il recycle. RECON enseigne comment ne pas devenir son carburant.
Chapitre 1: Rien n’est sacré — une multitude de traîtres
Si, parmi dix candidats, un seul fait fortune, cela ne suscitera pas d’inquiétude particulière. L’envie, peut-être. Mais si ce nouveau riche est un imbécile, cela dissipera rapidement toute préoccupation superflue.
Si, parmi dix candidats, on choisit le plus digne, les neuf autres ressentiront de l’amertume. Leur amour-propre les dévorera à chaque instant. Mais s’ils choisissent le plus faible, tout le monde s’apaisera instantanément.
Par conséquent, ce n’est pas l’envie de la richesse matérielle qui dicte l’histoire, mais l’amour-propre. Pour voir émerger un gouvernement mondial véritablement digne, il faut étouffer l’amour-propre des milliards d’individus, plutôt que de ressasser la lutte des classes.
L’amour-propre des milliards… Pourquoi est-ce important? En l’appliquant à notre situation actuelle: tout le monde vit pour l’argent. À l’époque où l’argent n’était pas la priorité, tout était déterminé par les ordres et les classes. Par les représentants de lignées et de familles nobles. Pendant près de 2000 ans, les hommes se sont appuyés sur la « voix du sang”, y compris pour le choix d’un chef. La « voix du sang” non pas au sens de la parenté — où « ce fils de pute est notre fils de pute” — mais au sens de la sélection évolutive du sang bleu. Chez des parents dignes, eux-mêmes sélectionnés avec le plus grand soin par leurs propres parents, il ne pouvait naître d’enfants indignes: même les descendants les plus faibles gardaient le rang. Pour le choix du plus digne, on consultait les anciens ou quelques hommes d’autorité.
Cela n’excluait pas qu’un chef puisse perdre. Les circonstances pour cela étaient nombreuses. Mais même il y a 2000 ans, le choix d’un chef faible ou indigne révélait déjà l’intérêt pour l’argent et la gloire. Un peuple pouvait se retrouver avec une élite faible ou un chef entouré de gens tout aussi médiocres.
Quelle est la raison d’un tel choix?
Une longue absence de menace.
Lorsque rien ne dépendait à court terme d’un choix aléatoire.
Les « innocents idiots” au pouvoir pouvaient se détendre et écouter leur amour-propre. Par exemple, lorsque Hannibal demanda de l’aide à Carthage, ses rivaux, jaloux de l’ascension du clan Barca, lui répondirent avec mépris: « Tu gagnes déjà, pourquoi as-tu besoin d’aide?” Par la suite, cela mena à des événements tragiques: Carthage disparut, et son peuple fut vendu en esclavage.
La conclusion principale: les hommes demandent de l’aide au moment de l’ultime nécessité. C’est ce moment-là que l’on nomme le « Point Zéro”. Hannibal fut rappelé de l’exil bien trop tard.
Pendant 2000 ans, les hommes se sont appuyés sur les décisions des sages. C'était à l’époque des ordres, des castes, des lignées nobles. Dans les communautés conservatrices, l’argent ne décidait de rien. C'était l’autorité qui comptait. 2000 ans plus tard, après une série de révolutions, l’autorité n’a pas seulement disparu pour les ordres, mais même pour les révolutionnaires eux-mêmes. La liquidation de toute autorité est le dernier obstacle avant la couronne mondiale de l’argent. Car, même en présence de gouvernants, de fonctionnaires et d’États locaux, les gens comprennent que ces derniers ne sont que des conventions formelles: le gouvernement principal n’est pas ici. Les gouvernants principaux sont ceux qui possèdent beaucoup d’argent. C’est de ces hommes que dépendent les gouvernants locaux.
L’argent a introduit la mondialité. En même temps, il a privé d’influence toutes les sanctuaires locaux (sans parler du pouvoir local). Les gens ont compris: tout est décidé par l’argent. Par des lois rédigées par le monde de l’argent. C’est pourquoi, pour les hommes qui ont un peu réussi, rien n’est sacré; c’est pourquoi il y a tant de traîtres conditionnels — latents et potentiels.
L’argent pénètre les hommes par le biais des opportunités.
Tous les traîtres sont issus de milieux conservateurs où, dès la naissance, il existe une hiérarchie d’autorités (certes, plus tout à fait comme autrefois, mais l’inertie de la tradition est l’inertie de la tradition; sans elle, les peuples se seraient dispersés depuis longtemps: les communautés ne sont pas composées seulement de jeunes inexpérimentés, mais aussi de vieillards, d’outsiders. Les parents et les proches aident les jeunes à mûrir, à se tenir debout. On ne s’échappe pas facilement de ce monde).
Mais lorsque les conditions sont réunies, surtout s’il existe des pulsions pour compenser une origine médiocre par des spéculations rapides, des pots-de-vin et de la fraude, alors tout devient clair. Les mondes traditionnels créent une hiérarchie. Cette hiérarchie ne peut être franchie que par la trahison. Mais en échange, on peut s’approcher du trône financier de l’élite mondiale invisible.
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Chapitre 2: La guerre civile — Sortie et entrée des populations conservatrices
La guerre civile: définition formelle. Un conflit armé à grande échelle au sein d’un État entre des groupes organisés visant à s’emparer du pouvoir central ou régional, ou à modifier le régime politique.
Ses signes clés :
Caractère interne: Les parties en conflit sont des citoyens d’un même pays (une même nation), dotés d’un même CODE.
Clivage idéologique: La guerre n’est pas menée pour le territoire en soi, mais pour des systèmes de valeurs, des modèles de gestion ou de répartition des ressources incompatibles.
Haute intensité: Accompagnée d’une implication massive de la population civile et d’une radicalisation de la société.
Destruction du monopole de la violence: Le pouvoir central perd l’usage exclusif de la force, qui passe aux formations paramilitaires.
Résultat: Toujours une transformation profonde de la structure sociale, un changement des élites et une fracture durable dans la mémoire nationale.
La population ne diminue pas seulement à cause des guerres mondiales. Ce sont les franges les plus conservatrices qui souffrent le plus de la guerre civile.
Au-delà de la définition classique, voici des vérités peu explorées :
La bifurcation du provincialisme et de l’outsiderisme.
Depuis vingt ans, nous assistons à une bifurcation de l’outsiderisme. Ensuite, cette bifurcation est parrainée de l’extérieur en utilisant les complexes des grandes masses. Mais quel en fut le point de départ? Qui est devenu l’élite et qui est resté en province?
Le début de la bifurcation remonte à 1991. Avec les « réformes” de marché en URSS, ceux qui étaient proches des centres de décision sont devenus les maîtres de la nouvelle vie. Pour l’essentiel, il s’agissait d’anciens cadres du Komsomol. Par leur âge, ces « chanceux” nés dans les années 50 et au début des années 60 avaient passé toute leur vie consciente parmi les défilés et les chants soviétiques — les êtres les plus soviétiques qui soient.
Lorsque les prétendants au sommet devinrent trop nombreux, l’éclatement de l’URSS selon des lignes ethniques fut une ruse politique de ces groupuscules. Dans les provinces, on ne comprenait pas cela. Les cadres locaux, tout aussi soviétiques, étaient des internationalistes (même après la privatisation des appartements, l’avidité n’avait pas encore pris le dessus).
Puis, dans les années 2000, tout est devenu clair. Les gens se sont aigris. Ils ont vu les parts des nouveaux riches, les « maîtres de la vie” promettant le paradis, et les miettes qu’il leur restait. Le nationalisme a alors fleuri. Pourquoi? Parce que les « Komsomols” eux-mêmes avaient tracé la voie en 1991. Ensuite, Soros et l’USAID ont rémunéré les nouveaux activistes durant toutes les années 90. Initialement caché derrière le masque de la démocratie, le nationalisme est devenu une branche indépendante, nourrie par le ressentiment contre la corruption et l’usurpation.
Le second phénomène.
Pourquoi le nationalisme a-t-il surgi si fort à la périphérie de l’URSS, tandis que le centre de l’ancien empire tentait d’imposer un chauvinisme défensif? Parce que les premiers sont des « outsiders historiques” (par nature), tandis que les seconds sont porteurs du code impérial.
Que voyons-nous lors de la rencontre de ces deux pôles? Deux factions de la religion de l’argent s’affrontent. « Quand les seigneurs se battent, ce sont les serfs qui en paient le prix”? C’est trop simpliste.
Prenons la guerre civile de 1917—1921. Classiquement, ce furent les classes qui se sont affrontées: noblesse contre prolétariat. Mais dans l’Armée blanche, il y avait aussi des paysans. Les membres d’un même village s’entretuaient. Dans le livre d’Artem Vesely « La Russie lavée dans le sang”, un fils tue son père après un bref dialogue, conscient de son geste, depuis une autre tranchée. Pourquoi? Parce que le père voyait sa carrière dans le service au seigneur de l’ancien système, tandis que le fils la voyait dans le saut vers une nouvelle liberté, sans la routine de servir quiconque.
Ce fut un conflit de générations autant que de classes.
Aujourd’hui, les provinciaux sont des outsiders dans un milieu conservateur, mais sous le régime du marché, ils sont fascinés par les tentations. Sans aucune limite, hormis celles des corrompus devant eux et de l’Occident derrière. D’où les « Maïdans”, un après l’autre, et ce pouvoir qui devient rural, agraire, villageois — un chaos total. Et la mort du contingent conservateur.
Est-ce que des idées animent ces bourgeois, paysans et « gratte-papiers”? Pas vraiment. Mais il faut considérer la réalité physique. Dans un milieu conservateur, la majorité est décisive. Et quand la faim arrive après les rêves, le combat commence.
Cela explique la lenteur relative dans le nouveau conflit de ces factions « outsider” lors de la guerre hybride. Ces nouveaux outsiders sont des gens instruits et raisonnables. Ils ont tout pesé et décidé de prendre le risque. Ils auraient pu négocier à travers le parapet. De l’autre côté, là où ils ont été rassemblés par la force, beaucoup ont fui, tandis que d’autres sont retenus par ceux qui se sentent déjà « Européens”. Et pendant que se déroule cette bataille irrationnelle et sanglante des outsiders, les algorithmes du « camp de concentration numérique” échouent. Ils ne peuvent calculer l’élan irrationnel ou le fanatisme chauvin. Ils ont peur de la population conservatrice.
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Chapitre 3: La plus insolente — l’élite russe. Combien de temps dure l’audace?
Le début du XXIe siècle a démontré qu’il n’existe plus d’élites locales dans le monde. Même la Chine, avec ses 3 500 ans d’histoire « en retrait”, ne jouit d’aucune autorité réelle. Malgré la pression du Ciel Éternel, de Confucius et des intérêts matériels des gouvernants modernes (les Chinois étant les « Juifs de l’Orient”), la Chine n’a jamais été capable d’une révolte globale. Tout ce qu’elle a engendré en 2000 ans de contestation se résume à des révoltes locales et au paradoxal bouddhisme Zen.
Le cas des Russes est tout autre.
Bien qu’ils affirment avec véhémence ne pas appartenir à l’Orient, mais à l’Occident, prétendant être la « Troisième Rome” et qu’il n’y en aura pas de quatrième — surtout aujourd’hui — la réalité est tout autre. Il n’est pas nécessaire d’être un grand érudit; il suffit d’observer l’élite russe et son comportement: un mélange d’Occident et d’Orient, peint sur la toile de l’insolence russe. Ce sont précisément les élites russes qui se sont rebellées en 2022, et personne d’autre.
Tous les outsiders mondiaux, associés aux outsiders conservateurs locaux, regardent de ce côté: la Russie pourra-t-elle repousser le coup porté par l’Occident? Qu’espèrent ces outsiders?
Pourquoi se tournent-ils vers les Russes? Depuis l’opération « vaccinale” liée au COVID, le monde a montré qu’il était mort. Après les confinements, l’introduction des QR codes, les achats massifs de vaccins et la vaccination forcée, tous les gouvernants (ces outsiders d’élite) étaient d’accord. Le camp de concentration numérique a acquis (presque achevé d’acquérir) les contours précis de son achèvement.
Et là, coup de théâtre. Les parvenus (pour l’Occident) n’ont pas gardé le silence. Bien plus, un ultimatum a été posé à l’Occident. (Les élites russes s’étaient déjà comportées étrangement auparavant en lançant leur propre vaccin. Cela signifiait: « Nous jouons avec vous, mais selon notre propre partition”). Cela revenait à dire: « Oui, nous sommes venus à votre table, dans votre tas d’argent, mais nous avons apporté nos propres chaises. Et nous ne nous assoirons pas là où vous nous l’indiquez dans votre château financier. Et nous repartirons sur nos propres yachts, pas sur les vôtres”. N’est-ce pas là un choc pour les maîtres du monde?
Comment comprendre cela? Est-ce un comportement oriental ou occidental? En apparence, ils jouent le jeu de l’argent et l’aiment — ils l’ont montré tout au long des années 90 et au-delà. Ils ont racheté tout l’immobilier en Occident, y ont installé leurs familles, ont laissé des sommes colossales sur leurs comptes. Et ils disent: « Nous repartirons sur nos propres yachts”.
Nous avons déjà découvert ce qu’est l’Orient à travers l’exemple de la Chine. La Chine jouait le jeu occidental et était prête à maintenir sa population dans des « zones de rétention” préparées. Personne ne portait les masques plus docilement que les Chinois. Les jeux financiers de la Chine et des financiers étaient profondément imbriqués. Et la population n’a jamais été la priorité des empereurs chinois. La Chine ne s’intéresse qu’à son empire. Même s’il s’agit d’une filiale financière occidentale. La Chine voyait dans la guerre du COVID contre l’Occident une sorte de troisième guerre de l’Opium.
Tout le reste du monde, y compris l’Amérique latine et l’Afrique, regardait ce conflit comme le prolongement des guerres anticoloniales du passé — c’est inscrit dans leur mémoire génétique. Par conséquent, quiconque s’oppose aux colonisateurs attire les outsiders par sa simple audace. L’atmosphère mondiale s’est à nouveau chargée de l’air du milieu du XXe siècle.
Nous avons examiné la motivation interne et la cause des fuites massives de la classe moyenne: celui qui commence à avoir de l’argent ne considère plus les gouvernements locaux comme primordiaux. Ces gens peuvent apporter leurs propres chaises pour s’asseoir dans le hall de l’argent, même aux places les plus méprisées — ou mieux encore, en dehors du hall. Observer la messe de l’argent à des centaines de kilomètres et accomplir des rituels devant un écran. Ces personnes ont fait leur « choix occidental”. Les autres ne l’ont pas fait. C’est devenu la cause du conflit civil. Alors, que voyons-nous, nous autres outsiders du monde?
Nous avons devant les yeux deux dômes (cloches).
L’un est magnifique, baptisé « cage dorée”. Très attrayant, agréable par habitude, prestigieux — statutaire. Tous ceux qui pouvaient utiliser ce monde avec leurs « propres chaises” l’ont fait sans hésiter. « Demain, je serai mort, alors aujourd’hui est à moi!” Dans la cage dorée, tout est plaisant. Même la fin sera dorée et prestigieuse.
Le second dôme est le dôme de l’audace. Ce n’est pas aussi agréable. Pas aussi confortable. Les silhouettes du passé y sont plus évidentes. Des hommes ressemblant à de nouveaux boyards féodaux y apparaissent. Ce tableau attire-t-il vraiment tous les outsiders? Après tout, l’audace en soi cesse d’agir avec le temps. Il faut une image du futur plus attrayante.
D’où la question: les Russes audacieux peuvent-ils proposer une alternative complexe?
Le monde de l’argent est devenu intelligible. Il s’achève dans un camp de concentration numérique. Sans une image alternative au NUMÉRIQUE, rien ne fonctionnera. Tout cela est temporaire. Le port d’une barbe luxueuse par les idéologues de l’audace n’inspire pas confiance. Chaque nation des BRICS a sa propre « vieille foi”. L’union des vieilles croyances des peuples post-coloniaux du monde ne donne pas une seule barbe pour tous. D’autant plus si les idéologues eux-mêmes conduisent des voitures étrangères et portent des marques occidentales.
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Chapitre 4: « Oui, nous sommes des Alaric. Oui, nous sommes une Horde”
…avec nos yeux bridés et avides.
Ce qui manque aux Russes. Ce que les Japonais ont perdu. Ce qui n’appartient qu’aux « Hordiens”.
Tous les nationalistes jouent avec l’Antiquité. Ces jeux sont une dose d’adrénaline pour ceux qui sont coincés et en manque d’assurance. Derrière ces jeux se cache le droit de l’aîné et, supposément, du plus cultivé. En ce sens, ni les Perses, ni les Chinois, ni même les Juifs (pour ne pas les oublier) ne s’agitent: ils n’ont pas ce complexe. L’inquiétude sur « l’âge” appartient à ceux qui doutent d’eux-mêmes.
Moscou — Troisième Rome.
L’origine romaine — qui pourrait s’y opposer? « Moscou est la Troisième Rome, et il n’y en aura pas de quatrième”. Quel fut le premier Rome, c’est clair. Le second, semble-t-il, aussi. Pour comprendre cette série, pour trouver la « Troisième Rome”, rappelons-nous Alaric, le chef des Wisigoths.
En effet, après qu’Alaric eut pris Rome, le Premier Rome connut de grandes difficultés et ne redressa jamais les épaules. Alaric reçut le titre de maître de la milice, l’or de Rome, des terres pour les Wisigoths, mais il ne savait que faire de tout ce « bazar romain”.
En homme de tribu, il repartit de Rome vers les terres sauvages. Pourquoi?
Il a agi en nomade. Le béton et les briques romaines ne servent à rien à un nomade. Il n’a pas besoin de rues pavées. Il a besoin de liberté. Il a besoin d’une lumière vive, d’un paysage familier depuis l’enfance. Par conséquent, l’État romain, avec ses institutions et son Colisée, l’effrayait.
Il n’a pas agi ainsi par manque de projets, mais par tactique tribale: le pillage, puis le repli. C’est la stratégie nomade. D’abord l’expédition, le pillage du vaincu, puis le retrait rapide avec le butin vers la terre natale. Après cela, tu es un héros. En dehors du facteur matériel pour les siens, il n’y a rien là-dedans. Les peuples tribaux ne « mangent” pas de livres, ils ne trouvent aucune utilité à ce qui y est écrit. Chez tous les peuples primitifs, les lois ne sont pas gravées sur du parchemin, mais mémorisées et répétées depuis l’enfance.
Avec le Premier Rome, tout devient clair. Malgré toute la logique développée des Latins, ils ont perdu face aux passions et à l’énergie barbares. La logique sèche, les mathématiques et les strates juridiques déshydratent une nation jusqu’à la limite. En revanche, une culture apparaît. Malgré toute leur combativité, tous les sauvages du monde savent qu’il leur manque quelque chose de crucial. Ils enfilent donc quelques capes, se donnent une contenance, adoptent des poses — tout cela n’est que cabotinage et danse, mais cela impressionne leurs semblables.
C’est pourquoi les descendants d’Alaric créèrent au Xe siècle le Saint-Empire romain. Ils comprirent que la tourmente tribale est infinie, qu’il faut faire quelque chose. Le cabotinage et l’imitation se sont rapprochés de la civilisation. Ainsi, les Germains ont créé leur « Troisième” Rome (le Reich allemand).
Alors, qui était finalement le troisième? Et combien de « Romes” y a-t-il au monde? Une chose est claire: toutes tirent leur lignée du Rome latin. Pour qu’on ne demande pas d’où sortent les Japonais, je rappelle simplement: la civilisation perd le combat face à tout nouveau barbare (si la civilisation a été déshydratée, privée de vie par des enseignants trop exigeants).
Pourquoi les Alaric ont disparu au Japon.
Les Japonais n’ont pas eu d’empire avant de découvrir les technologies européennes et de recevoir des investissements massifs avant la guerre russo-japonaise de 1904—1905. Le Japon est sorti de ses îles pour obtenir des matières premières. Mais l’Empire japonais portait la légende du premier empereur, fils de la déesse Amaterasu. C’est ce qui permettait aux nationalistes japonais de parler d’égal à égal avec les Chinois: « Nous avons aussi 2 500 ans de civilisation”.
On ne peut pas dire que l’élite japonaise ressemblait à des nomades. Malgré l’attrait pour le matériel via le capitalisme, les Japonais méprisaient les parvenus. La règle du « pille et rapporte à la maison” n’existait pas. S’ils ramenaient quelque chose, c’était pour la maison Japon, en respectant le code du Bushido au nom de l’empereur (c’est pourquoi la corruption est si faible au Japon).
Même chez les nomades, il y avait le Yassa de Gengis Khan. Mais à cette époque, une Horde unifiée était associée à un chef. S’il y a un chef, on ne pille pas pour soi. S’il n’y a pas de chef, tout finit dans la yourte.
La construction de yourtes autonomes ressemblait à des mini-États dans l’État. En obéissant à la logique clanique, les nomades pouvaient créer un campement séparé à côté de celui du Khan. C’est normal pour une démocratie tribale. (C’est pourquoi, lorsque dans l’empire moderne de l’argent certaines élites se comportent de manière autonome, ce sont les traits du nomade libre qui apparaissent, et non ceux de la Troisième Rome. Ils sont venus, ont pris ce qui traînait et l’ont emporté — sans demander, parce que le guerrier peut se le permettre. Puis ils sont allés voir les financiers pour dire: « Nous créons nos propres yachts, comme les vôtres, nous apportons nos propres chaises et nous nous asseyons où nous voulons”).
Alors, quel rapport avec les Japonais?
Après leur défaite face à l’Amérique en 1945, ils ont fait un bond technologique sans précédent (ce qu’ils avaient déjà fait à l’ère Meiji). Et ils ont perdu la dernière énergie qui leur restait depuis la dictature de 250 ans des Tokugawa. Actuellement, le Japon est en récession profonde. Les Japonais n’achètent plus, ils travaillent jusqu’à l’épuisement. La nation vieillit. Ils ont combiné la logique européenne et la rationalité avec leur application et leur contemplation. Il n’y a plus d’Alaric en eux…
Qui sont les Alaric? Qu’était Alaric, le conquérant de Rome?
Il est venu, a pillé et est reparti là d’où il venait. Il a montré l’énergie d’un nouveau campement. Mais il n’a pas créé de Second Rome. Et tous ceux qui se comportent comme des nomades ne créeront aucune autonomie. Ils créeront une copie imitative (dans notre cas, une copie financière).
“Oui, nous sommes des Alaric. Oui, nous sommes une Horde. Mais contrairement aux Wisigoths, nous ne repartirons pas dans les terres sauvages. Nous transformerons ce champ en une Seconde Horde, où la technologie sert la VOLONTÉ, et non l’inverse.”
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Chapitre 5: L’effet Gertrude (russe et japonais). Regarde parfois du porno
J’ai remarqué une particularité: lorsqu’un homme mûr, encore sûr de ses forces, est licencié ou démis de ses fonctions sous prétexte de « départ à la retraite”, il commence à « faire la fête” — à débaucher, au sens propre du terme.
Pour saisir cette tragédie, je propose à chacun de se souvenir de la trahison. Car nous sommes souvent trahis par nos amis, nos camarades, nos proches. Le coup le plus terrible vient de ceux que l’on aime, de ceux auxquels nous sommes liés, de ceux dont on n’attend rien de tel. Et comment réagissez-vous?
Pourquoi le demander?
Face à la trahison, les hommes réagissent de manière extrêmement douloureuse. Certains commencent à boire, d’autres à se débaucher — comme je l’ai dit au début, contractant des maladies vénériennes —, tandis que d’autres s’effondrent sous le poids de l’infarctus ou d’autres maux liés au stress. Mais que sont la syphilis ou toute autre chute morale face à la douleur lancinante intérieure? Rien. Comprenons maintenant les principaux archétypes au niveau des peuples (car les peuples sont composés d’hommes) et comment ils réagissent à la trahison de la confiance.
L’Effet Gertrude.
Dans Hamlet, le prince s’écrie avec fureur à sa mère: « Mais de s’étaler dans le lit d’un inceste, de s’ébrouer dans la fange d’un couche infecte, de s’y souiller, de s’y enlacer, de s’y faire des caresses!”. Sa mère cohabite sur le trône avec le frère du père d’Hamlet.
Mais pourquoi le fait-elle?
Le sexe injecte dans le sang un cocktail d’ocytocine, d’endorphine et de dopamine — une tempête chimique est créée contre la mélancolie et le deuil. Une mise à la terre de l’excitation se produit: elle quitte le cortex et le système limbique pour rejoindre le système reptilien. Le système reptilien est le plus salvateur. Il dit: « La vie ne s’est pas arrêtée, la vie continue”. On comprend ainsi cette débauche, ce vice d’un homme à qui l’on a coupé tout sens à la vie: il se transforme volontairement en reptile. Je propose de jeter un regard sur la « reptilité” post-révolutionnaire, si nous considérons non pas une tragédie personnelle, mais toutes les tragédies réunies.
L’anarchie et la terreur sont une forme de reptilité satisfaite d’elle-même. La terreur contre les « ennemis du peuple” est une reptilité organisée. Le dirigeant canalise l’amour-propre mesquin dans un seul lit et contrôle « l’effet Gertrude”. Car avant la révolution, pendant la révolution et surtout après, il y a beaucoup de douleur (à cause de la trahison).
La question se pose alors: pourquoi les gens trahissent-ils?
La révolution répond directement: parce que « les derniers veulent devenir les premiers” (Claude voulait être roi, posséder le royaume et Gertrude).
Les derniers veulent devenir les premiers. Mais les premiers ne veulent pas devenir les derniers.
C’est ici que commence le véritable enfer de l’histoire.
La trahison ne naît pas de la pauvreté. Ni de la faim. Ni de l’inégalité.
La trahison naît au moment où un homme ressent pour la première fois: « Je mérite mieux que ce que j’ai”.
Tant qu’un paysan se considère comme un paysan, l’empire tient debout. Tant qu’un soldat se considère comme un soldat, l’armée est invincible. Tant qu’un élève se considère comme un élève, le savoir est vivant. Et tout gouvernement a le devoir de donner à chacun selon ses aspirations (dans la mesure du possible, sans briser les rêves).
Car la migration de cette population conservatrice est possible, et pas seulement celle des « relocalisés”.
Dès que cette voix du petit Claude devient plus forte que la mémoire, le devoir et la gratitude, la trahison commence. Et commence cette débauche, cette syphilis morale. D’abord, on trahit un homme. Puis une famille. Puis une classe. Puis le pays. Et ensuite, sous les tambours de la révolution, la trahison commence à être appelée « justice”.
Autrefois, les Japonais ont emprunté le chemin de la démocratie reptilienne. Ils ont reçu la trahison de leur propre défaite. Ils ont fait un bond dans les années 60—70; au lieu de la débauche, ils ont choisi le bourrage de travail. Les Japonais sont les meilleurs « RECON”. Ils ne cherchent pas à « viser plus haut que leur taille” et ne prétendent pas à des postes plus élevés. Mais il leur manque précisément cette ambition.
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Chapitre 6: Deux dômes pour une seule tête (Occident ou Russie avec les BRICS?)
Évolution et dualisme de la « lutte des contraires”
Le choix offert à l’homme est bien trop restreint pour ne pas vaciller: soit vous êtes pour l’Occident (libéral en apparence, mais en réalité un piège numérique ultra-puissant), soit vous êtes pour l’Orient (conservateur en apparence, mais en réalité pure imitation due à la faiblesse des élites orientales « à la retraite”).
Commençons par expliquer la faiblesse des élites orientales.
Pour les hommes d’Orient, l’essentiel est la démonstration du statut. Ce statut s’affiche de diverses manières: par le savoir, l’assurance, la démarche et les paroles. Pour le commun des mortels, le signe du statut, ce sont les objets, et plus simplement, le vêtement quotidien (avec des costumes de grande valeur pour les jours de fête).
Tout cela perd sa valeur lorsque « l’homme assuré” ou le notable vieillit et prend sa retraite. Il peut porter des costumes brodés d’or et toutes ses décorations — cela ne lui rendra ni son statut, ni sa prestance. C’est pourquoi le signe ultime du statut pour l’homme conservateur, c’est le pouvoir. En perdant le pouvoir, il perd sa « marque de noblesse” orientale. En réalité, il ne devient rien. De là vient cette frénésie d’accumulation de richesses chez les élites orientales, et ce refus obstiné de quitter leur poste. Ceux qui ne savaient afficher leur statut que par le vêtement ne sont plus salués avec la même déférence.
L“élite occidentale, quant à elle, n’a que faire des changements de costume et des signaux de posture permanents. Ils ont trouvé l’unique instrument d’élitisme ultime: l’argent. On peut tout se permettre, même si personne ne vous remarque. Montrez l’argent, prouvez que vous en avez, et tout le monde s’agitera autour de vous. (Les Juifs ont été les premiers à le comprendre; c’est pourquoi le modèle occidental pourrait aussi être appelé « modèle juif”. En vivant des siècles en diaspora, ils ont compris ce carrousel conservateur. Mais en partant « à la retraite”, ils avaient de l’argent, ou s’efforçaient toujours d’en avoir, après avoir versé leurs dividendes aux « goyim”. C’est pourquoi parmi les élites occidentales, beaucoup — sinon tous — sont des financiers. On ne dira pas qu’ils fréquentent les synagogues, mais on peut affirmer avec certitude qu’ils se considèrent comme « élus”. Les protestants essaient encore aujourd’hui de jouer cette même carte de l’élection).
Il manque aux élites orientales cette assurance dont les « Juifs” n’ont pas besoin. Elles dépendent de leur peuple, car c’est du peuple que dépend leur ascension au pouvoir (surtout sous la « démocratie”, où l’amour-propre de la foule post-conservatrice est totalement asservi à la mode et aux marques). À cause des séries de révolutions démocratiques et socialistes, les peuples les plus avancés ont perdu leur élite naturelle. Il ne leur reste que des « changeurs de costumes” — des gens ordinaires qui signalent leur statut par les objets qu’ils portent.
Mais il subsiste des rudiments orientaux. C’est pourquoi le rêve ultime de tout « petit bourgeois” est d’accéder au pouvoir pour en jouir. C’est ce qui distingue le dôme oriental du dôme occidental. Bien qu’en Occident aussi, l’élite soit pleine de « clowns”. Il est désormais aussi difficile de renvoyer les grands fonctionnaires européens que les orientaux, car ce n’est qu’au sommet que l’on peut faire fortune. Les postures et les déguisements n’y suffisent plus.
Les élites orientales ont une période de maturation orientale obligatoire. C’est pourquoi la jeunesse la plus avancée de l’Orient veut éviter cette « vieillesse honorifique” orientale, d’autant que beaucoup de notables potentiels ne seront jamais rien. Il vaut mieux assurer ses arrières à l’avance — accéder au pouvoir par la bouffonnerie du populisme à l’occidentale ou devenir riche. D’où les cris massifs de mécontentement et les « Maïdans”. En paroles, les meneurs sont pour le peuple, mais en réalité, chacun pense à soi (s’enfuir en Occident, où la vieillesse est honorée. En tout cas, c’était le cas auparavant, car l’Occident est une culture où tous les pronostics sont faits à l’avance).
Le « Zélateur” (le Zélote) se retrouve coincé entre ces deux dômes.
Ce n’est plus un secret que le dôme oriental imite l’occidental. Les élites orientales y déposent leurs économies personnelles et les actions de leurs États. C’est par le mécanisme financier que les élites orientales sont enfermées sous le dôme, comme dans une poupée russe (matriochka).
Le Zélote tombe dans cet espace de matriochka et possède une marge de manœuvre. Il ne reste rien d’autre aux vrais « gauchistes”. Que les autres « gauchistes” s’agitent avec leur « dictature du prolétariat”: ce ne sont que des imbéciles.
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Chapitre 7: L’Option « Zéro”
Avant de présenter cette analyse, je rappelle la légende de Danko de Maxime Gorki: « Les gens, joyeux et pleins d’espoir, ne remarquèrent point sa mort et ne virent point que le cœur courageux de Danko brûlait encore près de son cadavre. Seul un homme prudent le remarqua et, craignant quelque chose, il l’écrasa de son pied… Et le cœur, s’éparpillant en étincelles, s’éteignit…”
Et cette seconde citation du réalisateur Ridley Scott: « Ce qui nous reste aujourd’hui, ce sont des publics élevés avec ces p*tins de téléphones portables. La génération du millénaire ne veut jamais rien apprendre à moins qu’on ne le lui dise sur son téléphone”.
C’est une grave erreur que de croire que les hommes sont en permanence à la hauteur de leurs qualités spirituelles. Sans anxiété, sans danger ni peur, les hommes vivent dans l’insouciance et la négligence. Ils n’ont besoin de personne, et personne n’a besoin d’eux. C’est à peu près dans cet état que les nations sont entrées dans le XXIe siècle.
La guerre a manqué trop longtemps? Les gens ont perdu la peur et la solidarité? Oui, c’est un fait. Mais ce n’est pas le plus important.
Les hommes se sont gavés de films. Ils ont vécu toutes les tragédies des siècles passés à travers les écrans d’Hollywood (et avec l’avènement d’Internet, ils s’ennuient). La longue satiété sans guerre et la saturation de scènes de carnage ont fait croire à la foule que rien n’existe: ni douleur, ni mort — rien. Il ne reste que le sourire artificiel américain et les cris collectifs de « WOW!” — empruntés aux Africains, qui les ont eux-mêmes empruntés aux chimpanzés.
La révolution technique a commis un crime: elle a castré la sélection naturelle rigoureuse. Autrefois, la réflexion naissait dans le sang, les guerres et les grands malheurs. Aujourd’hui, la boucle « refag” a englouti toutes les structures, transférant le pouvoir des hommes responsables vers les « lumpen” numériques superficiels. Quand il n’y a plus de danger, le pouvoir passe aux mains des faibles, ceux qui piétinent le cœur de Danko. Et quand toute information, y compris la politique, devient un spectacle…
Le mécanisme de naissance des dirigeants-clowns :
Étape 1. Simplification et sélection des imbéciles: Lorsqu’un régime totalitaire ou populaire vieillit, la nomenklatura dégénérée (les enfants des paysans devenus « zéremides”) commence à craindre paniquement le talent, l’esprit et la passion. La loi de la « démocratie paysanne” s’applique: « Laissons les imbéciles avancer, nous n’en sommes pas envieux”. L'élite détruit consciemment les « Zélotes” et promeut les plus gris, les plus obéissants. Le système se simplifie en « ordre — exécution”.
Étape 2. L’injection de la « Flotagie” numérique: Dans ce monde exsangue, la révolution technique fait irruption. Le smartphone apparaît — instrument de gratification immédiate. Le smartphone élimine le besoin de travail passionné ou de lutte révolutionnaire. La place publique et le sexe réel sont remplacés par la masturbation numérique sur les réseaux sociaux. La nation se transforme en un troupeau atomisé d’égoïstes.
Étape 3. La demande de Clown: Dans ces conditions, les institutions traditionnelles deviennent un décor. Les citoyens « zéréfas” n’ont plus besoin de prophètes ou de pères sévères. Ils ont besoin de quelqu’un pour les divertir sur leurs écrans, flatter leur égoïsme mesquin et promettre la gratuité.
Étape 4. La légitimation du pillage: Un escroc bavard, un personnage médiatique — le Clown — monte sur scène. Il organise un spectacle populiste, s’humilie devant la foule, danse des danses folkloriques et crie les bons slogans. Le troupeau numérique se reconnaît en lui et l’élit joyeusement. Mais le Clown n’est qu’un masque derrière lequel se cache le « Troisième Frère” (le Globalisme Libéral). Une fois sur le trône, il pille systématiquement le peuple pour le compte des « Refags” mondiaux jusqu’à ce que tout s’effondre dans une nouvelle abyss féodale.
Marx se trompait lourdement lorsqu’il affirmait que la révolution technique mènerait au communisme. Marx ignorait la tradition. Mais Almaz Brayev a grandi dedans.
Pour qu’un homme se développe en profondeur et en largeur d’âme, l’abolition de l’aliénation ne suffit pas. Les hommes quitteront la production pour tout faire exploser autour d’eux. Seul le danger et la peur éveillent les âmes. Marx n’a pas pris en compte ce point: il a sous-estimé un million d’années d’évolution biologique.
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Chapitre 8: Les « Souris”
“La différence entre les animaux et les hommes, c’est que les animaux ne permettraient jamais à un imbécile de mener le troupeau. Nous sommes la seule forme de vie capable de remettre les rênes du pouvoir aux plus médiocres d’entre nous — aux plus bruyants, aux plus arrogants, aux plus creux. Aucun loup ne suivrait un chef faible, aucun lion ne se soumettrait à un lâche.”
Dans les tempêtes révolutionnaires, sous un brouillard épais, on ne voit pas les « petits hommes”.
Le petit homme est le bois de chauffage de la révolution. C’est vrai. Mais en brûlant dans le feu, cette énergie ne disparaît pas. On crie partout que les « petits hommes” n’existent pas. C’est une erreur. Les petits n’oublieront rien, ne pardonneront rien: ils sont rancuniers et vindicatifs. « Nul n’est oublié, rien n’est oublié!” — ce slogan n’est certes pas pour eux. Mais si l’on inverse la formule, tout devient clair. L’amour-propre du petit homme travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Si vous remarquez que le président du kolkhoze est un imbécile et qu’il n’y a pas de récolte, c’est précisément le travail de cet amour-propre collectif mesquin. Il ne se venge pas d’une personne en particulier, il se venge de tout le monde, y compris de lui-même, en choisissant un leader tel que personne n’ait à travailler, que personne n’enseigne ni ne contraigne. L’amour-propre mesquin lutte ainsi contre la responsabilité. Car quel compte peut-on demander? « Il est comme nous, il ne nous punira pas.” Un imbécile reste un imbécile, même en Afrique. Mais en Afrique, on sait: si tu choisis un chef gras, tu as déjà perdu face à tes voisins — tu disparaîtras, car derrière les palmiers voisins, ils sont déjà prêts à l’attaque.
Ce ne sont pas des manifestations isolées. C’est un système. Le début du XXIe siècle peut être qualifié de triomphe des « petits”. Des petits qui élisent des petits.
Qui ou quoi a mené à cette « petite” dictature?
Peut-être le progrès technique a-t-il conduit à ce résultat médiocre? Les efforts collectifs ne seraient-ils plus nécessaires? Aucun exploit n’est plus requis. Une volonté d’acier n’est plus utile. Une personne de principe et convaincue ne fait qu’effrayer — pourquoi en aurait-on besoin? La démocratie a montré qu’un système peut être dirigé même par un chien. Le poste n’est plus une responsabilité. C’est le silence, c’est le calme de l’amour-propre mesquin.
1. Les révolutionnaires?
Les révolutionnaires, en tentant d’ouvrir un abcès, remuent inévitablement l’habitat collectif des « petits”, cette « patrie” qui n’est pas un lieu sacré, mais un endroit où vivent tous ceux qui ne veulent ni brûler ni répondre de leurs actes.
L’expérience « Univers 25” de John Calhoun.
Il a créé un paradis pour des souris: nourriture, eau, chaleur à volonté. Aucun prédateur, espace limité.
Crise de la hiérarchie: Lorsque l’espace fut rempli, les souris n’avaient plus besoin de lutter pour les ressources, mais elles n’avaient plus rien à faire. La hiérarchie s’est effondrée.
Apparition des « Belles”: Une caste de souris est apparue, ne faisant que manger, dormir et soigner leur pelage, refusant toute relation sociale ou reproduction. Elles étaient totalement apathiques.
Résultat: La population s’est éteinte complètement, alors que les mangeoires étaient pleines.
Chez l’homme, en plus des besoins biologiques, il y a des besoins spirituels. Si la lutte pour l’existence disparaît, cela mène à l’autisme social et à l’extinction biologique. Là où il n’y a pas de lutte et où la civilisation est la plus développée, nous vivons une « Univers 25” humaine.
Comment vivent les « hommes-souris”?
L’amour-propre mesquin s’incarne dans la démocratie. La démocratie est le sommet de la « petite” dictature. En quelques siècles, elle a éviscéré la volonté, les principes et les muscles. Cela s’est traduit par une esthétique tolérante. Les hommes-souris ont perdu le sens de l’existence. Ce sont eux qui ont été les plus disciplinés pendant le COVID-19.
Les ordres féodaux étaient certes des prédateurs, mais des prédateurs utiles. Ils ne permettaient pas à la « petite imagination” de s’exprimer au niveau inférieur. Ils avaient un code. Les révolutionnaires ont remplacé le code de l’honneur par la conscience et l’égalité, invitant ainsi les petits à inventer des substituts démocratiques. Ils n’ont rien inventé d’autre que la surveillance et la dictature.
Pourquoi le retraité ou l’ex-fonctionnaire se dissout-il si vite dans la foule?
L’abolition des castes comme destruction de la valeur verticale. Dans le système de castes, le respect était lié au sang ou à une fonction sacrée. La révolution a proclamé: « Tout le monde est égal, tout se joue sur les capacités et le poste”. Cela a donné un respect fonctionnel: on ne vous respecte que tant que vous êtes « à la machine”. Sans plaque sur la porte, vous redevenez un « petit”.
La retraite comme « euthanasie sociale”. Pour l’homme mort, l’appareil étatique est un exosquelette. La retraite est le moment où on vous arrache cet exosquelette. En dessous, il n’y a que de la chair flétrie.
L’idiotie des « amours-propres qui ne s’accordent pas”. Les révolutionnaires, puis les fonctionnaires, ont accepté volontairement les règles selon lesquelles ils seraient jetés à la poubelle dès qu’ils ne seraient plus utiles à l’appareil. Ils construisent ce tapis roulant en croyant sincèrement: « Moi, je serai l’exception”. Puis vient le moment de la retraite, et ils réalisent qu’ils n’ont aucune goutte de respect authentique — seulement la peur des subordonnés, qui s’est évaporée instantanément.
Les révolutionnaires comprenaient-ils cela? Non. Ils étaient des idéalistes.
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