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Henry Roujon

Decamps


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066333775

Table des matières

DÉJA PARUS!

Ouvrages de la 3 e Série

DECAMPS.

SA JEUNESSE.

LE PEINTRE DE GENRE

LE PAYSAGISTE.

LE PEINTRE DE STYLE


DÉJA PARUS!

Table des matières

VIGÉE-LEBRUN.

REMBRANDT.

REYNOLDS.

CHARDIN.

VELASQUEZ.

FRAGONARD.

RAPHAEL.

GREUZE.

FRANZ HALS.

GAINSBOROUGH.

L. DE VINCI.

BOTTICELLI.

VAN DYCK.

RUBENS.

HOLBEIN.

LE TINTORET.

FRA ANGELIC.

WATTEAU.

MILLET.

MURILLO.

INGRES.

DELACROIX.

LE TITIEN.

COROT.

MEISSONIER.

VÉRONÈSE.

PUVIS DE CHAVANNES.

QUENTIN DE LA TOUR.

H. ET J. VAN EYCK.

NICOLAS POUSSIN.

GÉROME.

FROMENTIN.

BREUGHEL LE VIEUX.

GUSTAVE COURBET.

LE CORRÈGE.

H. VAN DER GOES.

HÉBERT.

PAUL BAUDRY.

ALBERT DURER.

HENNER.

LOUIS DAVID.

PHILIPPE DE CHAMPAIGNE

GOYA.

ROSA BONHEUR.

FANTIN LATOUR.

LE BRUN.

BASTIEN-LEPAGE.

DECAMPS.

Ouvrages de la 3e Série

Table des matières

49 — BOUCHER

50 — ZIEM

51 — HYACINTHE RIGAUD

52 — TÉNIERS

53 — PRUD’HON

54 — LAWRENCE

55 — GUSTAVE MOREAU

56 — RIBERA

57 — HENRI REGNAULT

58 — LE GRECO

59 — CLAUDE LORRAIN

60 — ALFRED STEVENS

61 — MEMLING

62 — HORACE VERNET

63 — NATTIER

64 — BENJAMIN CONSTANT

65 — MANTEGNA

66 — DIAZ

67 — JORDAENS

68 — GÊRICAULT

69 — WHISTLER

70 — LARGILLIÈRE

71 — BURNE JONES

72 — LE SUEUR


DECAMPS.

Table des matières

A l’époque où naquit Decamps, l’art français se trouvait arrêté à une sorte de carrefour où s’ouvraient, devant les pas du néophyte embarrassé, différentes voies, où venaient aboutir tous les systèmes d’école imaginés depuis le début du siècle. Après l’école de David, un instant glorieuse, mais ensevelie dans le discrédit par la faute de maladroits disciples, on eût un instant l’espoir qu’un génie réformateur avait surgi avec Géricault. Mais cet artiste, promis aux plus brillantes destinées, plein de pensées, d’espérance, de force créatrice, mourut à la fleur de l’âge. Sigalon, qui semblait pouvoir le remplacer, s’éteignit jeune lui aussi. Dans les deux camps qui se formèrent, sous les bannières ennemies d’Ingres et de Delacroix, il n’y avait place que pour des soldats obéissants, fidèles jusqu’au fanatisme, ayant par avance abdiqué entre les mains des chefs toute personnelle initiative, toute vision originale, toute pensée d’affranchissement à l’égard d’une technique rigoureuse, imposée comme un dogme aux fidèles. Les indépendants, les audacieux ne pouvaient se plaire dans ces cohortes disciplinées, régentées par deux volontés également absolues: ils suivirent la carrière artistique en enfants perdus, libres de tout frein, mais en même temps privés de direction. Livrés sans aucune contrainte à leur tempérament, beaucoup d’entre eux restèrent en route, épuisés à mi-chemin par des efforts mal coordonnés; d’autres, plus heureux ou plus forts, réussirent à créer une peinture spéciale qui s’apparente par certains côtés à la peinture dite “ de genre ” mais qui s’en écarte et la dépasse à bien des égards et dont le caractère et l’originalité ne peuvent être contestés.

C’est de cette jeune et aventureuse école qu’est sorti Decamps. Il dépassa de bonne heure et de beaucoup ses émules. Cependant son œuvre porte des traces manifestes et nombreuses de cette irrégulière origine, et ce n’est que par des prodiges de travail et de bon sens qu’il a pu dégager son originalité et réparer les lacunes de la première éducation d’artiste. Dans l’art du XIXe siècle, il a su se ménager une place à part, très à l’écart des autres peintres, où il a régné sans conteste, et il a mérité, par sa puissance d’imagination et son originalité d’expression, de figurer au rang des maîtres de premier plan, créateurs d’une formule.

SA JEUNESSE.

Table des matières

Decamps naquit à Paris, le 3 mars 1803. Dans une lettre autobiographique adressée au docteur Véron, l’auteur des Mémoires d’un bourgeois de Paris, l’artiste déclare qu’aucun prodige ne signala sa naissance; il avoue également qu’il montra dès ses premières années d’assez mauvaises dispositions; il était turbulent, paresseux, violent, battant ses frères. Ceux-ci n’étaient sans doute pas meilleurs, puisque le père, désespérant d’en rien faire de bon, les envoya tous dans un village de Picardie “ pour leur faire connaître de bonne heure, disait-il, la dure vie des champs ”. Les enfants y passèrent plusieurs années.

LE RÉMOULEUR

(Collection Thomy-Thiéry)

Le sujet de ce tableautin semblera peu digne de la peinture, à prime abord. Mais le sujet importait peu à Decamps. Sa prestigieuse palette ennoblissait les plus vulgaires. Ici, par exemple, le rémouleur passe presque inaperçu et l’œil ne s’arrête qu’au splendide feu d’artifice de lumière que l’artiste fait flamboyer autour de l’humble tâcheron. Et ce rien devient un bijou.


“ Je ne sais, écrit Decamps, ce que mes frères y apprirent. Quant à moi, j’oubliai bientôt et mes parents et Paris, et ce que notre bonne mère avait pris tant de soin de nous montrer de lecture et d’écriture. Je devins, en revanche, habile à dénicher les nids, ardent à dérober les pommes. Je mis la persistance la plus opiniâtre à faire l’école buissonnière — car il y avait une école en ce pays-là — et si le magister a rarement vu ma figure, il n’en saurait dire autant de mes talons.

“ J’errais alors à l’aventure, parcourant les bois, barbottant dans les mares... Après trois années environ de cet apprentissage rustique, roussi par le soleil, suffisamment aguerri à courir nu-tête et parlant un patois inintelligible, je fus ramené à Paris dont je n’avais plus nulle idée. J’y fis longtemps la figure que fait un petit renard attaché par le cou au pied d’un meuble. Ma pauvre mère, à qui ce mode d’éducation déplaisait horriblement, parvint enfin à m’apprivoiser et décrasser un peu, et je fus livré à l’inexorable latin. Durant des années, les bois, les larrils, les courtils (friches, herbages), me revinrent en mémoire avec un charme inexprimable; parfois les larmes m’en venaient aux yeux. Peu à peu le goût du barbouillage s’empara de moi, et ne m’a plus quitté depuis. ”

“ Ces détails, ajoute M. Charles Clément, dans sa belle étude critique sur Decamps, ont leur importance. Ils donnent la clef de bien des choses qui paraissent inexplicables ou plutôt inconciliables dans les œuvres de ce peintre. Cet enfant de Paris, violent et indocile, dont on n’augure rien de bon, qui, à l’âge où les impressions sont ineffaçables, passe aux champs plusieurs années à faire l’école buissonnière, à dénicher des oiseaux, à barbotter dans les mares, qui, plus tard, ramené brusquement au milieu de la vie fiévreuse de la grande ville, songe dans la cour de sa pension et, les larmes aux yeux, à la campagne, aux grands bois, à ses jeux d’autrefois, deviendra l’artiste éminent, mais inégal, laborieux et rêveur, satirique et poète, épris tour à tour des plus minutieux détails et des plus grands aspects de la nature, que je voudrais expliquer. Le génie naturel que nous apportons en naissant contient sans doute en germe tout ce que nous serons plus tard, mais l’éducation le façonne en mille manières; elle le développe ou l’amoindrit, et le hasard des circonstances extérieures joue son rôle dans la constitution définitive de l’individualité. ”

A la sortie de pension, Decamps entra dans l’atelier du peintre Bouchot, ami de son père. “ M. Etienne Bouchot, écrit-il, me donna quelques bons avis: je lui dois des observations utiles. J’appris chez lui un peu de géométrie, d’architecture et de perspective. ” Mais cela ne pouvait suffire à l’ardente nature du jeune peintre. Il se présenta à l’atelier d’Abel de Pujol et y fut admis. Abel de Pujol jouissait à cette époque d’une très grande réputation de peintre et de professeur. Il était certainement meilleur professeur que bon peintre et Decamps aurait retiré quelques fruits de son enseignement, si le maître, académicien très recherché, partagé entre ses obligations mondaines et le soin de ses intérêts personnels, avait accordé plus de temps à ses élèves. Le dégoût ne tarda pas à jeter Decamps hors de cet atelier où l’on n’apprenait rien: “ J’essayai chez moi quelques petits tableaux. On me les acheta, et dès lors mon éducation de peintre fut manquée. ” Il décide de se passer de maître; avec les quelques rudiments qu’il possède, il cherche à se former lui-même “ sans direction, sans théorie, marchant à tâtons, semblable à un navigateur sans boussole et s’épuisant quelquefois à poursuivre l’impossible ”. Mais il a la foi, une volonté opiniâtre, une formidable puissance de travail, et du génie par surcroît. Il se met résolument et bravement à la besogne. Il parcourt les faubourgs de Paris et les villages de la banlieue pour y chercher des modèles ou des scènes à peindre. Déjà se manifeste son goût du pittoresque. La beauté, dans le sens étroit que l’on donne à ce terme, lui importe peu et ne le préoccupera jamais. Ce qui le séduit, c’est l’épisode amusant, original, de la vie populaire: il adore peindre les mendiants, les parades de foire, les enfants vermineux, les singes et les chiens savants.

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200,19 ₽
Возрастное ограничение:
0+
Дата выхода на Литрес:
16 января 2025
Объем:
38 стр. 10 иллюстраций
ISBN:
4064066333775
Издатель:
Правообладатель:
Bookwire
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