Raison de Courir

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Из серии: Un Polar Avery Black #2
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CHAPITRE CINQ

Avery se gara sur une place libre dans la rue entre des voitures de patrouille et se prépara intérieurement tandis qu’elle jetait un regard vers le quartier général de l’A7 sur Paris Street dans l’Est Boston. À l’extérieur du poste se tenait un cirque médiatique. Une conférence de presse avait été convoquée pour discuter de la scène et un certain nombre de camionnettes de la télévision, de caméras et de journalistes barraient le chemin, malgré de nombreux officiers essayant de les faire bouger.

« Ton public attend », remarqua Ramirez.

Ramirez semblait vouloir être interviewé. Sa tête était relevée et il souriait à chaque journaliste qui se tournait dans sa direction. À sa déception, aucun d’eux n’approcha. Avery avait la tête baissée et marchait aussi vite que possible pour se frayer un chemin jusqu’au poste. Elle détestait les foules. À un moment dans sa vie, quand elle était avocate, elle avait adoré cela, quand les gens la connaissaient par son nom et affluaient à ses procès, mais depuis qu’elle avait au sens figuré été elle-même jugée par la presse, elle avait appris à mépriser leur attention.

Instantanément, les journalistes convergèrent.

« Avery Black », dit l’un d’eux avec un micro vers son visage. « Pouvez-vous s’il vous plaît nous dire quelque chose à propos de la femme assassinée dans la marina aujourd’hui ? »

« Pourquoi êtes-vous sur cette affaire, inspectrice Black ? » hurla un autre. « Ceci est le A7. Avez-vous été transférée dans ce secteur ? »

« Quel est votre sentiment concernant la nouvelle campagne Anti-Criminalité du maire ? »

« Vous et Howard Randall êtes toujours un couple ? »

Howard Randall, pensa-t-elle. Malgré un désir écrasant de couper tout lien avec Randall, Avery n’avait pas été capable de le faire sortir de son esprit. Chaque jour depuis sa dernière rencontre avec Randall, il avait trouvé quelques moyens pour se glisser dans ses pensées. Parfois, une simple odeur ou une image était tout ce dont elle avait besoin pour entendre ses mots : « Cela fait-il resurgir quelque chose de votre enfance, Avery ? Quoi ? Dites-moi… » D’autres fois, pendant qu’elle travaillait sur différentes affaires, elle essaye de penser comme Randall l’aurait fait pour découvrir la solution.

« Dégagez ! », cria Ramirez. « Allez ! Faites de la place. Allons-y. »

Il mit une main dans son dos et la mena dans le poste de police.

Le quartier général du A7, un grand bâtiment de brique et de pierre, avez récemment reçu une grande rénovation d’intérieur. Disparus les bureaux en métal et l’impression maussade d’un organisme géré par l’État. À la place se trouvaient des tables argentées aux lignes épurées, des chaises colorées, et un espace ouvert pour les enregistrements qui ressemblait plus à l’entrée d’une aire de jeu.

Comme au A1 – seulement plus moderne – la salle de conférence était vitrée pour que les gens puissent avoir vue sur l’étage. Une grande table en acajou était complétée de micros pour chaque siège et d’un énorme écran plat pour les conférences.

O’Malley était déjà assis à la table à côté de Holt. De chaque côté d’eux se tenaient l’inspecteur Simms et son équipier, et deux personnes qu’Avery supposa être le spécialiste de la scientifique et le légiste. Deux sièges demeuraient libres au bout de la table près de l’entrée.

« Asseyez-vous », indiqua O’Malley d’un geste. « Merci d’être venu. Ne vous inquiétez pas. Je ne vais pas être sur votre dos tout le temps », dit-il à tout le monde, en insistant particulièrement vers Avery et Ramirez. « Je veux simplement m’assurer que nous sommes tous à la même page. »

« Vous êtes toujours le bienvenu ici », dit Holt avec une affection sincère envers O’Malley.

« Merci, Will. Poursuivons. »

Holt désigna son officier.

« Simms ? », dit-il.

« Très bien », dit Simms, « j’imagine que c’est à moi. Pourquoi ne commençons-nous pas par la scientifique, puis passons au rapport du légiste, en ensuite je vous raconterais le reste de notre journée », dit-il avec emphase au capitaine Holt avant de se tourner vers le spécialiste de la scientifique. « Ça te semble bon, Sammy ? »

Un mince indien était à la tête de l’équipe scientifique. Il portait un costume et une cravate et fit un grand signe quand son nom fut mentionné.

« Oui, monsieur Mark », s’épancha-t-il presque. « Comme nous en avons discuté, nous avons très peu d’éléments. L’appartement était propre. Pas de sang, aucun signe de lutte. Les caméras ont toutes été mises hors d’usage avec une résine époxy transparente que vous pouvez acheter dans n’importe quelle quincaillerie. Nous avons trouvé des traces de fibres de gants noirs, mais une fois encore, ils n’ont offert aucune piste solide. »

L’inspecteur Simms ne cessait d’agiter son menton vers Avery. Sammy avait du mal à comprendre qui dirigeait. Il continuait à regarder vers Simms, Holt et tous les autres. Finalement, il comprit et commença à s’adresser à Avery et Ramirez.

« Nous avons, cependant, quelque chose du chantier naval », dit Sammy. « Manifestement, le tueur a désactivé les caméras là-bas, de manière assez similaire à l’appartement. Accéder au chantier naval sans se faire remarquer impliquerait qu’il ait dû travailler entre onze heures du soir, qui est l’heure où le dernier travailleur a quitté la marina, et six heures le matin, quand les premières équipes sont arrivées. Nous avons trouvé des empreintes de chaussures correspondantes dans la marina et sur le bateau avant que les autres officiers de police ne soient sur la scène de crime. Le pied est une botte de taille quarante-quatre, de type Redwing. Il semble marcher avec un boitement causé par une possible blessure à sa jambe droite, puisque la chaussure gauche a laissé une marque plus profonde que la droite. »

« Excellent », dit fièrement Simms.

« Nous avons aussi regardé cette étoile dessinée sur la proue », poursuivit Sammy. « Aucun matériel génétique n’a pu être trouvé. Toutefois, nous avons trouvé une fibre noire dans l’étoile similaire à celle du gant dans l’appartement, donc ceci était un lien très intéressant, merci pour cela, inspectrice Black. » Il hocha de la tête.

Avery fit un signe de la tête en retour.

Holt renifla.

« En dernier lieu », conclut Sammy, « Nous pensons que le corps a été porté jusqu’au chantier naval dans un tapis roulé, car il y avait beaucoup de fibres sur le corps et qu’un tapis manquait dans la maison. »

Il opina pour indiquer qu’il avait terminé.

« Merci, Sammy », dit Simms. « Dana ? »

Une femme dans une blouse blanche de laboratoire, qui avait l’air d’avoir préféré être n’importe où hormis dans cette pièce, parla ensuite. Elle était d’âge mûr, avec des cheveux bruns lisses qui tombaient jusqu’à ses épaules, et un froncement de sourcils constant sur le visage.

« La victime est décédée en raison d’une nuque brisée », dit-elle. « Il y avait des contusions sur ses bras et jambes qui indiquaient qu’elle a violemment été jetée au sol où contre un mur. Elle est probablement morte depuis douze heures. Il n’y avait aucun signe d’agression sexuelle. »

Elle se rassit dans son dossier avec les bras croisés.

Simms leva les sourcils et se tourna vers Avery.

« Inspectrice Black ? Quelque chose sur la famille ? »

« C’était une impasse », dit Avery. « La victime voyait ses parents une fois par semaine pour amener des provisions et préparer à dîner. Pas de petit ami. Pas d’autres membres de la famille à Boston. Elle a, cependant, un cercle d’amies proches avec lesquelles nous devrons parler. Les parents eux-mêmes ne sont pas suspects. Ils pouvaient à peine se lever du canapé. Nous aurions commencé à rechercher les amies, mais je n’étais pas certaine concernant le protocole », dit-elle avec un regard vers O’Malley.

« Merci pour cela », dit Simms. « Compris. Je pense qu’après cette réunion, vous serez aux commandes, inspectrice Black, mais ce n’est pas à moi de décider. Laissez-moi vous dire ce que mon équipe a découvert jusque-là. Nous avons vérifié ses relevés téléphoniques et ses adresses mail. Rien d’inhabituel là-dedans. Les caméras du bâtiment étaient désactivées et aucune autre ne donnait sur l’édifice lui-même. En revanche, nous avons trouvé quelque chose à la librairie de Venemeer. Elle était ouverte aujourd’hui. Elle a deux employés à plein temps. Ils ignoraient la mort de la victime et ont été sincèrement choqués. Aucun d’eux ne paraît être un suspect viable, mais tous deux ont fait mention que le magasin a essuyé les feux d’un gang local connu sous le nom de Chelsea Death Squad. Le nom vient de leur principal lieu de rassemblement sur Chelsea Street. J’ai parlé avec notre unité des gangs et appris qu’ils sont un gang latino relativement nouveau plus ou moins affilié à une poignée d’autres cartels. Leur chef est Juan Desoto. »

Avery avait entendu parler de Desoto de ses jours dans les gangs durant ses premières années. Il était peut-être à un petit joueur dans un nouveau groupe, mais il avait été un homme de main de première catégorie pour un certain nombre de gangs bien établis à travers Boston pendant des années.

Pourquoi un tueur à gages de la pègre avec son propre groupement voudrait-il tuer une propriétaire de librairie locale et ensuite déposer son corps d’une manière très visible sur un yacht ? s’interrogea-t-elle.

« Il semblerait que vous ayez une excellente piste », se répandit Holt. « Il est pénible que nous devions passer les rênes à un département de l’autre côté du chenal. Hélas, cependant, cela fait partie de la vie. N’est-ce pas, capitaine O’Malley ? Compromis, non ? » Il sourit.

 

« C’est exact », répondit O’Malley avec réticence.

Simms se redressa.

« Juan Desoto serait assurément mon suspect numéro un. Si c’était mon affaire », souligne-t-il, « j’essaierais et lui rendrais visite d’abord. »

La petite pique importuna Avery.

Est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? pensa-t-elle. Bien qu’elle soit tout à fait intriguée par l’affaire, les limites floues entre qui se chargeait de quoi l’embêtaient. Est-ce que je dois suivre son exemple ? Est-il mon supérieur maintenant ? Ou est-ce que je peux faire ce que je veux ?

O’Malley semblait lire dans ses pensées.

« Je pense que nous en avons terminé ici. N’est-ce pas, Will ? », dit-il avant de parler exclusivement à Avery et Ramirez. « Après ceci, vous deux êtes en charge à moins que vous n’ayez besoin de vous adresser de nouveau à l’inspecteur Simms pour les informations que nous venons juste de couvrir. Des copies des dossiers sont en train d’être faites pour vous maintenant. Elles seront envoyées au A1. Donc », soupira-t-il, et il se leva, « à moins qu’il n’y ait d’autres questions, mettez-vous y. J’ai un service à faire fonctionner. »

*

La tension au A7 maintint Avery sur ses gardes jusqu’à ce qu’ils furent hors du bâtiment, aient dépassé les journalistes, et été de retour dans sa voiture.

« Ça s’est bien passé », dit Ramirez, de bonne humeur. « Tu réalises ce qu’il vient juste de se passer là-dedans ? », demanda-t-il. « On vient juste de te confier la plus grosse affaire que le A7 ait eue depuis probablement des années, et tout ça parce que tu es Avery Black. »

Avery hocha de la tête sans dire un mot.

Être en charge venait avec une étiquette au prix élevé. Elle pouvait faire les choses de sa propre manière, mais si des problèmes apparaissaient elle était seule responsable. De plus, elle avait le pressentiment que ce ne serait pas la dernière fois qu’elle entendrait parler du A7. J’ai l’impression d’avoir deux boss maintenant, grommela-t-elle intérieurement.

« Quelle est notre prochaine étape ? », demanda Ramirez.

« Faisons table rase avec l’A7 et rendons visite à Desoto. Pas sûre de ce que nous allons trouver, mais si son gang harcelait une propriétaire de librairie, j’aimerais savoir pourquoi. »

Ramirez siffla.

« Comment sais-tu où le trouver ? »

« Tout le monde sait où le trouver. Il possède un petit café et sur Chelsea Street, juste à côté de la voie express et du parc. »

« Tu penses qu’il est notre homme ? »

« Tuer n’est en rien nouveau pour Desoto. » Avery haussa les épaules. « Pas sûr que cette scène de crime corresponde à son mode opératoire, mais il pourrait savoir quelque chose. Il est une légende à travers Boston. D’après ce que j’ai compris, il a fait des boulots pour les Blacks, Irlandais, Italiens, Hispaniques, et j’en passe. Quand j’étais une bleue ils l’appelaient le Tueur Fantôme. Pendant des années, personne n’a même cru qu’il existait. L’Unité des Gangs lui a mis sur le dos des boulots aussi loin que New York City. Personne n’a rien pu prouver. Il possède ce café depuis aussi longtemps que j’ai entendu son nom. »

« Tu l’as déjà rencontré ? »

« Non. »

« Tu sais à quoi il ressemble ? »

« Ouais », dit-elle. « J’ai vu une photo de lui une fois. Peau claire et très, très grand. Je pense que ses dents étaient aiguisées aussi. »

Il se tourna vers elle et sourit, mais derrière ce sourire elle pouvait sentir la même panique et la montée d’adrénaline qu’elle commençait à ressentir elle-même. Ils se dirigeaient dans la gueule du lion.

« Ça devrait être intéressant », dit-il.

CHAPITRE SIX

Le café à l’angle se trouve du côté nord du passage souterrain vers la voie express de l’Est Boston. Un bâtiment en briques à un étage avec de grandes fenêtres et une simple enseigne, Café, servaient d’adresse. Les fenêtres étaient occultées.

Avery se gara juste à côté de la porte d’entrée et sortit.

Un assombrissement avait grandi dans le ciel. Vers le sud-ouest, elle pouvait voir l’horizon crépusculaire orange, rouge, et jaune. Une épicerie se trouvait à l’angle opposé. Des maisons résidentielles remplissaient le reste de la rue. La zone était calme et sans prétention.

« Allons-y », dit Ramirez.

Après une longue journée à seulement suivre le mouvement et rester assis à une réunion, Ramirez paraissait remonté et prêt à l’action. Son empressement inquiétait Avery. Les gangs n’aiment pas les policiers agités qui envahissent leur quartier, pensa-t-elle. En particulier ceux sans mandat qui sont seulement là sur des ouï-dire.

« Doucement », dit-elle. « Je pose les questions. Pas de gestes brusques. Pas d’arrogance d’aucune sorte, d’accord ? Nous sommes là seulement pour poser des questions et voir s’ils peuvent aider. »

« Bien sûr », dit Ramirez en fronçant les sourcils, et son langage corporel dit autrement.

Le tintement d’une cloche s’éleva quand ils entrèrent dans le magasin.

L’espace minuscule contenait quatre box rouges molletonnés et un seul comptoir où les gens pouvaient commander un café et d’autres plats de petit-déjeuner tout au long de la journée. Il y en avait à peine quinze listés sur le menu et peu de clients.

Deux hommes hispaniques âgés et minces, qui auraient pu être des sans-abri, buvaient un café dans un des boxes sur la gauche. Un gentleman plus jeune portant des lunettes de soleil et un borsalino noir était avachi dans un des boxes et se tourna vers la porte. Il portait un débardeur noir. Une arme était visiblement enfermée dans un étui en bandoulière. Avery jeta un coup d’œil à ses chaussures. Quarante-deux, pensa-t-elle. Quarante-trois, au plus.

« Puta », murmura-t-il à la vue d’Avery.

L’homme le plus âgé paraissait oublieux.

Aucun patron ou employé n’était visible derrière le comptoir.

« Salut », dit Avery en faisant un signe de la main. « Nous aimerions parler à Juan Desoto s’il est dans les parages. »

Le jeune homme rit.

Des mots furent rapidement échangés en espagnol.

« Il dit, “allez vous faire foutre, putain de policière et son bitch boy ” », traduisit Ramirez.

« Adorable », dit Avery. « Écoutez, nous ne voulons pas de problèmes », ajouta-t-elle et elle leva les deux mains en signe de soumission. « Nous voulons juste poser quelques questions à Desoto concernant une librairie sur Summer Street qu’il ne semble pas apprécier. »

L’homme se redressa et désigna la porte du doigt.

« Sortez d’ici putain, flic! »

Avery aurait pu gérer cette situation de bien des manières. L’homme portait une arme, elle supposait qu’il était chargé et n’avait pas de permis. Il semblait aussi prêt à engager le combat malgré le fait que rien ne se soit vraiment produit. Cela, combiné avec le comptoir vide, l’amenait à croire que quelque chose pouvait se dérouler dans l’arrière-boutique. De la drogue, supposa-t-elle, où ils détiennent un propriétaire de magasins malheureux là derrière et sont en train de le passer à tabac.

« Tout ce que nous voulons, c’est quelques minutes avec Desoto », dit-elle.

« Salope ! », dit brusquement l’homme, il se leva et sortit son arme.

Ramirez dégaina instantanément.

Les deux hommes plus âgés continuaient à boire leur café et à rester assis en silence.

Ramirez appela par-dessus le canon de son arme.

« Avery ? »

« Que tout le monde se calme », dit Avery.

Un homme apparu dans la fenêtre de la cuisine derrière le comptoir principal, un homme massif d’après l’aspect de son cou et ses joues rondes. Il semblait se pencher à travers la fenêtre, ce qui lui donnait une taille vue en raccourci. Son visage était partiellement dissimulé dans une faible ombre, un Hispanique chauve, à la peau claire, avec une lueur pleine d’humour dans les yeux. Il avait un sourire aux lèvres. Dans sa bouche se trouvait un grillz qui faisait ressembler toutes ses dents à des diamants aiguisés. Aucun étalage apparent de malice ne pouvait être observé, mais il était si détendu et calme étant donné la situation tendue que cela fit se demander à Avery pourquoi.

« Desoto », dit-elle.

« Pas d’armes, pas d’armes », indiqua Desoto depuis la fenêtre carrée. « Tito », appela-t-il, « met ton arme sur la table. Policiers. Mettez vos armes sur la table. Pas d’armes ici. »

« Pas question », dit Ramirez, et il garda son arme pointée vers l’autre homme.

Avery pouvait sentir la courte lame attachée à sa cheville, juste au cas où elle rencontrerait des problèmes. De plus, tout le monde savait qu’ils allaient chez Desoto. Tout ira bien, pensa-t-elle. Je l’espère.

« Pose-la », dit-elle.

En signe de bonne foi, Avery sortit doucement son Glock du bout des doigts et le mit sur la table entre les deux hommes âgés.

« Fais-le », dit-elle à Ramirez. « Mets-le sur la table. »

« Merde », murmura Ramirez. « C’est pas bon. Pas bon. » Malgré cela, il s’exécutera, posa son arme sur la table. L’autre homme, Tito, déposa sa propre arme et sourit.

« Merci », dit Desoto. « Ne vous inquiétez pas. Personne ne veut de vos armes de flics. Elles seront en sécurité ici. Venez. Parlez. »

Il disparut de la vue.

Tito indique une petite porte rouge, presque impossible à remarquer étant donné sa localisation derrière un des box.

« Toi d’abord », dit Ramirez.

Tito s’inclina et entra.

Ramirez franchit ensuite la porte et Avery suivi.

La porte rouge s’ouvrait dans la cuisine. Un couloir s’enfonçait plus vers l’arrière. Directement devant eux se tenaient les escaliers du sous-sol, raides et sombres. En bas se trouvait une autre porte.

« J’ai un mauvais pressentiment », dit Ramirez.

« Silence », murmura Avery.

Une partie de poker se jouait dans la pièce derrière. Les cinq hommes, tous hispaniques, bien habillés et portant des pistolets, firent silence à leur approche. La table était recouverte d’argent et de bijoux. Des canapés bordaient les murs du grand espace. Sur de nombreuses étagères, Avery remarqua des mitrailleuses et des machettes. Une autre porte était visible. Un rapide coup d’œil à leurs pieds révéla qu’aucun d’eux n’avait des chaussures assez grandes pour correspondre à celles du tueur.

Sur le canapé, les bras largement écartés, et avec un énorme sourire sur le visage qui découvrait un grillz de dents pareilles à des rasoirs, était assis Juan Desoto. Son corps était plus celui d’un taureau que celui d’un homme, gonflé et ciselé par un exercice quotidien et, supposa Avery, par des stéroïdes. Un géant même assis, il aurait presque pu toiser les deux mètres dix. Ses pieds, de la même manière, étaient gigantesques. Au moins un quarante-six, pensa Avery.

« Détendez-vous, tout le monde, détendez-vous », ordonna Desoto. « Jouez, jouez », pressa-t-il ses hommes. « Tito, apporte-leur quelque chose à boire. Que voudriez-vous, Officier Black ? », dit-il avec insistance.

« Vous me connaissez ? », demanda Avery.

« Je ne vous connais pas », répondit-il. J’ai entendu parler de vous. Vous avez arrêté mon petit cousin Valdez il y a deux ans, et certains de mes bons amis chez les West Side Killers. Oui, j’ai beaucoup d’amis dans d’autres gangs », dit-il en voyant l’air surpris d’Avery. « Tous les gangs ne s’affrontent pas les uns les autres comme des animaux. J’aime penser plus grand que ça. S’il vous plaît. Que puis-je vous offrir ? »

« Rien pour moi », dit Ramirez.

« C’est bon », ajouta-t-elle.

Desoto fit un signe de la tête à Tito, qui partit par là où il était arrivé. Tous les hommes à la table continuèrent à jouer aux cartes excepté un. L’homme étrange était le portrait craché de Desoto, seulement bien plus petit et plus jeune. Il marmonna quelque chose à Desoto et tous deux eurent une conversation houleuse.

« C’est le petit frère de Desoto », traduisit Ramirez. « Il pense qu’ils devraient simplement nous tuer tous les deux et nous balancer dans la rivière. Desoto est en train d’essayer de lui dire que c’est la raison pour laquelle il est toujours en prison, parce qu’il pense trop quand il devrait juste la fermer et écouter. »

« Assieds-toi ! », cria finalement Desoto.

De mauvaise grâce, son petit frère s’assit, mais il jeta avec dureté un regard furieux à Avery.

Desoto prit une inspiration.

 

« Vous aimez être une policière célèbre ? », demanda-t-il.

« Pas vraiment », dit Avery. « Ça donne à des gars dans votre genre des cibles dans le service de police. Je n’aime pas être une cible. »

« Vrai, vrai », dit-il.

« Nous sommes à la recherche d’informations », ajouta Avery. « Une femme d’âge mûr nommée Henrietta Venemeer possède une librairie sur Summer Street. Livres spirituels, New Age, psychologie, des choses comme ça. La rumeur veut que vous n’aimiez pas le magasin. Qu’elle était harcelée. »

« Par moi ? », nota-t-il avec surprise et il se montra du doigt.

« Par vos propres hommes. Nous ne sommes pas certains. C’est pourquoi nous sommes là. »

« Pourquoi viendriez-vous jusque dans l’antre du diable pour poser des questions à propos d’une femme dans une librairie ? S’il vous plaît, expliquez-moi cela. »

Aucune reconnaissance d’Henrietta ou de la librairie n’apparaissait sur son visage. En fait, Avery pensait qu’il était insulté par l’accusation.

« Elle a été assassinée la nuit dernière », dit Avery, et elle prêta une attention consciencieuse aux hommes dans la pièce et la manière dont ils réagissaient. « Sa nuque a été brisée et elle a été attachée à un yacht dans la marina sur Marginal Street. »

« Pourquoi ferais-je cela ? », demanda-t-il.

« C’est ce que nous voulons découvrir. »

Desoto commença à parler à ses hommes dans un espagnol très rapide et agité. Son petit frère et un autre homme paraissaient sincèrement contrariés qu’ils puissent être accusés de quelque chose de si manifestement indigne d’eux. Les trois autres, cependant, se firent penauds soumis à l’interrogatoire. Une dispute s’ensuivit. À un moment, Desoto se leva de colère et déploya toute sa hauteur et sa taille.

« Ces trois ont été au magasin », murmura Ramirez. « Ils l’ont braqué deux fois. Desoto est furieux car c’est la première fois qu’il entend parler de ça, et qu’il n’a jamais eu sa part. »

Avec un fort rugissement, Desoto abattit son poing sur la table et la fendit en deux. Billets, pièces et bijoux volèrent. Un collier percuta presque le visage d’Avery et elle fut obligée de se tenir le dos contre la porte. Les cinq hommes s’écartèrent sur leurs chaises. Le petit frère de Desoto hurla de frustrations et leva les bras. Desoto maintint sa fureur dirigée droit sur un homme en particulier. Un doigt fut pointé vers le visage de l’homme, une menace fut prononcée et reçue.

« Ce gars a amené les autres au magasin », murmura Ramirez. « Il a des problèmes. »

Desoto se tourna avec les bras grands écartés.

« Je vous présente mes excuses », dit-il. « Mes hommes ont en effet accosté cette femme dans son magasin. Deux fois. C’est la première fois que j’en entends parler. »

Le cœur d’Avery battait rapidement. Ils étaient dans une pièce isolée remplie de criminels en colère avec des armes, et en dépit des paroles et gestes de Desoto, il était une présence intimidante et, si les rumeurs étaient vraies, un meurtrier de masse. Soudain, la sensation de sa petite lame si loin hors de portée ne fut plus aussi réconfortante qu’elle l’avait pensé.

« Merci pour ça », dit Avery. « Juste pour être certaine que nous sommes à la même page, l’un de vos hommes aurait-il eu une raison quelconque de tuer Henrietta Venemeer ? »

« Personne ne tue son approbation », déclara-t-il platement.

« Venemeer était étrangement positionnée sur le navire », poussa Avery. « À la vue de tous dans le port. Une étoile était dessinée au-dessus de sa tête. Cela signifierait-il quelque chose pour vous ? »

« Vous souvenez-vous de mon cousin ? », demanda Desoto. « Michael Cruz ? Petit gars ? Mince ? »

« Non. »

« Vous lui avez cassé le bras. Je lui ai demandé comment une fillette aurait pu le surpasser, et il a dit que vous étiez très rapides, et très forte. Pensez-vous que vous pourriez me prendre, officier Black ? »

La spirale descendante commença.

Avery pouvait le sentir. Desoto en avait assez. Il avait répondu à leurs questions, il était las, en colère, et il avait deux policiers désarmés dans sa pièce privée sous un magasin. Même les hommes qui jouaient au poker étaient complètement rivés sur tous les deux.

« Non », dit-elle. « Je pense que vous pourriez m’assassiner en combat rapproché. »

« Je crois à la loi du talion », dit Desoto. « Je crois que quand une information est donnée, une information devrait être reçue. L’équilibre », souligna-t-il, « est très important dans la vie. Je vous ai donné une information. Vous avez arrêté mon cousin. Vous m’avez maintenant pris quelque chose deux fois. Vous le voyez, n’est-ce pas ? », demanda-t-il. « Vous me devez quelque chose. »

Avery recula et adopte sa traditionnelle position de jujitsu, le jambon fléchit légèrement écarter, les bras levés et les mains ouvertes sous son menton.

« Qu’est-ce que je vous dois ? », demanda-t-elle.

Avec seulement un grognement, Desoto bondit en avant, recula son bras droit, et frappa.

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