Читать книгу: «Le petit docteur»
Quelles sont les raisons de l’intemporalité et de la popularité du « Petit Docteur » publié pour la première fois en 1952 par le pionnier de la médecine naturelle Alfred Vogel ?
Est-ce la simplicité et la clarté de ses conseils en matière de mode de vie naturel et d’alimentation saine ? Est-ce sa connaissance approfondie des plantes médicinales et de la médecine traditionnelle ? Ou est-ce l’homme Alfred Vogel lui-même, décédé en 1996 à l’âge de 94 ans, qui est devenu le symbole d’un mode de vie et d’une guérison proche de la nature ?
Une chose est certaine : « Le petit docteur », ce guide classique de la santé par la nature a aujourd’hui sa place dans toutes les familles. Avec son répertoire général et des problèmes de santé et ses nombreuses photos, ce livre est maintenant plus pratique et maniable que jamais. « Le charisme de la personnalité d’Alfred Vogel », écrit Prof. Dr. Dr. h.c. mult. Hildebert Wagner dans l’avant-propos, « rayonne jusque dans les temps modernes et transmet aux malades comme aux bien-portants le message d’un conseiller judicieux qui les accompagnera dans le troisième millénaire. »
ALFRED VOGEL – LE PETIT DOCTEUR
Un recueil de précieuxconseils tirés de la médecinepopulaire Suisse
Alfred Vogel
Le petit docteur
Conseils de santé utiles
EDITIONS A.VOGEL SA
Copyright 1952 par les Editions A.Vogel SA, Teufen AR (Suisse)
La reproduction même partielle de cet ouvrage ou de ses extraits est interdite. Tous droits réservés à l’éditeur, en particulier pour les films, la reproduction dans les journaux et magazines et tout procédé de reproduction sur support informatique, ainsi que le droit de publication et de diffusion d’éditions sous licence ou de versions abrégées. La diffusion de textes et d’extraits de cet ouvrage, lors d’émissions de radio et de télévision, ainsi que leur reproduction photographique ou au moyen de tout autre procédé actuellement connu ou encore inconnu ne peuvent avoir lieu qu’avec l’autorisation de l’éditeur.
28ème édition 2020, revue et corrigé
Tirage total de plus de deux millions d’exemplaires en allemand, anglais, français, italien, espagnol, néerlandais, danois, finois, suédois, coréen, slovène et croate.
Image de couverture et dessins : Nadine Merz, photo : Adobe Stock (Scisetti Alfio)
Photographies : crédit photographique voir page 758
Coordination et adaptation : Clemens Umbricht, collaboration : Lars Meier
Explications et notes : Clemens Umbricht, Ingrid Zehnder, lic. phil. I
Révision française : Patrick A. A. Jamois/pijey translations
Impression et réalisation : werk zwei Print + Medien Konstanz GmbH
Les noms de produits ont été remplacés par des designations neutres.
Les renvois se réfèrent aux notes en pied de page. Si la notion se répète, le renvoi se réfère à la première note en pied de page. Le répertoire général et des problèmes de santé, à la page 731, indique à quelle page est placée la note en bas de page correspondante.
www.avogel.ch
ISBN 978-3-906404-13-4
ISBN 978-3-906404-26-4 (eBook)
Table des matières
Préface
Alfred Vogel (1902-1996)
Alfred Vogel
Avant-propos et bilan d’une existence bien remplie
Il y a un petit docteur à la maison
1ère partie
Quelques exemples
Brûlures
Plaies
Inflammation des yeux
Rhume
Catarrhe
Enrouement
Engelures et pieds froids
Jambes et pieds fatigués
Hémorragies et hémophilie
Manque de calcium
Phlébite
Troubles féminins
Hypertension et artériosclérose (calcification des artères)
Troubles cardiaques
Aigreurs, brûlures d’estomac
Ulcères d’estomac
Troubles du foie
Régime hépatique
Inflammation de la vésicule biliaire
Indigestion et crampes
Diabète
Constipation
Diarrhée
La ligne
Maux de tête
Douleurs faciales
Le fer à repasser : un appareil plein de ressources
Comment soigner les reins
Retentions urinaires
Comment combattre l’acide urique
La poudre de charbon de bois de tilleul
Comment guérir rhumatismes et arthrite sans médicaments
Bouillie de maïs et de millet
Démangeaisons et éruptions sur le corps
Eczéma et dartres
Furoncles et boutons (abcès)
Panaris
Enflures et contusions
Contre les piqûres d’insectes : le lierre et la fougère
Piqûres d’insectes dans la gorge
Oignons de mer
Convulsions de l’enfance
Et voilà !
2ème partie
La fièvre, sonnette d’alarme
La douleur, sonnette d’alarme
Conseils aux futures mamans et aux accouchées
Comment remédier au manque de calcium et d’acide siliciqu
Influences dangereuses pendant la grossesse
Avantages et inconvénients du traitement hormonal
Les soins du nourrisson
Le lait maternel
Inflammation mammaire (Mastite)
Alimentation des nourrissons
Traitement des croûtes de lait réussi
Eczéma infantile
Les maladies infantiles
Rougeole
Oreillons
Coqueluche
Maladie de Herter
Poliomyélite
Quelques conseils pour la grippe
La grippe virale
Notre cerveau
L’hypophyse
Causes et moyens de lutte contre les maux de tête
La langue
Ménagez vos yeux
Les glandes lacrymales
Remèdes simples pour guérir les affections des yeux
Suppuration des yeux et de la bouche
Le nez
Otite
Sinusite maxillaire
Inflammation de la gorge
L’angine, une maladie sournoise
Le rhume des foins
Lutte contre les pertes blanches ou leucorrhée
Refroidissements du début de l’hiver
Refroidissements, carence en vitamines et taux de calcium
Prenez garde aux séquelles des maladies infectieuses
La loi de l’immunité
De la nécessité d’absorber des antibiotiques naturels
L’hygiène est la meilleure mesure préventive contre les affections respiratoires
Asthme
Facteurs de guérison pour les malades des poumons
Calcium
Nouvelles fonctions du calcium
Le mystère de notre sang
La lymphe, le flux sanguin blanc
Certains faits intéressants concernant la lymphe
Les soins de notre système capillaire
Les fonctions de la circulation
L’importante tâche des artères
Artériosclérose, thrombose coronaire, infarctus du myocarde
Mesures préventives contre les embolies et les thromboses
Sclérose et remèdes à base de calcium
Le problème du calcium au troisième âge
Régime hypotensif en cas d’artériosclérose et de troubles de la sénescence
Le régime au riz contre l’hypertension
Régulation de la tension par le riz naturel
L’hypotension
Le traitement des varices
Phlébite (inflammation des veines)
Ulcères variqueux
Troubles circulatoires
Hémorroïdes
Le cœur, un organe infatigable
Le Lycopus contre les palpitations cardiaques
Les nouveaux poisons du cœur
Attention à l’infarctus !
Le cœur d’athlète
La tisane de cambium de noix
Le traitement de l’angine de poitrine
Des malades sans maladie
Goitres apparents et cachés
Goitre et sel iodé
L’iode
Traitement postopératoire du goitre
Perturbations des règles
Troubles de la ménopause
Les reins
Coliques néphrétiques
La vessie
L’incontinence nocturne
Troubles de la prostate
Orchite
Eczéma
Victoire sur l’eczéma
Urticaire chronique
Un modeste remède contre la névrite
Qu’est-ce que l’allergie ?
Guérison rapide du zona
Spasmes et crampes
Le méchant système sympathique
L’insomnie
Un somnifère efficace et bon marché
Nouveaux aspects dans le traitement de l’épilepsie
La tragédie de l’hérédité
Affections psychiques
Maigreur et obésité
Remèdes efficaces ou dangereux contre l’obésité
Réduire son poids sans danger
L’estomac
Troubles de l’estomac
Ulcères d’estomac
Intoxications de l’estomac et de l’intestin
L’appendicite
La diarrhée est-elle nocive ?
Si l’on néglige la fonction intestinale
Constipation chronique
Les féculents provoquent-ils la constipation ?
Les potages et la paresse intestinale
Potage aux herbes
La dysbactérie
Les parasites intestinaux
Les dangers des tropiques
Maladies tropicales
Causes et symptômes des troubles hépatiques
Le foie et la diététique
La graine de sésame, précieux auxiliaire du foie
Maladies infectieuses du foie et de la vésicule biliaire
La jaunisse
Le pancréas
Régime à suivre en cas de diabète
La sclérose en plaques
L’arthrite
L’influence des tomates sur le cancer et l’arthrite
La polyarthrite
Les cellules
Le spectre du cancer
Le cancer, affection localisée ou maladie de l’état général ?
Le cancer est-il contagieux ?
Le risque de cancer malgré une vie saine
Les grains de beauté
Le cancer du fumeur
Les dangers dans l’eau
Méfiez-vous des cancérigènes
Sept règles de prévention contre le cancer
Remèdes anticancéreux
Bactéries et virus
Nos dents
L’hygiène dentaire
La parodontose
De beaux cheveux comme parure naturelle
Les soins capillaires
Lotions capillaires
La peau
Traiter sa peau en la ménageant
Les huiles se prêtent-elles aux soins de la peau ?
Rides et grosse peau
L’impétigo
Comment guérir une mycose
Les ongles malades
Les pieds, nos dévoués serviteurs
Le traitement des pieds
Talons hauts ou talons plats ?
Marcher nu-pieds
Marche nu-pieds et gymnastique dans la rosée matinale
L’inflammation du périoste
Entorses et foulures, distension de ligaments
Les douleurs lombaires
Les hernies abdominales
Un bref coup d’œil sur le monde des plantes
La préparation d’un bon remède
Sur la préparation des plantes médicinales
Les plantes alpines sont-elles meilleures que celles de la plaine ?
L’ail des ours (Allium ursinum)
L’armoise (Artemisia vulgaris)
Le boucage ou pimprenelle (Pimpinella saxifraga)
L’ortie (Urtica dioica, Urtica urens)
L’angélique (Angelica archangelica)
L’alchémille (Alchemilla vulgaris)
L’avoine (Avena sativa)
Le ginkgo (Ginkgo biloba)
Le muguet (Convallaria majalis)
La scille maritime (Scilla maritima, oignon de mer)
Le gui (Viscum album)
La papaye (Carica papaya)
Le pétasite (Petasites officinalis [hybridus])
Le rudbeckie rouge (Echinacea purpurea et angustifolia)
La consoude (Symphytum officinale)
La prêle (Equisetum arvense)
Les fruits sauvages
Le cynorhodon ou églantier (Rosa canina)
L’épine-vinette (Berberis vulgaris)
L’argousier (Hippophae rhamnoides)
Les baies de sorbier (Fructus sorbi)
Les baies de genièvre (Fructus juniperi)
L’aubépine (Crataegus sp.)
Une selection de remèdes homéopathiques
Aconitum napellus (aconit)
Atropa belladonna (belladone, morelle furieuse)
Coccus cacti (cochenille)
Guaiacum officinale (gaïac)
Kalium jodatum (iodure de potassium)
Lachesis
Daphne mezereum (bois gentil)
Sepia officinalis (seiche)
Tarantula cubensis (tarentule cubaine)
Urtica dioica, Urtica urens (ortie)
Quelques elements de biochimie
Calcium fluoratum (fluorure de calcium ou fluorine)
Natrium chloridum (muriaticum) (sel de cuisine)
Natrium sulfuricum (sulfate de sodium)
Terra silicea purificata (silice)
Les condiments
Les plantes aromatiques sont des remèdes
L’ail (Allium sativum)
Le lait d’ail
L’oignon (Allium cepa)
L’échalote (Allium ascalonicum)
Le cresson (Nasturtium)
Le raifort (Armoracia rusticana)
Le radis noir (Raphanus sativus)
Le sel comme remède
Cures et traitements divers
La carence printanière en vitamines
Cures printanières
Cures dépuratives
Le kelp et la fatigue printanière
L’effet curatif de l’eau
Le pouvoir curatif des bains de mer
Applications alternées
Les bains de vapeur à domicile
L’effet curatif des bains de siège
La méthode de Schlenz (bains surchauffés)
Les bains de Kuhne
Le bain de siège avec friction
Traitements révulsifs de stimulation
Les vertus curatives de l’argile
Cataplasmes de simples
Cataplasmes de feuilles de choux et autres
Quelques exemples de succès avec les feuilles de choux
La pomme de terre et son emploi thérapeutique
L’origine et les effets de la papaïne
L’effet curatif du lait
Le concentré de petit-lait fermenté
Effets curatifs de l’huile de germes de blé
Le fortifiant aux extraits de malt et vitamine E
Les vertus spécifiques du miel
L’effet thérapeutique du miel
Le merveilleux suc de la reine des abeilles
Le pollen
Les bienfaits de la graisse et de la viande de poule
Le sirop de limaces
Questions alimentaires
L’alimentation naturelle
Le régime léger adéquat
Le jeûne
Les cures de suralimentation
De quoi l’homme a-t-il besoin pour se nourrir ?
Une nourriture naturelle pour les nerfs
La vitamine A
Carottes, carotène et concentré de jus de carottes
La vitamine B
La vitamine E, vitamine de la fécondité
Traitement de la carence protéique
Fruits et légumes au même repas
À propos de l’effet des jus
Jus crus, jus curatifs
Mélange de jus divers
Le changement de régime
Les inconvénients éventuels des crudités
Les baies
L’effet curatif des baies
Attention aux fruits à noyau
Quelques règles pour la consommation des fruits à noyau
Les fruits traités
La rhubarbe
La question du sucre
La valeur du sucre naturel
Les dattes
La valeur des fruits en conserve
Notre pain
Blé complet et autres céréales
Les germes de blé, un fortifiant bon marché
Les germes de blé
Les germes et le son du blé
Le sarrasin (Fagopyrum esculentum)
A propos de la pomme de terre
Un facteur discret de maladie
Ce qu’on pense aujourd’hui des graisses et des huiles
L’importance des fruits oléagineux
Les graines de sésame
Les amandes
Les noix
Le lait et sa production
Le yaourt
Le café
La choucroute
Bien épicer est un art en soi
Le sel de cuisine
À propos de la levure
Questions diverses
Terre épuisée – mer riche
Pas de vie sans iode
Les altérations de l’humeur et les idées noires
Des toxines difficiles à éliminer
Attention, sels métalliques !
Intoxication par des produits à pulvériser
Les casseroles en cuivre
Les tissus synthétiques sont-ils mauvais pour la santé ?
Les animaux transmetteurs de maladies
Influences climatiques
Le soleil anime et tue
Les dangers de la canicule
La respiration, c’est la vie
L’air frais et l’oxygène
Les effets du tabac
Le stress, une maladie moderne
L’habitat et la santé
Le contexte hygiénique de la construction des maisons
Questions de santé et protection de la nature
La télévision et la santé
La détente
La fatigue
Qu’est-ce que l’épuisement ?
Le sommeil naturel
L’hygiène du sommeil
Le sommeil, un remède indispensable
Que nous racontent les rêves ?
Les signes de vieillesse
La reconnaissance, un remède
Les vertus thérapeutiques de la musique
Les vertus curatives du silence
La santé par la joie
Petit déjeuner idéal
Le déjeuner idéal
Le dîner idéal
Règles fondamentales pour les malades et les bien-portants
Jeûner pour vaincre les maux de la civilisation
Nettoyage indispensable des intestins avant le jeûne
De l’utilité des jus de légumes pour notre santé
L’excellent effet de la cure sur diverses maladies
L’influence de la cure aux jus sur le cancer et la leucémie
La cure antirhumatismale A.Vogel
Les nitrates sont-ils toxiques ?
« Le petit docteur » prend congé
Index abrégé
Répertoire général et des problèmes de santé
Liste des illustrations en couleur
Répertoire des illustrations en noir et blanc
Note de la rédaction
Crédit photographique

Alfred Vogel examine attentivement le millepertuis
Préface
Alfred Vogel est mort mais son œuvre continue de vivre à travers ses livres. Voici donc maintenant une réédition de ce discret best-seller, « Le petit docteur », dans une version légèrement remaniée. Le charisme de sa personnalité rayonne jusque dans les temps modernes et transmet aux malades comme aux bien-portants le message d’un conseiller judicieux qui les accompagnera dans le troisième millénaire.
De quoi relèvent la fascination et l’intemporalité de ce message ? Alfred Vogel reconnut très tôt que la nature et particulièrement le règne végétal recèlent tous les remèdes appropriés pour le maintien de la santé et le traitement des maladies, à condition de s’en servir à bon escient. On peut se demander si l’expérience acquise par Alfred Vogel, en pratiquant des soins pendant des décennies et en répertoriant les méthodes de traitement des autres pays, offre encore des perspectives aux nouvelles générations et à la science moderne. La réponse est affirmative, sans la moindre réserve. Tout le monde sait maintenant qu’avaler la pilule n’est pas la panacée universelle. Le lecteur du « Petit docteur » constatera à maintes reprises qu’Alfred Vogel ne donne pas carte blanche au malade pour l’automédication ; ce n’est qu’après mûre réflexion qu’il la juge adéquate et sensée ou qu’il recommande d’aller voir le médecin. Pour des affections futiles telles que les troubles fonctionnels de l’estomac, de l’intestin, de la vésicule biliaire et du foie, les douleurs articulaires, la prédisposition aux infections, le stress et les simples maladies de peau, il suffit souvent de commencer le traitement en se soignant soi-même au moyen d’une infusion ou du remède phytothérapeutique correspondant, disponible en pharmacie et droguerie. En cas de maladie grave, si la chimiothérapie est inévitable, le traitement peut être complété par un remède ou un procédé naturel afin de stimuler les défenses naturelles de l’organisme et les mécanismes d’autoguérison.
Quelle est la position des médecins et des pharmacologues par rapport aux conseils d’Alfred Vogel ? Je suppose que très peu d’entre eux connaissent ce livre, car seules les personnes s’intéressant à la médecine naturelle accordent une grande importance à une expérience pourtant déjà séculaire. Les autres ont oublié que la plupart des substances médicamenteuses d’une grande efficacité, telles que la digitoxine, la réserpine ou la vincristine, qui est anticancéreuse, relèvent des trésors d’expérience d’une médecine populaire ancestrale et font aujourd’hui encore partie de nos médicaments les plus sûrs. Certes, nos antibiotiques et bêta-bloquants n’ont rien de commun avec l’expérience d’un naturopathe, mais il en va autrement des remèdes préventifs, à juste titre réputés, auxquels Alfred Vogel accorde une large place dans son livre. Nos propres expériences en laboratoire ont montré à maintes reprises que l’analyse des herbes curatives utilisées par la médecine populaire, grâce aux procédés phytochimiques modernes, corroborait non seulement l’expérience passée mais permettait souvent aussi d’élaborer de nouveaux médicaments très efficaces. Les informations recueillies et répertoriées par Alfred Vogel dans sa perspective visionnaire constituent encore aujourd’hui une véritable mine de suggestions intéressantes pour de nombreux phytobiologistes. Et l’on est toujours très surpris du nombre des prescriptions réunies par Alfred Vogel qui ne se trouvent dans aucun autre ouvrage et sont parfois tombées depuis longtemps dans l’oubli.
Celui qui en a fait l’expérience ne sourira plus des nombreuses observations au caractère parfois fantaisiste du naturopathe, mais il s’inclinera avec respect et admiration devant un homme qui consacra toute son existence à la médecine naturelle et rayonnait d’enthousiasme et de la conscience de sa mission, en prodiguant inlassablement des suggestions et des conseils d’une valeur inestimable, même à l’aube du 21ème siècle.
Prof. Dr Dr h.c. mult. Hildebert Wagner
Institut de biologie pharmaceutique
Université Ludwig Maximilian de Munich
Alfred Vogel (1902-1996)
| 1902 | naissance et enfance à Aesch, près de Bâle |
| 1902-1932 | tient un magasin de produits diététiques à Bâle |
| 1929 | première parution du magazine mensuel d’A.Vogel sous le titre « Das Neue Leben ». À partir de 1944, la revue s’intitule « Gesundheits-Nachrichten » |
| 1937-1956 | pratique la médecine naturelle à Teufen. Travaux de recherche, mise au point et fabrication des premiers remèdes naturels à base de plantes fraîches |
| 1950 | début des voyages d’études à travers le monde entier |
| 1952 | première parution de l’ouvrage « Le petit docteur », connu maintenant dans le monde entier et traduit en douze langues. Tirage actuel : plus de deux millions d’exemplaires |
| 1958-1959 | voyages d’études prolongés en Amérique du Nord et en Amérique latine |
| 1963 | fondation de Bioforce SA (aujourd’hui : A.Vogel SA), une entreprise leader à l’international pour médicaments phytothérapeutiques |
| 1969 | étude des peuplades indigènes d’Afrique |
| 1979 | voyages d’études en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Tasmanie |
| 1982 | médaille Priessnitz de l’association des naturopathes allemands |
| 1984 | membre honoraire de la Société suisse des médecins pour la médecine empirique |
| 1996 | il s’est endormi paisiblement, à Feusisberg, à l’age de 94 ans |
Alfred Vogel
Alfred Vogel est né à Aesch, près de Bâle, en 1902. Dès sa plus tendre enfance, il fut initié à la médecine par les plantes. Ses parents et ses grands-parents connaissaient déjà les vertus curatives de nombreuses plantes. Le jeune Alfred assimila volontiers leur savoir puis décida d’approfondir encore ces connaissances. Par la suite, il recueillit et compléta les données empiriques de la médecine populaire traditionnelle d’Europe. Sa soif de connaissances l’incita à aller plus loin et à parcourir de nombreux pays du monde entier. Il s’intéressait particulièrement aux peuples primitifs. Leur manière de gérer les ressources naturelles l’incitait toujours davantage à étudier les rapports entre la nourriture, le mode de vie, la constitution physique et la maladie. Les expériences acquises en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord et en Amérique latine, ainsi que chez les peuplades des steppes et de la forêt vierge, prouvèrent à l’infatigable voyageur que la nature, pourvu qu’on l’utilise à bon escient, était beaucoup plus efficace que le prétendu savoir humain. Alfred Vogel s’initia aux méthodes curatives de diverses tribus indigènes et découvrit toute une série de nouvelles plantes médicinales.

Alfred Vogel lors d’une conférence parmi tant d’autres

Recolte dans les cultures de plantes medicinales à Roggwil, en Suisse
Ses activités au service des malades comme des bien-portants débutèrent à Teufen, dans le canton d’Appenzell. C’est là qu’Alfred Vogel tenait son cabinet de naturopathe. Il récoltait des plantes médicinales dans cette région préalpine et mis ainsi au point les premiers extraits de plantes fraîches. Il avait découvert qu’ils étaient plus efficaces que les teintures obtenues à base d’herbes séchées. Fidèle à son principe que « l’amour est la plus grande force de l’univers », il diffusa son savoir lors d’innombrables conférences dans tous les continents du monde. Il était par ailleurs en contact avec plusieurs familles royales ainsi que de nombreuses personnalités du milieu politique et économique, sans jamais renier son amour de Dieu et de la nature. C’est toutefois les gens simples dont il se sentait le plus proche et il ne s’exprimait d’ailleurs que dans leur langue, le « langage du cœur ». Les admiratrices et les admirateurs les plus fervents d’Alfred Vogel, c’était ces gens-là. La plupart du temps, les organisateurs de ses conférences n’avaient qu’un seul souci, celui de trouver une salle assez grande pour son auditoire.
Depuis 1929, cet inlassable auteur publie la revue mensuelle « Gesundheits-Nachrichten », relatant son expérience vécue de naturopathe et de chercheur dans les domaines diététique et phytothérapeutique, ainsi que les découvertes qu’il a faites auprès des peuples primitifs, concernant les forces curatives de la nature. Autodidacte, il ne fut pas toujours pris au sérieux par les scientifiques, mais cela ne l’empêcha pas de recevoir en 1982 la médaille Priessnitz, la plus haute distinction dans le domaine de la médecine naturelle, lors du congrès annuel de la société allemande des naturopathes. En 1984, Alfred Vogel devint membre honoraire de la Société suisse des médecins pour la médecine empirique.
A l’âge de 23 ans, Alfred Vogel écrivit une première brochure intitulée « Kleiner Wegweiser für die Lebensreform » (Petit guide pour la réforme de la vie). En 1935 parut son premier livre, « Die Nahrung als Heilfaktor » (La nourriture, facteur de guérison), essentiellement consacré à l’influence de la nourriture sur la santé. En 1952 fut publiée la première édition de l’ouvrage « Le petit docteur », le best-seller qui fit connaître Alfred Vogel dans le monde entier. « Le petit docteur » est reconnu depuis longtemps comme un ouvrage de référence même parmi les médecins et les hommes de science. À vous de juger !
Avant-propos et bilan d’une existence bien remplie
Au mois d’octobre 1992, mon cœur n’aura pas cessé de battre jour et nuit, pendant neuf décennies, que la journée soit pour moi paisible ou fatigante. Physiquement et moralement, je dois beaucoup à ce cœur infatigable. Il a toujours participé très activement à tout ce que j’ai édifié, élaboré et réalisé. Aujourd’hui, lorsque je regarde en arrière, j’ai l’impression que les années et les décennies se sont envolées.
Quand j’étais petit, j’étais à la fois impressionné et enthousiasmé par la nature et ses multiples aspects du règne végétal et animal. Avide de m’instruire, je parcourais les champs, les prairies et les forêts. Pourvu de la sagesse de ma grand-mère, mon père m’initiait alors aux innombrables beautés de la création, bigarrée et pleine de secrets. Fourmis, scarabées, grenouilles, lézards et salamandres représentaient pour moi autant d’énigmes jusqu’à ce que j’aie étudié de plus près leur mode de vie. J’ai appris très tôt que les plantes avaient des vertus curatives. Si en courant pieds nus, je me blessais avec un morceau de verre ou un clou rouillé, on me faisait un pansement avec de la sanicle de la forêt et de la mauve qui poussait derrière la cabane en bois, bien écrasées, et j’étais bientôt guéri. A l’époque, je n’aurais jamais imaginé, même en rêve, que l’expérience vécue dans ma jeunesse avec les plantes médicinales pourrait avoir de telles conséquences pour mon avenir et ma vie professionnelle.
Lors de mes nombreux voyages à travers tous les continents du monde entier, j’ai toujours rencontré mes amies les plantes, souvent avec plus de plaisir que certaines personnes dont on ignore si elles vous veulent du mal ou du bien. Les plantes ont toujours été mes fidèles compagnes et elles comptent aujourd’hui encore parmi mes meilleurs amis, car elles ne m’ont jamais déçu ni abandonné, même quand j’étais en danger de mort. Dans les régions tropicales, en particulier, ce sont des plantes qui m’ont sauvé la vie bien des fois. J’étais alors très heureux de connaître leurs merveilleuses vertus curatives. C’est pour cette raison que je me suis efforcé de propager mon savoir et mon expérience au moyen de la revue mensuelle « Gesundheits-Nachrichten » et surtout aussi dans mes livres.
Il y a maintenant plus de 50 ans que nous publions notre propre journal. Il s’appelait au début « Das neue Leben » (La vie nouvelle) puis nous l’avons rebaptisé « Gesundheits-Nachrichten ». Que ce soit en allemand, en hollandais, en finlandais, en suédois, en danois, ainsi que pour un temps en norvégien et en anglais, ce sont en tout plusieurs millions d’exemplaires que des familles ont reçus avec gratitude et considération.
Pendant plusieurs décennies, j’en ai rédigé les articles avec ma première femme, Sophie, tandis que ma fille s’occupait des illustrations. C’est ainsi qu’ils étaient souvent écrits lors de voyages d’études dans des pays lointains, dans le désert, au bord de la mer, sur une plage solitaire ou sur une île, dans la case d’un indigène. Aujourd’hui, je peux compter sur le soutien d’une équipe de rédaction expérimentée qui continue à publier notre revue mensuelle selon mes principes.
Certes, au cours de ces voyages, les idées d’articles ne nous manquaient pas, surtout lorsque nous nous trouvions avec des gens aux coutumes et aux traditions différentes, dont les problèmes vitaux étaient tout autres. Dans l’intérêt de nos lecteurs, il nous importait toujours de présenter une réflexion s’inspirant d’expériences vécues, susceptible d’être profitable pour la vie de tous les jours.
Grâce aux livres, nous voulions aussi mettre à la portée de tous un ensemble d’acquis anciens et nouveaux, garants du bien-être et de la santé. Edité pour la première fois en 1952, l’ouvrage « Le petit docteur » a prodigué ses bons services à plus de 2 millions de familles, en quarante ans d’existence. Il a été traduit en douze langues.
Le livre intitulé « Die Leber als Regulator der Gesundheit », nouvel-lement sorti sous le titre, « Die Leber reguliert die Gesundheit » (Le foie, régulateur de la santé), est également paru en anglais, en français, en hollandais, en suédois, en danois et en italien. Ainsi a-t-il déjà montré à des milliers de gens comment agir préventivement pour éviter tout risque de cancer. Cependant, comme la mortalité due au cancer augmente sans cesse, j’ai décidé de publier les éléments de ma propre expérience dans un livre intitulé « KREBS - Schicksal oder Zivilisationskrankheit » (Le cancer, fatalité ou maladie de notre civilisation, maintenant épuisé).
Par le biais d’un ouvrage maintenant épuisé, « Gesundheitsführer durch südliche Länder, Subtropen, Tropen und Wüstengebiete », j’ai réussi à prévenir des dizaines de milliers de personnes contre les dangers des tropiques. Les nombreuses lettres de remerciement que j’ai reçues m’ont montré que je n’avais pas accompli en vain cette tâche difficile. Les voyages et la vie sous les tropiques ne manquent pas de charmes, je le sais, mais ils comportent aussi bien des dangers. C’est par altruisme mais aussi poussé par le sens des responsabilités que j’ai écrit ce livre et j’ai appris depuis que j’avais ainsi évité à beaucoup de gens la maladie, la souffrance et même le pire.
Mon livre « Die Natur als biologischer Wegweiser » (La nature, un guide biologique - maintenant épuisé) pourrait être qualifié de « Petit Docteur n° 2 » car il contient d’autres acquis importants de la phytothérapie comme méthode curative naturelle. On y trouve par ailleurs de précieuses indications pour le jardinage biologique.
Par souci de vérité, je dois souligner que c’est au Créateur que nous devons toutes ces merveilleuses vertus curatives. Et tous ceux qu’il a gratifiés de l’amour des plantes ont reçu en même temps l’énergie et la patience nécessaires à l’étude de ces vertus curatives, afin qu’elles profitent aussi au bien-être de leur prochain. Celui qui sait tirer parti des plantes médicinales et des produits qui en résultent doit remercier le Créateur pour ces présents inestimables dont l’effet peut être miraculeux si on les utilise à bon escient.
Tant que les peuples primitifs ont pu utiliser leur expérience ancestrale des plantes, ils faisaient preuve d’une admirable dextérité non seulement dans l’usage des plantes fraîches mais aussi pour la fabrication de médicaments très efficaces, sans employer le moindre procédé technique. Songeons par exemple au curare, encore aujourd’hui le meilleur des anesthésiques, qui était surtout fabriqué très habilement par la tribu des Iquitos.
C’est en observant les êtres proches de la nature que j’ai acquis certaines convictions et beaucoup de bonnes idées. La demande toujours croissante de produits naturels, la tendance actuelle et l’intérêt grandissant de nombreuses personnes en quête d’un retour vers la nature exigeaient de moi une tâche trop importante, au-dessus de mes forces, ce qui eut souvent des répercussions négatives sur ma famille.
C’est pourquoi je regrette en fait que nos entreprises aient pris une telle ampleur, surtout à l’étranger. En effet, plus on a de biens, plus on a de soucis, comme le constatait à juste titre un sage de l’Antiquité. Mais la demande ne cessait d’augmenter dans les divers pays et je croyais qu’il était impossible de dire non. Ma chère épouse me disait souvent : « arrêtons-là pour garder le contrôle de la situation. » Mais le désir de mettre son talent et sa compétence au service d’autrui fait souvent oublier le surcroît d’efforts requis.
Si je pouvais remonter dans le temps, j’aborderais bien des situations de façon plus détendue pour préserver les bonnes réserves acquises. Il est difficile de dire non lorsque quelqu’un a besoin de vous et que vous pouvez lui éviter de souffrir grâce à votre expérience.
Je prie toutefois mes nombreux amis et connaissances vivant dans tous les pays que j’ai visités de ne pas être déçus si je ne réponds plus personnellement à toutes leurs lettres et aux questions que je reçois.
L’amour de la nature et des plantes, des animaux et des hommes, et surtout le respect et l’amour envers notre Créateur m’ont toujours incité à en faire plus que ma responsabilité ne pouvait assumer. Le secret de mes forces souvent inépuisables, c’était l’amour que je considère comme la plus grande force de l’univers.
Ceci a toujours été mon propos lors des conférences que j’ai tenues dans le monde entier et j’ose même affirmer que c’est précisément là que réside le secret de mon succès. J’avais déjà 81 ans lorsque j’ai fait une tournée de conférences sur la côte est des Etats-Unis, de Boston à Miami, donnant par ailleurs en une semaine 26 conférences radiotélévisées en anglais.
En découvrant l’emploi du temps que mes amis américains avaient préparé pour moi, j’ai été pris de panique. J’avais d’emblée l’impression que je ne tiendrais pas le coup. Mais les premiers succès me rendirent des forces car je découvris avec plaisir que même aux Etats-Unis, un revirement était en cours par rapport à la nature. Ce simple constat et la rencontre de personnes de valeur, surtout de médecins qui nous étaient reconnaissants de leur communiquer nos acquis en matière de diététique et de phytothérapie, m’ont donné la force d’aller jusqu’au bout.
Que ce soit sur le plan socio-professionnel ou en tant qu’auteur, je n’aurais jamais eu autant de succès sans l’active collaboration de ma femme, qui m’accompagna fidèlement à travers les hauts et les bas de l’existence. Grâce à ses talents de poète et d’esthète, elle donnait aussi le vernis final à toutes nos publications.
J’espère qu’il me sera permis de continuer à agir dans ce sens et je prie tous les jours le Seigneur de m’accorder la force et la grâce de pouvoir encore rendre service à mes amis et à tous les êtres qui souffrent.
Pour le livre « Le petit docteur », la demande est encore si forte qu’une nouvelle édition en allemand est prévue d’ici l’année prochaine. Cette nouvelle édition peut être considérée comme la preuve de l’intérêt croissant et de la confiance accordés à la médecine naturelle. Plus de deux millions de familles du monde entier ont accueilli « Le petit docteur » chez elles comme un conseiller utile et avisé. Au cours des dernières années, on en a étoffé le texte et augmenté le tirage. De nouveaux acquis et des connaissances scientifiques sont mis à la portée du lecteur pour lui venir en aide, qu’il soit malade ou bien-portant.
Nous espérons et nous souhaitons que cette édition parvienne à des milliers de foyers pour leur servir de guide compétent dans la vie quotidienne, avec tous ses problèmes de santé.
Par la même occasion, « Le petit docteur » ne voudrait pas manquer de remercier tous ceux qui ont contribué à sa diffusion par leur estime et leur soutien, et nous tenons nous aussi à nous associer à ses remerciements.
Feusisberg, été 1991

Alfred Vogel et sa famille
Il y a un petit docteur à la maison
Que vient-il faire chez vous ce « Petit Docteur », ami lecteur ? Il s’est donné pour mission de vous révéler tous les alliés, je dirai même les complices, qui sont cachés dans votre maison et votre entourage immédiat ! Que survienne une urgence, un mal tenace, vous faites appel au Petit Docteur et vous y trouvez le conseil, le moyen qui va vous aider à sortir de ce mauvais pas en faisant usage de ce que vous avez sous la main.
En fait, je ne sais pas où vous vivez, ami lecteur : est-ce un coquet village, une petite cité ? J’ignore si vous devez vous contenter de végéter dans cet océan de bâtisses qu’est la grande ville. Peut-être avez-vous choisi la solitude de la nature en vous installant dans une ferme à l’écart, à moins que ce ne soit une maison forestière ou un chalet de montagne ? Ou peut-être avez-vous élu domicile dans un pays lointain où le concept des distances est tout différent. À moins que vous ayez choisi votre ferme dans un vaste paysage, loin de tout voisin. Vous êtes peut-être un garde forestier qui vit dans une maison forestière, solitaire dans la forêt, ou un montagnard dans un chalet de montagne.
Qui que vous soyez et où que vous viviez, vous ne serez jamais pris de court si vous suivez les conseils du Petit Docteur pour les premières nécessités avant d’appeler le grand docteur qui vous pourvoira des autres soins nécessaires. Bien souvent, ce premier secours suffira si vous administrez le remède approprié aux cas aigus et vous obtiendrez un résultat positif et durable.
Vous êtes en bonne santé et votre famille aussi ? Vous vous croyez à l’abri de tout malheur ? Vous pouvez certes vaquer tous les jours à des occupations de toutes sortes sans que rien ne trouble le rythme de votre train-train quotidien. Mais un beau jour, une maladresse, un malaise, un refroidissement, un accident, une épidémie peuvent rompre l’harmonie de votre vie ; vous serez alors heureux de disposer à temps d’une aide efficace.
Mais qui est donc en mesure de vous aider avec rapidité et efficacité à domicile ? Votre boîte à pharmacie est plus ou moins vaste selon l’endroit où vous habitez et l’aménagement que vous avez choisi. Elle s’étend en fait de la cuisine à la remise aux provisions en passant par la cave et le grenier ! En effet, même au grenier vous avez entreposé des biens qui pourraient s’avérer utiles. Et si vous avez un jardin, vous y trouverez bien des êtres serviables. À la campagne, vous aurez même sous la main toute la richesse des prés et des bois. Par contre, en citadin défavorisé, vous profiterez de vos promenades pour ouvrir l’œil et rapporter une bonne récolte de tout ce qui vous sera utile un jour ou l’autre.
S’il vous manque l’essentiel à la maison, il y a une quantité de modestes plantes toujours à votre service en cas de besoin, que ce soit pour prévenir ou guérir les petits maux imprévus. Sachez que dans les forêts, les prés et les champs, le long des rivières se cachent des remèdes inépuisables, à l’effet rapide et que le Petit Docteur serait devenu un Grand Docteur s’il avait voulu parler de tous les trésors accumulés dans le vaste jardin de la nature.
Tout d’abord, ami lecteur, il vous montre quelle pharmacie singulière vous possédez dans vos provisions courantes. Vous serez tout étonné d’apprendre qu’un aliment courant peut devenir un remède approprié au moment opportun. Farine, sucre, eau, huile, sel, œufs, fromage blanc, pomme de terre, carotte, chou, radis, oignon, ail, raifort, persil, ortie, oseille, cendre de bois et mille autres produits, voilà votre pharmacie familiale !
Accueillez donc ce Petit Docteur avec bienveillance, afin de découvrir les divers secrets de tout ce qui se trouve dans votre maison et qui peut vous secourir sans que vous en ayez conscience.
Au premier abord, tous ces conseils, ces indications, ces tuyaux vous sembleront présentés dans un beau désordre. Mais ils se trouveront à leur place dès que vous aurez besoin de renseignements sur un cas précis. Grâce à l’index qui se trouve à la fin du livre, vous vous en sortirez pour le mieux sans perdre de temps.
Que ces quelques exemples vous encouragent à consulter le Petit Docteur comme un conseiller particulièrement compétent !
1ère partie
Quelques exemples
« Peut-on vraiment te faire confiance, Petit Docteur ? Tes premiers exemples seront-ils assez convaincants pour que je te consulte en toute occasion ? » « Bien sûr, ami lecteur ! », répond le Petit Docteur. « Vous n’avez qu’à essayer ! »
Brûlures
Si les mains et les jambes ont été brûlées ou ébouillantées, immergez immédiatement les endroits douloureux dans de l’eau froide. Sur le corps, appliquez des compresses froides. En attendant l’arrivée du médecin, recouvrir les parties atteintes de compresses ou de serviettes en lin selon les dimensions des brûlures. Pour éviter l’infection, ne percez surtout pas les cloques. En cas de brûlures au troisième degré, consultez immédiatement le médecin pour éviter les complications. L’huile de la Saint-Jean ou huile de millepertuis est un remède qui a fait ses preuves.
Plaies
Pour les plaies superficielles, les éraflures ou les plaies qui ont du mal à guérir, vous aurez recours à un remède aussi simple qu’efficace, le meilleur désinfectant étant le concentré de petit-lait. Après quoi, on les recouvre de poudre de calcaire biologique et pendant deux nuits consécutives, d’une compresse de fromage blanc (appelé aussi quark ou séré). A défaut de séré, faites tremper du blé ou du son dans du lait cru, passez-le ensuite à la moulinette. Appliquer en cataplasme sur la plaie qui sera ainsi bien nettoyée. Deux jours plus tard, après avoir de nouveau saupoudré d’un mélange de calcaire et d’ortie, appliquer des feuilles de chou dont on aura écrasé les côtes. Ces compresses au chou guérissent mieux que bien des remèdes à la mode. En cas d’ulcère à la jambe, même si la peau est déjà bleu noir ou altérée en raison de congestions veineuses et que tout autre traitement a échoué, il faut prendre son mal en patience et appliquer dessus pendant des semaines, voire des mois, des compresses de chou écrasé qui apporteront un soulagement notoire ou même la guérison complète.
Inflammation des yeux
L’un des membres de votre famille a-t-il les yeux enflammés pour être resté trop longtemps en plein soleil dans la neige ou sur l’eau, à canoter ? Qu’allez-vous faire si ses yeux lui brûlent pendant la nuit ? Voici un remède très simple : vous prenez un blanc d’œuf et vous le battez légèrement avant de l’étaler sur un linge que vous appliquez délicatement sur les yeux. Vous aurez la joie de voir votre malade s’endormir car la forte sensation de brûlure aura diminué. Au matin, l’inflammation aura partiellement ou même peut-être totalement disparu. Si vous n’avez pas d’œuf sous la main, prenez du fromage blanc ou un petit morceau de viande de bœuf, de veau ou de poulet cru. Ce sont là des remèdes traditionnels dont vous tirerez profit si besoin est. Ils font également merveille en cas de cécité causée par la réverbération du soleil lors de randonnées en haute montagne sur les névés et les glaciers.
Rhume
En cas de rhume avec écoulement abondant, c’est surtout l’oignon, en latin Allium cepa, qui vous sera utile. Coupez une fine tranche d’un oignon frais et sain, trempez-la dans un verre d’eau chaude et retirez-la immédiatement. Buvez de cette eau au cours de la journée, par petites gorgées. Ce remède efficace convient aussi pour les rhumes de printemps. Ses effets sont renforcés si vous posez sur la table de nuit un oignon coupé en deux. En respirant continuellement l’odeur de l’oignon, vous vous débarrasserez de votre rhume et de votre prédisposition au catarrhe. Une compresse d’oignon appliquée sur le cou pendant la nuit produit également un excellent effet. On peut aussi combattre le rhume en aspirant par le nez de l’eau salée, du jus de citron, un mélange naturel de calcium et d’ortie ou un spray nasal.
Catarrhe
Vous êtes peut-être sensible aux refroidissements et de ce fait, sujet aux catarrhes. Dans votre jardin, il y a sûrement un conifère quelconque : sapin, mélèze ou pin. On y trouve toujours des bourgeons en train de s’ouvrir ou encore fermés, prêts pour l’année suivante. Cueillez-en quelques-uns et mâchez-les lentement, toute la journée, en changeant de temps en temps de bourgeon. Votre catarrhe disparaîtra en quelques jours. Si vous faites une randonnée à ski ou une promenade, n’oubliez jamais de faire usage de ce remède si simple. Pour la nuit, appliquez un torchon imbibé d’huile alimentaire sur votre cou et enroulez autour une écharpe de laine bien chaude. Votre toux se calmera.
Enrouement
Si votre mal n’est qu’un enrouement, le sorbier des oiseleurs peut vous rendre de grands services. Si vous n’en avez pas dans votre jardin, vous en trouverez un chez le voisin ou vous vous souviendrez de celui que vous avez remarqué au cours de vos promenades. Sinon, pensez aussi à la pimprenelle dont vous aurez peut-être pris la précaution de récolter les racines durant la belle saison. Les baies de sorbier comme la racine de pimprenelle peuvent se mâcher, fraîches ou séchées ; le jus, que vous aurez soin de garder dans la bouche aussi longtemps que possible et de bien insaliver, agira sur votre gorge et l’enrouement disparaîtra en peu de temps. Vous utiliserez seulement l’un ou l’autre de ces remèdes qui sont parmi les plus efficaces contre l’enrouement.
Engelures et pieds froids
Connaissez-vous la cause de ces deux maux désagréables ? Vous n’en seriez pas victime si vous aviez pris soin de prévenir toute stagnation dans votre système circulatoire et plus précisément dans votre système veineux. Mais si vous en souffrez déjà, essayez les bains de pieds alternés. Trempez d’abord les pieds dans de l’eau chaude, puis dans de l’eau froide et ainsi de suite. Le bain froid durera en secondes ce que le bain chaud dure en minutes. Vous resterez par exemple 2 ou 3 minutes dans l’eau chaude et 2 ou 3 secondes dans l’eau froide, en répétant 6 à 8 fois l’opération. Vous terminerez par le bain froid, puis vous aurez soin de frictionner énergiquement vos pieds et si possible de les masser avec de l’huile de millepertuis. Vos troubles circulatoires auront tôt fait de disparaître.
Une autre méthode, plus ancienne encore et tombée dans l’oubli aujourd’hui, c’est de courir pieds nus dans la neige. Celui qui dispose d’un balcon couvert de neige n’aura qu’à sortir pour piétiner dans la neige. Le principe est le même que celui du piétinement dans l’eau de la méthode Kneipp. En commençant par 10 secondes, on pourra augmenter la durée du traitement jusqu’à 30 secondes pour terminer par 2 ou 3 minutes. Il ne faut toutefois rien exagérer pour ne pas se faire de mal. Après cette séance qui ne dépassera pas les limites du supportable, on se remettra au lit sans sécher les pieds. L’exercice sera répété plusieurs fois au cours de la matinée. Si l’on est obligé de sortir parce qu’on n’a pas de balcon, on enfilera des pantoufles bien chaudes ou des sabots fourrés et on dénudera rapidement les pieds. Après la marche dans la neige - au mieux dans la neige fraîche - se frotter les pieds vigoureusement, remettre sabots ou pantoufles et rentrer. En appliquant cette méthode plusieurs jours de suite chacun aura l’agréable surprise de voir disparaître ses engelures.
Pour éviter toute récidive de ces troubles vraiment déplaisants, on pratiquera régulièrement pendant l’été des bains prolongés avec du serpolet ou des fleurs de foin et on marchera pieds nus pour s’endurcir (au moins 20 minutes).
On peut aussi se frictionner les pieds avec du citron, les laisser sécher, puis les enduire d’un corps gras, de préférence d’huile d’olive.
Dans les fromageries ou les contrées montagneuses, on peut prendre des bains prolongés de petit-lait chaud, le petit-lait acide étant plus efficace que le petit-lait doux. Le bain de petit-lait chaud est également efficace pour les dartres. Les bains d’été mentionnés plus haut peuvent remplacer, en hiver, les bains alternés ou le piétinement dans la neige. Ils seront toujours à la température du corps, c’est-à-dire 37 degrés, que l’on maintiendra constante en ajoutant de l’eau chaude. Pour ces bains, on peut aussi utiliser une décoction d’herbes. Après un bain d’environ une demi-heure, on se frottera les pieds avec du citron et on appliquera pour la nuit des compresses de feuilles de choux écrasées. Cette méthode est également efficace pour le traitement des engelures.
Jambes et pieds fatigués
Si vous avez souvent les jambes et les pieds fatigués, enflés le soir, baignez-les dans l’eau de cuisson des pommes de terre ou des légumes. Après ce bain, vous appliquerez des compresses de sel chaudes ainsi préparées : faire « griller » légèrement le sel avant de l’étendre rapidement sur un torchon dont on enveloppe les pieds. Après quelques séances, le soir, vous remarquerez que la fatigue disparaît de vos pieds. Si vous avez des fleurs de foin ou d’autres herbes, préparez aussi des décoctions de ces plantes et ajoutez-y du sel. Ce bain salé aux herbes enlèvera également toute sensation de fatigue. Cette méthode supprime aussi la sensation des pieds qui brûlent. Les pieds enflés, surtout au niveau de la cheville, peuvent être le signe d’une fatigue cardiaque. Le Petit Docteur vous en parlera plus loin. Si vous avez du sel de mer, c’est encore plus efficace que le sel de cuisine.
Hémorragies et hémophilie
Si l’une de vos connaissances saigne fréquemment du nez ou si l’un de vos amis est même hémophile, donnez-lui un bon conseil. Que faire lorsqu’on n’arrive pas à arrêter un saignement ou que le sang ne se coagule pas ? Grave problème, en effet, pour celui qui ignore qu’un morceau de chair fraîche de poule, appliqué sur la blessure, est le seul remède naturel susceptible d’arrêter l’hémorragie. S’il s’agit d’un saignement normal, sans complications hémophiliques, la tormentille31 vous rendra d’excellents services. Le Petit Docteur vous en reparlera plus tard.
Manque de calcium
Il arrive que vous ayez à conseiller une mère dont les enfants ont de mauvaises dents et des os fragiles. Ces petits souffrent d’un manque de calcium. Ils ne se développent pas bien et manquent de résistance. Si l’on veut un bon remède naturel et bon marché à base de calcium, on peut le préparer soi-même. Les orties, il y en a un peu partout, autour de la maison ou dans les environs. Si vous en découvrez au cours d’une promenade, prenez de préférence des jeunes plantes. Dans la cuisine, on trouve toujours des coquilles d’œufs. Ceux qui vivent au bord d’une rivière ou de la mer peuvent utiliser des coquilles d’huîtres. Ces coquilles d’œufs ou d’huîtres seront écrasées avec les orties et la mixture sera mise à sécher à l’air. La poudre vert clair ainsi obtenue est administrée à raison d’une pincée, 2 ou 3 fois par jour. Au bout de quelques mois, l’état des dents s’améliore et au bout d’une année ou deux, grâce à ce remède tout simple, elles seront devenues solides, les os seront fortifiés et la résistance aux refroidissements sera accrue. Celui qui ne veut pas se donner la peine de préparer le remède utilisera un produit tout prêt au calcium et aux orties broyées.
Phlébite
Si votre amie ou votre voisine se plaint de phlébite aiguë, vous lui conseillerez de faire des compresses d’alcool pour les calmer. Il vous faudra vous assurer d’y ajouter quelques gouttes de teinture d’arnica, de millefeuille ou de millepertuis. Dès que l’inflammation se sera atténuée, on appliquera des cataplasmes d’argile et plus tard, des compresses de chou. Si l’on change en même temps son régime alimentaire, l’inflammation diminuera plus rapidement. On optera pour une alimentation naturelle, surtout végétale et comprenant beaucoup de jus frais. Les gros mangeurs devront réduire leur ration quotidienne au strict minimum. Ce traitement interne permettra de faire disparaître rapidement l’inflammation de l’intérieur.
Troubles féminins
Chez les femmes comme chez les jeunes filles, les congestions veineuses au bas-ventre sont fréquentes. Les applications d’eau sont également bienfaisantes dans ce cas. On recommande les bains de siège prolongés, une ou deux fois par semaine. Ils ont à long terme un effet salutaire non seulement lors des accouchements mais aussi sur la progéniture elle-même et surtout plus tard, au moment de la ménopause. Grâce à ces soins réguliers, le corps supportera plus facilement cette période critique.
Hypertension et artériosclérose (calcification des artères)
Lorsque les personnes âgées souffrent d’hypertension et d’artériosclérose, il faut avant tout modifier leur régime. Œufs, fromages, légumes secs et viande en quantité seront remplacés par des plats de sarrasin ou de riz naturel qui font tous deux baisser la tension. Le sarrasin s’accommode comme le riz. Il existe diverses manières de le préparer et il suffit d’un peu de fantaisie pour varier le régime. Les mets très peu salés seront assaisonnés avec des herbes aromatiques inoffensives et accompagnés de crudités préparées au citron, au petit-lait, à l’huile, mais jamais au vinaigre. On supprimera toutes les épices fortes et nocives. Le régime peut être complété par des légumes cuits à l’étuvée qui ne causent pas de flatulences. Au printemps, on servira l’ail des ours en salade ou comme légume. L’ail, son proche parent, est un hypotenseur reconnu qui agit favorablement sur l’artériosclérose. Il en est de même pour le gui1 et l’aubépine qui sont de précieux alliés qui sont pris en examen au chapitre de la phytothérapie. Si l’on cueille l’ail des ours en quantité suffisante au printemps, on en fera un vin tonique selon les recettes servant à la confection de toutes les liqueurs. En suivant ces indications à la lettre, le succès ne se fera pas attendre.
Troubles cardiaques
Si votre cœur fonctionne mal, ayez toujours dans votre poche des raisins secs que vous mâcherez longuement pendant le travail. Les muscles du cœur vous en sauront gré. Mâcher des pousses de romarin frais, le matin à jeun, est également bon pour le cœur.
Les douleurs continues dans la région du cœur, pour autant qu’il ne s’agisse pas d’une maladie grave, seront rapidement dissipées par une tisane de cambium de noix, la cloison ligneuse entre les cerneaux. On fait bouillir ces cloisons pendant quelques minutes puis on laisse infuser, à couvert, pendant 10 minutes. Cette infusion, qui apaise rapidement les douleurs, les fera même disparaître au bout d’un certain temps si on en prend régulièrement.
Une maladie de cœur grave ne sera pas guérie par ce remède de confort, cela va de soi. Il existe cependant, même pour des cas graves, des méthodes et des remèdes naturels dont l’application exige toutefois des explications plus détaillées.
Aigreurs, brûlures d’estomac
Cette sensation de brûlure provient d’une hyperacidité qui cause des renvois acides. Pour guérir ces malaises nous avons plusieurs alliés, avec en tout premier lieu la pomme de terre qui s’avère efficace même si l’acidité remonte jusque dans la bouche. Râper finement - de préférence à la râpe Bircher - et presser une pomme de terre crue avec sa pelure. Le jus ainsi extrait est additionné de deux ou trois fois son volume d’eau chaude. On en boira régulièrement le matin à jeun, avant le repas de midi et le soir au coucher. Il convient de préparer le jus au fur et à mesure et de le boire sans tarder. Si les brûlures n’ont pas disparu complètement après ce traitement, on prendra après le repas une cuillère à café de cendre de bois diluée dans un peu d’eau chaude. Grâce à ce procédé, on obtiendra le résultat désiré. Verser de l’eau chaude sur la cendre et boire le tout. A défaut de cendre, on peut utiliser du charbon de bois de tilleul, de préférence, que l’on pile avant de l’ingérer, délayé dans de l’eau chaude ou mélangé à des flocons d’avoine ou d’autres céréales. Le charbon s’avale aisément de cette manière et il neutralise l’acide de l’estomac. Si l’on a de la peine à prendre le charbon sous cette forme, en voici une autre : arrosez-le d’eau chaude, laissez-le infuser et passez-le à travers un filtre de toile ou d’ouate. Le liquide ainsi obtenu exercera tout de même son action neutralisante. On obtiendra le même résultat en buvant de la terre curative, de l’argile ou de la glaise mélangée avec un peu d’eau. À défaut de terre, quelques gorgées de lait cru amèneront un soulagement momentané. De même, des flocons d’avoine crus bien mâchés et imprégnés de salive sont préférables au bicarbonate, qui est moins inoffensif. Pour traiter à fond les brûlures d’estomac, normaliser et stabiliser les sécrétions gastriques, il est indispensable de suivre un régime adoucissant, pauvre en sel et en épices, évitant le sucre raffiné et les pâtisseries. On recommande aussi l’infusion de petite centaurée ou son extrait.
Si ces applications ne donnent pas les effets désirés, il se pourrait que les brûlures d’estomac soient déclenchées par la vésicule biliaire ou des parasites intestinaux. Dans un tel cas, il faudra en combattre les causes.
Ulcères d’estomac
En cas d’ulcères gastriques, les jus frais de pomme de terre et de chou consommés régulièrement pendant des semaines et des mois agiront mieux que n’importe quelle spécialité coûteuse. Boire trois fois par jour, avant les repas, le jus d’une petite pomme de terre et prendre trois fois par jour, dans la soupe ou après le repas, 1/2 décilitre de jus de chou. Si vous complétez cette cure par des cendres ou du charbon de bois (cf. paragraphe précédent : Brûlures d’estomac) et si vous adoptez un régime approprié, vous pouvez compter sur une guérison totale. Si l’on ajoute des jus frais à la soupe, les jus ne doivent jamais cuire.
Troubles du foie
Si les friandises vous répugnent et si les fritures ne vous réussissent pas, soyez sur vos gardes : vous souffrez d’une insuffisance hépatique. Le radis en petite quantité exerce une action bénéfique mais ingurgité en masse, il ne fera qu’aggraver votre état. La ration maximale sera d’une cuillère à café de jus de radis par jour.
Le jus de carotte frais s’emploie lui aussi avec succès. S’il n’est pas possible de préparer du jus, on peut manger les carottes finement râpées. Le régime carotte, suivi pendant un jour ou deux, peut faire des miracles même en cas de troubles graves. Les salades d’endives, de pissenlit ou d’autres herbes amères soutiennent l’action bienfaisante du jus de carottes.
En évitant les graisses et plats gras, les fritures, sucreries et même les fruits ou leur jus, le foie se calmera bientôt et les vomissements bilieux cesseront.
Régime hépatique
Voici un bon exemple de régime hépatique :
Au petit déjeuner, 1 verre de jus de carotte, 1 tranche de pain grillé ou de pain suédois avec très peu de beurre ou d’extrait de levure, 1 cuillère à soupe de germes de blé.
A midi, une soupe de légumes, du riz naturel ou des pommes de terre bouillies, une salade de carottes, de chicorée ou autre, à condition d’accorder la préférence aux amers. Des légumes cuits à la vapeur enrichissent le repas. Fritures et desserts sucrés devront être évités.
Pour éviter la monotonie, on peut varier les menus de la manière suivante : 1er jour : riz naturel, fenouils à la vapeur, crudités/salades. 2ème jour : pommes de terre en robe des champs avec très peu de séré, du beurre frais et des salades. 3ème jour : potage aux légumes, canapés au pain complet, au pain bis ou au pain suédois légèrement tartinés de beurre et d’extrait de levure et garnis d’oignon, d’ail, de tomates en tranches, crudités. Un peu plus tard, une tasse de café aux céréales avec un nuage de lait mais sans sucre.
Repas du soir : potage à l’avoine, à l’orge ou au riz naturel enrichi de quelques légumes, salades préparées au citron ou au petit-lait mais jamais au vinaigre. Pour varier, on peut servir des canapés et de la salade, puis du café de céréales avec un peu de lait.
Tant que le foie n’est pas en bon état, on s’abstiendra de manger des fruits.
Inflammation de la vésicule biliaire
En attendant la venue du médecin, faites des compresses de lait froid pour atténuer les douleurs aiguës que provoque une inflammation de la vésicule. Si elle est très forte, il faut renouveler la compresse toutes les heures. A cet effet, on trempe un torchon dans du lait froid et on l’applique sur l’endroit douloureux. Lorsqu’elle devient chaude, la compresse perd ses vertus calmantes et il faut donc la renouveler. Si la crise n’est pas trop forte, l’effet apaisant du lait peut supprimer l’inflammation en quelques heures, mais si la crise est violente, il faut prodiguer avec patience des soins prolongés.
Indigestion et crampes
Vous avez trop mangé ou vous avez absorbé des aliments qui vous donnent des crampes par suite d’une défaillance pancréatique ? Une douche chaude prolongée sur le ventre s’avérera bénéfique. Faîtes durer la douche 10 à 15 minutes, jusqu’à ce que la peau de votre abdomen soit écarlate, puis vous appliquerez dessus un cataplasme aux oignons crus hachés. Si vous n’avez pas de douche, faites des enveloppements humides et chauds. L’oignon peut être remplacé par des feuilles de chou écrasées. Les fermentations disparaîtront, les crampes s’apaiseront et vous retrouverez bientôt le calme. Il est important de mâcher et d’insaliver consciencieusement tout ce que l’on mange. Si ce traitement simple n’a pas l’effet souhaité, il faut consulter le Grand Docteur, c’est-à-dire le médecin, car il peut s’agir d’une perforation de l’estomac, d’une colique hépatique ou d’une crise d’appendicite.
Diabète 2
La présence de sucre ou d’acétone dans l’urine signale une défaillance de certaines cellules pancréatiques. La fonction du pancréas peut être stimulée par des douches chaudes prolongées (cf. Indigestion et crampes) 2 ou 3 fois par jour.
Quelle chance si vous passez vos vacances à la campagne, dans le voisinage d’une fromagerie où vous pouvez aller chercher tous les jours au moins 1/2 litre de petit-lait acide. Si vous avez très soif, vous en boirez 1 litre par jour ou même davantage, et à mesure que votre soif diminuera, vous réduirez la quantité. Votre alimentation comportera beaucoup de légumes crus. Vos salades et vos sandwichs au pain complet seront abondamment garnis d’oignon arrosé d’un peu d’huile. Les salades amères, endives, chicorée, pissenlit sont vivement recommandées. La salade aux feuilles de trèfle est excellente de même qu’une infusion en parties égales de trèfle, de feuilles de noyer et de myrtilles et de cosses de haricots. Tous ces remèdes vous feront du bien.
Une bonne marche ou une randonnée, en respirant profondément, est indispensable à la régénération des cellules. L’art de manger joue également un rôle important. Au lieu d’avaler tout rond et à toute vitesse votre repas, ce qui est très malsain, vous vous mettrez à table, décontracté et paisible. Vous mangerez lentement en mâchant longuement. Soyez sobre : une petite quantité de nourriture se digère mieux et profite davantage à l’organisme. Si votre pancréas se met en grève, seule compte la quantité digérée et non la quantité ingérée ! En adoptant cette ligne de conduite vous ferez plaisir à votre médecin lorsqu’au bout de quelques mois, vous irez faire examiner le taux de sucre dans l’urine et dans le sang.
Constipation
Souvent, des pruneaux secs ou trempés pris le matin à jeun et le soir au coucher suffisent à enrayer la constipation.
Pour les uns, on utilisera des orties, de préférence les jeunes pousses au printemps, cuites dans du lait. Cette décoction sera bue régulièrement tous les matins, à jeun. Elle est également efficace dans les cas de vomissements bilieux accompagnés de migraine. La méthode est très simple mais elle a fait ses preuves ! Les orties mangées en salade ont une action bénéfique sur le sang.
Boire un verre d’eau chaude chaque matin, à jeun, voilà un autre truc pour supprimer la constipation. Si cela ne suffit pas, on mangera une ou deux tranches de pâte de figue préparée avec les ingrédients suivants : 100 g de figues, 100 g de raisins secs, 20 g de feuilles de séné, si possible en poudre, 20 à 50 g de graines de lin qu’on aura moulues auparavant. Hacher le tout puis mélanger soigneusement de façon à former une pâte que l’on coupe en petites tranches et ingère selon les besoins.
On peut aussi lutter contre la paresse intestinale à l’aide d’une soupe spéciale que l’on prendra le matin avec du pain suédois ou du pain bis. Le potage est préparé avec du blé fraîchement moulu que l’on cuit dans de l’eau le matin. On y ajoute un petit oignon coupé en morceaux et une gousse d’ail écrasée. À la fin de la cuisson, on assaisonne avec du persil finement haché et une cuiller d’huile d’olive. Ce déjeuner frugal a déjà débarrassé bien des gens de leur constipation. Dans les cas tenaces, on ajoutera à ce potage des graines de lin moulues ou du Psyllium.
Nous donnerons plus loin une autre recette de soupe aux herbes pour les cas tout à fait rebelles.
La constipation disparaît parfois si l’on change de régime alimentaire. Ceux qui ont l’intestin paresseux doivent éviter tout ce qui constipe. En cas de constipation soudaine, en alternance avec de la diarrhée, consulter le médecin car il peut s’agir d’une tumeur du côlon.
La constipation peut être également d’origine psychique ou nerveuse, en raison de surmenage ou d’émotions particulières. Il faut alors rétablir avant tout l’équilibre psychique, dormir beaucoup et se détendre. Les sédentaires veilleront à prendre suffisamment d’exercice.
Diarrhée
Si vos enfants, surtout votre bébé, souffrent de diarrhée, donnez-leur pour commencer de la pomme finement râpée. Un biberon de crème d’avoine aidera à arrêter la diarrhée. Les enfants plus grands mangeront des flocons d’avoine crus en ayant soin de bien les mastiquer en les imprégnant de salive. Ils s’abstiendront si possible de toute autre nourriture pendant un certain temps. Si la diarrhée est tenace, la tormentille exercera une action salutaire, tout comme pour les saignements persistants. Nous y reviendrons au chapitre de la phytothérapie.
Si la diarrhée prend un caractère inquiétant, on instituera une « pause thé », c’est-à-dire que selon la gravité du cas et l’âge de l’enfant, on ne lui donnera que des infusions pendant 6, 12 ou 24 heures. L’alchémille, les feuilles de myrtilles, la sauge, la mousse d’Islande, l’ansérine et la tormentille31 sont appropriées pour ce traitement. Pour neutraliser les agents toxiques qui entretiennent la diarrhée par leur action irritante, il est recommandé de prendre un remède au charbon de café suractivé. L’argile blanche ou kaolin exerce une action semblable. Les agents toxiques directement responsables des troubles intestinaux ont pu se trouver dans les aliments. Dans d’autres cas, l’intoxication est la conséquence secondaire de la diarrhée, car elle est due à des phénomènes de décomposition et de fermentation dans l’intestin. De toute façon, la prise de charbon de café suractivé est conseillée dans le traitement de troubles intestinaux accompagnés de diarrhée.

Potentille ansérine
(Potentilla anserina)
La ligne
Si vous avez perdu la ligne, n’allez pas entreprendre une cure d’amaigrissement quelconque qui pourrait être nocive. Ne vous mettez pas à manger 5 ou 6 citrons par jour, votre foie en souffrirait. Un régime amaigrissant judicieux sera plus efficace. Laissez de côté tous les féculents. Si vous ne pouvez pas vous passer de viande, prenez un peu de veau. Mangez surtout des crudités, 3 à 5 sortes à chaque repas, ainsi que des légumes cuits à la vapeur, en alternant poireaux, fenouils, endives, céleri, salsifis et carottes. Matin et soir, vous prendrez des fruits.
De temps en temps, vous instaurerez un jour de cure où vous ne boirez que du jus de carotte, par exemple. En automne, il y aura la journée jus de raisin où vous presserez les fruits au fur et à mesure de vos besoins.
Mais soyez toujours sur vos gardes lors d’une cure d’amaigrissement : il ne faut pas que votre santé en pâtisse ! Les femmes qui ont de l’embonpoint auront avantage à prendre des bains de siège au sel marin et aux essences de plantes favorables à la circulation sanguine. En cuisine, utilisez également du sel marin aux légumes et aux fines herbes pour aromatiser vos plats. Les oligo-éléments du sel marin activent le métabolisme et vous aident à perdre rapidement vos kilos superflus. Prenez en même temps des algues marines (kelp) et le succès est garanti.
Maux de tête
Ces maux de tête ou autres douleurs crâniennes qui reviennent sans répit, chassez-les donc en appliquant sur la nuque, les mollets ou la plante des pieds une compresse d’oignon ou de raifort ! Plus d’une inflammation importune sera ainsi détournée de votre tête et la douleur disparaîtra. Comme le mal de tête est un facteur symptomatique, il faudra toujours élucider puis supprimer sa cause. Les analgésiques sont à déconseiller car leur effet est néfaste. Un produit homéopathique qui a fait ses preuves est la pétasite.
Douleurs faciales
Les névralgies faciales se traduisent par des douleurs intolérables de type spasmodique provenant des nerfs du visage. Le remède le plus efficace consiste à doucher le visage avec de l’eau chaude, le plus souvent possible, ou à appliquer des compresses humides et chaudes.
Dans les cas plus graves, on fera des compresses avec des sachets d’herbes. On doit les changer très souvent et les appliquer aussi chaudes que possible. Il faut parfois les renouveler pendant une demi-heure avant que la douleur ne commence à se calmer. Cependant, s’il y a abcès dentaire (granulome), une sinusite ou un glaucome, cette simple solution seule ne suffit pas.
Le fer à repasser : un appareil plein de ressources
A l’aide d’un fer à repasser on peut effectuer - avec la plus grande prudence - les traitements suivants, qui ont fait leurs preuves : en cas de névralgies, de douleurs rhumatismales ou de refroidissements on frictionne les parties douloureuses avec de l’huile de millepertuis ou on applique dessus un linge imbibé de cette huile. On peut également utiliser une autre huile pour frictions et massages. Ensuite, on pose un linge sec sur la compresse d’huile ou l’emplacement frictionné et on y passe un fer à repasser chaud. Partout où il y a des muscles, sur les épaules, les bras et les jambes, c’est simple à réaliser. Grâce à l’intense chaleur du fer, l’huile devient fluide, pénètre dans les pores et produit de si bons résultats que cette méthode très simple et naturelle apaise les pires douleurs ou les fait même disparaître. Il faut cependant veiller à ce que la chaleur soit toujours supportable.
Comment soigner les reins
Si vos reins ne fonctionnent pas bien, vous pouvez les stimuler en ajoutant régulièrement du persil haché à la soupe ou aux sandwichs. Cette herbe amie des reins vous fera le plus grand bien. Une fine compresse d’oignon appliquée sur les reins activera aussi leur fonction. Adoptez un régime pauvre en sel, ou même sans sel, et supprimez la viande si possible. Evitez surtout le sucre raffiné et les épices fortes. Les applications d’eau chaude ou de sachets chauds d’herbes aromatiques, les bains de siège aux herbes ou les douches chaudes ont d’heureux effets. Au cours de ces traitements destinés à améliorer l’irrigation sanguine, veiller à ne pas prendre froid ni à frissonner avant, pendant ou après les bains. On peut également recommander l’usage de certaines infusions à base de verge d’or, de prêle7, de cynorhodon ou de chiendent3, plantes que vous aurez pris soin de récolter durant l’été, afin de les avoir sous la main en cas de besoin. Il est possible de recourir aux révulsifs qui agissent sur la peau comme le brossage à sec ou les bains d’air et de soleil. La verge d’or (Solidago) peut aussi être prise en gouttes.

Verge d’or
(Solidago virgaurea)
Rétentions urinaires
En pleine nuit, l’homme d’âge mûr peut subitement ressentir une retention d’urine. Les applications d’eau sont indispensables dans ce cas ; il s’agit plus précisément de vapeurs de plantes. On prépare une décoction de camomille ou d’une autre herbe que l’on verse dans une bassine avec de l’eau bouillante. On pose sur la bassine une planche étroite, de façon à laisser passer la vapeur. Le malade s’assied dessus, bien enveloppé dans une couverture, de telle façon que la vapeur qui s’élève le réchauffe. Ce remède est particulièrement bienfaisant car il stimule la diurèse et évite d’appeler en pleine nuit le médecin, sans parler des désagréments de la sonde. S’il s’agit de problèmes en rapport avec la prostate, consulter l’index à la rubrique « prostate ».
Comment combattre l’acide urique
La lutte contre l’acide urique est parfois acharnée. Si l’infusion de persil est impuissante à vous soulager, préparez un bain aux herbes, en utilisant simplement celles que vous avez sous la main. Au printemps, lorsque vous passez en revue ce qui vous reste comme plantes médicinales avant d’entreprendre la nouvelle récolte, vous mettrez ces reliquats de côté pour les bains. Vous pouvez même utiliser la simple herbe de votre jardin et la faire bouillir, et vous aurez un bain aux herbes. Le bain aux herbes doit avoir la température physiologique de 37 degrés. Vous y resterez 10, 15, 20 minutes ou une demi-heure, recouvert d’eau et ne laissant dépasser que le bout du nez pour respirer. Quelqu’un de votre entourage fera graduellement monter la température de l’eau à 38° et même à 39° si vous le supportez, en suivant la méthode du bain de Schlenz. Faites-vous aussi brosser énergiquement sous l’eau. En prenant régulièrement un tel bain chaque semaine, vous viendrez à bout de votre goutte !
Les compresses de chou vous soulageront, de même que l’absorption de jus frais de légumes crus. Veillez à vous nourrir d’aliments avec un excès basique ; les abats, tels que foie, rognons, ris, etc., ainsi que l’alcool, sont à éviter.
La poudre de charbon de bois de tilleul
Que l’on souffre d’un excès d’acidité, que l’on ait des ennuis avec la muqueuse de l’estomac ou des intestins ou que l’on souffre des séquelles d’une jaunisse qui n’en finit pas, il est indispensable d’absorber de la poudre de charbon de bois, de préférence, de tilleul. On prépare celle-ci soi-même en broyant des morceaux de charbon de bois de tilleul. Cette poudre peut être absorbée avec du lait ; bien que d’habitude le lait ne soit pas toujours indiqué en cas de troubles hépatiques ou de jaunisse mal guérie, celui-ci, additionné de poudre de charbon de bois de tilleul, agit très bien.
Comment guérir rhumatismes et arthrite sans médicaments
Le traitement commence le matin, à jeun, par un demi-verre de jus frais de pomme de terre, mélangé éventuellement à de l’eau chaude. Tous les repas se composeront d’aliments naturels. Ce thème sera développé au chapitre « Alimentation naturelle ».
Une heure avant le déjeuner, on mâchera consciencieusement 2 ou 3 baies de genièvre en insalivant longuement. Après le repas, on avalera 3 ou 4 grains de moutarde. Dans la journée, on n’étanchera sa soif qu’en buvant de l’eau de cuisson des pommes de terre.
Sur les endroits douloureux ou déformés, on appliquera des enveloppements en alternant jour pour jour les feuilles de chou écrasées, l’argile et le séré.
Ceux qui souffrent de sciatique ou d’autres douleurs rhumatismales feront bien de se rappeler une méthode du bon vieux temps : l’application d’acide formique. Pour cela, on introduit le membre malade dans une fourmilière, une fois tous les quinze jours. Les fourmis vous administreront gratuitement leurs injections d’acide formique que vous laisserez agir sur l’endroit douloureux, après avoir enlevé les gracieuses bestioles avec une brosse ou un chiffon.
Celui qui applique avec persévérance ces méthodes simples, tout en suivant un régime alimentaire naturel, arrivera non seulement à soulager mais encore à guérir des cas jugés incurables par la médecine classique ! Toutefois, s’il s’agit d’un déplacement de vertèbre ou d’une hernie discale, c’est au chiropraticien qu’il faut faire appel.
Bouillie de maïs et de millet
La bouillie de maïs ou de millet convient très bien pour des applications en cas de douleurs rhumatismales et parfois aussi d’arthrite. Si l’on veut obtenir une bonne irrigation sanguine, une hypérémie, on y parviendra avec de la bouillie de maïs ou de millet, car ces deux sortes de bouillie restent longtemps très chaudes.
On prépare la bouillie comme d’habitude, mais sans assaisonnement, et on l’applique aussi chaude que possible sur la partie douloureuse.
Démangeaisons et éruptions sur le corps
Toute démangeaison est ressentie comme extrêmement gênante, quel que soit l’endroit où elle se produit. Pour l’usage externe, la pomme de terre crue est souvent efficace. On peut l’éplucher et la couper en tranches pour se masser le corps. On peut également la râper et frictionner les endroits du corps concernés avec la bouillie crue. Pour le visage aussi, son utilisation a de bons effets. Cependant, son seul usage ne suffira pas, car il faut obtenir de plus un soulagement des reins ; on doit donc observer en même temps les indications pour les soins corrects des reins. Il est néanmoins possible que la démangeaison provienne d’un mauvais fonctionnement du foie. Dans ce cas il faudrait suivre aussi les conseils se rapportant aux troubles hépatiques et surtout, le régime pour le foie. Le diabète et les vers intestinaux peuvent également déclencher des démangeaisons corporelles, de même que l’emploi d’arnica, par ailleurs si bénéfique, principalement chez les personnes délicates.
Eczéma et dartres
Ces deux affections ne guérissent aussi que si les fonctions hépatique, rénale et intestinale sont normales. Les bains de petit-lait chaud sont excellents, surtout s’ils sont préparés avec du concentré de petit-lait acide. Si vous passez vos vacances à proximité d’une fromagerie, profitez-en pour soigner votre eczéma ou vos dartres avec des bains chauds au petit-lait acide. Les bains de son donnent aussi souvent d’excellents résultats. Comme l’eczéma et les dartres sont parfois difficiles et longs à guérir, il faut vérifier si leur cause n’est pas de nature externe. Certaines personnes sont sensibles au contact de certaines plantes ou étoffes. Il y a des peaux qui ne supportent pas l’arnica, pour d’autres c’est la térébenthine. Il faut alors éviter tout contact avec les allergènes tels qu’aiguilles de pin, encaustique et autres produits comportant de la térébenthine. La camomille peut provoquer un eczéma, le sumac vénéneux aussi. La primevère d’appartement, quant à elle, peut causer de l’urticaire. Si les éruptions sont de nature allergique, il suffira donc d’en connaître les facteurs et de les écarter pour dissiper l’affection.
Chez les enfants, on observe parfois des urticaires dues à une trop forte consommation de fruits. Les fraises peuvent causer une fièvre urticaire. Dans ces cas-là, il faut soigner les reins et stimuler leur fonction.
Une intoxication alimentaire ou une carence en vitamines peut aussi être responsable de diverses éruptions. On évitera par exemple les fruits secs soufrés et les fruits traités avec des produits chimiques ou autres. D’autre part, on préparera des salades d’épinards crus, cultivés biologiquement, ou de jeunes pousses d’orties avec un assaisonnement au citron et au concentré de petit-lait. Au bout de quelque temps, les éruptions disparaîtront grâce aux vitamines retrouvées. L’infusion de pensées sauvages sera un excellent complément pour parfaire la guérison.
Furoncles et boutons (abcès)
Si une enflure rouge et chaude, un furoncle ou de simples boutons apparaissent ici ou là sur votre peau, vous procéderez comme suit pour en hâter la maturité et en faire sortir le pus : faire cuire des graines de lin moulues ou mieux, du fenugrec moulu. Appliquer la bouillie ainsi obtenue sur les endroits gonflés pour amasser et faire sortir le pus. Si vous n’avez aucune de ces graines, des pommes de terre bouillies écrasées et posées très chaudes sur l’abcès feront le même effet. Une fois l’abcès vidé de son pus, lavez la plaie très soigneusement avec du concentré de petit-lait dilué dans beaucoup d’eau, saupoudrez-la de lactose ou mieux encore de poudre de chaux biologique et appliquez dessus des feuilles de chou écrasées. Ce remède simple se révèlera rapidement efficace et le processus de guérison sera encore accéléré si vous absorbez de l’extrait de levure ou de la levure sèche. En cas de furonculose, il faut penser à contrôler la présence de sucre dans l’urine.
Panaris
Qu’est-ce que ce doigt enflé ? Appelé communément « mal blanc » ou « tour d’ongle », le panaris peut apparaître subitement et s’avérer douloureux. Vous serez content d’appliquer la recette suivante pour vous débarrasser rapidement de ce douloureux inconvénient : tremper le doigt malade dans un bain d’eau à 37 ou 38°, pendant une heure, deux ou trois fois par jour. Veiller d’autre part à protéger constamment le doigt du froid. Ainsi, votre panaris ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir ! Si le résultat se fait attendre, consultez un bon chirurgien qui incisera le panaris et en fera sortir le pus, afin d’éviter l’enraidissement du doigt. Pensez par ailleurs au savon noir qui est aussi très efficace entre les bains. On enfonce le doigt malade dans le savon noir et on entoure le tout d’un pansement pour la nuit.
Enflures et contusions
Pour traiter avec succès une banale enflure ou une contusion, il suffit d’appliquer dessus des compresses de feuilles de chou. Si la réaction est trop vive, on alternera avec une bouillie d’argile préparée avec une infusion de prêle ou d’une autre herbe. L’alternance quotidienne d’argile et de chou est idéale : l’argile répartit et le chou guérit en donnant au corps ses principes actifs et en attirant les substances nocives. Cette double action favorise une guérison rapide.
Contre les piqûres d’insectes : le lierre et la fougère
Une piqûre d’abeille ou de guêpe, quelle horreur ! Vite, il faut retirer le dard et sucer la plaie pour extraire le poison injecté, mais en réalité on ne sait pas comment réagir. La douleur ressentie sera calmée par le lierre. Dans votre jardin ou aux alentours, il y a sûrement du lierre qui s’est accroché à un sapin, ou vous vivez à proximité d’une forêt où vous trouverez le lierre qui vous fournira des feuilles et de l’écorce.4 Après les avoir écrasées, on en frottera l’endroit douloureux. C’est encore mieux si nous préparons une teinture de lierre que nous pouvons préparer facilement à la maison. Nous prenons en forêt des feuilles et de la jeune écorce de lierre que nous hachons, et mettons cette bouillie à macérer dans de l’alcool. Après l’avoir laissé reposer, nous pouvons la presser, puis passer et filtrer la teinture obtenue. Masser l’endroit de la piqûre avec quelques gouttes de teinture et la douleur disparaîtra très vite. Les compresses d’eau salée à laquelle on aura ajouté quelques gouttes de teinture sont elles aussi efficaces. Ces traitements évitent l’enflure et certains symptômes d’empoisonnement.

Lierre
(Hedera helix)

Tanaisie
(Tanacetum vulgare)
La fougère est utile contre les piqûres de moustiques, comme celles d’autres insectes, d’ailleurs. Dans les contrées infestées de moustiques et d’insectes en tous genres, la fougère est un excellent remède. A part les moustiquaires, dans les régions tropicales c’est le meilleur moyen de protection. Matelas et oreillers bourrés de fougère auront non seulement une bonne influence sur vos rhumatismes, ils éloigneront aussi les insectes importuns et même les punaises.
Piqûres d’insectes dans la gorge
Si les piqûres d’insectes sont désagréables, le fait d’avaler une guêpe ou une abeille en mangeant des fruits ou une tartine au miel est beaucoup plus dangereux. Dès que l’insecte entre en contact avec le palais, il pique et la situation tourne au drame, car elle est potentiellement mortelle. Comment lutter contre ce danger ? Si l’on a du petit-lait à proximité ou tout autre concentré du même type, on tentera le badigeonnage ou le gargarisme. L’eau salée concentrée peut remplacer le petit-lait. Elle préviendra une forte enflure et, de ce fait, le danger d’asphyxie. En attendant l’arrivée du médecin, on poursuivra les gargarismes à l’eau salée, 2 cuillères à soupe de sel par décilitre d’eau. Au bout de quelque temps, le venin se sera réparti et aura été partiellement neutralisé par l’eau salée. Tout danger d’asphyxie sera ainsi écarté. En cas de piqûre dans la gorge, on aura toujours recours à l’eau salée ce qui permettra d’éviter un malheur. Plus tard, on pourra appliquer sur le cou des compresses d’argile ou de feuilles de chou écrasées, ce qui rendra le venin inoffensif. On absorbera aussi de l’argile et si possible, des pastilles de chaux biologique, comme un produit au calcium et aux orties qui constitue un bon antidote.
Il est également indiqué d’ajouter à l’eau salée quelques gouttes de la teinture de lierre dont nous avons parlé au paragraphe précédent.
En cas de piqûre de frelon, consulter immédiatement le médecin ou la clinique ORL la plus proche car le risque d’asphyxie due à un œdème de la glotte est grand.
Oignons de mer
Il ne s’agit pas ici du véritable bulbe de scille, mais de celui que l’on nomme ainsi (Ornithogalum caudatum). Les feuilles broyées de cet oignon agissent sur les maux suivants :
Comme révulsif, on en met autour du cou en cas de maux de tête et de gorge, et sur les endroits douloureux en cas de rhumatisme. En cas d’intoxication du sang, de suppuration, de piqûres graves d’insectes, leur effet est remarquable. Il en va de même pour toutes sortes d’échardes ou d’épines qui ont pénétré sous la peau et qu’il n’est pas possible d’extirper : les applications de feuilles d’oignon de mer écrasées permettent de le faire en évitant toute manipulation désagréable.
Convulsions de l’enfance
Vous connaissez peut-être cette maladie sous d’autres noms, éclampsie infantile, par exemple,5 ou vous l’appelez simplement goutte de l’enfance ? Si vous avez rencontré cette maladie relativement fréquente, hélas, vous savez qu’on ne connaît guère de médication capable de la guérir. Il existe pourtant un remède naturel efficace, peu connu, le mouron des oiseaux (Stellaria media)6. Cette mauvaise herbe se trouve dans les champs tout au long de l’année et jusqu’aux premières gelées. On a donc amplement le temps d’en récolter. C’est probablement le meilleur remède contre les convulsions de l’enfance : son action est éminente. Quelques infusions d’herbe fraîche ou séchée suffisent à enrayer parfois définitivement les manifestations fâcheuses de ce mal. Le mouron des oiseaux6 est en même temps un tonique du cœur, ce qui est particulièrement heureux dans cette affection. Son efficacité dans le traitement de la goutte infantile relève dans tous les cas de cette propriété. Malgré cela, il est rarement fait mention de cette plante méconnue dans les traités de phytothérapie, car ses applications ne sont pas nombreuses. Elle mérite pourtant notre attention car son action dans cette maladie est absolument frappante. En tout cas, les parents soucieux du bien-être de leurs enfants seront heureux de savoir qu’une mauvaise herbe de leur jardin leur rendra peut-être service un jour.
Et voilà !
Le Petit Docteur vous a donné dans cette première partie quelques échantillons de ses remèdes. En êtes-vous satisfait, ami lecteur ? Vont-ils vous inciter à lire avec attention d’autres exposés plus détaillés, vous permettant de profiter davantage des secrets auxquels il désire vous initier ? Alors, tentons l’expérience et vous ne le regretterez pas !
Dans la seconde partie, le Petit Docteur a puisé dans des réserves encore plus riches afin de pouvoir vous rendre service dans la peine et la souffrance. La vie pose maints problèmes. Certains domaines ne sont qu’effleurés, d’autres enfin n’ont pas pu être pris en considération. Mais il ne veut pas vous faire attendre plus longtemps. Il désire vous faire profiter de sa riche moisson d’expériences, ami lecteur, et avec vous tous ceux qui veulent bien être conseillés et aidés par des moyens naturels.
Pour recueillir tous ces conseils, le Petit Docteur a prêté l’oreille aux lois de la nature. Ils vous aideront désormais à enrichir votre pharmacie et à augmenter votre savoir.
Contrôle ce qu’on te présenteEt prends-en le meilleur.Vérifie ce que les amis prétendent,La sagesse humaine se fane comme une fleur.
Tout ce qui est en harmonieAvec les lois du Créateur,Améliore notre vie,Est source de bonheur.
La plante donne avec générositéLa force qui te soutient.Sa fraîcheur et ses qualitésSont toutes là pour ton bien.
Prends le temps de la découvrirEt admire la sagesse du Créateur.Tes mets tu pourras enrichirPour que ta santé soit meilleure.
Sophie Vogel(traduction libre)
De: ««Das neue Leben» (Mai 1929)
1Gui (Viscum album) : L’absorption d’infusions et de préparations au gui pourra être utile en présence d’une hypertension modérée et de l’artériosclérose (sans garantie scientifique). Aucun comprimé n’est disponible. Le plus souvent, on obtient un extrait liquide des feuilles et baies pressées. Contre-indication : grossesse, allaitement, infections chroniques (par exemple tuberculose), forte fièvre, hypersensibilité aux protéines du gui.
Les préparations au gui sont utilisées dans la médecine anthroposophique (mais pas uniquement) en présence de maladies cancéreuses. Elles renforcent le système immunitaire, diminuent les effets indésirables de la chimiothérapie et de la radiothérapie et améliorent la qualité de vie des cancéreux (en accompagnant tant le traitement médical du cancer que la médecine palliative). Les injections ont un effet cytostatique (qui bloque la multiplication cellulaire) et stimulent le système immunitaire. Contre-indication : allergie.
2Les personnes atteintes de diabète sucré de type 1 dépendent toute leur vie de la prise d’insuline. Cette maladie auto-immune survient lorsque les cellules bêta du pancréas, qui produisent l’insuline nécessaire à la régulation de la glycémie, sont détruites par le système immunitaire du corps.
Dans le diabète de type 2, le pancréas produit encore de l’insuline, mais pas assez ou le corps n’est plus en mesure de l’utiliser efficacement pour convertir le sucre dans le sang en énergie (résistance à l’insuline). Le développement de cette maladie est favorisé par le surpoids et le manque d’exercice.
Les deux formes de cette maladie doivent être soumises à un traitement spécialisé.
3Prêle/chiendent (Agropyron repens) : La racine possède des propriétés diurétiques et antimicrobiennes et est utilisée pour éliminer les infections des voies urinaires (cystite).
4Les feuilles de lierre sont légèrement toxiques et un contact cutané direct peut provoquer des réactions allergiques chez les personnes sensibles (rougeurs, pustules suintantes). La tanaisie peut également provoquer des allergies de contact sur la peau.
5Les éclampsies infantiles sont des désignations historiques de l’épilepsie ou des convulsions.
6De nombreuses propriétés ont été attribuées au mouron des oiseaux dans la médecine populaire : pour stimuler le métabolisme, combattre les hémorroïdes, abcès, contusions, éruptions cutanées, rhumatismes. Selon Hildegard von Bingen, il est un remède préventif pour les hématomes suite à des contusions. Kneipp l’appréciait comme produit apaisant et expectorant pour les infections des voies respiratoires. Dans le Haut-Palatinat, au 18ème siècle, on suivait la coutume de déposer du mouron des oiseaux dans le berceau des enfants pour les protéger des crises d’épilepsie.
2ème partie
La fièvre, sonnette d’alarme
Si tout le monde savait que la fièvre est un avertissement que nous donne la nature, personne ne chercherait à la combattre comme cela se fait trop souvent de nos jours. La fièvre est un système de défense de l’organisme contre des envahisseurs nuisibles. Au lieu de laisser agir la nature et de la seconder dans son effort, l’homme, pris de peur, étouffe son action. Dès que la fièvre fait son apparition il se hâte de recourir à l’aspirine, à la quinine ou à un autre remède du même type pour la supprimer. Pourquoi vouloir être plus intelligent que la nature et dédaigner ses lois qui agissent en nous ? Pourquoi ne pas soutenir la fièvre et apprécier son aide ? Pourquoi ne pas écouter le conseil de gens avisés qui reconnaissent sa valeur ? Dans l’antiquité déjà, on tirait parti des vertus curatives de la fièvre, ce qui fit dire à un médecin : « Qu’on me donne le pouvoir d’engendrer la fièvre et je vous montrerai comment guérir toutes les maladies ! » Malgré une certaine exagération, ces paroles révèlent une vérité profonde. Il faut toutefois faire exception de la fièvre en cas de tuberculose, de maladie de Basedow, de paratyphus, d’inflammation de la valvule cardiaque et d’anémie. Une température insuffisante (hypothermie) crée une situation dangereuse, car chez les gens incapables d’avoir de la fièvre, on sait que l’art du médecin peut rester vain, parfois, en cas de complications. Voilà pourquoi il est bon d’admettre le point de vue des médecins de l’antiquité et d’apprécier la fièvre à sa juste valeur ! Nous devrions prendre conscience et ne jamais oublier qu’elle devient notre précieuse alliée dans la lutte contre les indésirables, à moins qu’il ne s’agisse d’une forme de fièvre due à la prise de médicaments allopathiques.
Mais que faire lorsqu’avec une poussée de fièvre, la peur de la mort grandit chez le malade ? Nous avons tous appris à l’école qu’avec une température dépassant 42° l’homme ne peut plus vivre, n’est-ce pas ? Faut-il donc attendre jusqu’à ce que mort s’ensuive ?
Certes pas… si nous savons faire usage de notre don d’observation. Nous n’avons pas besoin d’aller bien loin pour trouver un objet de comparaison qui illustre clairement l’efficacité de la fièvre. Nous savons tous qu’un poêle fonctionne bien tant que l’aération se fait normalement. Dans ce cas, nous pouvons augmenter la chaleur tant qu’il nous plaît sans causer de dommage au poêle. Si au contraire les tuyaux sont bouchés, de sorte que l’air ne peut plus passer, il en résulte une chaleur torride entraînant une compression qui peut causer de graves dégâts. Si l’air frais n’arrive pas constamment par le bas, les grilles risquent de fondre. Mais si le poêle est bien nettoyé, l’air circulera librement, la grille ne s’échauffera pas et ne devra pas être constamment remplacée.
En comparant le fonctionnement du corps à celui du poêle, nous comprenons comment il faut se comporter en face de la fièvre, celle-ci n’étant en somme qu’une combustion intensive. En cas d’état fébrile, il faut un bon tirage ! Rien ne doit être refoulé ni comprimé. L’un de nos « tuyaux d’aération » est l’intestin. De même que les reins et la peau, il doit absolument fonctionner normalement. Si l’on tient compte de ces trois facteurs, la fièvre n’aura aucune suite fâcheuse.
La thérapie naturelle implique l’assainissement de l’intestin dès l’apparition de la fièvre. On administrera des lavements aux herbes ainsi que des laxatifs naturels qui seront introduits par voie rectale si la prise orale reste sans effet.
Un diurétique activera la fonction rénale, le meilleur étant le Solidago ou verge d’or, mais la prèle7 convient également si nous n’avons pas de Solidago a portée de main. Une infusion de persil, d’oignon, de genévrier est aussi tout indiquée. A défaut de ces plantes, on aura recours à l’infusion de cynorhodon qui est toutefois moins efficace.
La diurèse assurée, on stimulera la peau. Dans tout état fébrile, il faut utiliser les enveloppements. Ceux qui ne sont pas familiarisés avec cette méthode auront intérêt à suivre un cours spécial ou tout au moins les instructions d’un bon manuel traitant de ce sujet. Si l’on ne respecte pas certaines règles, les enveloppements peuvent faire plus de mal que de bien. Ainsi, un enveloppement de la poitrine ou du torse n’est pas très compliqué à préparer mais il doit adhérer parfaitement et ne laisser aucun espace entre la peau et la toile. Bien appliqué, il ne tarde pas à provoquer la sudation désirée chez le fiévreux. Des compresses froides aux mollets ou des « chaussettes au vinaigre » seront pour le malade un bienfait véritable. Il se sentira soulagé et ne tardera pas à s’endormir. Cette solution naturelle est simple, n’est-ce pas ? Alors, inutile de perdre la tête et d’avoir recours à des comprimés néfastes.
Dans la nature tout est bien plus simple que nous le pensons. Mais l’homme a pris l’habitude de rechercher des solutions compliquées. Les noms savants de ce qu’il ne connaît pas lui en imposent davantage que le langage direct de la nature. Il veut agir plus rapidement qu’elle. Les suites fâcheuses qui en résulteront, il ne les imputera pas à des remèdes erronés. Tout ce qui est simple, naturel et à la portée de la main est maintenant discrédité.
Un autre facteur à observer dans les états fébriles, c’est l’alimentation. Normalement, la personne fiévreuse manque d’appétit. Elle n’a envie de rien car elle sent instinctivement que ses organes de digestion sont comme des machines à l’arrêt et qu’elle doit se contenter de ce dont elle dispose. Celui qui veut forcer un fiévreux à manger lui rend un mauvais service. Pourtant, c’est souvent l’occasion de tenter le malade avec toutes sortes de gâteries : steak de bœuf, œuf au plat avec du fromage ou autres combinaisons - et ceci avec les meilleures intentions du monde, pour lui prouver qu’on veut le dorloter ! Mis à part du lait chaud avec un peu de miel, l’état fébrile exige un régime léger ne comportant ni protéines ni quoi que ce soit d’indigeste. On aura recours aux jus de fruits et si l’on n’en a pas, aux tisanes ou à l’eau, éventuellement sucrée au sucre de canne. Un simple verre d’eau additionné d’un remède naturel (concentré de petit-lait ou extrait de plantes) aura déjà de bons effets. Les jus de fruits, très appréciés des malades, sont d’ailleurs les plus efficaces. Des oranges ou des raisins frais pressés amèneront au corps des sels minéraux et des vitamines tout en le rafraîchissant. Un jus frais est un régal et un bienfait pour le malade, à condition qu’il le boive lentement, par petites gorgées, en insalivant bien. Il est rare qu’un malade ne le supporte pas. Si l’on n’a pas de fruits frais à la maison, on peut aussi prendre un bon vin sans alcool. Le concentré de petit-lait dilué dans de l’eau est également très profitable.
Conséquences naturelles
Si nous attendons ainsi que la fièvre baisse lentement au lieu de la supprimer brusquement, elle ne remontera probablement plus. Elle doit baisser graduellement et non brutalement : toute hâte est antinaturelle. Si la fièvre monte, elle se maintient à haute température jusqu’à ce que tout ce qui doit l’être soit brûlé. Alors seulement, elle diminuera selon une courbe normale. En voulant hâter le processus naturel, on n’obtient qu’un sursis et non la suppression de la cause véritable, car on réprime le mal au lieu de le supprimer. Tout ce qui n’a pas été expulsé par la sueur, l’urine ou les selles est encore dans le corps sous forme de toxines et celles-ci se réveilleront à la première occasion. A l’aide de ces tablettes miraculeuses qui suppriment la fièvre, on a peut-être étouffé une angine. Mais les microbes de cette maladie n’ayant pas été chassés du corps, ils vont causer de nouveaux dégâts et entraîner des complications telles que péricardite, rhumatisme articulaire ou pneumonie. L’expérience prouve que les remèdes les plus modernes peuvent faire disparaître rapidement une affection tout en étant la cause d’un nouveau mal. La médecine classique est obligée d’admettre que l’effet de ces remèdes-miracles n’a rien de décisif. La nature a ses droits et on ne les transgresse pas impunément ! Mieux que l’homme civilisé, les animaux sauvages savent suivre le processus naturel de la guérison. Ne nous laissons donc plus guider par de fausses opinions ! Observons et respectons les lois de la nature : elles nous indiqueront la marche à suivre pour les jours de maladie. Si nous méprisons l’aide qu’elle nous offre, la nature se vengera et au lieu de la guérison, nous n’enregistrerons que des revers. En considérant la fièvre comme la sonnette d’alarme de la nature, nous n’aurons plus à la craindre. Elle sera notre alliée si nous savons tirer profit de ses services au lieu de la réprimer.
La douleur, sonnette d’alarme
Tout comme la fièvre est la sonnette d’alarme de la nature, la douleur annonce une perturbation dans l’harmonie du corps. Comment l’accueillons-nous quand elle survient, fidèle à son devoir ? Lui sommesnous reconnaissants de nous signaler quelque désordre à réparer ? Recherchons-nous immédiatement la cause de cette douleur afin de pouvoir la supprimer avec des remèdes adéquats ? Non, tout cela est beaucoup trop compliqué. La douleur est en soi trop importune pour qu’on la supporte sous quelque forme que ce soit. Il faut s’en débarrasser dès qu’elle apparaît. Certains remèdes appelés « anti-douleur » sont si pratiques qu’on serait bien bête de s’en passer et de continuer à supporter la douleur. Telle est l’opinion de l’être borné. Mais qu’il s’agisse d’une défectuosité à un moteur ou à sa voiture, par exemple, son attitude change du tout au tout. Si le mécanicien se bouche les oreilles pour ne plus entendre le grincement de la machine, la défectuosité n’en existe pas moins ! Il essaiera plutôt, en bon professionnel, d’en rechercher les causes et de la réparer avant qu’il ne se produise des dégâts plus graves. Que de soins prodigués à la matière inerte… alors que le corps humain si sensible peut être malmené, trompé quand la nature lui envoie la douleur, signal qu’il ne faut négliger en aucun cas. En « endormant » la douleur, on dupe à la fois la nature, son propre corps et tout l’être humain si complexe. Il est intéressant de constater que lors de certains maux, la nature nous vient toujours en aide et si l’homme n’était pas aveuglé par sa propre insoumission, il saurait tirer parti de tous ses revers et même s’en protéger. Cependant, fait curieux, il n’y prête guère attention et ne sait pas tirer les conclusions qui s’imposent lorsqu’un anesthésique, par exemple, perd de son efficacité première. Au lieu de comprendre alors que l’anesthésie de la douleur n’a rien à voir avec la guérison, l’homme, dans sa folie, fait usage de stupéfiants de plus en plus forts pour étouffer sa douleur, coûte que coûte.
L’intervention adéquate
Un médecin consciencieux cherchera à déceler la cause de la douleur et ne se contentera pas simplement de la combattre.
Si son client se plaint de douleurs dans la région du foie, il ne se contentera pas de lui prescrire un calmant, il fera un examen approfondi du foie en se basant sur les symptômes apparus. Il s’informera de la couleur des selles, il demandera au malade s’il supporte les corps gras, bref, il tentera de trouver la cause des troubles et prescrira ensuite les remèdes appropriés. Il préconisera un régime hépatique, ordonnera une cure de carottes. Le radis sera permis en petite dose curative, des quantités plus fortes pouvant nuire à un foie détraqué. Ainsi, le médecin fixera une ligne de conduite au malade en lui accordant la possibilité de s’aider lui-même dans une large mesure pour recouvrer la santé.
Un praticien avisé, conscient de son devoir, s’y prendra de même avec une cliente le consultant pour des douleurs lombaires. Il lui demandera si elle ressent une tension dans la région des reins, si elle a l’impression que sa peau y est trop étroite, trop tendue. Il s’enquerra de la couleur de l’urine, de l’importance de la diurèse quotidienne. S’il soupçonne une affection des reins, il fera faire une analyse d’urine qui lui fournira d’importants indices. Elle pourra révéler la présence d’albumine, de globules rouges ou blancs, éventuellement de quelques cellules cylindriques ou épithéliales provenant de la vessie, du bassinet rénal ou du rein lui-même, ou encore de bactéries. S’il ne trouve que des traces de ces éléments, il conseillera de prendre les précautions suivantes : 1. régime pauvre en sel, 2. protection contre le froid par des vêtements chauds. La méthode naturelle recommande en pareil cas des infusions de prêle7, de feuilles de bouleau ou de chiendent3 ou de persil. Il ordonnera aussi des enveloppements chauds qui décongestionneront les endroits douloureux. De cette manière, le praticien doit d’abord rechercher les causes de la douleur afin de pouvoir prescrire le médicament susceptible de la guérir.
C’est ainsi qu’il faut interpreter et combattre la douleur. Celui qui ne veut que la calmer ne rend pas service à son propre corps. Certaines personnes ne font qu’avaler des poudres pour chasser leurs maux de tête durant des années, sans penser un seul instant que ceux-ci pourraient provenir d’une constipation chronique. Qui donc supposerait que les toxines se développant par suite de paresse intestinale montent à la tête et occasionnent des céphalées ? Ne vaut-il pas mieux veiller d’abord à une fonction intestinale régulière ? On préfère en général s’en tenir aux poudres et cachets. Tour à tour, elles sont destinées à l’intestin ou aux maux de tête.
Conséquences correspondantes
Faute de vouloir combattre énergiquement les causes premières de troubles sérieux, il faut accepter par la suite les inconvénients d’une maladie grave. Un traitement initial et global aurait été si simple, au lieu de souffrir de constipation des années durant. Certains médecins n’accordent d’ailleurs guère d’attention à ce mal et se contentent de prescrire des laxatifs au lieu de chercher à le supprimer et à le guérir.
On sait aussi que bien des femmes ne se soucient pas des douleurs ressenties dans le bas-ventre, ni des pertes blanches ou des crampes périodiques, petits maux qui sont à l’origine de stases du système circulatoire.
Certaines personnes, par contre, réfléchissent et agissent instinctivement selon les lois naturelles, tandis que d’autres font exactement le contraire. Ce sont ces personnes-là qu’il s’agit de conseiller et de diriger.
Les bains de siège favorisent le relâchement des muscles abdominaux et préviennent les stases. Ce bain sera amélioré par une décoction de camomille, de fleurs de foin ou de genévrier. La température sera de 37°. Plus chaud, ce bain fait monter le sang à la tête. Ces bains maintenus à température constante - il faudra rajouter constamment de l’eau chaude - dureront une demi-heure. Parmi les effets bienfaisants de cette pratique, on note la disparition des crampes et même, avec le temps, celle de la leucorrhée (pertes blanches). Ne vaut-il pas mieux vouer des soins attentifs au bas-ventre plutôt que d’exposer les organes importants qu’il abrite aux stases, aux irritations et aux inflammations ? Petites causes, grands effets ! En négligeant ces troubles insignifiants on finit par en arriver à l’opération, alors qu’un traitement naturel pratiqué à temps évite de devoir supporter bien des ennuis par la suite.
En général, l’homme soigne mieux ses plantes que son propre corps. Le pépiniériste, par exemple, pincera à temps une pousse gourmande pour ne pas être obligé de scier par la suite une branche grosse comme le bras. Vigilant, il interviendra à temps pour résoudre certains problèmes lorsqu’ils sont encore restreints. Il sait que des causes minimes peuvent engendrer de grands effets. Il en va de même pour la douleur : elle s’annonce très tôt et c’est pourquoi, sans avoir recours à des calmants pour la chasser, nous devons la considérer comme la fidèle sonnette d’alarme de la nature et la traiter comme telle.
Conseils aux futures mamans et aux accouchées
Il n’est pas rare qu’une phlébite, une thrombose ou une embolie surgisse en cours de grossesse et que ses complications viennent troubler le bonheur des futures ou nouvelles mamans.
Les indications suivantes seront précieuses à plus d’une mère et parviendront peut-être à éviter des situations graves. Il existe certaines herbes qui sont bonnes pour les veines si on les combine entre elles. Ce remède agit en cas de phlébite, de varices et de thrombose39 d’une manière si efficace que toutes les femmes enceintes et les jeunes accouchées se repasseront la formule que voici :
Millepertuis (Hypericum perforatum)
Millefeuille (Achillea millefolium) et
Racines d’arnica (Arnica montana).

Arnica
(Arnica montana)

Achillée millefeuille
(Achillea millefolium)

Millepertuis
(Hypericum perforatum)
Une infusion de ces trois plantes sera bienfaisante lors de troubles veineux. Toutefois, les plantes fraîches, surtout leur extrait ou le jus frais, auront une action plus intense et donc meilleure.
Des centaines de cas de varices, d’ulcères variqueux, surtout après l’accouchement, ont été rapidement guéris. L’importance de ce remède simple ne doit donc échapper à aucune future maman.
L’effet des divers sucs de ces plantes est le suivant : tout comme l’huile de la St-Jean, l’extrait frais des fleurs et des sommités fleuries de millepertuis8 est un vulnéraire puissant. Il calme les douleurs violentes causées par une lésion des nerfs, à la suite d’une commotion cérébrale, d’une affection de la moelle épinière, qui met les nerfs à rude épreuve, d’une intervention chirurgicale et en cas de névralgies, surtout des vives douleurs pariétales dues au surmenage intellectuel.
Le millefeuille9 est un remède spécifique du sang. Il est utilisé dans la médecine populaire pour entraver la dilatation des veines, les hémorroïdes, les varices, les stases veineuses du bas-ventre et des jambes, les congestions cérébrales, les saignements de nez répétés et violents, les hémorragies de la vessie.
L’arnica10 agit aussi favorablement sur les veines, surtout en cas de stases, de blessures et de courbatures. Les stases veineuses qui apparaissent au cours de la grossesse seront combattues avec succès par l’arnica. Pour traiter les ulcères variqueux, l’extrait de racine d’arnica est le remède idéal, mais l’extrait de la plante fraîche devra être tiré de la racine et non de la fleur. Les fleurs et la teinture ne s’emploient qu’en usage externe.
Quant à la pulsatille (anémone), elle régularise aussi les troubles de la circulation. Cette plante de la famille des renonculacées renferme un principe nocif, presque toxique, et on ne l’utilise pas en tisane. Elle n’est administrée qu’en doses homéopathiques. Les trois autres plantes se trouvent couramment et elles font partie du trésor végétal dans lequel on peut puiser sans hésiter.
L’extrait de plante fraîche du marronnier d’Inde, une préparation veinotonique à base de graines fraîches de marronnier d’Inde sauvage, a un excellent effet ; ce remède existe aussi sous forme de comprimés. L’action favorable du marron d’Inde sur le système veineux est prouvée par l’expérience et par des tests cliniques. L’hamamélis est également très apprécié en cas de troubles veineux, que ce soit en usage interne ou externe. Le mélilot produit une augmentation de la résistance capillaire et une amélioration du reflux veineux.
Les femmes enceintes qui souffrent de nausées auront recours à trois remèdes très simples : Nux vomica D4. Ce remède élimine en principe dès le premier jour les nausées importunes. Si c’est insuffisant, elles prendront Ipecacuanha D4 ou même le remède homéopathique, Apomorphinum D4. Pourquoi subir pendant des semaines ou des mois ces malaises qui assombrissent le début d’une grossesse alors que des remèdes simples permettent de les supprimer ?
Outre les plantes fraîches que nous avons déjà évoquées, la prise d’une préparation au calcium et aux orties vous assureront une grossesse et un accouchement sans complications.
Comment remédier au manque de calcium et d’acide silicique
Il arrive qu’après un accouchement, une affection pulmonaire ou des troubles ganglionnaires de caractère tuberculeux se développent chez des femmes ayant une prédisposition à ces maladies. Les fatigues et les sollicitations de la grossesse peuvent déclencher un trouble préexistant. Le fœtus a un énorme besoin de calcium pour développer son petit organisme, aucune femme enceinte ne devrait l’ignorer. La nature est raisonnable, équitable : elle protège l’enfant aux dépens de sa mère qui assume la responsabilité de fournir du calcium en quantité nécessaire, devoir qu’il lui arrive souvent de négliger. Toutefois, pourquoi l’enfant qui n’est pas en mesure de subvenir à ses besoins devrait-il en souffrir ? Il est donc compréhensible que la nature assure tout d’abord le bien-être de l’enfant. Ainsi, le calcium manquant sera puisé dans le corps maternel : os, dents, tissus. Il en résultera une hypocalcémie qu’illustre fort bien le dicton populaire : « chaque enfant coûte une dent à sa mère ». Tout au long de la grossesse, le besoin en calcium est énorme. Vient-il à manquer, le corps ira le chercher là où il se trouve. Une alimentation riche en calcium est indispensable au cours de ces neuf mois. Ce calcium sous forme aisément assimilable se trouve dans les crudités ; carottes râpées, salade au chou, à la choucroute, salade verte doivent faire partie de tous les repas. Et si l’on prend une préparation de calcium, on accordera la préférence au calcium végétal, en évitant le calcium d’acide lactique tel qu’il est souvent proposé. L’ortie et d’autres plantes nous fournissent le calcium sous une forme assimilable.
En outre, on veillera à prendre de la silice. Différentes plantes contiennent de l’acide silicique, telles que la prêle7 et le galéopsis11, et d’autres encore. On prépare des infusions ou on les absorbe sous forme d’extraits frais. La vitamine D est également indispensable pour l’assimilation et l’utilisation du calcium. Dans ce but, on fera usage de l’huile de foie de morue et les diverses émulsions qui en contiennent, et d’une quantité de produits et d’aliments naturels riches en vitamine D.
Un autre point non négligeable, c’est l’activité régulière des reins et de la peau afin d’éviter les troubles métaboliques, l’accumulation d’acide urique entravant l’assimilation du calcium.
Enfin, une attention toute particulière sera vouée aux repas. La future maman mangera lentement, mastiquera consciencieusement et de ce fait, l’insalivation sera parfaite. En règle générale, l’hypocalcémie détermine une perturbation des glandes endocrines. Les ganglions lymphatiques fonctionnent mal, eux aussi. Des phénomènes de fermentation, de paresse de l’intestin et de gaz intestinaux intoxiquent alors l’organisme. En appliquant toutes ces instructions, la femme enceinte évitera tous ces désagréments, y compris le risque de tuberculose. D’autre part, un organisme bien pourvu en calcium et en silice résistera mieux aux infections. Quiconque a des dents gâtées, souffre de catarrhes fréquents, est sujet aux angines, aux inflammations ganglionnaires et aux maladies infectieuses, tirera profit de ces conseils. Prévenir vaut mieux que guérir, n’est-il pas vrai ? C’est la raison pour laquelle on veillera déjà chez l’enfant à l’apparition du moindre symptôme pour prendre au plus vite les mesures utiles.
Influences dangereuses pendant la grossesse
Il n’y a certes rien qui réjouisse davantage une femme normale que de donner la vie à un enfant en bonne santé. Les jeunes gens ne sont pas en mesure d’apprécier ce que signifie la joie d’être père et mère, avant de l’avoir eux-mêmes vécue. Toutefois c’est une grande peine, quand un enfant malade vient au monde ou même un enfant qui naît avec des malformations, des membres dégénérés, pinnipèdes, sans mains ni pieds, ou atteints d’autres malformations effrayantes qui furent observées sur des milliers de nouveau-nés en Europe et surtout en Allemagne, il y a quelques décennies. Quel sentiment effroyable doit être celui d’une mère lorsqu’elle réalise que c’est elle la principale coupable de ce malheur. La recherche scientifique a montré que les quatre à huit premières semaines de grossesse, c’est-à-dire les trois premiers mois après les dernières règles, sont de la plus grande importance en ce qui concerne les influences nocives sur la vie en germination. Mentionnons brièvement ici ce qu’il faut observer pendant cette période afin d’agir de façon optimale contre le risque de malformations de l’enfant à naître.
Alimentation et exercice
Celui qui a déjà saisi auparavant l’importance de la question alimentaire comprend d’emblée que la nourriture de la future mère doit être aussi naturelle que possible. Il n’est nullement nécessaire de manger de grandes quantités ainsi qu’on le recommandait autrefois.
Il est indispensable que la femme enceinte respire suffisamment d’oxygène, car cela garantit de meilleures conditions pour un bon développement de l’enfant. Elle pratiquera donc des exercices au grand air, en préférant les promenades en forêt ou dans les champs plutôt que sur les routes empestées par les gaz d’échappement.
Alcool, nicotine et lésions dues aux radiations
Tout le monde sait aujourd’hui que la consommation d’alcool même lors de la procréation peut avoir de terribles suites. C’est pourquoi il est irresponsable d’engendrer des enfants après une importante consommation d’alcool. Après une fête bien arrosée, c’est souvent le cas bien que cet acte inconsidéré puisse entraîner de graves tragédies pour la vie entière. Chaque mère doit connaître les inconvénients de la consommation d’alcool et se faire un devoir de ne pas en consommer pendant la grossesse.
Il est pareillement injustifiable qu’une femme fume pendant la grossesse et pendant l’allaitement. La preuve a été faite que la nicotine se retrouve déjà dans le lait de la mère, quelques heures après avoir fumé. Qu’est-ce qui prouve que cet agent toxique pour les vaisseaux ne pénètre pas aussi vite dans le placenta ?
Les lésions d’irradiation sont à éviter autant que possible, donc les rayons X, les rayons de radium et tous les rayons artificiels qui trouvent leur utilisation dans la radiothérapie moderne. Malheureusement, la radioactivité résultant d’explosions atomiques ne peut pas être éliminée, il n’est pas en notre pouvoir d’y échapper.
Médicaments de synthèse chimique
Les médicaments chimiques ont aussi une grande importance. Qu’il s’agisse de comprimés contre les maux de tête, de calmants ou de somnifères, les femmes enceintes doivent absolument les éviter. Les articles de journaux alarmants sur la tragédie de la thalidomide, qui a semble-til conduit à des malformations chez des milliers de nouveau-nés, ont pu suffire à effrayer toute femme enceinte et la convaincre que pendant la période de grossesse et d’allaitement il est opportun d’éviter l’ensemble des médicaments chimiques. Aujourd’hui c’est la thalidomide, demain peut-être un sulfonamide et après-demain sans doute un autre produit qui sera rendu responsable des lésions occasionnées. Pour cette raison, il est préférable de réserver la chimie aux produits de nettoyage pour vitres et revêtements de sol et de l’utiliser pour toutes sortes d’applications techniques plutôt que d’absorber de telles préparations. Les femmes enceintes doivent faire attention et placer leur devoir de mère au-dessus du besoin de faire disparaître très rapidement maux de tête, malaises ou insomnies avec un médicament puissant. Il existe suffisamment de remèdes végétaux inoffensifs pour soulager ces troubles passagers, alors pourquoi courir des risques aux conséquences incontournables ? Il est de plus en plus sûr que seule la nature, dans sa forme bénigne, a la vertu d’aider les hommes sans séquelles nuisibles. Par suite des conditions artificielles et des points de vue malsains auxquels nous sommes aujourd’hui exposés, il semble au contraire logique d’avoir recours aux stupéfiants plutôt qu’à la cure. Les conséquences de cette erreur montrent que les méthodes naturelles valent certes la peine de faire le détour.
Avantages et inconvénients du traitement hormonal
Certaines femmes qui désireraient avoir des enfants mais n’y parviennent pas risquent tout pour l’accomplissement de ce vœu très naturel. Ceci est compréhensible, car la non-réalisation d’un désir de ce type peut causer de graves troubles psychiques. Il y a cependant aussi des femmes qui n’ont pas spécialement ou même pas du tout envie d’avoir un enfant. Par conséquent elles ne souffrent pas de la stérilité, mais elles sont privées d’une heureuse maternité et également des multiples joies naturelles que les enfants apportent d’habitude dans un foyer.
Deux moyens
La stérilité d’une union peut relever de troubles hormonaux. Ceci s’est souvent avéré exact. Dans ce cas il y a deux voies à suivre. Premièrement, il est possible de stimuler le corps de telle façon qu’il améliore sa propre production d’hormones. Cela peut être obtenu d’une part avec des applications physiques, en accomplissant des bains de siège, des douches écossaises, des bains de Kuhne et autres traitements analogues. D’autre part, on peut aussi favoriser la circulation sanguine en veillant surtout à une meilleure irrigation de l’abdomen. On stimule ainsi la production hormonale, ce qui conduit souvent à une grossesse.
Des remèdes favorisant la circulation du sang, associé à une préparation au calcium et aux orties, conviennent extrêmement bien. L’absorption de germes de céréales ou d’huile de germes de céréales (en capsules) est également recommandée en complément. Bien que l’exercice et la respiration au grand air fassent partie de la détente corporelle naturelle, on ne doit cependant jamais exagérer pour ce qui est du sport, en adoptant un style de vie normal dans son ensemble. C’est cette voie naturelle et inoffensive à laquelle on doit d’abord avoir recours.
Certains choisissent d’emblée le deuxième moyen pour agir contre une stérilité, car il est susceptible de produire un résultat plus rapide. Il s’agit du traitement hormonal, surtout de l’emploi des hormones sexuelles. Cela comporte toutefois certains risques. Etant donné que les femmes sont très différentes les unes des autres dans leur sensibilité corporelle, il n’est pas facile à un médecin de trouver la dose appropriée. Le docteur Jürg Boer déclarait récemment dans un article paru dans la « Weltwoche » qu’une dose trop forte pouvait conduire à un résultat curieux, à savoir que plusieurs ovules seraient alors disponibles pour la fécondation, ce qui implique l’arrivée simultanée de jumeaux, de triplés ou même d’un plus grand nombre d’enfants. C’est vraiment trop, même pour la femme qui souffrait auparavant de ne pas avoir d’enfant. Il est donc préférable dans tous les cas de recourir d’abord au premier moyen afin de stimuler d’une manière naturelle et favorable les glandes qui sécrètent les hormones. Si l’on n’a pas de succès, on peut alors songer au traitement hormonal.
Autres observations importantes
A ce propos il est également opportun d’examiner de près le procédé contraire, à savoir l’arrêt de la production normale d’hormones dans l’organisme féminin. Des gynécologues ont observé que cet arrêt ne dure que pendant le traitement correspondant, comme c’est le cas pour les pilules contraceptives. Quand on cesse de prendre la pilule, une contre-réaction du corps peut se produire et entraîner des naissances multiples. Si de cette façon les triplés et les quintuplés se multiplient, les femmes commenceront peut-être à prendre enfin en considération les désavantages de l’absorption de telles pilules.
Les soins du nourrisson
Parmi les soins donnés aux bébés par nos parents il en était sans doute d’excellents, car l’expérience est un bon maître. D’autres laissaient à désirer, hélas, certaines coutumes anciennes ne répondant plus aux notions de l’hygiène moderne. Rappelons la peur presque magique de l’eau qui faisait considérer le bain et à plus forte raison le bain quotidien comme directement nuisible à la santé. Aujourd’hui encore, il y a des personnes âgées qui se vantent de n’avoir jamais pris place dans une baignoire ! Nous sourions en lisant qu’autrefois on veillait presque anxieusement à préserver les poupons de la lumière, de l’air, du soleil, de l’eau, dans la crainte d’un refroidissement. On pourrait croire à un conte remontant à des temps lointains et pourtant ce n’est pas bien vieux, nos grands-parents s’y tenaient encore. Craignant d’avoir des enfants aux membres déformés, on ligotait les nourrissons de façon à ce qu’ils ne puissent plus bouger. En Italie, on rencontrait il y a encore peu de temps des bébés emmaillotés comme des momies. Rien d’étonnant à ce que la mortalité infantile fût plus grande que de nos jours.
Les bains réguliers du nourrisson répondent aux exigences de l’hygiène, mais ils sont également indispensables pour seconder les activités si importantes de la peau. Les organes internes eux aussi sont stimulés par le bain : on évite les stases et les glandes endocrines obtiennent un précieux soutien pour remplir leur fonction complexe. N’oublions pas que l’enfant a passé neuf mois dans le ventre de sa mère, à température constante, protégé contre les rigueurs du monde extérieur, bien à l’abri sous le cœur maternel. Dès sa venue au monde, le petit être se trouve exposé à une atmosphère plus froide à laquelle son organisme tout neuf doit d’abord s’adapter. On mettra de l’eau tiède pour préparer le bain du nouveau-né qui n’aura jamais une température supérieure à 37°, c’est-à-dire dépassant celle qu’il a connue jusque-là. En été, cette température peut être plus basse, surtout s’il s’agit d’une eau chauffée au soleil. L’élément liquide est agréable au bébé et il s’y habitue vite. On en veut pour preuve les clapotis et les cris de joie qui trahissent son contentement mais qui deviennent des pleurs dès qu’on le sort du bain trop tôt à son gré.
Tout ce qu’on adjoindra au bain sera choisi avec prudence car on peut commettre des erreurs. On ne saurait empêcher l’enfant de porter ses doigts mouillés à sa bouche ou d’avaler quelques gouttes de l’eau du bain. Voilà pourquoi on ne devrait jamais faire usage d’extrait de pin teinté en vert (Natrium fluoresceinum). On fera preuve de prudence en utilisant les plantes astringentes telles que la chélidoine et le géranium, pourtant efficaces dans les cas d’eczéma ou d’éruptions. Les jeunes enfants sont sensibles et délicats ; un produit apparemment inoffensif peut engendrer chez eux un mal dont nous n’arriverons pas à soupçonner la cause. Les herbes convenant aux soins du bébé sont les suivantes :
La prêle, dont les bons effets sur la peau sont dus à sa richesse en silice.
La mélisse, convient aux enfants nerveux qui ont besoin d’un calmant.
L’alchémille, raffermit les tissus et stimule les muscles des bébés dont les chairs sont molles. (En cas de hernie, elle offre une aide modeste mais favorable.)
La camomille, rend service lors de troubles digestifs, de maux de tête ou de légers désordres du métabolisme.
Le souci (calendule) (dont on peut utiliser les feuilles et les fleurs), est indiqué en cas d’épiderme délicat, d’eczéma ou d’autres affections de la peau.
Le serpolet, de la même famille que le thym, rend de grands services aux enfants sujets aux refroidissements, rhumes et catarrhes. Il faut donner de temps à autre des bains de serpolet aux bébés dont les parents sont faibles des poumons.
Le plantain lancéolé s’emploie chez les enfants souffrant d’incontinence urinaire, ce dont on s’aperçoit seulement au moment où ils apprennent à être « propres ».
Les infusions ajoutées au bain seront légères car les jeunes enfants réagissent mieux aux remèdes de faible concentration.
Camomille
(Matriacaria chamomilla)
Les soins de la peau
Pour la toilette, on prendra un savon doux, très gras, du type « savon pour bébés ». L’emploi quotidien de savon n’est d’ailleurs pas indispensable. Après le lavage, la peau du poupon sera nourrie avec une bonne huile de massage qui ne doit contenir aucune substance éthérique trop forte. Il est recommandé de prendre de l’huile de millepertuis, à laquelle on ajoute un tout petit peu d’huile de mandarine, d’orange ou de citron.
Il suffit de procéder à cette friction du petit corps deux fois par semaine. Seules les jambes seront huilées tous les jours, et on pourra utiliser l’huile de millepertuis pour cela. L’huile est préférable au talc qui obstrue les pores, absorbe l’urine et nourrit divers bacilles. Expérience faite, l’huile est bien meilleure et elle protège la peau contre les inflammations. Si des rougeurs ou inflammations apparaissent, on aura recours à une crème biologique très grasse qui contient des teintures de plantes fraîches.
Tous ces remèdes maison seront choisis avec grande prudence : les nourrissons réagissent à des quantités infimes et ne supportent que de très faibles stimuli. Il faut surtout être prudent lors de la préparation d’infusions ou de décoctions d’herbes, une tisane apparemment inoffensive pouvant causer des troubles graves.
La pédiatrie constitue un domaine d’intervention privilégié pour l’homéopathie. On n’administrera des remèdes aux nourrissons qu’en doses homéopathiques. L’expérience montre hélas que les pédiatres se conforment rarement à cette exigence. Si des remèdes allopathiques puissants occasionnent des troubles chez l’adulte, on comprendra sans peine qu’un bébé ne les supporte pas sans danger pour sa santé. Chacun peut d’ailleurs se convaincre ici de l’efficacité frappante des remèdes homéopathiques, la force de suggestion souvent évoquée pour expliquer leur effet étant pour sûr inexistante chez les bébés.
Je rappelle encore une fois que les infusions doivent être légères et à peine colorées.
L’infusion de fenouil ou à défaut celle d’anis est le remède maison le plus courant. Fenouil, anis, cumin, aneth sont dits « réchauffants ». Lors de troubles digestifs et métaboliques, une très légère infusion de fenouil dissipera toute difficulté momentanée. Bébé et maman s’en trouveront soulagés.
L’infusion d’achillée millefeuille9 dosée légèrement, sera administrée en cas de diarrhée ou de manque d’appétit. Si la diarrhée persiste, on y ajoutera une pincée de tormentille31 et on fera absorber au bébé cette infusion légère à la petite cuillère.
L’infusion de verge d’or est le remède le plus sûr pour combattre les troubles rénaux. L’extrait frais de cette plante peut être considéré comme le remède idéal pour la vessie et les reins. A défaut de verge d’or, on utilisera une infusion très faible de cynorhodon.
Pour désinfecter les petites blessures, on prendra du petit-lait concentré, ce produit à base d’acide lactique remplaçant avantageusement l’iode car il est absolument inoffensif, ce qui n’est pas toujours le cas de l’iode.
Pour les badigeonnages externes, on se servira en toute confiance d’Hypericum. Des pédiatres renommés, comme le docteur Josef Schier12, prescrivent ce remède simple préparé avec de l’herbe de millepertuis comme préventif de la tétanie infantile.
Le manque de calcium (hypocalcémie) se manifeste assez fréquemment chez le petit enfant. Accompagné d’une avitaminose D, il est la cause du rachitisme. Cette affection ne s’accompagne pas forcément de graves malformations osseuses, telles qu’on les connaissait autrefois. De nos jours, on rencontre couramment des formes moins graves et moins apparentes. Les enfants souffrant d’un rachitisme léger sont en général très vifs, plus prompts à réagir que les autres ; ils ont l’air plus raisonnable et semblent plus mûrs que les enfants de leur âge. Ces enfants développent une certaine précocité. Ces petits me font songer à une pomme qui aurait mûri trop vite sur l’arbre. En y regardant de plus près, on constate que le fruit est véreux, d’où sa maturation hâtive.
Il faut soigner ces enfants qui manquent de calcium et de vitamine D. On choisira des préparations biochimiques et homéopathiques de calcium telles que le Calc. phos. D6, le Calc. fluor. D12 (pour la formation des dents) et le Silicea D12 (acide silicique). Un produit au calcium et aux orties, qui contient diverses dilutions de sels de calcium auxquelles on a ajouté de l’Urtica (ortie), donnera aussi de bons résultats dans tous les cas. L’huile de foie de morue est fortement recommandée pour sa teneur en vitamine D. Enfin, le jus de carotte ou le concentré de carottes, à base de jus de carottes frais, pourvoit naturellement au manque de calcium.
Le lait maternel
Le lait maternel est l’aliment par excellence du nourrisson et son importance est capitale pour la santé de l’individu, à court et à long terme. Selon les statistiques, la mortalité des enfants nourris artificiellement est dix fois supérieure à celle des bébés qui prennent le sein. Les premiers jours de l’existence sont très importants, et peuvent même être décisifs pour la survie du nouveau-né. Les expériences faites sur les bêtes nous démontrent qu’on ne saurait impunément contrarier la nature. Chaque paysan sait combien il est difficile de faire vivre un agneau même robuste s’il est privé du lait de sa mère. On voit périr les agneaux les plus vigoureux s’ils sont nourris au lait de vache ou même au lait provenant d’une autre brebis. Le lait de sa propre mère est l’aliment idéal dont toute créature a besoin dès sa naissance pour sa croissance normale : pour le veau, le lait de la vache, pour l’agneau, celui de la brebis et pour l’enfant, le lait maternel dont la composition physiologique et biologique est la seule à pouvoir assurer le développement du squelette ainsi que des reins et des organes en général.
Le tout premier lait maternel, appelé colostrum, contient des substances riches en ferments, des sels minéraux et des vitamines qu’on ne trouve dans aucun autre aliment. En outre, il renferme des anticorps, entre autres de l’alexine, et c’est ce qui explique pourquoi les enfants nourris au sein sont immunisés contre certaines infections.
L’affirmation gratuite selon laquelle la jeune mère qui allaite est éprouvée dans sa beauté ou même dans sa santé est erronée ; bien des témoignages prouvent exactement le contraire. Une jeune femme en bonne santé aura tout avantage à donner le sein ; durant cette période, dans des conditions normales, les glandes à sécrétion interne ou externe ont une activité plus intense dont l’organisme entier profite : l’absorption alimentaire et vitaminique est maximale, l’involution utérine après les couches se fait dans de meilleures conditions que chez les femmes qui renoncent à allaiter. Des liens de tendresse et d’harmonie plus étroits uniront la mère et l’enfant si celle-ci l’allaite. Mère et enfant profitent de cette conjoncture : il en va de même lorsque nous suivons les lois naturelles dictées par le Créateur.
Pour que le jeune organisme se développe normalement, pour que les défenses immunitaires contre les futures maladies se développent, le lait maternel est indispensable. L’expérience a prouvé que les enfants au sein supportaient mieux ces maladies que les bébés de même constitution nourris au biberon.
De jeunes mamans se tourmentent parfois lorsque le lait ne monte pas dès le premier jour. Elles ignorent qu’il s’agit là d’un phénomène naturel, car le nouveau-né reste environ vingt-quatre heures sans prendre de nourriture. La sécrétion du colostrum, liquide spécial d’une très haute valeur nutritive, précède la montée du lait qui se produit à partir du troisième, ou même du quatrième ou sixième jour. Ainsi donc, jeunes mamans, ne vous alarmez pas si tout ne correspond pas à l’idée erronée qui vous a été transmise ! Et si par la suite il vous manque du lait, la prise quotidienne de quelques gouttes d’Urtica ou de comprimés au calcium et aux orties stimuleront la lactation. Voir aussi le chapitre « Traitement des croûtes de lait ».
Inflammation mammaire (Mastite)
La plupart des infections mammaires surviennent au cours de la période de l’allaitement maternel ou du sevrage. Il est nécessaire de soigner tout de suite une inflammation car les indurations qui peuvent se former aboutissent souvent à la formation d’abcès. Dans ce cas, il vaut mieux laisser mûrir l’abcès afin qu’il s’ouvre de lui-même. On peut également l’ouvrir. Mais d’une façon ou d’une autre, il restera des cicatrices qui représentent des risques accrus parce que les tissus perdent de leur élasticité.
Mode de traitement et mesure de précaution
Une inflammation mammaire sera traitée aussi bien par des applications externes que de façon interne, par l’absorption de remèdes appropriés. Pour exercer une influence interne on peut prendre des préparations à base de plantes fraîche d’échinacée puisqu’elle s’est révélée déjà comme extrêmement sûre. En externe, on utilisera la teintures arnica10 et d’échinacée. On en frictionne alternativement les seins avec soin et le succès est garanti. Les femmes sensibles guériront rapidement si elles appliquent régulièrement des compresses chaudes, additionnées en outre d’infusion de mauves ou de sanicles. Afin d’intensifier le processus de guérison, on ajoute à chaque infusion de 5 à 10 gouttes de teinture d’échinacée.
Les femmes qui allaitent et qui désirent réduire la lactation peuvent y arriver en se frictionnant avec de la teinture de livèche et pour renforcer ce remède, en prenant en même temps de l’infusion de livèche, car la livèche est tout à fait appropriée dans ce cas. Après une fausse-couche, un avortement ou l’accouchement d’un enfant mort-né, il faut aspirer le lait jusqu’à ce que la lactation cesse, grâce à ce remède. Dans ces cas-là, il faut absolument arrêter la formation du lait par des moyens naturels. Ceci permet d’éviter la fièvre de lait et l’inflammation des seins qui pourraient sinon se produire. Il est aussi recommandé de graisser régulièrement la poitrine et surtout le bout des seins avec de l’huile de millepertuis ou de la crème grasse, une ou deux fois par semaine. Ces soins évitent aussi l’apparition de gerçures.
Alimentation des nourrissons
Certaines mamans se plaignent parfois de ce que la crème de riz naturel constipe les bébés. Il se peut que certains nourrissons y soient particulièrement sensibles et qu’ils se trouvent constipés par la crème de riz plutôt que par la crème d’avoine. La crème de riz ayant une très haute valeur nutritive, il ne faut pas en priver l’enfant mais plutôt remédier à cet inconvénient. Comme elles ont une action purgative, on ajoutera des graines de lin moulues à la crème de riz. La quantité dépendra de la sensibilité du bébé. Une pincée sera suffisante dans bien des cas pour corriger l’effet constipant du riz. Ainsi, le bébé pourra profiter quand même de cet aliment précieux.
On peut également préparer des bouillies au seigle complet. Moins onctueuse que les autres, cette bouillie sera appréciée au moment de la percée des dents, le seigle contenant non seulement du calcium, mais aussi des fluorures de calcium, indispensables à la formation de l’émail dentaire.
Le meilleur régime se composera alternativement de riz, de seigle, d’orge, d’avoine, peut-être même de millet et de sarrasin, ces bouillies alternant avec des jus de légumes et de fruits. Il faut souligner que les jus de légumes ne seront jamais mélangés avec des jus de fruits. Il serait même bien d’éviter de mélanger les jus de fruits, car ils pourraient ralentir la digestion chez les enfants sensibles. Les jus de fruits seront de préférence mélangés à de la purée d’amandes, en vente dans les magasins d’alimentation naturelle. La purée est diluée dans un peu d’eau puis on y ajoute du jus de fruits en opérant le mélange dans le mixer. Il en résulte une excellente nourriture pour nourrissons, qui convient également aux enfants plus âgés et aux adultes. Les enfants ayant des croûtes de lait ont absolument besoin de lait d’amande. Pour lutter contre les croûtes de lait, on ajoutera au lait d’amande du calcium et un peu de pensée sauvage (Viola tricolor).
Traitement des croûtes de lait réussi
Que de désagréments cause la croûte de lait aux parents ! Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, elle ne résulte pas d’un facteur externe, d’une infection ou autre. Les croûtes de lait témoignent tout simplement d’une sensibilité exagérée de l’organisme, d’une allergie dite trophique ou d’une carence. En éliminant les causes, l’affection disparaît sans autre forme de procès. Cette hypersensibilité peut être congénitale. En premier lieu, il faut écarter les moindres troubles dès qu’ils apparaissent. S’il y a trouble de la digestion, les fonctions intestinales seront stabilisées par de la crème de riz, du babeurre et d’autres remèdes naturels.
Chez les nourrissons au sein, c’est parfois l’alimentation maternelle qui est la cause des croûtes de lait. Les mères oublient trop souvent que nombre de substances qu’elles absorbent, les médicaments notamment, passent dans le lait et sont ainsi absorbées par le bébé. Par exemple, une jeune mère constipée pourrait prendre des laxatifs sans trop y penser ; tout à coup, l’enfant souffre de troubles intestinaux, de diarrhée. On lui administre toutes sortes de remèdes sans obtenir de résultats, jusqu’à ce qu’on se décide à passer à l’alimentation artificielle pour enfin stopper la diarrhée. Mais il sera alors privé de son aliment le plus précieux : le lait maternel. Et dire que la guérison aurait été si simple ! Pendant la période d’allaitement, la maman ne doit absorber aucun laxatif à base d’aloès ou d’autres substances semblables. Les produits à base de graines de lin ou à base de Psyllium sont efficaces tout en demeurant inoffensifs. D’autres médicaments passent aussi dans le lait maternel : les barbituriques, c’est-à-dire bon nombre de calmants et de somnifères, le brome, les composés de la morphine, les produits à base de mercure, la quinine, l’acide salicylique et d’autres substances antirhumatismales, l’iodure de potassium et enfin l’alcool et la nicotine.
Les enfants soumis indirectement à un tel régime dès leur naissance ne tarderont pas à en subir les conséquences. Si votre bébé souffre de croûtes de lait, réfléchissez à tout cela, jeune maman. Si vous avez la mauvaise habitude de fumer, ne le faites plus pendant la période d’allaitement ! Pensez à votre enfant, sinon son petit corps souffrira de votre manque d’égards en étant obligé de neutraliser la nicotine.
Au cours de la grossesse, soit dit en passant, ce poison exerce déjà une mauvaise influence sur le petit être en formation, fait que chacun peut vérifier objectivement. En appliquant l’oreille sur l’abdomen de la mère, on perçoit les battements du petit cœur puis, si la jeune femme se met à fumer, on comptera bientôt huit fois plus de battements par minute. Un bon mari qui aura fait cette expérience priera instamment sa femme de cesser de fumer.
Les aliments aussi peuvent avoir une influence sur le lait maternel. J’ai observé plus d’une fois qu’une croûte de lait disparaissait en quelques jours si la mère s’abstenait de manger du blanc d’œuf. Voilà pourquoi il serait bon, en période d’allaitement, de s’en tenir au régime naturel dont nous parlerons plus loin. Si vous allaitez votre enfant, n’oubliez donc pas que vous mangez pour vous et pour lui ! Donnez-lui le sein aussi longtemps que possible. Au cas où la croûte persisterait malgré le nouveau régime maternel, remplacez une tétée par un biberon de lait d’amande ou de babeurre. Ce repas pauvre en graisses aura sans doute d’heureux effets. On pourra ajouter au babeurre quelques gouttes d’extrait frais de pensée sauvage.
Si l’enfant est déjà sevré, vous ferez bien de suivre les conseils suivants : ne donnez pas de lait de vache à un enfant ayant une croûte de lait et remplacez-le par du lait d’amande. Ce régime nécessite un contrôle régulier du poids. Certains jeunes enfants ne profitent pas des albumines végétales et perdent du poids. Si la compensation des protéines par la farine de soja est encore insuffisante à la prise de poids, il faudra en revenir aux protéines animales, donc au lait. En ce cas, le lait de chèvre ou de préférence celui de brebis sera mieux toléré. Les enfants plus grands atteints de croûtes de lait tenaces mangeront du germe de blé. Il faudra de toute façon s’en tenir exclusivement aux produits naturels et éviter la chimie. Dans certains cas, le traitement naturel amène une guérison très rapide, dans d’autres, le processus sera plus long et exigera davantage de patience. Une maman inquiète au sujet d’une croûte de lait qui venait de se déclarer chez sa petite fille me demanda conseil. Elle m’envoya l’urine du bébé afin d’établir les carences. Il s’est avéré que l’enfant avait besoin de lait d’amande et qu’il fallait ajouter du jus de carotte à sa bouillie de légumes, la fonction hépatique étant insuffisante. En outre, il fallut remédier à une légère hypocalcémie par l’administration d’un produit approprié de calcium biologique. De plus, il fallait faire travailler les reins avec une infusion très légère de Solidago (verge d’or). Pour l’usage externe, il est conseillé de badigeonner les parties atteintes avec de l’huile de millepertuis et de les poudrer avec une préparation au calcium et aux orties. Les bains au son donnent aussi de bons résultats.
Une année plus tard, la mère nous écrivit brièvement ceci :
« Vous nous avez aidé l’an passé quand notre petite fille avait la croûte de lait. Nous vous en remercions beaucoup. »
Et voici le rapport d’une infirmière :
« Pour le moment, je suis seule dans un chalet avec deux enfants. Le petit garçon âgé de quinze mois a souffert de croûtes de lait l’an dernier. Vous m’avez alors envoyé le composé au calcium, l’extrait de Viola tricolor et le concentré de petit-lait. Grâce à ces excellents remèdes, les croûtes de lait ont disparu en quinze jours. »
Dans ce cas, on avait utilisé une dilution de petit-lait concentré en badigeonnages. L’extrait frais d’échinacée est également efficace pour ces badigeonnages. L’eau et le savon sont formellement déconseillés car inadéquats. L’huile, surtout celle de millepertuis, sera parfaite pour nettoyer la peau des bébés. Il est réconfortant de constater que toutes ces difficultés disparaissent avec une méthode aussi simple qui ne porte aucun préjudice à la santé de l’enfant.
Eczéma infantile
L’eczéma infantile est une affection pénible qui tourmente à la fois l’enfant et la mère, puisque la souffrance de son petit la touche également et que des soins constants requièrent son attention.
Au Congrès de la Société allemande de Pédiatrie tenu à Munich en 1964, le professeur Holt13, pédiatre américain de l’Université de New York, déclara que la thérapie au goudron était toujours la meilleure méthode en cas d’eczéma infantile. Il s’agit d’un extrait de goudron d’une teneur en alcool de 5 % qui s’avère plus économique que le traitement avec des pommades aux stéroïdes. Le professeur avoua toutefois que l’eczéma infantile était assez facile à circonscrire mais très difficile à guérir, ce qui ne manque pas d’intérêt.
Grâce à cette thérapie, on peut donc passer relativement facilement du degré IV au degré I de l’affection, mais pour une guérison totale, la thérapie au goudron n’est pas suffisante. Si l’on interrompt toutefois ce traitement, l’état du petit malade s’aggrave rapidement ; ceci ne fut cependant pas mentionné au congrès. On n’évoqua pas non plus le fait que le goudron, avec ses onze carbures d’hydrogène, dont la naphtaline, est connu pour être cancérogène.
Mode de traitement recommandé
Malheureusement, aucun pédiatre présent ne vint présenter d’alternative, à savoir le régime sans lait et sans albumine associé à un traitement efficace par les ferments lactés, en l’occurrence le petit-lait. Aucun des participants au congrès ne put élucider le succès inattendu du traitement au petit-lait en cas d’eczéma infantile. Il est très regrettable que ce mode de traitement ne soit pas mieux connu dans les milieux intéressés, bien qu’il soit utilisé depuis très longtemps. Depuis des siècles déjà on a constaté que l’eczéma commençait à guérir par des bains de petit-lait frais ou encore mieux de petit-lait aigre. L’emploi simultané d’une teinture de pensées sauvages augmente encore les chances de succès. Puisque l’eczéma infantile témoigne en règle générale d’un déficit du taux de calcium, l’absorption d’une préparation au calcium et aux orties complète avantageusement le traitement. Au lieu de pommade stéroïdienne, employer de préférence une crème à base de suint. Tous les pédiatres seront enthousiasmés par les résultats.
Le régime alimentaire est également très important. Puisque l’albumine du lait est complètement éliminée, les protéines végétales n’en sont que plus nécessaires. Le soja et les amandes, par exemple la purée d’amandes, ont déjà fait leurs preuves. Il faut aussi observer un régime pauvre en sel mais les exposés du congrès n’en tinrent pas compte.
En rapport avec la question alimentaire, on fit une intéressante constatation. Des médecins racontèrent que chez les riches familles du Nigéria qui vivent à l’européenne, l’eczéma infantile est fréquent, alors que chez les indigènes fidèles aux coutumes ancestrales, il n’en existe pratiquement aucun cas. Ce fait permet de conclure que les dommages alimentaires et les habitudes de vie de notre civilisation jouent aussi un rôle pour ce qui est de l’eczéma infantile.
La constatation ou plutôt l’affirmation que l’eczéma infantile est une forme d’allergie n’est pas vraiment étayée. La recherche d’un antigène nocif ou d’un anticorps spécifique n’aboutira vraisemblablement pas. Alors pourquoi ne pas recourir aux remèdes de la nature qui s’avèrent aussi simples qu’inoffensifs et surtout, particulièrement efficaces pour la guérison dans de nombreux cas d’eczéma infantile ?
Les maladies infantiles
Il faut reconnaître que les maladies infantiles peuvent être utiles, si la fièvre qui les accompagne brûle des éléments nocifs, susceptibles de déclencher tôt ou tard un mal plus grave. Ceci ne veut pas dire qu’il faille les provoquer ! Elles se présentent toujours assez tôt et plus le bébé est grand et fort, mieux il surmontera le mal. Une maladie infantile soignée par des remèdes naturels qui soutiennent ses réactions aura un effet dépuratif des plus salutaires. La fièvre brûle et élimine bon nombre de substances toxiques provenant encore de la vie embryonnaire, c’est-à-dire de l’organisme maternel. Certains médecins ont observé que des adultes n’ayant jamais eu de maladies infantiles accompagnées de fièvre sont davantage atteints d’autres maux. Ce fait témoigne de l’excellente action thérapeutique de la fièvre. Si un enfant succombe des suites d’une maladie infantile, c’est presque toujours à cause d’un traitement mal adapté et tout particulièrement de la suppression des principaux symptômes par des médicaments : la fièvre et les éruptions cutanées. La fièvre est un agent de défense interne du corps car elle brûle les substances toxiques venues de l’extérieur et celles qui sont produites à l’intérieur. Quant aux éruptions cutanées, elles éliminent les toxines par l’extérieur, les pores de la peau étant des orifices d’évacuation. Ces réactions cutanées, tout comme la fièvre, ne doivent surtout pas être réprimées, car on risque de provoquer des affections bien pires pour le cœur, le système nerveux ou les poumons.
« On ne peut pourtant pas laisser monter la fièvre sans rien faire jusqu’à ce que la vie soit en danger ! », objectera une infirmière ou une nurse trop empressée. Bien sûr que non. Il y a toutefois une grande différence entre la suppression de la fièvre et l’entretien de ce feu intérieur. Nous allons donc entretenir ce feu par une bonne aération qui permettra aux corps nocifs de brûler complètement et rapidement, après quoi l’organisme purifié pourra retrouver le repos. Un remède tout simple, Ferrum phos. D12, exercera une action décisive chez les petits. Pour faciliter la dérivation sur la peau, Aconitum D4 est un médicament connu de longue date et toujours apprécié.
Si l’infection ne présente pas encore de siège bien déterminé, on administrera alternativement Aconitum D4 et Belladonna D4. Il est surtout important de provoquer l’évacuation de l’intestin. Voilà pourquoi, en règle générale, on ne pourra éviter un petit lavement préparé avec une infusion de prêle7 ou de camomille. Autre point essentiel dans le traitement d’une infection : la fonction rénale. On la soutiendra avec une infusion de prêle ou mieux encore avec un extrait de plantes fraîches pour les reins. Le troisième point important est la dérivation cutanée et on s’en tiendra aux données de Kneipp, de Priessnitz et des autres hydrothérapeutes en ayant recours aux enveloppements chauds ou froids, selon les cas. Les enveloppements chauds n’ont pratiquement pas de contre-indication. Les compresses froides, en revanche, doivent être appliquées au bon moment et au bon endroit. Il n’y a toutefois pas lieu de se faire du souci, étant donné qu’une forte fièvre empêche le corps de prendre froid et que les compresses froides produisent en général une température externe plus forte, ce qui aura pour effet de réduire la chaleur interne.
En tout état de cause, il faudra se souvenir de ce principe fondamental : ne pas contrecarrer la nature ! Tout traitement n’aura pour but que d’entretenir et de soutenir les mesures de défense naturelle.
Enfants et adultes sont exposés aux maladies infectieuses dans la mesure où leur régime alimentaire est mauvais ou inapproprié. Les moindres carences, même de très légères avitaminoses, augmentent les risques d’infection. Bien des parents ont peur de voir monter rapidement la fièvre du bébé. Mais c’est précisément cette élévation rapide qui est salutaire car elle permet de brûler radicalement tous les éléments toxiques. Ajoutons que le petit cœur des enfants est beaucoup plus fort qu’on ne le croit et que par rapport à la taille du corps, il est plus résistant que celui des adultes.
Rougeole
C’est chez nous l’une des infections les plus inoffensives de l’enfance, alors qu’elle peut être mortelle pour les jeunes Indiens, par exemple, dans des contrées où la rougeole n’existait pas jusqu’alors. Elle est le fait d’un virus, donc d’un minuscule germe pathogène. Les virus sont restés très longtemps méconnus à cause de leur taille bien inférieure à celle des bactéries. Ils sont invisibles au microscope normal, où l’on peut détecter les bactéries après coloration. Seul le microscope électronique a permis leur étude détaillée. Mais de tout temps, on a considéré la rougeole comme une maladie infectieuse en raison de son évolution et de son caractère contagieux. La plupart des mamans connaissent cette éruption cutanée de papules rouges accompagnée de fièvre. Le diagnostic de la rougeole est déterminé par l’apparition sur les muqueuses internes des joues de minuscules points blancs, sur des taches rouges de 2 à 3 millimètres, un ou deux jours avant l’éruption externe. C’est l’énanthème de Koplik, qui est de courte durée.
La maladie débute environ quinze jours après la contamination, ce qui explique l’apparition d’autres cas dans la famille ou dans le voisinage au bout de dix ou douze jours.
Les premiers symptômes peuvent varier. Le plus souvent, la maladie s’annonce par un rhume avec éternuements, saignements de nez, pharyngite, conjonctivite avec hypersensibilité à la lumière, brûlures des yeux et larmoiement.
Survient alors la fièvre qui peut monter jusqu’à 39°, puis retomber pour remonter jusqu’à 40,5° le quatrième jour. Elle ne diminuera normalement qu’après l’éruption cutanée. Si elle se maintient encore plus de trois ou quatre jours après l’éruption, il faudra prévenir énergiquement la complication qui s’annonce. Sans tarder, on administrera Lachesis D10 qui empêchera toute complication septicémique. On dérivera cette menace vers la peau par des enveloppements chauds de serpolet ou de thym sauvage qu’on renouvellera sans arrêt. On aura avantage à appliquer ces compresses chaudes même si la maladie se déroule normalement, pour favoriser une éruption forte et franche. Tant que la fièvre se maintient, on ne donnera aux enfants que des jus de fruits, orange, raisin ou du jus de carottes qui a un effet bénéfique sur le foie. A défaut de jus de fruits, on leur fera boire de légères infusions sucrées au miel. Comme dans toutes les maladies infectieuses, on surveillera l’hygiène buccale. Pour les tout-petits, enveloppez votre index d’une fine compresse et trempez-le dans du concentré de petit-lait dilué pour désinfecter les gencives, les muqueuses buccales et la langue, toujours chargée en pareil cas. Chez les plus grands, on pourra utiliser à cet effet une petite brosse à dents.
Les remèdes sont administrés comme suit :
Aconitum D4 5 gouttes toutes les demi-heures. Après sudation et baisse de la température, espacer les intervalles.
Ferrum phos. D6 (pour les tout petits D12) 1 comprimé toutes les heures.
Belladonna D4 en cas de congestion de la tête, de toux rauque, de conjonctivite ou d’otite, 5 gouttes toutes les heures.
Antimonium sulf. aureum D4 ou D6. Dès que la fièvre est tombée, on ne donnera plus que ce remède jusqu’à guérison complète si aucune complication n’intervient. Les 3 premiers jours, 1 comprimé toutes les 2 heures. Au bout de 3 jours, 2 comprimés 3 fois par jour.
Gouttes phytothérapeutiques pour les reins, 5 gouttes ajoutées aux jus de fruits. Ce médicament hâtera l’évacuation des toxines par les reins.
Cuprum aceticum D4 et Antimonium sulf. D4 seront donnés alternativement s’il y a danger de coqueluche.
Coccus cacti D4 agit rapidement sur un début de coqueluche consécutive à une rougeole, si on l’administre dès l’apparition des premiers symptômes. On parvient souvent à juguler le processus avec ce produit sans le moindre inconvénient.
Chez les enfants délicats, héréditairement prédisposés à la tuberculose et qui ont souvent les ganglions enflés, on adoptera le traitement préventif suivant :
Calc. phosphoricum D4 en alternance avec D6 : 2 comprimés 3 fois par jour.
La préparation au calcium et aux orties, administrée pendant des mois, est un remède plus puissant que le précédent et peut accomplir des miracles.
Arsenicum jodatum D4 sera donné aux enfants maigres à croissance rapide, pendant des mois, en alternance avec un produit au calcium et aux orties.
Kalium phos. D6 est recommandé en cas de complications bronchiques et pulmonaires.
Sulfur D4 sera pris lorsque l’éruption ne se déclare pas malgré les enveloppements.
Après la normale rémission de la maladie, les enfants éviteront de sortir trop tôt à l’air froid. En hiver, on les gardera encore huit jours au chaud, sinon au lit, dans une chambre bien aérée. Ces précautions concernent surtout les enfants délicats afin d’éviter les séquelles et les éventuelles complications.
Oreillons
Cette affection courante est également l’une des plus inoffensives parmi les maladies infantiles. Elle atteint essentiellement les parotides, soit les deux glandes salivaires situées près des oreilles. Chez les garçons, elle peut entraîner une inflammation des testicules. Chez l’homme adulte, cette orchite peut avoir des suites redoutables aboutissant à l’atrophie testiculaire et à l’impuissance définitive.
Le remède le plus actif en cas d’oreillons est Mercurius solubilis D10. On en prescrit 2 ou 3 gouttes ou 1 comprimé toutes les 2 ou 3 heures. Aconitum D4 et Belladonna D4 sont ensuite administrés en alternance toutes les demi-heures, également 2 ou 3 gouttes. Les enveloppements des mollets, préparés avec du concentré de petit-lait, ont une forte action dérivative à condition de les appliquer seulement si les pieds sont bien chauds. Les bains de siège dont on augmentera la température de 36 à 44°, suivis d’un enveloppement sec, sont également très bons. Si les fonctions intestinales laissent à désirer, on administrera un lavement. Pour calmer la douleur, on fera des compresses chaudes à l’eau additionnée de quelques gouttes de teinture d’arnica ou de Calendula. Les enfants se gargariseront d’autre part avec du concentré de petit-lait fortement dilué. L’huile de millepertuis chaude est un remède du bon vieux temps, toujours apprécié. Le cataplasme suivant est encore plus efficace : on prépare une bouillie d’argile avec de l’huile et on pose une bouillotte bien chaude sur ce cataplasme, qui calme la douleur et guérit le mal. Silicea D12 sera administré à raison d’1 comprimé 3 fois par jour jusqu’à guérison complète.
Coqueluche
On considère souvent la coqueluche comme un mal anodin et on n’attache pas d’importance aux quintes de toux profondes et spasmodiques des enfants. Cette affection, pourtant, ne doit pas être prise à la légère. Mal soignée, elle peut avoir de fâcheuses séquelles qui engendrent à leur tour des dommages durables. L’homéopathie et la phytothérapie nous offrent des médications simples. Les parents doivent absolument se donner la peine d’appliquer cette méthode naturelle. On ne pourra certes pas enrayer complètement la coqueluche avec un tel remède, mais on atténuera les gros accès de toux et on en raccourcira la durée, à condition d’éliminer les toxines qui se forment comme dans toute maladie infectieuse, rougeole, scarlatine, grippe, etc. On luttera contre la faiblesse physique qui pourrait amener de nouvelles maladies. En règle générale, la coqueluche est toujours suivie d’une autre affection d’où l’importance de fortifier l’état général pour parer à toute nouvelle attaque. Dans certains cas bénins, les accès de toux disparaissent complètement au bout de quelques jours. Dans d’autres, il est nécessaire d’administrer au petit coquelucheux une préparation de calcium biologique. Il faut aussi soigner les reins afin d’éliminer les substances toxiques du métabolisme. Ipecacuanha D4 et Coccus cacti D4 sont des remèdes homéopathiques efficaces. On arrêtera progressivement le traitement dès que la toux aura cessé. On donnera encore pendant un certain temps du sirop aux bourgeons de sapin car la médication ne doit jamais être interrompue brusquement. En cours de maladie, on n’oubliera pas les enveloppements de la poitrine qui se préparent avec une infusion de fleurs de foin ou, dans des cas plus graves, avec des oignons. Plus énergiques encore seront les sinapismes au raifort ou à la moutarde. En cas de bronchiolite des nourrissons (inflammation et obstruction progressive des bronchioles, les voies les plus fines des poumons) les bains ou les enveloppements sinapisés (à la moutarde) seront parfois l’unique moyen de sauver l’enfant qui suffoque, déjà bleui par le manque d’oxygène. Veiller à ne pas laisser trop longtemps la peau en contact avec la farine de moutarde. Elle doit seulement rougir au maximum, sans formation de vésicules. Bien appliqué, ce traitement préservera les enfants de complications graves.
Maladie de Herter
Cette affection appelée aussi maladie cœliaque14 ou infantilisme intestinal suscite tant de soucis et de tracas que bien des mamans seront soulagées d’apprendre comment la combattre efficacement. On la traite comme les catarrhes intestinaux et les diarrhées des nourrissons.
Les gouttes contre la diarrhée constituent le meilleur remède. On donnera de 2 à 5 gouttes, de 3 à 5 fois par jour, selon l’âge et la sensibilité du petit malade. La dose peut être augmentée progressivement jusqu’à ce que les selles reprennent leur consistance normale. En complément, on fera des bains de siège fréquents ou des enveloppements humides et chauds du ventre, avec une infusion de prêle ou de camomille.
En ce qui concerne le régime, on donnera la précédence au riz complet. On s’en tiendra au riz et les bouillies seront préparées avec du riz complet et non du riz poli. On ajoutera à ces bouillies du jus de carottes frais ou du concentré de carottes, à raison d’un quart ou d’une demi-cuiller à café.
Pendant toute la durée de la maladie, enfants et adultes éviteront les produits contenant du gluten et ceux à base de farine ou de semoule blanche. Le riz est la céréale appropriée en cas de maladie de Herter. On peut aussi préparer une purée de pommes de terre non épluchées en y ajoutant du jus de carottes frais. Par la suite, on pourra donner quelques poireaux cuits à la vapeur. Pour ce qui est des légumes, on n’en ajoutera pas d’autres jusqu’à la guérison complète.
Pour les fruits, on peut mélanger une pomme râpée avec de la banane écrasée. Les myrtilles sont admises. Dès que les symptômes les plus aigus auront disparu, on pourra recourir au jus de pamplemousse, par petites15 quantités.
La ration alimentaire sera minime. On l’augmentera graduellement à partir du moment où la digestion se sera améliorée et où les selles auront repris consistance et couleur normales. Une ration trop importante est toujours beaucoup plus néfaste qu’une ration modérée. Si l’un des aliments évoqués provoque le moindre trouble, on devra adapter le régime à la sensibilité de l’enfant. Dès que les selles redeviennent normales, on réduit les médicaments et on revient peu à peu à une alimentation normale. En cas de légère rechute, reprendre immédiatement le régime. Le lait d’amandes a déjà fait ses preuves dans bien des cas. Si vous suivez les instructions données tout en tenant compte de la sensibilité individuelle de l’enfant, vous obtiendrez une guérison totale avec une bonne dose de patience et de persévérance.
Poliomyélite
Depuis que la vaccination par voie buccale est menée à grande échelle, la poliomyélite est devenue très rare. Cette terrible maladie est en fait de très courte durée. Le virus responsable, très actif, produit de puissantes toxines qui détruisent les cellules nerveuses et déterminent des paralysies locales. En règle générale, la maladie elle-même ne dure que 2 ou 3 semaines. Ses séquelles apparaissent plus tard, sous forme de paralysies. Voilà pourquoi il faut procéder à un traitement rapide et sérieux, sans perdre de temps. Il ne faut en aucun cas temporiser. Divers témoignages m’ont permis de constater qu’il était indispensable d’aborder à nouveau ce sujet pour que les profanes tout comme les gens de métier ne perdent jamais de vue quelques règles fondamentales afin d’éviter un malheur plus grave.
Tout récemment, un père de famille du centre de la Suisse m’écrivait qu’il avait dû faire hospitaliser son fils, un garçon robuste, pour observation et diagnostic. Les jours avaient passé et le médecin n’avait rien entrepris jusqu’au moment où les premiers symptômes de paralysie pulmonaire apparurent. On eut alors recours au poumon d’acier mais malgré sa constitution robuste et saine, le garçon mourut au bout de quelques semaines. Etant donné les thérapies que l’on connaît actuellement, cela ne devrait jamais arriver. Des physiothérapeutes, parmi lesquels on connaît surtout Sœur Kenny16, ont mis en évidence l’importance vitale du traitement immédiat des sujets atteints de poliomyélite. Plus on attend, plus le virus détruit de cellules nerveuses à l’aide de ses toxines. Dès l’apparition des premiers symptômes, il faut provoquer la sudation. Tous les moyens sont bons : bains de vapeur, sauna, bains de Schlenz (pour l’effet hyperthermisant) ou simplement enveloppements chauds sans interruption. Peu importe la méthode : il s’agit de provoquer le plus rapidement possible une transpiration importante. Cette sudation permet d’éviter un malheur, sinon la paralysie elle-même. Dans le cas cité plus haut, si l’on avait appliqué le système de Sœur Kenny, le garçon aurait probablement pu vivre sa vie jusqu’au bout. Même si l’on est d’esprit conservateur, il ne faut pas négliger de prendre en considération les résultats positifs obtenus par les thérapeutes d’aujourd’hui en cas de maladies graves. Il faut agir rapidement dès l’apparition des premiers symptômes, qui ressemblent à ceux de la grippe : extrême fatigue, maux de tête, membres lourds, vomissements, manque d’appétit etc. Même avant d’établir un diagnostic sûr, les symptômes seuls étant décisifs, il faut transpirer. La sudation, d’ailleurs, n’est jamais contre-indiquée ; elle n’a que de bons effets, même si les symptômes relèvent d’une autre maladie infectieuse. L’intervention immédiate empêchera l’évolution de la maladie, ce qui est de la plus haute importance pour cette maladie très grave.
Il sera bon de faire usage de remèdes de soutien tels que Gelsemium D6 ainsi qu’une préparation de calcium et orties, l’apport en calcium étant toujours utile dans ces cas-là. Les malaises seront traités avec Nux vomica D4. Ce sont toutes de bonnes options de soutien. Afin de ne pas surcharger les organes, on peut passer au régime à base de jus de fruits. Mais avant tout, on maintiendra la sudation pour éliminer les toxines, tout en veillant à activer les fonctions rénale et intestinale. C’est la première méthode fiable pour remédier au mal. Comme elle a fait ses preuves, elle mérite de toutes façons d’être appliquée, même en complément d’une autre thérapie confirmée.
La poliomyélite est avant tout une affection épidémique. La saison chaude semble être la plus propice au développement de ce virus : la maladie apparaît plus fréquemment en été17 qu’en hiver, où les cas sont moins nombreux. Dans les régions tropicales, elle sévit toute l’année. Les recherches scientifiques faites sur le virus ont montré que beaucoup d’individus sains et particulièrement des enfants étaient porteurs du germe. Par suite d’une immunité naturelle ou acquise, ils échappent à la maladie. Parmi les peuples primitifs, la poliomyélite est rare. On en vient à conclure que certains avantages ou désagréments de notre civilisation augmentent la sensibilité et réduisent la résistance. Comment se protéger contre cette maladie, redoutée à juste titre ? On peut, comme pour toutes les maladies infectieuses, adopter certaines mesures préventives, avant tout, un mode de vie naturel. Il est important d’avoir une activité saine. Eviter de vivre dans un cocon. Que l’air, la lumière, le soleil demeurent nos fidèles compagnons. On croit pouvoir affirmer avec certitude que le virus de la poliomyélite se retransmet par le nez et la gorge. En cas d’épidémie, il ne faut donc pas négliger de badigeonner la gorge des enfants avec du concentré de petit-lait. De cette manière, il est possible de se protéger contre les maladies infectieuses tout en augmentant les forces de défense. Mais si la maladie s’est déjà déclarée, le principe fondamental du traitement se résume en deux mots : désintoxication et élimination. C’est la condition nécessaire et suffisante pour s’en sortir sans trop de dommages.
Quelques conseils pour la grippe
La grippe, heureusement, n’a pas toujours le caractère redoutable de la grande épidémie qui sévit en Europe en 1918-1919 et qui fit plus de victimes que la première guerre mondiale. C’est une maladie bénigne, la plupart du temps. Mais comme on ne sait pas toujours s’y prendre pour lutter contre une infection, voici une fois de plus quelques conseils, valables non seulement pour la grippe mais aussi pour les maladies infectieuses en général.
Tout traitement commence par le nettoyage des intestins à l’aide d’un laxatif végétal naturel.
Tant que la fièvre persiste, il faut jeûner. Pour apaiser la soif et éliminer les toxines, les jus d’orange, de pamplemousse15 ou de raisin sont tout indiqués. Si le foie est touché par la maladie, le jus de carottes remplacera les jus de fruits. En aucun cas, on ne supprimera la fièvre avec des remèdes chimiques. Alliée du corps, la fièvre est un moyen de défense dont le rôle est d’anéantir et de brûler les substances pathogènes et les toxines. La dérivation rénale est indispensable et pour la faciliter, une tisane diurétique au Solidago (verge d’or) ou une préparation pour les reins à base de plantes fraîches qui agiront promptement. L’action bienfaisante de la fièvre sera soutenue par des enveloppements chauds amenant la sudation. Si le malade a de la peine à transpirer, on lui apportera une infusion de fleurs de sureau bien chaude avec du jus de citron.
L’enveloppement chaud sera accompagné de compresses froides sur les mollets. Ce traitement soulagera le patient et lui permettra de s’endormir paisiblement.
Si le cœur est atteint à son tour, on fera usage d’un tonique cardiaque ou de jus de fruit sucré au miel. On peut ajouter du miel aux infusions ou le diluer simplement dans de l’eau. Le sucre de raisin pur est un tonique cardiaque à effet immédiat.
On fera aussi des ablutions régulières de tout le corps avec une décoction de thym ou d’aiguilles de genévrier, même si le malade ne transpire que faiblement.
Si l’affection grippale est forte, on administrera Podophyllum D4 et Taraxacum (pissenlit), qui ont une influence salutaire sur le foie. Ne pas oublier le jus de carottes crues, déjà mentionné ci-dessus, qui agit lui aussi sur la glande hépatique. Pendant la nuit, appliquer des feuilles de chou écrasées sur le foie.
Si la grippe prend une forme cérébrale ou nerveuse, on donnera Avena sativa et Acid. phos. D4, ainsi qu’un remède au calcium biologique. Si le mal est tenace, on ajoutera une préparation aux plantes fraîches d’échinacée. Une compresse de feuilles de chou écrasées sur la nuque procure un soulagement certain.
Comme pour toutes les maladies infectieuses, il faut veiller à une bonne hygiène buccale. Les dents seront brossées régulièrement et les dépôts de la langue éliminés à l’aide d’une brosse à dents. Les gargarismes au concentré de petit-lait favorisent le processus de guérison.
Les poumons sont mis à rude épreuve par toutes les maladies infectieuses et il s’agit de veiller à une bonne aération. Lorsque le malade est bien couvert, une chambre fraîche est préférable à une atmosphère surchauffée.
Quand la fièvre a disparu, on commence par donner au patient des fruits, des légumes crus puis une nourriture légère et végétarienne. Après la guérison complète, on reprend le régime habituel, de préférence à base de produits naturels.
Grâce à ce traitement, la grippe sera bientôt surmontée, la lassitude et les autres phénomènes désagréables de la convalescence seront évités.
La grippe virale
Bien que la grippe virale, qui sévit toujours en Europe depuis quelques dizaines d’années, ne fasse plus autant de victimes qu’autrefois, on ne peut toutefois pas la qualifier de maladie anodine car ses séquelles peuvent être très pénibles et extrêmement désagréables. Il peut s’agir d’une pneumonie ou d’une aggravation aiguë de lésions chroniques du foie, des reins, du pancréas ou encore des organes de l’abdomen. Le système de conduction du muscle cardiaque peut être perturbé, de même que des affections de la peau peuvent survenir sous la forme d’eczéma. Suivant les cas, des douleurs rhumatismales apparaissent comme séquelles d’une grippe virale mal soignée ou mal guérie. Toutes ces lésions peuvent être évitées en veillant à une guérison totale de la grippe.
Points importants du traitement de la grippe
Quand une grippe virale se déclare, nous devons avant tout tenir compte de quatre points importants, indissociables du succès du traitement :
1. Nous avons recours en première ligne à un traitement physique, permettant de stimuler fortement l’élimination des toxines des bactéries. En même temps, nous surveillons l’état du cœur car il faut absolument en tenir compte lors les cures de sudation. Suivant les cas nous pouvons obtenir la transpiration nécessaire par des enveloppements ou par un bain de sudation.
2. En second lieu, nous choisissons certaines préparations phytothérapeutiques bien indiquées comme une préparation de plantes fraîches pour les reins et une préparation de plantes fraîches pour le foie/la bile, car ces médicaments permettent une élimination accrue par les reins et le foie. L’absorption d’une préparation aux plantes fraîches d’échinacée permet d’empêcher les irritations et les inflammations.
3. Comme pour chaque maladie, le mode alimentaire est ici aussi très important. Tant que la fièvre persiste, le malade ne doit prendre aucune nourriture contenant des protéines ou des graisses. Il est opportun de se mettre au régime jus de fruits pendant 1 ou 2 jours, car il a toujours fait ses preuves. Jus de pamplemousse15, jus de myrtilles dilué, jus de cassis et pour varier, des jus de betteraves dilués font au malade un bien réel. La quantité de liquide absorbée doit être beaucoup plus importante qu’à l’ordinaire.
Rudbeckie rouge/Echinacée pourpre (Echinacea purpurea)
Consoude (Symphytum officinale)
4. Lorsque la guérison est proche, notre attention doit se porter sur le traitement consécutif car le temps de convalescence ne doit pas être trop court. Même si les principaux symptômes ont disparu, nous devons procéder à une thérapie physique. Il faut aussi continuer à prendre les remèdes diurétiques même si la fièvre a totalement disparu. Nous éliminons de cette façon toutes les toxines accumulées dans l’organisme, en empêchant qu’elles causent des dommages temporaires ou irréparables.
Toute maladie infectieuse nécessite un traitement systématique jusqu’à la guérison complète. Ce n’est qu’ainsi qu’on peut éviter des séquelles souvent beaucoup plus graves que nous le pensons.
Notre cerveau
Le cerveau est non seulement un merveilleux complexe mais aussi un extraordinaire présent du Créateur aux êtres humains. Sans celui-ci, l’homme ne pourrait rien entreprendre, rien envisager, rien exécuter et rien accomplir. Il doit réellement en être chaque jour reconnaissant. Si un homme jeûne de son plein gré ou souffre involontairement de la faim, perdant de ce fait une grande partie de son poids, la perte de poids de la moelle épinière et du cerveau est pratiquement nulle. Le fait que ce soit d’abord le reste qui se dégrade nous montre l’importance du cerveau comme initiateur de la plupart des impulsions vitales.
La noix nous fournit un bon modèle de comparaison avec le cerveau humain. L’écorce externe dure est comparable au crâne, le noyau illustre le cerveau lui-même, tandis que la peau que l’on peut ôter quand les noix sont fraîchement cueillies peut être comparée aux méninges. Entre la moelle épinière et le cerveau est situé le cervelet, environ de la taille d’une balle de tennis. Nous pouvons imaginer les fonctions du cerveau, pour autant qu’elles ont déjà été étudiées, en considérant le poste de distribution d’une centrale électrique, la salle de commandes d’un paquebot moderne ou la cabine de pilotage d’un avion long-courrier. Tous les instruments et les leviers de commande suscitent bien sûr notre étonnement et notre admiration. Ces postes de commande sont en quelque sorte le cerveau du bateau ou de l’avion. Tout ce qui se produit pendant le voyage, chaque changement d’itinéraire, chaque aspect de la lutte contre les éléments, chaque impulsion provient de la centrale de commande, du cerveau. Celui-ci est alimenté par l’énergie du corps. La génération de l’énergie qui fait fonctionner l’ensemble résulte des dynamos, des forces motrices et du courant électrique. Si la production d’énergie ne fonctionne pas bien ou s’arrête, c’est à la centrale qu’il faut l’attribuer parce que c’est elle qui ne travaille pas bien ou qui est arrêtée ce qui peut arriver bien que toute l’installation soit parfaitement conçue.
Du symbole à la réalité
C’est le sang qui alimente notre cerveau en énergie. Lorsque celui-ci est chargé de substances nutritives, de sels minéraux et de vitamines nécessaires à chacune des cellules du cerveau, l’ensemble fonctionne à merveille. Toutefois, chacune de ces millions de cellules n’a pas une fonction particulière à accomplir. Notre cerveau est réparti en groupes de travail que l’on nomme des centres ; jusqu’à présent, on en a déjà identifié une bonne vingtaine. L’élimination d’un centre tout entier peut se produire lors d’un accident cardiovasculaire. Cela a lieu en général à l’intérieur de la masse cervicale et non pas dans la partie externe du cerveau ou cortex. Si un vaisseau éclate dans l’hémisphère droite de la masse cervicale, les lobes droits du cerveau ne seront plus irrigués et les conséquences s’en font sentir dans la moitié gauche du corps. L’inversion est motivée par le croisement du système nerveux dans le corps. Ce que nous percevons à droite est enregistré du côté gauche et inversement. Si le corps peut réparer la lésion, la paralysie disparaît et l’usage de la parole revient. Lorsque le centre du langage reste perturbé tandis que le centre de liaison des idées entre le monde intérieur et extérieur fonctionne, le patient est dans une situation très pénible car il pense correctement mais il s’exprime de façon erronée. Ce ne sera toutefois pas le cas s’il écrit ce qu’il veut dire au lieu de parler.
Conséquences défavorables
Une tension sanguine trop haute ou trop basse influence négativement les fonctions du cerveau. Des vertiges ou des absences résultent par exemple d’une tension trop élevée ou d’un manque d’irrigation dû à une tension trop basse. Bien que le cerveau, le plus important des appareils, soit très bien abrité et protégé par les os du crâne, des accidents et des secousses peuvent cependant déclencher des lésions. Songeons aux nombreuses chutes à skis ou dans d’autres sports. Combien de fois la tête a souffert, et a fortiori le cerveau, d’une forte secousse ou d’un coup sans que l’on puisse constater d’altération visible18. Si la chute est grave au point que les enveloppes se déchirent et que l’humeur cervicale s’écoule, le cerveau qui flottait pratiquement jusque-là dans cette humeur tombe comme un bateau par le fond. Une pression s’exerce alors sur différents centres. L’accidenté est pris de malaises, son métabolisme est perturbé, il se met à vomir et peut-être à avoir des diarrhées. La personne doit être étendue sans bouger afin que la déchirure puisse guérir et que le cerveau nage à nouveau dans le liquide cervical comme un bateau remis à flot.
L’alcool et les médicaments exercent aussi une influence sur les fonctions du cerveau de telle sorte que certains centres sont freinés et d’autres, stimulés. Certaines personnes en perdent parfois toute retenue, leurs sensations et leurs actes étant passagèrement perturbés. Des lésions durables sous forme d’amollissement et de paralysie du cerveau sont particulièrement caractérisées par une chute de la vitalité ; elles sont dues aux métaux toxiques tels que l’arsenic, le mercure et autres, qui entravent les fonctions du cerveau et du système nerveux central. L’effet est similaire à celui de la syphilis au stade avancé. Les toxines de ces métaux peuvent rester inactives dans le corps pendant des décennies, puis se manifester d’une façon tragique avec l’âge.
Il est très important de se protéger contre la méningite car elle peut avoir de graves séquelles. On peut l’éviter préventivement en maintenant une bonne circulation du sang. Si une méningite se déclare toutefois à la suite d’une infection bactérienne, on doit alors s’efforcer de la guérir rapidement. Un des remèdes les plus efficaces en pareil cas est une préparation aux plantes fraîches d’échinacée. Si la méningite19 n’est pas bien soignée, une paralysie partielle et des lésions durables peuvent se manifester. C’est sûrement une raison suffisante pour ne pas agir à la légère en présence de cette maladie, mais se montrer au contraire plein de vigilance. Le malade ne supporte ni bruit ni lumière ; il lui faut une chambre obscure et le repos absolu. Les méningites sont toujours dangereuses, non seulement à cause des lésions qu’elles peuvent causer mais aussi parce qu’elles sont souvent mortelles.
Précautions à prendre
Quand on est jeune ou adulte, en phase de pleine productivité, on oublie trop souvent que le système nerveux central et le cerveau doivent encore accomplir leurs services à l’automne de la vie. Ceux qui désirent être encore frais et dispos au seuil de la vieillesse et se sentir en pleine forme parce que leurs facultés physiques et intellectuelles sont encore intactes prendront soin de leur cerveau, en le traitant avec plus d’attention que la plupart des gens ne le font aujourd’hui. Combien d’individus abrègent-ils régulièrement leur sommeil, cette source précieuse et miraculeuse d’énergie et de renouveau pour le cerveau ! Une exception est vite récupérable mais un abus constant des forces vitales conduit au surmenage et à long terme, à une réduction tangible des capacités. Veillons donc en premier lieu à un bon sommeil en nous couchant tôt, à un régime naturel avec des aliments nutritifs, à l’exercice au grand air et à la détente pendant les loisirs, et évitons les divers risques d’intoxication afin de rendre les meilleurs services à notre état de santé général et surtout à notre cerveau.
L’hypophyse
Comme un petit général invisible qui commande une grande armée ou comme le responsable de la tour de contrôle d’une piste d’atterrissage qui dirige et guide les milliers de chevaux-vapeur et les avions à réaction d’un grand aéroport international, c’est ainsi qu’opère dans le corps une petite glande de la taille d’un pois, connue sous le nom d’hypophyse. Cette glande qui ne pèse que quelques grammes était autrefois considérée comme un organe atrophié. L’étonnement fut donc général quand les premiers rapports sur son importance résonnèrent dans les ramages de la forêt scientifique et qu’on découvrit même que les lobes antérieur et postérieur de l’hypophyse fabriquaient des hormones très différentes. Une si petite glande était responsable de fonctions d’une importance vitale !
Un rayon d’action puissant
On peut dire que l’hypophyse dirige la thyroïde, les glandes surrénales, ainsi que les glandes génitales. Elle occupe donc une position-clé parmi les glandes hormonales. Sa liaison directe avec le système nerveux central, à proximité des centres importants de la base du cerveau, grâce au système qualifié hypophyse-diencéphale, préoccupe toujours davantage les chercheurs car il semble que l’hypophyse ait une influence directe ou indirecte sur toute notre existence. Il est probable qu’elle détermine la croissance, en corrélation avec le thymus. Etant donné que le développement des glandes génitales et la formation des organes sexuels sont commandés par l’hypophyse, un hermaphrodite peut imputer son androgynie à cette glande qui est chez lui mal développée ou qui fonctionne mal. Le déroulement normal d’une grossesse est impossible sans l’intervention de l’hypophyse. Un diabétique peut attribuer son mal non seulement au manque de production d’insuline par les cellules de Langerhans, dans le pancréas, mais aussi à un dysfonctionnement du lobe antérieur de l’hypophyse. Une tension sanguine régulière, une diurèse trop faible ou trop forte et même le déclenchement des douleurs de la matrice dépendent du bon fonctionnement du lobe postérieur de l’hypophyse et des hormones qu’il produit.
La science n’a pas encore réussi à comprendre exactement tout le complexe hormonal de cette intéressante petite glande. C’est la raison pour laquelle on ne peut pas fabriquer cette hormone synthétiquement. Il est très risqué de prescrire une préparation d’hypophyse, ou alors tout au plus en dose homéopathique, puisque cela peut causer des situations embarrassantes, selon la sensibilité du malade.
Protection de la petite glande miracle
Il faut absolument protéger et ménager l’hypophyse, comme un poste de commande d’une extrême importance. En raison de ses fonctions essentielles, elle est encastrée dans le crâne et pratiquement inaccessible. Elle n’est ainsi influençable que par des soins de santé généraux. Cela vaut donc la peine de donner au corps ce dont il a besoin comme nourriture, comme repos, comme mouvement et comme aération. Bien que l’on ait déjà beaucoup appris sur cette petite glande, le secret de cet appareil miniature est encore loin d’être éventé.
L’ensemble des instruments d’un avion de transport moderne est pour le profane une merveille inexplicable. De même, un récepteur de radio dans un boîtier de montre est un miracle de la technique. Mais ce que contient cette petite glande de la grosseur d’un pois et tout ce qu’elle renferme probablement encore, cela dépasse certes de beaucoup tout ce que l’esprit humain a jamais conçu. Tout ceci implique que nous devons veiller davantage à la constitution de notre organisme et ne pas l’accabler de charges inutiles pour la santé. Le psalmiste exprimait parfaitement cette attitude respectueuse en disant : « Je te loue en voyant de quelle manière redoutable et merveilleuse je suis fait. Tes œuvres sont prodigieuses, je le sais parfaitement. »
Causes et moyens de lutte contre les maux de tête
Il faut toujours rechercher la cause des maux de tête et essayer de l’éliminer de façon naturelle avant d’avoir recours aux anesthésiques. Très souvent, ils proviennent de troubles intestinaux. Les gaz qui se développent par suite de certains phénomènes de putréfaction sont entraînés vers le foie puis passent dans le sang. Ces gaz toxiques circulent dans le sang et provoquent souvent des maux de tête car ils ont un effet nuisible sur les cellules nerveuses, en particulier sur celles du cerveau.
Les maux de ventre peuvent également occasionner des maux de tête.
Le surmenage résulte souvent d’une faiblesse nerveuse qui peut aussi déclencher des céphalées.
Bien d’autres facteurs sont responsables des maux de tête. Ainsi, un déplacement de vertèbre d’origine quelconque sera traité par le chiropraticien en supprimant du même coup le mal de tête. Une tension trop haute ou trop basse, une maladie du sang ou une inflammation des reins peuvent également causer des maux de tête.
Le mal de tête, rappelons-le, n’est pas une maladie ; il s’agit d’un symptôme, c’est-à-dire de la manifestation d’une maladie. Il est donc inutile d’avaler des stupéfiants et autres poisons, il faut remonter à la cause et l’éliminer.
On peut toutefois calmer une céphalée en apportant aux cellules nerveuses certains sels nutritifs biochimiques capables de soulager la douleur voire même de la supprimer (voir biochimie au pages 450 à 455). Il existe aussi des remèdes homéopathiques d’une grande efficacité contre les maux de tête, tels que Sanguinaria. Lorsque certains sels nutritifs se combinent à Sanguinaria et à d’autres produits homéopathiques, il en résulte un remède complexe qui nourrit les cellules et supprime complètement certains maux de tête. Un médicament phytothérapeutique simple, efficace et non toxique contre les maux de tête est la pétasite.20 Les céphalées peuvent aussi résulter d’une irrigation sanguine insuffisante du cerveau. Nous recommandons dans ce cas d’associer à la pétasite le Ginkgo biloba,21 connu sous le nom d’arbre sacré des temples. Les feuilles de cet arbre renferment des principes actifs très favorables à l’irrigation du cerveau.
Les applications externes ne sont pas à dédaigner non plus pour combattre les maux de tête. Les méthodes dérivatives ont souvent un effet favorable, surtout les douches chaudes sur la nuque et le long de la colonne vertébrale, ainsi que les massages avec l’huile. Si les maux de tête proviennent de troubles digestifs, on appliquera la douche chaude sur l’abdomen.
Appliquées sur la nuque, les compresses d’oignon, de raifort ou de feuilles de chou font merveille. De toute façon, les méthodes naturelles sont plus salutaires que n’importe quel remède chimique qui ne fait qu’anesthésier la douleur.
Le principe fondamental de tout traitement consiste à trouver la cause du mal de tête et à la supprimer.
La langue
Comme chaque organe, la langue est aussi un petit chef-d’œuvre de la création. La disposition et la structure particulière de cet organe musculaire lui procurent une mobilité telle que n’en possède aucun autre organe du corps. La langue peut adopter sans effort une forme aplatie, large, mince ou épaisse, les fibres musculaires lui obéissant comme des chevaux de cirque bien dressés. Le plus intéressant dans la construction de la langue est néanmoins sa surface qui ressemble à un paysage lunaire en miniature. Toutes les aspérités et les petits cratères sont équipés de menus appareils de réaction. Ceci donne à l’homme la possibilité d’apprécier le goût de ce qu’il mange et de ce qu’il boit. Les fosses gustatives sont pourvues de glandes mucipares qui veillent à une production constante de liquide car seuls les éléments liquides et dissous peuvent déclencher la sensation gustative.
La sensation gustative
Les cellules nerveuses qui enregistrent la sensation gustative et la conduisent au cerveau sont ordonnées comme un oignon. Les cordons nerveux conducteurs peuvent être comparés aux racines tandis que les éléments réacteurs et ordonnateurs figurent les couches superposées de l’oignon. A la place de la tige de l’oignon, il y a des poils fins qui enregistrent les stimuli : ce sont les terminaisons nerveuses. Ces nerfs bulbeux sont les papilles gustatives et certains scientifiques les comparent à des bourgeons. Un adulte en possède environ 3000. Il est intéressant de constater que l’homme a sûrement beaucoup moins de sensations gustatives que certaines espèces d’antilopes, par exemple, dont la langue est pourvue d’environ 15 fois plus de papilles que celle de l’homme. Si l’homme possédait autant de papilles que ces animaux, il remarquerait sans doute bien vite ce qui est sain et ce qui est toxique. Les animaux peuvent différencier mieux que l’homme ce qui est bon ou mauvais pour eux.
Les zones gustatives de la langue sont faciles à repérer. Sur le bout de la langue, on perçoit ce qui est sucré en la trempant dans de l’eau sucrée au miel. On ressent ce qui est salé sur les bords latéraux, un peu en arrière, et plus loin, également sur les côtés de la langue, on ressent ce qui est acide, tandis qu’au fond, transversalement, il y a les zones gustatives avec lesquelles on perçoit ce qui est amer. Le milieu de la langue est entièrement neutre et n’enregistre absolument aucune sensation gustative. Il est remarquable de noter que la langue, comme organe de test, travaille d’une façon beaucoup plus sûre que ne le fait une réaction chimique. Une cave à vins ou une fabrique d’huile d’olive accordent plus de considération au dégustateur expérimenté qu’à un chimiste du laboratoire.
Que la vie serait différente pour nous sans les 3000 papilles gustatives de notre langue ! Qu’est-ce qui nous pousserait à manger et à boire, s’il n’y avait pas le plaisir des diverses saveurs ? Celui qui s’est déjà forcé à manger sans le moindre appétit s’en rend compte. Les ménagères et les cuisinières perdraient également toute envie de préparer un bon repas s’il manquait le sourire béat de gratitude qui les récompense ensuite. Malgré sa petitesse, la langue est chargée d’un rôle important dont dépendent bien des satisfactions et des jouissances.
Autres facultés de la langue
Bien que nous connaissions la construction anatomique et une partie des fonctions de la langue, nous sommes loin d’avoir fait le tour de ses possibilités. Nous savons très bien que nous devons à la langue la faculté de nous faire comprendre par le langage. Elle est de plus le porte-parole du cœur auquel nous attribuons symboliquement le siège des sentiments, de la pensée et des décisions. A cause de cela, ce petit organe mobile peut exprimer des bénédictions ou des imprécations pour nous-mêmes et pour autrui.
Les récits bibliques nous confirment que chevaux et navires sont plus faciles à diriger que notre langue. Quoi que ce soit un petit membre, il peut s’en échapper un feu dévastateur, comparable à un incendie de forêt.
Son efficacité est affligeante quand elle véhicule de méchants propos, aidant à calomnier amis et connaissances. L’envie et la haine peuvent aussi se servir de ce petit instrument de l’âme si maniable pour faire du tort, pour lancer des flèches empoisonnées qui nuisent à celui qui a réussi. Souple comme une anguille, la langue est une habile séductrice et la victime sur laquelle on a jeté son dévolu n’échappe pas à son pouvoir magique. Combien de langues ne savent pas faire la différence entre oui et non et contribuent par leurs discussions et leur activité mensongère à détruire les autres. Plus d’une personne déçue a déjà confié à sa langue la bile amère de son cœur en contaminant ainsi les autres. Chez les simples d’esprit, ce petit membre discret est également responsable de bien des dégâts. Le déséquilibre mental d’un tel être cherche souvent à se frayer une voie par la langue. Il est très pénible pour une personne saine d’affronter un tel flux.
Mais c’est déjà bien assez quand la langue d’autrui nous juge durement sans tenir compte de nos mobiles. Un jugement destructeur en a déjà conduit plus d’un au désespoir.
De l’emploi bienfaisant de la langue
Mais a-t-on vraiment octroyé à la langue le pouvoir de la parole afin qu’elle crée seulement des malheurs ? Certainement pas. C’est pourquoi l’apôtre rappelait déjà à ses disciples de bien considérer ce qui est aimable et harmonieux, car l’usage inverse de la langue n’est que source de chagrins et d’ennuis. Des paroles pleines d’amour et de chaleur, des leçons telles que des recommandations bienveillantes, des phrases de consolation et de réconfort doivent jaillir de nos lèvres de sorte que le petit membre de l’expression orale serve à faire le bien. Bien sûr, cela ne fonctionnera que si le cœur est dans de bonnes dispositions, qu’il s’efforce de tendre une main secourable à l’ami dans le besoin et l’emporte même en se montrant généreux face à l’ennemi. En pareil cas, il est évident que la langue peut aussi être douce et bonne.
Qu’est-ce qui embellit tellement le printemps ? N’est-ce pas le doux chant des oiseaux ? Les petits gosiers lancent dans l’air un chant de reconnaissance plein d’enthousiasme et de profonde dévotion. Nous aussi, nous sommes pourvus de cette merveilleuse faculté de chanter et nous pouvons comme les oiseaux exprimer l’exaltation de nos sentiments en chants harmonieux.
Mais la langue doit encore apprendre quelque chose : savoir se taire dans les moments difficiles. Elle doit se taire quand il s’agit de ne pas trahir des amis et des frères. Elle doit en outre apprendre à se taire pour contrecarrer les intentions destructives de l’ennemi et briser la puissance du mal. Même un homme stupide sera considéré comme sage s’il sait se taire. C’est ce que proclamaient déjà les Proverbes de Salomon et le dicton populaire le confirme : la parole est d’argent mais le silence est d’or. Il faut réellement plus de force pour se taire que pour parler.
Comme il est étrange qu’un membre aussi petit que la langue nous rende autant de services. Elle nous permet d’apprécier le boire et le manger, elle nous évite de consommer des produits nuisibles ou même empoisonnés, car si nous n’exigeons pas de notre palais des jouissances dénaturées, si nous ne lui demandons pas de déclarer bon ce qui est mauvais, il nous en récompense alors par la faculté de juger sainement. Notre langue s’occupe en même temps de l’autre tâche à laquelle ce tout petit membre humain est destiné, avec sa faculté d’exprimer les sentiments. La langue peut être par conséquent un instrument extrêmement utile ou repoussant de notre corps. Nous l’employons comme porte-parole de notre cœur à bon ou à mauvais escient, cela dépend de l’état de notre cœur. C’est pourquoi Salomon nous recommande sagement de protéger notre cœur plus que toute autre chose, car c’est la source d’où jaillit toute vie et notre bouche parle selon les trésors de notre cœur.
Ménagez vos yeux
Sans vouloir disserter savamment sur cette merveille qu’est l’œil humain, nous nous limitons ici à quelques indications préventives pour ménager nos yeux de façon naturelle.
Les yeux sont fatigués par un travail intellectuel intense, c’est un fait. Une vie simple et naturelle ménage les yeux. Une nourriture carencée, par suite de la culture alimentaire d’aujourd’hui, est également responsable des affections des yeux. Il est malaisé de remédier à ces facteurs, mais si nous avons déjà modifié certaines de nos habitudes et que nous aspirons à en faire davantage, de quels moyens disposons-nous ? Il y en a un très simple. Jadis, alors qu’on ne disposait pas encore de la lumière artificielle pour prolonger la journée, l’homme se couchait tôt et ses yeux n’étaient pas surmenés et malades comme ils le sont trop souvent aujourd’hui. Essayons ce remède curieux, voulez-vous ? Faisons tourner en arrière la roue du temps et vivons un mois sans lumière électrique ! Comment faire ? Eh bien, ne touchez plus à l’interrupteur ! En renonçant volontairement aux commodités de la technique moderne, vous renoncez tout simplement aux sources de lumière artificielle. Vous soulagerez ainsi vos yeux surmenés, brûlants, fatigués et qui commencent à vous refuser leur service. Pour éviter de retomber dans l’engrenage des habitudes, il faut bien répartir son temps pour ne pas être tenté, la nuit tombée, d’avoir recours aux services pratiques de l’électricité. Auparavant, le crépuscule nous invitait à la détente nécessaire avant le sommeil. Essayons de réaliser ce programme pendant quatre semaines. Peut-être cette expérience nous fera-t-elle comprendre pourquoi Dieu a créé deux sortes de lumière : celle, éclatante, du soleil pour le jour et celle de la lune, douce et calmante, pour la nuit. Essayez donc d’accomplir un travail effectif au clair de lune. Vous y renoncerez bientôt car l’astre de la nuit vous chantera sa berceuse millénaire et si vous vous laissez prendre à son charme, vous plongerez dans un sommeil calme et profond. Si vous profitez complètement du repos nocturne, vous vous éveillerez aux premiers rayons du jour en pleine forme, sans la moindre envie de vous retourner pour prolonger votre sommeil dans la lumière du jour. Ce que vous n’avez pas terminé péniblement, la veille au soir, à la lumière artificielle se réalisera sans effort, comme un jeu, au petit matin. Vous serez étonné de constater que le respect des valeurs naturelles vous ouvre bien d’autres possibilités et que ce rythme nouveau vous permet de renouveler vos forces usées ce qui profite aussi à la vue. Vos yeux surmenés par des années d’éclairage artificiel se fortifieront peu à peu. Votre rythme de vie quotidien s’adaptera à celui de la lumière naturelle. C’est l’ordre biologique divin. Plus nous lui résistons, plus nous fatiguons nos yeux qui finissent par devenir malades. Avec le temps, l’homme ne pourra plus se passer de lunettes. Nous ne réfléchissons pas assez aux conséquences de notre mode de vie. Nous sommes installés dans une atmosphère artificielle, nous n’écoutons plus la nature pour découvrir et apprendre le rythme naturel des choses. Qu’adviendrait-il des plantes si elles devaient jour et nuit subir l’influence de la lumière, sans avoir la possibilité de se régénérer dans l’obscurité de la nuit ? Leurs cellules fatiguées seraient endommagées et leurs fonctions vitales considérablement réduites. Pourquoi l’homme, ce joyau de la création visible, ne se soumettrait-il pas à ces règles harmonieuses ? Pourquoi rester au lit et dormir encore quand le soleil brille, dans l’enchantement des heures matinales ? Pourquoi rattraper le soir ce qu’on aurait pu faire le matin, de bonne heure ? À quoi bon vivre des nuits agitées au lieu de reprendre dans le sommeil d’avant minuit les forces dont nous aurons besoin le lendemain ? Nos yeux tireraient le plus grand profit d’une révision de ce programme quotidien. Accordons-leur du repos dès la tombée de la nuit. Les yeux et l’organisme tout entier nous sauront gré de respecter ce rythme naturel. Nos yeux, même le corps entier se sentira reconnaissant ce rythme naturel. Tentons notre expérience au printemps ou en été. L’hiver est sans doute plus propice au lever matinal avec la lumière du jour, mais le soir, la tentation est forte de prolonger la journée à la lumière électrique. Choisissons donc le gai printemps pour mener cette expérience à bien. Offrons à nos yeux les bienfaits de la lumière matinale et préservons-les, le soir, de la lumière trop vive de nos ampoules électriques. Ils en seront guéris et fortifiés.
Les glandes lacrymales
N’est-ce pas un équipement merveilleux que nos glandes lacrymales qui servent de soupape, lors de trop grandes afflictions morales, pour nous permettre de diminuer la tension intérieure ? Comme il serait insupportable pour l’enfant de ne pas pouvoir pleurer quand sa poupée est cassée ou qu’il lui arrive d’autres ennuis ! En fait, quand l’eau salée des larmes roule en perles le long de ses joues, son chagrin est déjà réduit de moitié. Chez les femmes, on le sait, cet équipement pratique fonctionne beaucoup mieux que chez les hommes.
Les glandes lacrymales, situées à l’angle supérieur externe de l’œil, dans une petite cavité de l’os frontal, ont encore une autre fonction à remplir, en dehors de l’évacuation des larmes. Le liquide lacrymal maintient également humide la rétine et la cornée, en empêchant leur assèchement. Les bactéries, poussières et autres corps étrangers sont aussi évacués par ce liquide.
Bien que les inflammations des glandes lacrymales se produisent rarement, on observe fréquemment des inflammations des canaux et des sacs lacrymaux. Si une telle inflammation n’est pas soignée au moyen de compresses chaudes aux herbes combinant la camomille et l’euphraise les bactéries infiltrées peuvent former des inflammations chroniques et même des abcès. Les bains d’yeux avec un peu de lait chaud ou une infusion de mauve additionnée de quelques gouttes d’échinacée guérissent très rapidement les inflammations légères. Il est instamment recommandé aux personnes très exposées à la poussière de nettoyer chaque soir leurs yeux, paupières fermées, avec de l’ouate imbibée d’échinacée pour éliminer la saleté, la poussière et les bactéries. Quand le canal lacrymal est bouché, il faut absolument aller chez l’ophtalmologiste qui le perforera. Le traitement avec les gouttes d’échinacée et les bains d’yeux avec du lait chaud ou de l’infusion de mauve doivent être simultanément pratiqués. Quand les yeux sont fortement collés, le matin, chez les adultes, par ce que l’on appelle de la cire, c’est le signe d’un grave trouble du métabolisme nécessitant un traitement urgent. On ne devrait jamais surmener les yeux en lisant longtemps le soir, avec une mauvaise lumière. Les yeux ont un impérieux besoin de repos, d’un sommeil abondant, car pendant la journée ils doivent avoir un rendement satisfaisant. Mais bien que les yeux soient pour notre vie ce qu’il y a de plus précieux, la plupart oublient de les considérer et de les apprécier comme un présent indispensable et de bien les soigner et les protéger. Personne ne contestera que ce sont des instruments dont nous ne pouvons nous passer ni physiquement ni moralement, sans devoir ressentir leur perte comme extrêmement pénible. Au cœur de la diversité de l’intarissable puissance créatrice, les yeux constituent certes une grande merveille et les glandes lacrymales qui en font partie, bien que petites et apparemment insignifiantes, sont quant à elles le signe convaincant d’une planification parfaite dans le cours des événements nécessaires mais inconscients de la vie.
Remèdes simples pour guérir les affections des yeux
Il est prouvé que la provitamine A de la carotte exerce une action favorable sur les yeux. En outre, toute amélioration de la circulation provoquant une meilleure irrigation sanguine de l’œil stimule l’activité visuelle. Si l’irrigation oculaire est meilleure, les effets positifs du carotène sur l’œil seront d’autant plus grands. À défaut de carottes fraîches on utilisera un concentré de jus de carottes22. Cette cure sera complétée par une préparation de calcium et d’orties. Il est également conseillé d’activer la fonction rénale avec de la verge d’or (Solidago). Enfin, pour compléter ce traitement naturel, le gaélopsis11 vous apportera de l’acide silicique.
Les maladies des yeux peuvent être causées par des troubles hépatiques, par la constipation ou le surmenage. Il faut veiller à l’élimination de toutes les perturbations fonctionnelles. Le foie sera soigné grâce à un régime approprié, complété par un traitement au Podophyllum D4 ou avec une préparation de plantes fraîches pour le foie/la bile. Il est presque certain que la constipation disparaîtra, sinon on la traitera avec des remèdes naturels. Evitez avant tout les aliments dénaturés ou raffinés. On les remplacera par une nourriture naturelle, pauvre en protéines et en sel. En cas de surmenage, le sommeil d’avant minuit permet de récupérer des forces. L’extrait d’avoine sous forme de gouttes est également conseillé ou bien une teinture mère de racines de la Taïga23; ce sont de bons toniques pour les nerfs en même temps que des fortifiants.
Il est bien d’adapter à chaque cas le mode de traitement qui lui convient le mieux.
S’il y a obstruction du canal lacrymal, on complétera la médication interne par des cataplasmes d’argile préparés avec une infusion de prêle.
En cas de conjonctivite, on lavera les yeux avec une infusion d’euphraise et de souci.
Suppuration des yeux et de la bouche
La suppuration des yeux et de la bouche disparaît rapidement après application d’un traitement naturel. Voici ce qu’une maman nous écrit à ce sujet :
« Notre petit va déjà mieux. La suppuration a disparu au bout de cinq jours de traitement. L‘enfant faisait pitié à voir. Aujourd‘hui, il court à nouveau dans la rue. Nous l‘avons soigné de la façon suivante : avant le repas, on lui donnait du Solidago (verge d’or) associé à de l’huile de foie de morue, puis une préparation de calcium et d’orties facilement assimilable. Après le repas, il prenait Hepar sulf. D4 et Lachesis D12. Deux fois par jour, je lui lavais les yeux avec un extrait de plantes fraîches fortement dilué de marronnier d’Inde et je lui appliquais une compresse d’oignon sur la nuque. La dérivation fut rapide. Les lèvres tuméfiées furent badigeonnées d’huile de millepertuis et saupoudrées de calcium en poudre. Il buvait des jus de fruits et de l’infusion de prêle durant la journée. Sur les yeux, je fis plusieurs compresses d’argile blanche dilué dans une infusion de prêle additionnée de quelques gouttes d’huile de millepertuis. Nous sommes heureux et reconnaissants aujourd’hui que cette dangereuse infection ait pris fin. Je continue à donner au petit du Solidago, de l’huile de foie de morue et du calcium. »
En général, ces affections sont faciles à guérir si l’on soutient convenablement l’organisme, car la nature guérit d’elle-même quand elle est correctement secondée. Cependant, il vaut mieux laisser le corps agir tout seul plutôt que d’appliquer un traitement erroné. On veut toujours supprimer les symptômes, détruire les agents pathogènes sans se rendre compte qu’on diminue simultanément les forces de défense naturelle du corps. On fait la même sottise qu’en combattant les parasites et les infections des plantes à l’aide de poisons spécifiques violents qui détruisent les moyens de défense naturelle. L’ordre normal étant perturbé, on se voit obligé de recourir à ces remèdes nuisibles qui affaiblissent la puissance curative naturelle. Il faut espérer que l’homme comprendra enfin que seule la nature guérit. Nous ne sommes que des auxiliaires qui doivent laisser agir le merveilleux pouvoir guérisseur de la nature.
Le nez
La respiration se compose de trois éléments, à savoir le nez, les conduits respiratoires et les poumons. Chacun de ces trois organes a une tâche très importante à accomplir et seule une bonne coordination permet l’échange inoffensif des gaz.
Le nez n’a pas d’os pour assurer sa fermeté, il est formé de cartilages. Les os seraient trop fragiles et se briseraient facilement quand on tombe ou qu’on reçoit un ballon ou un autre objet dur sur le nez. Dans la pratique des sports, comme la boxe ou les sports d’hiver, le nez ne serait plus bientôt qu’une pauvre masse informe si ses parois cartilagineuses souples n’en supportaient pas autant. Un joli visage dépend beaucoup de la forme du nez, on s’en rend bien compte après des accidents, quand le nez est écrasé et fortement déformé. Heureusement, ce malheur peut de nos jours être bien corrigé, en général, par la dextérité des spécialistes de la chirurgie esthétique.
Les fonctions du nez
Pour notre santé, c’est toutefois le rôle attribué au nez qui est important. Dans notre nez se trouve une véritable petite climatisation, ce qu’ignorent sans doute beaucoup d’entre nous. Quand il fait froid dehors, ce mécanisme de notre nez réchauffe suffisamment l’air inspiré ; par contre, s’il fait une chaleur tropicale, le nez peut refroidir l’air chaud et rendre le climat supportable. Notre nez arrive aussi à fournir une compensation quand l’air extérieur est trop sec ou trop humide. Les dispositions divines sont merveilleuses jusque dans les moindres détails et l’on doit continuellement s’étonner qu’il puisse y avoir des gens qui veulent nier la présence d’un Dieu tout puissant malgré les constatations visibles de sa sagesse et de sa force créatrice. Il n’y a que Lui qui ait pu tirer quelque chose de visible du néant, car Il disposait de ses propres lois. Toutes ces lois ne peuvent pas tirer leur origine d’elles-mêmes et leur bonne application n’est pas confiée à un arbitraire aveugle. Continuons donc à écouter tout ce que notre nez à lui tout seul, comme petit organe, nous confirme à cet égard.
Notre nez est si merveilleusement conçu que ses muqueuses peuvent retenir poussières et bactéries, en supposant toutefois que nous respirions par le nez et que celui-ci fonctionne normalement. Comme on sait, au lieu de respirer par le nez on peut respirer par la bouche ; ce faisant, nous n’utilisons pas les installations protectrices du nez et nous attrapons de nombreux refroidissements et infections. En particulier la gorge, les bronches et les poumons sont alors menacés.
Il est intéressant de constater que les cornets nasaux réagissent par un léger réflexe à la bonne ou à la mauvaise odeur, en s’élargissant ou en se rétrécissant pour laisser passer plus ou moins d’air. Chose étrange, les cornets nasaux réagissent également aux pieds froids ; quand ceux-ci se refroidissent, les cornets nasaux se resserrent, deviennent froids et secs et par suite, les glandes cessent de fonctionner. En conséquence, ni la poussière ni les bactéries ne seront plus retenues et cela entraîne un refroidissement suivi de l’apparition d’un catarrhe ou d’un rhume. Gardons-nous donc d’avoir froid aux pieds et d’inspirer des bacilles par la bouche, car les deux peuvent causer des rhumes et des catarrhes. Quand les muqueuses du nez fonctionnent bien, nous sommes capables d’éliminer complètement tous les bacilles de catarrhe inhalés. Dès lors, c’est une règle de santé absolue que de respirer toujours par le nez.
Remèdes à diverses affections du nez
Celui qui souffre continuellement de rhumes devrait de temps en temps priser de la poudre de calcium (par exemple, des comprimés de calcium et d’orties réduits en poudre), de la même manière que l’on introduisait autrefois une pincée de tabac à priser dans le nez. Par temps froid, il est bon de graisser régulièrement les muqueuses du nez avec une bonne crème au suint. Quand nous marchons ou courons trop vite, en règle générale, nous ne respirons plus par le nez. Nous devrions donc constamment doser notre allure afin de pouvoir respirer toujours par le nez ; c’est aussi meilleur pour notre cœur qui sera moins surmené.
Des polypes peuvent également gêner la respiration par le nez. C’est très désagréable, même si ces polypes ne sont que des proliférations bénignes. Le Marum verum ou herbe à chat (germandrée maritime) est le seul remède efficace contre ces proliférations. Si elles résistent à ce traitement, il faut les faire enlever par le chirurgien.
La rhinite chronique fétide ou ozène est encore plus gênante que les polypes. Un bon remède contre ce mal consiste à inspirer une solution de sel marin suivie d’une prise de comprimés de calcium et d’orties pulvérisés qu’on appliquera aux cloisons nasales internes. Par voie interne, Kal. jod. D4 et Mercurius solub. D4 ont fait leur preuve.
L’inflammation des muqueuses du nez est aussi très pénible, en particulier au printemps, lorsque le temps change souvent. Comme pour toutes les inflammations, une préparation aux plantes fraîches d’échinacée en usage interne agit d’une façon sûre en cas de rhinite. On en imbibe aussi un tampon d’ouate que l’on introduit dans le nez, ce qui apporte un soulagement rapide. S’il se forme des petites croûtes sur les muqueuses, une crème au suint biologique est un bon remède pour les éliminer.
Il est relativement facile de juguler un rhume de cerveau ordinaire au moyen d’une tranche d’oignon fraîchement coupée. Nous la plongeons rapidement dans un verre d’eau chaude, une seule immersion suffit, et nous absorbons cette eau à petites gorgées : le succès ne se fait pas attendre.
Le catarrhe du nez ou coryza, avec ses sécrétions gluantes et d’apparence purulente, peut être enrayé dans son stade aigu si l’on boit par petites gorgées un verre d’eau chaude additionnée de 5 gouttes de teinture d’iode24. Les personnes allergiques à l’iode, surtout celles atteintes de la maladie de Basedow, obtiendront le même résultat avec 5 gouttes de teinture de camphre. L’administration d’une préparation aux plantes fraîches d’échinacée est aussi efficace, de même que son emploi par voie externe.
Le catarrhe des sinus peut être extrêmement douloureux, car il peut remonter jusqu’aux sinus frontaux, et il entrave considérablement nos facultés de pensée. C’est pourquoi nous sommes heureux de connaître des remèdes à l’effet rapide tels que Cinnabaris D4 et Hepar sulf. D4. Grâce à eux, nous pouvons éliminer rapidement la purulence et nous débarrasser dans un temps relativement court de cet inconvénient pénible. Il faut absolument lutter contre l’apparition d’un catarrhe chronique des sinus, celui-ci étant souvent très tenace et résistant longtemps à tous les traitements.
Otite
Cette inflammation de l’oreille ne doit pas être prise à la légère car elle peut avoir de graves séquelles. Il faut tout de suite provoquer une dérivation sur la nuque, utile, ne serait-ce qu’en appliquant par exemple une compresse d’oignon. S’abstenir si possible des instillations médicamenteuses. Introduire le régime aux fruits et pendant plusieurs semaines, supprimer les aliments indigestes et épicés. Les lavages éventuels se feront de préférence avec une infusion de plantain, de camomille, de souci ou de mélisse.
Si l’on éprouve une sensation de battement au fond de l’oreille, si la douleur s’intensifie surtout du côté droit et s’aggrave au cours de la nuit, Calcarea carbonica D6 (Calcium carbonicum Hahnemanni) agira favorablement. Un bon traitement s’impose car une otite de l’oreille moyenne peut se déclarer ce qui est beaucoup plus dangereux qu’on ne le croit. Au lieu de s’acheminer vers l’extérieur par la membrane du tympan, le pus pénètre alors par le rocher à l’intérieur du crâne, mettant la vie en danger.
Une méningite peut ainsi être causée par une otite de l’oreille moyenne mal soignée. Certaines bactéries et leurs toxines non éliminées, ou bien les germes de maladies infectieuses mal soignées, telles que scarlatine, rougeole, diphtérie, grippe et angine, provoquent parfois des otites externes ou internes, d’où nécessité absolue d’éliminer complètement tous les poisons afin d’éviter les récidives et leurs conséquences. Une autre complication redoutable d’une otite négligée est la surdité progressive avec dégénération du nerf auditif. Ce nerf peut se dessécher au point d’entraîner la surdité totale.
Les dosages homéopathiques de Pulsatilla, Belladonna, Sulfur et Mercurius solubilis sont parmi les meilleurs remèdes en cas d’otite externe ou interne. Au début de la suppuration, Hepar sulf. D10 fait merveille. S’il y a danger de septicémie, Lachesis D12 peut encore sauver la situation. En cas d’écoulement chronique, on alternera Silicea D12 et Causticum (préparation à base de chaux caustique fraîche, selon la méthode du docteur Hahnemann). La tendance aux récidives sera combattue par le remède constitutif Barium carbonicum D10, à dose très restreinte.
Celui qui est sujet aux maux d’oreilles fera une cure prolongée de suc de plantain. Le plantain lancéolé, en latin Plantago lanceolata, est l’un des meilleurs remèdes pour l’oreille ; il affine aussi l’ouïe. On obtient également de bons résultats avec le Ginkgo biloba qui améliore l’audition, particulièrement chez les personnes âgées. Le Ginkgo21 est aussi efficace contre les bourdonnements d’oreille.
Otite interne suppurante
L’otite de l’oreille moyenne des jeunes enfants est trop souvent négligée. Le malade se plaint d’otalgie ; il y a peut-être un léger écoulement d’oreille contenant du pus. On met l’enfant au lit en supposant qu’il suffit de le garder au chaud. Malheureusement, on omet d’appliquer le traitement adéquat. C’est à cette négligence que beaucoup de gens doivent d’être durs d’une oreille ou même sourds. Par ailleurs, en cas d’otite interne, il y a toujours un risque de méningite. L’otite chronique peut également avoir des répercussions fâcheuses sur la vue. D’autres organes peuvent être atteints, même s’ils sont loin du foyer d’infection. On comprendra donc sans peine l’importance d’un traitement efficace visant à une guérison complète.
Contre l’otite interne suppurante devenue chronique, on utilisera une méthode naturelle qui soulagera le patient : appliquer des compresses d’oignon derrière les oreilles ou s’il faut un remède plus énergique, des sinapismes (cataplasmes à la moutarde). Si ces compresses s’avèrent encore insuffisantes, il faut avoir recours aux dérivations de Baunscheidt. Les dérivations sont d’une grande importance dans les inflammations chroniques : il faut dériver le foyer d’infection vers l’extérieur, le plus rapidement possible, surtout s’il s’agit de la tête. Dans les infections des oreilles, des yeux, du nez, la dérivation se fera vers la nuque ou les épaules. Le traitement par voie interne sera le suivant : toutes les deux heures, on administrera 5 gouttes de Belladonna D4 en alternance avec 2 comprimés de Ferrum phos. D6, ce qui revient à dire que le malade prend un remède toutes les heures. Tant que l’oreille coule et suppure, Hepar sulf. D4 est indiqué. Silicea D12 rendra d’excellents services lorsque la suppuration diminue. En outre, il faut instiller tous les jours dans l’oreille 1 goutte d’huile de millepertuis et 1 goutte de jus de plantain. La rhinite et la pharyngite, qui accompagnent éventuellement l’otite par suite d’une transmission des agents pathogènes, seront soignées au Cinnabaris D4 et au Plantago lanc.. Un tampon d’ouate imbibé de cinq gouttes de Plantago sera par ailleurs appliqué dans l’oreille une fois par jour.
Grâce à ce traitement, on parvient même à guérir une vieille otite chronique et à rétablir les fonctions auditives normales. Mais il faut suivre strictement ces indications afin de ne pas risquer la surdité. La moindre négligence peut porter de graves préjudices au nerf auditif, à l’oreille interne, si délicate et compliquée, et aux osselets de l’oreille moyenne ; il n’y aura alors plus moyen d’y remédier. Dès les premiers symptômes, il faut appliquer un traitement naturel intensif, tout en soutenant l’état général du malade par une alimentation naturelle. Ce n’est qu’ainsi que la nature se régénère et guérit.
Sinusite maxillaire
La sinusite maxillaire est une inflammation des sinus faciaux. Si l’on songe à la cause de ce mal, il est simple à guérir en ayant recours à des méthodes naturelles. Cette inflammation vient généralement du nez, après un rhume, une angine, une grippe ou la scarlatine. Une infection dentaire peut aussi en être la cause. Cela débute par une stase sanguine et surtout une rétention des liquides sécrétés ; toute circulation étant perturbée, le corps réagit à sa façon en amenant sur place leucocytes et lymphocytes pour enrayer les dégâts. Le corps possède plusieurs moyens de défense. Si la voie normale est bouchée, il en recherche une autre afin de parer au plus pressé. Il se produit ainsi une suppuration dans les sinus frontaux, ethmoïdaux ou maxillaires. Cette complication s’annonce par un écoulement nasal purulent, souvent unilatéral, avec battements douloureux et pulsations au niveau du front ou des maxillaires, selon le sinus concerné. Les formes chroniques sont indolores, elles se manifestent parfois par un rhume unilatéral et un enrouement n’ayant pas de cause apparente. Les rincements à eux seuls sont insuffisants. Outre les médicaments naturels spécifiques, il faut avoir recours à la dérivation. Quoique peu agréables, les compresses d’oignon sont efficaces et pratiques. Un oignon finement haché est étalé entre deux gazes qu’on applique pour la nuit sur la nuque. Les deux remèdes homéopathiques Hepar sulf. D4 et Cinnabaris D4 favorisent l’élimination du pus. A la suite de ce traitement, les rincements sont généralement superflus. En cas de sinusite chronique ou de sinusite provoquée par un refroidissement, compresses et bains chauds atténuent la douleur.
Inflammation de la gorge
L’angine, comme toutes les inflammations de la gorge, si elle est mal soignée ou si elle n’est pas guérie complètement, peut avoir des suites fâcheuses ou même des séquelles incurables. Il est donc capital d’éliminer de l’organisme les toxines bactériennes pour prévenir toute nouvelle production d’éléments pathogènes, en soignant les amygdales non seulement pendant la maladie mais aussi après la disparition des symptômes aigus.
En premier lieu, les badigeonnages au concentré de petit-lait sont de rigueur car ils réussissent parfois à enrayer l’angine. Désinfectant puissant, le concentré de petit-lait acide dépasse en efficacité les produits désinfectants les plus forts, mais sans présenter le moindre inconvénient. Il détruit les germes pathogènes de la surface des amygdales et parvient même à atteindre ceux qui sont logés dans les cryptes amygdaliennes.
Celui qui n’a pas ce remède sous la main mâchera fréquemment de la racine de boucage ou d’impératoire25. L’hygiène de la bouche est importante. Les gargarismes à l’eau salée sont utiles. On peut aussi sucer tous les jours une tranche de citron non traité et non sucrée ; le citron est un bon adjuvant des soins de la bouche.
Dans les cas chroniques, les amygdales seront fréquemment nettoyées avec l’appareil du docteur Roeder puis badigeonnées.
Dès le début de l’angine, on appliquera des compresses sur la gorge, en alternant les feuilles de chou écrasées et l’argile. Comme traitement interne, on prendra Lachesis D12 et une tisane de Solidago pour favoriser l’élimination des toxines par les reins. Le régime sera pauvre en sel et en protéines. La sudation est bénéfique pour autant que le malade soit suffisamment fort physiquement. L’angine n’est pas une maladie bénigne, nous l’avons déjà dit, car elle peut avoir de fâcheuses séquelles.
Trop de gens semblent encore ignorer les dangers de l’angine. S’ils les connaissaient, ils voueraient tous leurs soins à la guérir radicalement afin d’éviter toute suite désagréable. On entend fréquemment des récits de ce genre : « Il y a deux mois, ma fille âgée de dix-sept ans a eu une angine doublée d’otite. » Ennuis cardiaques, péricardite et néphrite résultent souvent d’une angine. Il ne faut donc pas prendre cette affection à la légère mais demeurer sur ses gardes. Dès les premiers symptômes, procéder sans tarder à une désinfection locale pour éviter la production de toxines et veiller en même temps à provoquer une réaction de défense locale. A ces fins, le concentré de petit-lait est indispensable. Non seulement l’acide lactique (lactosérum épaissi et purifié) désinfecte, mais il active la circulation. Le sang est ainsi amené à la surface des amygdales qui est nettoyée sans arrêt sous l’effet énergique du petit-lait. Le traitement interne comprendra d’un complexe de calcium (préparation au calcium et aux orties) et Lachesis D12. Le traitement externe sera complété par des compresses de chou et d’argile. De jour, mais aussi la nuit, on préparera un cataplasme de feuilles de chou écrasées, qui sera suivi de l’argile diluée dans une infusion de prêle. De cette manière simple, une angine peut être éliminé en rapidement. Pour combattre la toux ou le catarrhe qui peut apparaître à la suite de l’angine, on conseillera le sirop de bourgeons de sapin ou le sirop de plantain, Kali jod. D4 et la teinture d’impératoire. Ces remèdes inoffensifs empêcheront toute recrudescence des toxines d’angine et les dommages qui s’ensuivent. Si elles sont déjà passées dans le sang, on provoquera sans tarder la diurèse avec du Solidago et une tisane pour les reins afin de les éliminer au plus vite ; la sudation donne aussi de bons résultats. Quand on pense que des méthodes aussi simples permettent d’éviter les terribles complications que peut avoir une angine, il est incompréhensible que certains les négligent.
L’angine, une maladie sournoise
J’ai déjà souvent observé de quelle façon les poisons d’une angine mal soignée déclenchaient des réactions secondaires très désagréables et des lésions corporelles bien pires que l’angine elle-même. Une inflammation de l’oreille moyenne, des rhumatismes articulaires ou des symptômes d’arthrite peuvent être déclenchés par ces poisons. Des troubles du myocarde peuvent aussi se produire sous l’effet des toxines qui provoquent une paralysie partielle d’une valve cardiaque. Une malade m’a communiqué récemment une telle nouvelle. Elle était en bonne santé et avait eu des accouchements normaux jusqu’au jour où une angine mal soignée ruina sa santé. Les médecins étaient également d’avis que ses problèmes au niveau des valves du cœur étaient sans doute suscités par les poisons d’une angine qui avait traîné. Hélas, les remèdes allopathiques absorbés ont de plus détraqué l’estomac et l’intestin. En conséquence, cette femme autrefois pleine de vigueur est aujourd’hui une grande malade.
On ne doit pas prendre une angine à la légère et l’ignorer, car les récidives seront d’autant plus graves. Il est dangereux aussi de sortir trop tôt par mauvais temps. A ce propos, il est à noter que lorsque souffle un vent de foehn, donc en cas de baisse de la pression atmosphérique, l’angine est beaucoup plus dangereuse. Les personnes lymphatiques et manquant de calcium sont prédisposées à cette maladie. Cela nous montre qu’il est opportun de s’alimenter avec une nourriture riche en calcium. Il est également profitable d’absorber une préparation au calcium naturel comme par exemple un complexe de calcium et d’orties.
Des contre-mesures efficaces
Bien d’autres remèdes naturels ont fait leur preuve. En première ligne, utiliser au début de la maladie Lachesis D10 ; en général, 3 x 5 gouttes prises dans un peu d’eau chaude suffisent. En même temps, badigeonner régulièrement la gorge, 2 ou 3 fois par jour, avec de l’acide lactique naturel dilué à environ 15 % ou 20 %. Ceci se fait à l’aide d’un pinceau fin trempé dans du concentré de petit-lait. Si l’on applique immédiatement ce remède, il est possible d’enrayer l’angine dès les premiers symptômes. Complété par une préparation aux plantes fraîches d’échinacée, ce remède naturel et très simple augmente la résistance de l’organisme en stimulant le système immunitaire et agit par là comme antiinflammatoire. Les gouttes d’impératoire sont à employer de surcroît si les bronches sont également atteintes.
On peut aussi faire usage de remèdes externes pour lutter contre l’angine. Les applications de feuilles de choux sont très bonnes et les compresses de raifort râpé mélangé avec du fromage blanc agissent vigoureusement. L’addition de fromage blanc ou de carottes râpées réduit la causticité du raifort qui serait sinon trop forte. En prenant un tiers de raifort pour deux tiers de fromage blanc ou de carottes râpées, l’efficacité du raifort est encore suffisante.
Pour stimuler l’élimination totale des toxines, il est nécessaire de faire une postcure. Celle-ci doit s’effectuer à l’aide de bonnes gouttes aux plantes fraîches pour les reins, en plus de gouttes pour le foie. Les bains de sudation favorisent aussi l’élimination rapide des poisons. Pendant le traitement, il faut veiller à ce que la nourriture soit pauvre en albumine mais riche en vitamines. En cas d’angine, cela vaut la peine de procéder à un traitement sérieux et systématique, qui ne doit pas être considéré comme une peine superflue, car il nous permet d’éviter les réactions secondaires et les séquelles causant souvent des lésions permanentes.
Le rhume des foins
Devoir souffrir du rhume des foins quand les autres se réjouissent de la magnificence de la floraison, ce n’est ni facile ni agréable. Mais on ne peut non plus rien faire pour se débarrasser rapidement de ce mal. En effet, pour avoir une chance de succès contre le rhume des foins, on doit commencer très tôt une cure appropriée, au plus tard en février. Donc, si vous savez qu’il a une prédisposition au rhume des foins, vous devez prendre des contre-mesures en hiver et pas seulement lorsque les arbres et les fleurs sont en fleurs.
Une cure homéopathique de dix piqûres sous-cutanées d’acide formique et d’un complexe d’herbes s’est avérée très efficace dans de nombreux cas. Pour améliorer les résultats obtenus, on répète la cure au début de chaque année. Pendant toute l’année, il est recommandé de prendre régulièrement une préparation au calcium et aux orties. Le massage quotidien du nez avec de la crème au suint biologique a également un effet très salutaire. Cette pommade guérit les muqueuses sèches. En même temps, il faut absorber Galeopsis, Kal. jod. D4 et Arsen. album D4 ou d’un complexe homéopathique contre le rhume des foins. Il est aussi très profitable de prendre tous les jours 1 ou 2 cuillerées à café de miel d’abeilles. En ce qui concerne l’alimentation, il faut s’en tenir consciencieusement aux produits de la nature et éviter tout aliment sans valeur nutritive. Les graisses animales sont également hors de question.
Celui qui observe ces conseils et se conforme aux prescriptions, en répétant la cure jusqu’à la guérison totale, sera progressivement délivré de ce mal éprouvant que représente doublement le rhume des foins à l’époque joyeuse de la floraison.
Lutte contre les pertes blanches ou leucorrhée
La mode féminine actuelle est responsable du fait que les femmes et les jeunes filles souffrent de plus en plus de pertes blanches. Jadis, alors qu’il était encore d’usage, chez les femmes, de s’habiller chaudement en hiver, peu d’entre elles connaissaient cette affection désagréable. Des bas de laine épais, des sous-vêtements chauds, d’amples vêtements de laine et de bons souliers dispensaient la chaleur nécessaire, même si on ne disposait pas de chauffage central, si bien qu’en général seule la salle de séjour était chauffée, en plus de la cuisine. Mais aujourd’hui, alors que nous vivons habituellement dans des pièces surchauffées, nous trouvons tout naturel de nous vêtir le plus légèrement possible. Ajoutons à cela la vanité qui rend aveuglément hommage à la minceur et nous avons à supporter les conséquences néfastes d’un refroidissement. La précipitation de la vie moderne et le besoin immanent de réduire le plus possible le temps de travail au profit des loisirs conduit souvent au surmenage corporel. Si l’état général est de surcroît affaibli, on succombera au refroidissement et à ses suites.
Dans le cas des pertes blanches, il s’agit d’un catarrhe des muqueuses que nous devons guérir à fond, comme tout autre catarrhe. Ceci est opportun si l’on songe aux désagréments de ses pertes et à l’affaiblissement qu’elles suscitent. Elles ressemblent en cela aux autres catarrhes des muqueuses que nous devons combattre avec ténacité pour nous en débarrasser. Nous ne devrions d’ailleurs jamais négliger aucune maladie de quelque muqueuse que ce soit. Elles sont toutes menacées par les influences extérieures et exposées aux infections bactériologiques. Ceci exige une lutte constante que les muqueuses ne remporteront que si elles se protègent par des bactéries utiles détruisant autant que possible les bactéries nuisibles qui se sont infiltrées de l’extérieur. On parle par exemple de la flore bactériologique buccale qui prend des mesures contre les intrus nocifs qui se trouvent dans la bouche.
Chez une femme en bonne santé, les muqueuses des organes génitaux produisent normalement de l’acide lactique qui ralentit la prolifération de bactéries nuisibles. Mais si cette production d’acide lactique n’est pas suffisante, les possibilités de défense contre les bactéries diminuent notablement et il peut en résulter un catarrhe des organes du bas-ventre.
Il faut faire également attention aux erreurs alimentaires qui peuvent entraver la production des bactéries de l’acide lactique, permettant alors aux bactéries étrangères de s’installer. De ce fait, le corps doit amorcer une autre méthode de lutte. Il dégage des mucosités, il jette des leucocytes et des lymphocytes dans la bataille contre les colonies étrangères et essaie par ce moyen de les expulser du corps. C’est ce que l’on appelle des pertes blanches.
Il est facilement concevable de combattre ce mal avec succès si nous recourons à l’acide lactique. Les femmes utilisent dans ce but le concentré de petit-lait épaissi et décaséiné, car son acide lactique naturel s’est révélé vraiment excellent pour la désinfection, au moyen de rinçages. Des rinçages avec une infusion de camomille, additionnée de 3 ou 4 cuillerées à soupe de concentré de petit-lait, donnent aussi de bons résultats. Puisque le petit-lait est un acide lactique naturel, il peut remplacer le milieu d’acide lactique des muqueuses ; c’est pourquoi le traitement au petit-lait représente une méthode biologique. En général, il manque en même temps à l’organisme des sels de calcium que nous lui apporterons sous forme d’une préparation biologique au calcium et aux orties dont les résultats sont confirmés.
Les bains de siège aux herbes pris régulièrement constituent un traitement complémentaire indispensable. Ils dureront de préférence une demi-heure ou une heure, en veillant à ce que la température reste à 37°, donc en ajoutant constamment de l’eau chaude. Les malades qui suivent ce mode de traitement ressentent une nette amélioration au bout d’un temps relativement court, en faisant deux ou trois bains de siège par semaine avec du thym ou du genièvre. Comme ces bains de siège améliorent la circulation du sang dans l’abdomen, ce qui est nécessaire, ils constituent la base d’un traitement couronné de succès.
Outre la préparation biologique de calcium déjà mentionnée, les remèdes homéopathiques Sepia D4 à D6, Calc. carb., Pulsatilla, Ferrum phos., Kalium sulf. et Calcium phos. rendent de grands services.
Très souvent, en cas de pertes blanches, les reins sont également atteints et ne travaillent pas suffisamment. Il faut donc aussi les soutenir, ce qui peut se faire en prenant des infusions légères pour les reins, additionnées d’une préparation aux plantes fraîches pour les reins. Les bains de siège réguliers sont aussi très profitables pour les reins. Rien d’étonnant à ce que les nerfs soient également très affaiblis en cas de pertes blanches. Nous les soulageons en prenant régulièrement des gouttes pour les nerfs à base d’avoine, en alternance avec un fortifiant à base de ginseng.
Mais en ce qui concerne l’emploi d’antibiotiques puissants, on doit plutôt les éviter car ils détruisent non seulement les bactéries nuisibles mais aussi les bactéries utiles, ce qui a pour conséquence de rendre très difficile la régénération de la flore bactériologique. Si l’on veut aider la nature, on ne doit pas la perturber. Il faut veiller à ce que les avantages naturels que l’on veut renforcer ne soient pas ravagés par des remèdes radicaux, car les bactéries nuisibles se rétablissent relativement plus vite que des bactéries utiles. Etant donné que les pertes blanches sont souvent très tenaces, leur traitement exige de la patience et une stricte application. Ce n’est que de cette façon qu’on obtiendra un succès durable, sans négliger de se protéger à l’avenir contre toute influence nuisible.
Refroidissements du début de l’hiver
On entend constamment les gens se plaindre des rhumes si contrariants de cette période transitoire. Nous oublions en règle générale que nous pouvons dans une certaine mesure remédier à cet inconvénient. Ce sont souvent les femmes qui ont à souffrir de ces refroidissements : elles ont peine à renoncer aux collants très fins pour enfiler des bas plus chauds ! Il est pourtant essentiel d’adopter une tenue chaude et appropriée, le moment venu, même si l’élégance doit en pâtir. Le début de la saison froide est plus dangereux que l’hiver lui-même, le corps habitué à la chaleur de l’été supportant difficilement les premiers froids. Il faut donc des vêtements douillets pour suppléer au manque de chaleur. Veiller tout d’abord à avoir chaud aux pieds, en portant de préférence des bas ou des chaussettes de laine et les souliers chauds sont indispensables pour éviter de gros ennuis de santé. Pieds chauds et tête froide, nous dit l’expérience populaire, sont la base du bien-être et de la santé. Si nous avons chaud aux pieds, nous ne courons guère le risque de prendre froid : ils témoignent de l’état calorifique total du corps. Les sédentaires, qui travaillent la plupart du temps assis, souffrent facilement de pieds froids contrairement à ceux dont les occupations réclament du mouvement. Les sujets à circulation ralentie sont doublement sensibles au froid. Des locaux même surchauffés ne leur semblent jamais assez chauds. Ce sont les pieds qui souffrent de l’absence de mouvement si on ne prend pas la précaution de les chausser chaudement pour les maintenir à la bonne température. Si l’on passe en grelottant d’une pièce surchauffée à l’air frais ou brumeux de l’automne, la réaction brutale amène un affaiblissement des muqueuses et le terrain devient favorable aux microbes des maladies dites de refroidissement. Résultat : rhume de cerveau, catarrhe, inflammation, pneumonie, etc. Ce n’est pas en surchauffant les locaux qu’on remédie au manque de chaleur, mais par des vêtements chauds, des exercices et une accélération de la circulation sanguine. Une fois qu’on s’est habitué au froid, on est moins sujet aux refroidissements.
Rien d’étonnant à ce que l’organisme soit plus sensible en début de saison, alors qu’il est encore habitué à la chaleur estivale ou aux belles journées automnales. Le matin, nous ferons un peu d’exercice avant d’entreprendre un travail sédentaire. Faire sa chambre, par exemple, contribue à se réchauffer. Au lieu de prendre le tramway, faire une partie du trajet à pied car la marche réchauffe et nous donne la plupart du temps assez de chaleur. Celui qui vit dans une contrée enneigée aura le plaisir de pelleter la neige au grand air. On apprécie ensuite d’autant plus une pièce chaude et le travail cérébral nous paraît plus aisé après avoir pris de l’exercice en respirant profondément. Circulation accélérée, poumons vivifiés, sensation de bien-être seront la récompense. Quant à ceux qui ne voient que rarement la neige, ils se replieront sur la culture physique matinale, la gymnastique respiratoire et de bons brossages du corps qui lui apporteront sa chaleur naturelle. L’expiration complète chasse les gaz usés de l’organisme qui reçoit alors de l’oxygène en suffisance et se trouve moins exposé aux refroidissements. Si vous y êtes sujet, veillez toujours à ce que votre nourriture soit riche en calcium : lorsque le taux de calcium diminue, vous êtes plus sensible aux refroidissements. Ainsi, il sera bon de prendre du calcium biologique au début de l’hiver. C’est aussi bénéfique pour les veines car la circulation est activée. Si vous suivez ces conseils, vous serez en mesure de résister aux maladies dues aux refroidissements.
Refroidissements, carence en vitamines et taux de calcium
A quoi cela peut-il tenir que certaines personnes souffrent d’un refroidissement après un voyage en autocar ou dans un wagon de chemin de fer mal chauffé et exposé aux courants d’air, tandis que les autres voyageurs sont exempts de troubles ? En réponse à cette question, on dira que ces derniers ont sans doute une meilleure circulation sanguine que les autres. Mais d’autres facteurs peuvent aussi jouer un rôle, car la prédisposition aux infections est très variée. Les bactéries responsables d’un rhume ou d’un catarrhe se trouvent en général déjà dans les muqueuses, si bien qu’il ne suffit plus que d’un refroidissement pour qu’elles poursuivent leur œuvre. Les conséquences en sont les rhumes et les catarrhes.
En général, nous considérons ces affections des muqueuses comme bénignes et bien que nous nous sentions diminués et même parfois déprimés, nous ne cessons pas le travail car nous avons acquis en Europe une certaine immunité contre cette maladie. De fait, personne chez nous ne meurt plus d’un rhume ; au contraire nous sourions à cette pensée, car personne n’est si faible pour qu’une simple irritation des muqueuses puisse avoir des conséquences aussi graves. Notre raisonnement est toutefois erroné et nous serons certes étonnés d’apprendre que les Esquimaux, qui supportent pourtant des froids considérables, tombèrent gravement malades à cause de l’agent pathogène du catarrhe que les Américains introduisirent dans le pays il y a des années, ce qui entraîna de nombreux décès. Malgré leur vigueur, ils étaient trop peu immunisés pour affronter une infection si inattendue.
L’immunité acquise ne nous préserve pas non plus d’un refroidissement quand nous souffrons par exemple d’une carence en vitamines. Le manque de calcium, que le spécialiste appelle hypocalcémie, joue ici un rôle très important. En même temps, nous devons encore veiller aux symptômes de surmenage. Si l’on présume trop de ses forces, on consomme davantage de vitamines et de calcium. Comme nous abusons parfois de nos forces physiques, nous avons besoin d’un apport encore plus grand en vitamines et en calcium qu’au repos pour nous protéger contre les refroidissements.
Des aliments pleins de ressources
Pour y parvenir, ayons recours en première ligne à des aliments riches en calcium. Il faut se pourvoir chaque jour en légumes tels que les carottes. Nous emploierons les feuilles et les tiges du chou-rave aussi longtemps qu’on en trouvera. Le céleri et les navets comportent également de quoi couvrir notre besoin en calcium, mais surtout aussi certains fruits. N’oublions pas les figues, les raisins de Corinthe, les châtaignes du Brésil, les amandes et les pignons. Ceux-ci nous aideront à mieux tenir pendant les mois d’hiver, cette période étant bien plus dure que l’été où nous pouvons récolter dans nos jardins quantité de légumes frais, d’herbes aromatiques et de baies riches en vitamines. Tant que le jardin n’est pas enneigé, nous pouvons toujours cueillir du persil et peut-être même du cresson pour couvrir notre besoin en vitamines A et C. Ceux qui sont prévoyants sèmeront du cresson dans des pots ou des petites caisses et les placeront derrière des fenêtres ensoleillées où il germe rapidement et pourvoit à nos besoins de l’hiver, si nous en ressemons régulièrement. Une aide aussi minime peut être d’une grande utilité. Les aliments contenant de la vitamine A et de la vitamine C sont très importants.
Ressources supplémentaires
Pourtant, il est souvent nécessaire de compléter l’effet de ces aliments par un remède naturel. En pareil cas, une préparation au calcium et aux orties est un complément alimentaire qui donne de très bons résultats. Un autre remède naturel contre les refroidissements est l’usnée, c’està-dire la mousse de mélèze. Elle sert surtout à fortifier les muqueuses. Le sirop aux bourgeons de sapin et le sirop au droséra sont indiqués en cas de prédisposition au catarrhe et ils suppriment l’irritation de la toux. Pour les soins préventifs de la gorge, une préparation aux plantes fraîches d’échinacée et le concentré de petit-lait rendent de merveilleux services puisque l’échinacée a une influence antiphlogistique et que les gargarismes au petit-lait dilué purifient la bouche et la gorge. On peut aussi enduire tous les jours la poitrine d’huile essentielle de menthe japonaise. En cas d’inflammation avancée, il est bon de faire des badigeons au concentré de petit-lait non dilué. Un gros catarrhe et même une inquiétante bronchite peuvent être combattus efficacement avec l’impératoire25, qui convient aux petits et aux grands. Nous avons souvent exhorté les sportifs à mâcher des bourgeons de mélèze ou de sapin, pendant leurs randonnées hivernales à travers les régions boisées, parce que ceux-ci ont un effet prophylactique en même temps que curatif. C’est pourquoi nous le rappelons ici à nouveau.
Prenez garde aux séquelles des maladies infectieuses
Les toxines qui subsistent dans le corps à la suite des maladies infectieuses doivent être éliminées radicalement car elles peuvent occasionner des maux dangereux. Après des oreillons mal guéris, par exemple, on peut avoir une pancréatite. Une scarlatine jugulée trop tôt peut déclencher une otite interne. Une angine mal soignée peut engendrer des complications multiples : myocardite ou inflammation du muscle cardiaque, endocardite ou inflammation de l’endocarde qui peut à son tour entraîner une cardiopathie valvulaire. La péricardite est plus rare. Les reins peuvent aussi être endommagés. Par ailleurs, les toxines d’angine qui subsistent dans l’organisme sont souvent à l’origine d’un rhumatisme articulaire aigu. D’autres maladies peuvent se déclarer par suite des infiltrations de ces poisons qui n’ont pas été éliminés.
En cas de maladie infectieuse, il faut donc toujours veiller à une élimination abondante en respectant les 3 points suivants :
1. Dérivation cutanée par sudation, enveloppements chauds, douches et autres applications d’après les méthodes de Kneipp.
2. Dérivation rénale grâce à des tisanes diurétiques de verge d’or, de persil ou autres stimulants des reins. Les compresses d’oignon sont aussi efficaces. Le principe fondamental est toujours le même : activer les fonctions rénales.
3. Dérivation intestinale : après une forte fièvre l’intestin est sec. On le stimule avec des remèdes simples et naturels tels que bouillie de graines de lin, Psyllium, infusion de manne26, figues ou pruneaux trempés. Un régime aux jus de fruits est idéal. En cas de maladie infectieuse, il est déconseillé de consommer des aliments protéinés mais tous les jus de fruits et de légumes sont recommandés.
Millepertuis (Hypericum perforatum)
Artichaut (Cynara scolymus)
L’observation rigoureuse de ces 3 points évitera l’apparition de bien des complications résultant des maladies infectieuses.
La loi de l’immunité
La vie et ses imprévus nous pose souvent problème. N’est-il pas étrange, en effet, que les maladies infectieuses soient en régression alors que les maladies de la civilisation et du métabolisme entraînent une hausse inquiétante de la mortalité ? Si elles sont les conséquences d’une conquête acquise à force de résistance, pourquoi sommes-nous alors livrés sans merci à d’autres dangers ?
Bien que ceci soit déconcertant, donnons-nous la peine de rassembler et d’analyser nos expériences : une solution plausible nous sera donnée.
Lors de mon séjour en Amazonie, une épidémie de rougeole fit rage et tua des milliers d’Indiens de la forêt vierge. Or chez nous, aujourd’hui, cette maladie n’entraîne plus la mort ni des adultes ni des enfants. Pourquoi ? La virulence des bacilles n’a pas diminué ; mais la nature se montre toujours plus habile que l’homme. Le médecin et le profane observent et admirent ses lois et sa faculté d’adaptation. Grâce à cette qualité découlant de la miséricorde créatrice, la nature réagit aux attaques brutales d’une façon ferme et habile.
Au début, les bacilles se propagent en anéantissant d’un seul coup des milliers d’individus. Mais à la génération suivante, des substances immunisantes nous permettent de résister et après plusieurs générations, cette maladie est devenue relativement bénigne. Ainsi en est-il de la tuberculose, encore responsable d’une mortalité élevée il y a soixante ans. Il en va de même pour la diphtérie et bien d’autres maladies infectieuses qui ont perdu en un demi-siècle leur caractère terrifiant, ce qui est partiellement dû aux campagnes de vaccination.
Une loi remarquable
Dans le règne végétal, nous constatons la même loi de l’adaptation et de l’élaboration de défenses ainsi que des forces immunitaires. Prenons l’exemple du D.D.T., un produit qui tuait autrefois tous les insectes, à l’exception de deux espèces. Aujourd’hui, on connaît déjà une quarantaine d’espèces qui résistent à cet insecticide. Lors d’un séjour en Californie, j’observai qu’il fallait employer des insecticides de plus en plus puissants et concentrés pour obtenir de bons résultats, les insectes s’étant vite accoutumés aux nouvelles doses toxiques tandis que les oiseaux et les abeilles mouraient par millions. Un ami du Guatemala me rapporta aussi qu’une entreprise industrielle avait utilisé des insecticides très puissants à proximité de ses ruches, sans songer aux graves conséquences que cela aurait sur ses propres essaims. Une telle intervention dans l’équilibre biologique de la nature entraîne certains préjudices irréparables.
Les lois naturelles mentionnées plus haut laissent supposer que dans 50 ans, les Indiens de l’Amazonie ne mourront plus de la rougeole puisque la résistance acquise contre la maladie sera alors aussi forte qu’elle l’est aujourd’hui chez nous. Aussi longtemps qu’il sera possible aux Indiens de rester à l’écart des maux de la civilisation, ils ne connaîtront qu’un petit nombre de nos maladies. La mortalité due à la goutte, au diabète, à l’obésité, au cancer ou à la terrible sclérose en plaques est pratiquement inconnue chez eux tandis qu’elle augmente chez nous.
Des médecins et biologistes éclairés nous montrent comment nous protéger contre ces maladies grâce à un mode de vie et à une alimentation naturels.
De la nécessité d’absorber des antibiotiques naturels
Acquisition d’un potentiel de défense
Lors de troubles hépatiques, la résistance de l’organisme et la présence de substances immunitaires dans le corps sont particulièrement réduites. Il est alors urgent d’absorber des antibiotiques naturels pour pouvoir lutter contre d’éventuelles infections, malgré la faiblesse résultant du mauvais fonctionnement hépatique. Nous ne pouvons éviter tous les risques d’infection. Nous sommes exposés aux agents pathogènes qui se trouvent dans les aliments ou dans l’air. En effet, l’air des villes est loin d’être pur. Un centimètre cube d’air contient des milliers de germes et de bactéries. Les insectes, mouches et moustiques peuvent être porteurs de germes infectieux. Une prudence et une attention soutenues ne suffisent pas toujours à nous en préserver. Il importe donc que le corps possède les substances immunisantes et le potentiel de défense nécessaire pour éliminer ces dangers. Certaines plantes, les herbes aromatiques notamment, contiennent des huiles essentielles et d’autres éléments qui protègent l’organisme contre un grand nombre de bactéries.
L’efficacité des différents antibiotiques
La découverte d’antibiotiques tels que la pénicilline, la streptomycine, l’auréomycine et autres préparations lancées sur le marché nous a fourni des éléments actifs pour combattre les infections bactériennes. Ces remèdes se sont surtout révélés efficaces dans diverses affections tropicales, sauvant plus d’une vie. Chez nous, on abuse malheureusement de ces antibiotiques pour des bobos insignifiants qui pourraient être guéris avec d’autres remèdes : maux de gorge ou infections bénignes. Cet abus présente un danger certain : d’une part, le corps s’y habitue et d’autre part, les bactéries elles-mêmes deviennent résistantes, c’est-à-dire insensibles, de sorte que les antibiotiques sont dépourvus d’efficacité en cas de réel danger. De plus, la flore intestinale attaquée est peu à peu détruite.
L’assimilation des substances nutritives dans l’intestin nécessite la présence de certaines bactéries. De même, une plante a besoin d’une certaine flore bactérienne pour prospérer. Pour obtenir une bonne récolte de soja, par exemple, il faut « vacciner » le sol au moment des semences à l’aide de bactéries spéciales favorisant le développement harmonieux de la plante. Une forêt de sapins ne saurait prospérer sans les bactéries du sol qui lui sont indispensables. Même chose pour l’intestin : une flore bactérienne déterminée lui est nécessaire. C’est la raison pour laquelle le yaourt est recommandé pour les soins de l’intestin, particulièrement celui contenant des germes Acidophilus, car tout en soutenant et en favorisant la flore utile, il détruit les bactéries nuisibles. Les bactéries de l’acide lactique sont bénéfiques, elles collaborent fraternellement avec celles de l’intestin. Les antibiotiques mentionnés (pénicilline, streptomycine, etc.) peuvent avoir le gros inconvénient d’attaquer la flore intestinale. Les bactéries les plus importantes et les plus utiles sont souvent les plus sensibles. Après ingestion de ces remèdes, les bactéries moins favorables et plus résistantes prennent le dessus et peuvent occasionner une inflammation chronique de l’intestin. Si de nouvelles bactéries encore plus actives interviennent, l’organisme est alors dépourvu d’une partie de ses défenses naturelles.
Après plusieurs cures d’antibiotiques puissants, le corps ne réagit plus et l’on reste désarmé face à de graves affections, les traitements ordinaires ayant perdu toute efficacité.
Les antibiotiques naturels
La prédisposition aux infections que l’on rencontre chez les malades du foie, les sujets menacés de tuberculose, les cancéreux ou autres, rend indispensable l’apport d’antibiotiques naturels qui permet de protéger un corps affaibli.
Ces antibiotiques naturels sont vitaux en présence de tels troubles.
Il y a déjà plusieurs décennies que j’ai fait des expériences intéressantes avec le raifort, le cresson alénois, le cresson de fontaine27 et la capucine28. L’ingestion régulière de ces plantes augmentait nettement la résistance aux catarrhes et aux maladies infectieuses. On se moquait de vous, en ce temps-là, quand vous prétendiez que la consommation de capucine était bénéfique. On ignorait à l’époque les principes actifs de ces plantes. C’est souvent le cas en médecine naturelle : on a l’occasion d’observer les bons effets d’une méthode et on l’applique aux malades sans connaître scientifiquement le pourquoi de son action salutaire. C’est ainsi que j’ai eu la très grande satisfaction de trouver dans la littérature spécialisée d’aujourd’hui la confirmation de mes observations antérieures. Cette confirmation a largement compensé les railleries dont je fus l’objet jadis, alors que je parlais de salade aux capucines. Ce sont avant tout les travaux du professeur Winter, de Cologne29, qui ont mis en évidence les vertus de cette plante.
J’avais observé que la capucine détruisait entre autres les parasites des végétaux. Je fis ainsi la chasse aux pucerons et autres en vaporisant sur les plantes un extrait frais de capucine ; les résultats obtenus furent très concluants. Ces observations me prouvaient que la capucine contient un principe actif puissant, ce qui est confirmé aujourd’hui par les chercheurs. Par la suite, une autre idée s’est imposée à moi : la capucine et le cresson de fontaine doivent contenir d’autres substances éventuellement encore plus puissantes que les antibiotiques. L’action sur les parasites est peut-être due à ces substances actives que la science ignore encore. Le cresson de fontaine présente des actions semblables à celles de la capucine, comme j’en ai eu la confirmation après des années d’expériences faites sur le cresson de fontaine qui croît dans les ruisseaux alpestres de l’Engadine. En le mangeant cru, on se trouve littéralement immunisé contre les catarrhes et les maladies infectieuses en général.
J’ai fait la découverte d’une plante plus sensationnelle encore et absolument inconnue, l’usnée, de la famille des mousses et des lichens. J’en mangeais régulièrement lors de mes randonnées à ski et j’observais que cerfs, chevreuils et chamois s’en régalaient aussi : lorsqu’il y avait beaucoup de neige, toute l’usnée à la portée du museau de ces animaux était mangée. Un examen approfondi a révélé que cette plante, à l’instar des autres mousses, contient une forte proportion d’hydrates de carbone, donc de l’amidon d’où elle tire une valeur nutritive non négligeable. Le gibier semble donc bien profiter de cet avantage et à coup sûr, l’effet de ces antibiotiques augmente sa force et sa résistance. L’usnée guérit rapidement les catarrhes, je l’ai observé à maintes reprises. Dès que des maux de gorge se manifestent, signe de catarrhe, il faut profiter d’une course à ski pour mâcher sans arrêt de cette plante bénéfique. L’effet en est si prompt que, rentré à la maison, tous les symptômes ont disparu. Ces indications précieuses m’incitèrent à examiner de plus près cette simple mousse de mélèze. J’en utilise depuis l’extrait pour la préparation de bonbons. L’expérience a prouvé que l’usage régulier de ce remède diminue les risques de rhume et de catarrhe. A quoi bon s’habituer à des préparations dont l’action violente présente plus de désagréments que d’avantages ? Puisque la nature nous offre des plantes comestibles poussant en plaine ou dans la montagne, dont les principes actifs sont dosés si harmonieusement pour les besoins du corps qu’ils ne présentent jamais d’inconvénient, à nous d’en tirer parti !
Pourquoi nous exposer à d’éventuels dangers ? Ces antibiotiques naturels n’attaquent pas la flore intestinale et il n’y a aucune accoutumance de la part du corps, même après consommation régulière, donc aucun phénomène de résistance. Ainsi, les bien portants et les malades, surtout les cancéreux, s’habitueront à manger régulièrement du cresson alénois27, du cresson de fontaine et de la capucine28 en salade ou en sandwichs. Les sels marins aux légumes et aux fines herbes d’A.Vogel en contient également. On l’utilise pour assaisonner les tartines, les salades, les soupes et les plats de légumes, mais on ne le fait pas cuire pour ne pas détruire ses principes actifs. La salade de carottes sera toujours corsée et enrichie d’une petite dose de raifort râpé. En consommant régulièrement de ces antibiotiques naturels, nous résisterons mieux aux infections. D’autre part, une infection déjà établie sera rapidement guérie par ces substances curatives. Si vous allez faire provision de santé à la montagne, où l’on trouve de l’usnée à partir de 1000 mètres, ne manquez pas de mâcher sans arrêt cette plante curative lors de vos randonnées.
Le Petasites officinalis, en français la pétasite, est une autre plante à principe antibiotique20. Elle est particulièrement recommandée aux cancéreux. On ne peut pas l’utiliser comme aromate à cause de son action trop forte. Assez rare, cette plante croît dans les hautes vallées, le long des ruisseaux. On ne profitera de ses vertus que sous forme de préparation.
Les bienfaits des crudités
Cette constatation amènera peut-être tel ou tel à réviser son jugement quant à la valeur des aliments crus. Puisque les principes antibiotiques tout comme les vitamines sont détruits par la cuisson, d’autres substances précieuses connues ou inconnues dont le corps a besoin peuvent aussi s’altérer sous l’effet de la chaleur. Donc, pour couvrir les besoins de l’organisme en principes actifs, l’homme devrait toujours manger une certaine quantité de crudités. Il s’agit-là d’antibiotiques qui sont des substances de protection qui nous préservent des maladies infectieuses. Celui qui possède un jardin fera bien d’y cultiver toutes les sortes de cresson, donc le cresson de fontaine27 et la capucine28 ainsi que du raifort pour profiter chaque jour de ces herbes aromatiques en petites quantités. On en fait des salades ; on les hache pour les ajouter au potage juste avant de le servir ; on les mélange avec du fromage blanc pour préparer d’excellents canapés. Le raifort s’ajoute aux salades, aux carottes râpées en particulier. Leur saveur sera ainsi plus corsée pour ceux qui la trouve trop sucrée, tout en procurant de précieuses substances antibiotiques.
Pour soutenir la cause de ceux qui prônent la phytothérapie, l’alimentation naturelle et surtout la consommation de crudités, rappelons le dicton universel : « Pourquoi chercher au loin les bienfaits que nous avons sous la main ? »
L’hygiène est la meilleure mesure préventive contre les affections respiratoires
Les diverses causes
Au cours de mes voyages, j’ai rencontré un grand nombre de tuberculeux30 même dans des pays où les conditions de vie sont bonnes. C’est ainsi que je fus étonné d’apprendre que la Grèce, au climat ensoleillé, doit lutter contre la tuberculose. En Hollande, particulièrement chez les insulaires, il y a beaucoup de malades des poumons. Les médecins n’ont certes pas tort de dire qu’un climat humide, à basse altitude, contribue au développement de cette affection, mais cela ne veut pas dire qu’on attrape forcément une maladie des poumons dans un tel climat ! D’autres facteurs entrent en jeu, une nourriture trop uniforme, par exemple. Quiconque est averti à temps des causes éventuelles d’une maladie pourra en tenir compte et prendre les mesures préventives nécessaires, ce qui vaut toujours mieux qu’un traitement ultérieur. Ceux qui ne sont pas malades profiteront néanmoins des conseils suivants tandis que d’autres, moins favorisés, y trouveront des indications susceptibles d’améliorer leur état de santé.
La nourriture joue un rôle d’une importance primordiale, comme on en fait l’expérience dans le monde entier. Il y a chez nous des contrées, même en montagne, où des êtres tombent malades là où d’autres viennent chercher la guérison à une altitude propice. C’est ainsi qu’un gérant de refuge de ma connaissance, un bon skieur qui passait l’hiver à environ 2000 m d’altitude, contracta une tuberculose. Une nourriture trop unilatérale en était la cause, à coup sûr : trop de protéines, trop de conserves et d’aliments raffinés, sucre et farine blanche. De même, l’air vicié du refuge devait avoir joué son rôle. A l’époque, on enduisait les skis de paraffine, préalablement chauffée au méta, ce qui altérait l’atmosphère de la pièce. Et puis avouons-le, ces refuges sont souvent mal aérés par souci d’économie de combustible ! L’air frais est pourtant indispensable dans toutes les pièces d’habitation.
Contre les affections respiratoires, il importe de renforcer le potentiel de défense naturelle, donc de créer une forte immunité car on ne peut pas toujours échapper à la contamination. Ainsi, les statistiques prouvent qu’il est rare de trouver en Europe un individu qui n’ait jamais eu, à un moment donné, une forme atténuée de primo-infection qui aurait pu dégénérer en tuberculose s’il n’avait pas été immunisé, donc capable de résister aux germes. Créer cette immunité, voilà le grand problème.
Ces observations impliquent donc que l’on se protège au mieux contre les maladies en fortifiant l’organisme, c’est-à-dire en tenant compte des facteurs suivants : alimentation naturelle, air, lumière, soleil en abondance, mouvement et respiration. L’homme qui vit et mange de façon naturelle, sans rester enfermé dans des locaux exigus, et qui profite de ses loisirs pour respirer et se mouvoir au grand air n’aura rien à craindre d’une infection. Il faut envers et contre tout appliquer ces règles d’hygiène.
Une alimentation appropriée
Il est essentiel que la nourriture soit riche en calcium et en vitamines. Il faut manger beaucoup de salade : chou blanc, chou rouge, carottes, betteraves (rouges), toutes les salades vertes qui ont une forte teneur en sels minéraux, en vitamines et surtout en calcium. Parmi les fruits, ce sont les baies et plus particulièrement les fraises de culture biologique qui fournissent le plus de calcium. Il est indispensable de se nourrir de produits naturels, de pain complet et de céréales complètes, blé, seigle et riz non décortiqués. Au lieu de sucre raffiné, on se servira de sucre de canne brut. Mieux vaudrait n’utiliser que du miel, du sucre de raisin sous forme de raisins secs ou d’autres fruits sucrés. Ces sucres-là sont rapidement réduits en glycogènes. Un foie malade est encore capable d’assimiler ce type de sucres. On choisira des corps gras de bonne qualité, en évitant la graisse de rognon, le saindoux et les graisses animales durcies comme certaines margarines. On s’en tiendra de préférence aux huiles non raffinées, au beurre frais sans sel, aux noix et aux amandes. Pour les assaisonnements, utiliser très peu de sel et renoncer aux épices fortes comme le poivre et la muscade. On fera par contre largement usage d’herbes aromatiques : sarriette, thym, marjolaine, basilic, coriandre, etc. L’extrait de levure est idéal car il renferme tout le complexe des vitamines B. Il se prête à la confection de sauces délicieuses qui ont un goût de viande. Pour éviter les fermentations intestinales, on ne mélangera pas les légumes et les fruits au cours du même repas. Matin et soir, on fera de préférence un repas frugal avec du pain complet, du miel, du beurre et un muesli qui comportera des baies ou des fruits à pépins selon la saison. Il faut être prudent avec les fruits à noyaux et que de petites quantités de celui-ci doivent être incluses. A midi, on devrait manger du souvent du riz complet, des pommes de terre et les céréales ainsi que des légumes à la vapeur en plus de nombreuses salades crues. Les aliments frits ou rôtis sont à éviter. Pour ceux qui désirent de la viande, ce sera du bœuf ou du veau grillé de préférence. Porc et charcuterie seront bannis.
La préparation au calcium et aux orties apporte un complément de calcium. L’acide silicique se trouve dans le galéopsis. Les extraits d’usnée augmentent l’immunité naturelle et la résistance de l’organisme aux maladies des voies respiratoires. Préparés avec la mousse de mélèzes des Hautes-Alpes, ils renferment des éléments acides combinés à d’autres substances et constituent un excellent remède. La pétasite20 et le gui1 sont également de bons fortifiants naturels. Pour tous détails complémentaires, se reporter au chapitre ci-dessus sur les antibiotiques naturels.
Soins de la peau et autres mesures préventives
Les soins de la peau soutiennent tous les processus de guérison de l’organisme. Chaque jour, on brosse son corps jusqu’à ce qu’une légère rougeur apparaisse, après quoi on l’enduit d’une bonne huile comme l’huile de millepertuis, par exemple, ou toute huile de massage corporel contenant de l’huile de millepertuis véritable. Si vous n’en avez pas, l’huile d’olive vierge convient également à ces soins, mais en petites quantités. D’ailleurs, il suffit de graisser la peau tous les deux ou trois jours seulement. Veiller à ne jamais avoir froid aux pieds. Si tel est le cas, des bains de pieds et des massages remédieront à cet inconvénient. La fonction intestinale doit être régulière. Si elle laisse à désirer, vous prendrez matin et soir une cuillerée à soupe de graines de lin fraîchement moulues. Cette plante est un bon régulateur des intestins et un remède naturel très efficace. D’autre part, il faut prendre garde à la diarrhée qui affaiblit fortement l’organisme. Pour la combattre, il suffit de manger des flocons d’avoine crus ou de prendre un remède à base de tormentille31. On supprimera les troubles intestinaux et les fermentations par une insalivation complète des aliments. Manger lentement, mâcher consciencieusement chaque bouchée et insaliver avec entrain, c’est absolument nécessaire !
Respiration et joie de vivre
Les effets salutaires d’une cure d’altitude sur notre état général sont sans doute très appréciables. Ceux qui ont les moyens de se l’offrir ne devraient jamais hésiter à faire un séjour en montagne. D’autres auront peut-être la possibilité d’aller à la mer, ce qui est aussi tonique à condition que l’air soit pur et sain. On veillera bien sûr à ne pas séjourner dans le voisinage d’usines ou d’autoroutes.
Il est également important de suivre les conseils prodigués à la fin du livre, dans les chapitres suivants : « La santé par la joie » et « Respirer, c’est vivre ». Quand on a le moral, on ne tombe pas malade mais si on l’est déjà, on sera alors à moitié guéri. C’est un point important à observer de la part du médecin traitant : on ne doit jamais manquer de parler au patient de son moral. Une gymnastique respiratoire bien conçue augmente aussi le bien-être de l’individu. Chaque médecin adepte de ces méthodes biologiques de prévention et de thérapie se réjouira des résultats obtenus.
Asthme
La gêne respiratoire qui se manifeste en crises, c’est de l’asthme. Tous ne savent pas que cette maladie se manifeste sous plusieurs formes. Il faut donc bien distinguer entre l’asthme nerveux, l’asthme bronchique et l’asthme cardiaque pour prodiguer les soins adéquats. Nous devons pour cela examiner l’origine et les symptômes de chaque cas.
L’asthme nerveux
Notre système nerveux est parfois très sensible et prédisposé aux spasmes. Si l’asthme se déclare, la maladie résulte invariablement du système nerveux défaillant. Donc il va de soi qu’il faut d’abord soigner l’origine nerveuse de la maladie pour avoir du succès dans le traitement.
L’asthme bronchique
Il n’en est pas de même de l’asthme bronchique. Il dépend tellement des conditions météorologiques qu’un changement de climat s’avère nécessaire pour aider à sa guérison. On constate très souvant que l’air marin riche en iode a une bonne influence sur la maladie ; les crises diminuent et disparaissent parfois. Certains asthmatiques peuvent guérir à l’air des montagnes et nombreux sont ceux qui choisissent ces endroits. Une altitude de 900 mètres peut suffire à soulager le malade de ses crises mais il est souvent nécessaire d’aller jusqu’à 1200 ou 1500 mètres. De même, les malaises dûs à l’asthme peuvent disparaître grâce à l’air chaud et sec du désert.
Il peut arriver que les spasmes résultent d’une sensibilité au pollen. Ces cas seront traités de la même façon que le rhume des foins car il s’agit du même type d’allergie. Si nos moyens nous permettent de changer de climat, nous devrions le faire sans tarder. En effet, les soins bioclimatiques agissent de pair avec l’absorption de nourriture naturelle et peuvent conduire à la guérison au bout d’un certain temps. Malheureusement, le patient manque souvent de l’énergie nécessaire pour effectuer ce changement et sa famille hésite à prendre cette décision bien qu’il soit parfois aisé de trouver un emploi convenable dans un pays au climat approprié. Ce manque de courage est bien regrettable car les malades peuvent guérir rapidement dans un environnement bénéfique.
Si les crises cessent pendant un ou deux ans, on peut songer au retour dans le pays d’origine car la maladie est vaincue par les influences climatiques favorables et elle ne se manifestera plus, même dans un climat préjudiciable. Les bienfaits d’un changement de climat devraient être rendus accessibles aux jeunes afin que leur vie prenne un nouvel essor.
Si l’asthme bronchique se déclenche sur une maladie pulmonaire mal cicatrisée, il est très difficile de pouvoir la guérir et de parler de succès possible. C’est la raison pour laquelle on ne devrait jamais traiter les maladies des organes respiratoires à la légère et les laisser traîner jusqu’à ce qu’elles deviennent chroniques. Bien au contraire, il faut veiller à une guérison rapide et complète afin d’éviter l’apparition d’asthme bronchique dont la guérison est beaucoup plus difficile.
Médication et traitement physique
Les soins médicaux de l’asthme bronchique font surtout appel aux antispasmodiques. Il est étrange de constater que le malade à qui on laisse entrevoir une guérison est déjà libéré par une seule injection de procaïne. Il est indispensable de se soucier constamment du moral du malade au moyen d’une psychothérapie appropriée. On peut remplacer la procaïne par de l’acide formique homéopathique ou un autre traitement neural.
Les cachets pour asthmatiques contenant des extraits de plantes africaines telles que l’éphédrine, l’atropine ou la stramoine sont des médicaments à effet puissant qui procurent éventuellement un soulagement mais ne doivent pas être pris de façon régulière. Le corps s’habitue à l’action de ces remèdes qui n’apportent aucune guérison mais suscitent une pharmacodépendance. C’est pour cette raison que les remèdes homéopathiques sont préférables. C’est pourquoi les remèdes homéopathiques sont moins chers. Arsen. alb. de D6 à D30, Nux vomica de D6 à D20, Zinc. valer. D4, Antimon. sulf. aureum D4 et Belladonna en dilution élevée rendent de bons services, selon le tempérament du malade. En phytothérapie, les remèdes à base de racine de pétasite20 ont fait leurs preuves, en particulier le Petasites off. Cet antispasmodique à base de plante est bon, son efficacité est indubitable et il donne souvent à long terme des résultats étonnants, sans aucun effet secondaire. En cas d’asthme bronchique, d’obstruction des poumons par les mucosités et de spasmes, le sirop au droséra et Kali jod. D4 sont également efficaces.
Outre ces remèdes et un soutien moral approprié, la physiothérapie donne aussi d’excellents résultats. Il s’agit surtout des bains de Schlenz, des bains de pieds alternés, des bains-frictions de Louis Kuhne32, ainsi que des massages à la brosse, des sinapismes ou des cataplasmes à l’argile. L’acupuncture peut aussi avoir un très bon effet sur l’asthme si le thérapeute sait employer habilement cette délicate méthode chinoise.
L’asthme cardiaque
Bien que l’asthme cardiaque ait les mêmes symptômes que l’asthme bronchique, il ne résulte pas d’une maladie des bronches. L’asthme cardiaque provient uniquement d’une faiblesse du cœur. Si l’affection atteint le côté gauche du cœur, il y a un reflux de sang vers les poumons. Si au contraire c’est le côté droit qui est atteint, il y a un écoulement sanguin difficile dans les poumons, ce qui produit un déficit de l’échange gazeux.
Les patients souffrant d’asthme cardiaque ont le visage bleuâtre et des difficultés à respirer lors du moindre effort. Dès que l’on connaît l’origine de ces symptômes, on doit soigner le cœur et les vaisseaux. Au lieu des médicaments à la digitaline, qui ont un effet cumulatif, on choisira un excellent remède combinant le muguet (Convallaria) 33 et la scille (Scilla maritima, oignon de mer)34. Pour fortifier les muscles du cœur, les préparations d’aubépine sont recommandées. Il est en tout cas très important de diagnostiquer l’origine de la maladie, car cela permet de choisir la médication et la forme de physiothérapie appropriées à chaque malade.
Facteurs de guérison pour les malades des poumons
Il est curieux de constater que la médecine classique ne se soucie guère de changer les conditions de vie des malades des poumons. Certes, les cures de repos, l’air, la lumière, le soleil donnent de bons résultats. On ne saurait nier la grande valeur de ces facteurs curatifs. On lisait autrefois à l’entrée d’un sanatorium d’Arosa l’inscription suivante : « Levez les yeux vers les montagnes d’où viendra le salut. » Cette parole témoigne de l’importance que la médecine classique attribuait au bon air des montagnes, c’est-à-dire aux conditions climatiques.
Un autre aspect non négligeable, c’est la diététique. Il est indispensable d’apporter à l’organisme les substances qui lui manquent et dont il aurait besoin pour se régénérer. . En premier lieu, il lui faut une alimentation riche en calcium et en vitamines ; des carottes crues râpées, des jus de carottes, de raisin, d’orange, de pamplemousse15 bus lentement, à petites gorgées, après une bonne insalivation. Ainsi, l’acide des fruits ne provoquera aucun trouble digestif.
Les légumes frais ne manqueront jamais au menu. La salade sera préparée au citron et non au vinaigre.
On réduira la consommation de protéines. Les aromates naturels aiguiseront l’appétit. Un remède à base de calcium facilement assimilable est indispensable. J’ai toujours pu observer d’heureux résultats grâce à un complexe au calcium et aux orties et à des plantes comme galéopsis, une plante riche en silice. A ce propos, il faut signaler les bons effets de l’usnée. Tout comme les animaux de la forêt, nous pouvons profiter de ses principes actifs qui tonifient les poumons délicats et soulagent les affections des voies respiratoires. Ceux qui ne disposent pas de la plante fraîche pour la mâcher boiront régulièrement de la tisane d’usnée. Il ne s’agit pas là d’un médicament au sens propre du terme mais plutôt de l’application du principe d’Hippocrate : « Que la nourriture soit le remède, que le remède soit la nourriture. » Les remèdes végétaux font vraiment partie des aliments curatifs. L’huile de foie de morue et ses émulsions ont une action favorable, pour autant qu’on les supporte.
Le moral joue un très grand rôle dans le traitement des affections pulmonaires. Il favorise les fonctions glandulaires et tout traitement efficace devrait en tenir compte.
Il faut stimuler également la fonction cutanée par de légers brossages de la peau suivis de frictions avec une bonne huile de massage corporel.
Inutile de rappeler que la fonction intestinale doit être surveillée, de même que l’activité rénale. Ce sont là deux facteurs normaux de guérison pour toute maladie de ce type. Les malades qui suivent ces conseils très simples verront leurs cures de repos couronnées de succès, au grand étonnement de certains médecins. Il est nécessaire d’éliminer à la fois les carences et les faiblesses pour parvenir rapidement à la guérison.
Calcium
La presse et la littérature médicale ont déjà beaucoup dit et écrit au sujet de l’importance du calcium dans l’organisme humain. Le calcium est en effet l’un des minéraux les plus importants et les plus répandus de notre corps. Sans calcium, l’organisme serait incapable de former le système osseux, les dents et une grande partie de nos cellules. C’est pourquoi l’alimentation doit tenir compte de ces besoins. Le calcium joue un rôle prépondérant dans la défense de l’organisme contre les maladies infectieuses, celles des voies respiratoires en particulier. Les enfants qui souffrent d’une carence calcique sont moins résistants ; leurs ganglions enflent facilement et ils sont facilement sujets aux infections. S’il manque de calcium, le corps doit livrer de grandes batailles. La nature nous en offre un exemple frappant : on trouve toujours de la mousse dans les prés acides, pauvres en calcium. Si l’on désacidifie la terre et qu’on lui rende son calcium, les mousses disparaissent. Les parasites prospèrent toujours dans les terrains pauvres en calcium. La situation du corps présente une certaine analogie : s’il y a hypocalcémie, on est exposé à toutes sortes d’affections et particulièrement aux maladies infectieuses. Le fait étant connu, on s’est mis à élaborer des médicaments au calcium. Mais ces phosphates, carbonates ou lactates de calcium ne remplissent pas leur mission. L’humanité manque toujours de calcium. J’ai eu autrefois l’occasion de m’entretenir, à Davos, avec un chimiste très expérimenté dans ce domaine ; il préparait le lait de chaux et d’autres remèdes à base de calcium pour les médecins de l’endroit. Il m’expliqua qu’il était obligé d’en livrer de grandes quantités : on croyait alors que le lait de chaux était un remède important pour le traitement des maladies pulmonaires. Selon lui, l’effet de ce lait était nul ou presque. Il préconisait l’idée d’une préparation naturelle, à base de calcium végétal. Voilà ce que m’exposait ce chimiste de la vieille école qui prévoyait déjà l’importance des remèdes biologiques. Cet homme m’a affermi dans mon idée ; j’ai multiplié mes efforts pour trouver une méthode biologique permettant d’administrer les sels minéraux sous une forme assimilable, afin que l’organisme puisse combler ses carences. C’est ce qui m’a amené à extraire le calcium des plantes, surtout des orties et plus précisément des orties vertes et fraîches. Je suis ainsi parvenu à élaborer un complexe au calcium et aux orties, préparation de calcium assimilable par l’organisme. L’heureuse combinaison avec d’autres substances calcaires finement triturées m’a permis de réaliser ce complexe de calcium qui répond à toutes les exigences d’une médication calcique naturelle et biologique. Cela ne signifie pas que ce soit là le seul remède et chacun doit trouver le moyen de s’aider lui-même, sans avoir forcément recours à diverses préparations.
Comment remédier au manque de calcium ?
J’aimerais donc expliquer ici comment remédier à la carence calcique, avant tout chez les enfants qui naissent déjà hypocalcémiques, mais aussi chez les adolescents et les personnes âgées.
Les jeunes enfants auront une alimentation naturelle. On leur donnera beaucoup de crème de riz naturel ; le son du riz contient en effet des substances précieuses indispensables aux jeunes enfants. Quant au nourrisson, rien n’égale le lait maternel. C’est pourquoi toutes les jeunes mères qui le peuvent devraient donner le sein à leur bébé, à condition bien sûr d’être en bonne santé. La femme devrait y songer bien avant de mettre l’enfant au monde.
Dès qu’on introduit l’allaitement mixte, la meilleure base sera le riz naturel. De tous les jus, c’est le jus de carottes qui est le mieux supporté par le bébé. Il est riche en calcium et en sels minéraux. Plus tard, on préparera des biberons au lait d’amande additionné de jus de fruits. Le lait doit être de première qualité, cela va sans dire, qu’il s’agisse de lait de vache ou de brebis. Ce n’est malheureusement pas le cas partout ; il y a encore des pays où une forte proportion de vaches sont atteintes de tuberculose. Ceci n’a rien de surprenant car une bête qui est constamment enfermée dans une étable ne peut être saine. Tout devrait être mis en action pour que la qualité du lait réponde aux besoins et aux désirs du public. Le lait de brebis est de qualité supérieure ; il est riche en calcium. Si les brebis vivent presque toute l’année en plein air et profitent de la nourriture naturelle broutée dans les pâturages, leur lait est le meilleur. Si vous avez des brebis en liberté dans votre voisinage, profitez-en pour donner de leur lait à votre nourrisson. Le lait de chèvre peut être utile de temps en temps, pour une courte durée. Pour de plus amples détails à ce sujet, consulter le paragraphe consacré à l’alimentation du nourrisson. Pour les jeunes en pleine croissance, c’est-à-dire pour toutes les personnes, il est important que l’alimentation soit naturelle, qu’on renonce donc aux aliments et produits raffinés comme la farine blanche et le sucre blanc. Choisissons les aliments comme la nature, ou comme le Créateur nous les a donnés. Elle contient en proportions harmonieuses tous les principes vitaux, minéraux et vitamines, qui nous sont indispensables. Revenons donc à une alimentation naturelle, laissons de côté tous les produits artificiels qui sont lancés dans le commerce. S’ils sont avantageux pour leur fabricant, ils ruinent néanmoins la santé humaine. Les conséquences néfastes de l’alimentation moderne pour l’organisme n’apparaissent pas immédiatement. Par suite de l’adjonction de produits chimiques, on constate au bout d’un certain temps des troubles tels que tumeurs malignes, prédisposition aux maladies infectieuses, diminution du potentiel immunitaire et affections diverses, entre autres du système nerveux central. C’est tout ce qui effraie l’être humain moderne. L’augmentation de ces facteurs est due à la réduction de la résistance humaine normale, qui est principalement garantie par le mode de vie et l’alimentation naturels.
Choucroute au calcium
Je connais un remède tout à fait particulier pour guérir l’hypocalcémie. Je vais vous en révéler la recette. Il intéressera avant tout ceux qui vivent à la campagne.
Si vous préparez vous-même votre choucroute, vous aurez soin d’y ajouter fort peu de sel mais beaucoup de condiments tels que marjolaine, thym, herbes aromatiques variées, baies de genièvre et grains de moutarde, ces derniers permettant la conservation de la choucroute. Préparée avec des choux blancs, elle contient beaucoup de calcium. Mangée crue, elle constitue un remède efficace. Pour en faire une préparation calcique, c’est-à-dire augmenter sa teneur en calcium, on lui ajoutera des coquilles d’œufs pilées et réduites en poudre dans la proportion d’une demi-cuillère à soupe par kilo. On peut aussi utiliser de la poudre de coquilles d’huîtres qu’on se procure dans les bonnes drogueries. Cette poudre s’ajoute en même temps que l’assaisonnement au chou blanc râpé. Après fermentation, on obtient un lactate de calcium naturel, d’une assimilation facile. Dans un ménage qui consomme un baril de choucroute ainsi préparée par an, toute carence calcique disparaîtra en un ou deux ans. Ceux qui achètent leur choucroute ordinaire peuvent y ajouter une cuillère à café de cette poudre par kilo. Si vous vous procurez de la choucroute biologique, qui ne contient que peu de sel, dans un magasin de produits naturels, saupoudrez-la d’une cuillère à café de poudre, mélangez bien et laissez reposer un jour avant de la manger crue. Elle n’aura pas tout à fait la même valeur que la choucroute préparée à la maison, mais elle sera plus efficace que la plupart des médicaments à base de calcium. Une autre méthode consiste à ajouter une pincée de cette poudre à l’assaisonnement de la salade, à condition qu’elle soit préparée au citron : l’acide citrique a la propriété de dissoudre une partie de ce calcium naturel et de le rendre ainsi mieux assimilable.
Les orties
L’ortie constitue une excellente médication calcique. Au printemps, quand les jeunes plantes commencent à pousser, n’oublions pas d’en cueillir ; finement hachées ou passées au mixeur, on les ajoutera aux salades. Au lieu de la ciboulette, on peut utiliser ajouter les orties finement hachées aux potages, légumes et pommes de terre. On remarquera à peine qu’il ne s’agit pas des herbes ordinaires qu’on met habituellement dans le potage. Il est utile d’en manger régulièrement de cette manière, en garniture, pour bénéficier des phosphates de chaux dont elles sont très riches. On peut également en ajouter hachées aux épinards, au dernier moment car il vaut mieux les manger crues. On profitera de la vitamine D, du calcium et des autres sels minéraux qu’elles renferment. Dans la revue « Gesundheits-Nachrichten », éditée par nos soins, j’avais rédigé en son temps un article sur les orties à la suite duquel plusieurs paysannes bernoises m’ont écrit pour me dire que leurs enfants, grâce à ce remède simple, avaient retrouvé leurs bonnes joues rouges, signe de santé. A quoi bon dépenser son argent pour des remèdes coûteux alors qu’une médication aussi simple permet d’obtenir les mêmes résultats ? Il faut bien sûr préparer les orties, mais cette peine ne compte pas, comparée au souci causé par les enfants manquant de calcium, qui contractent souvent des maladies nécessitant de longs traitements. Ces enfants sont très sensibles aux catarrhes : le moindre courant d’air peut leur être fatal ; et s’il y a quelque maladie infectieuse dans leur entourage, ils y succomberont les premiers. Cela confirme une fois de plus qu’il vaut mieux prévenir que guérir !
Nouvelles fonctions du calcium
Nous connaissons tous le rôle important que le calcium assume dans notre corps en tant qu’élément constitutif des dents et des os. Nous savons qu’un faible taux de calcium indique un manque de calcium qui peut déclencher à la longue des lésions des dents et des os. Chez les femmes enceintes, cette carence se fait sentir au point que dans la région bernoise, du temps de nos arrière-grands-mères, on disait que chaque enfant coûtait une dent à sa mère. La suite nous est connue, le manque de calcium dans le sang provoque facilement des états de type tétanique, des crampes et des spasmes.
Le calcium n’est pas uniquement un minéral constitutif, mais encore un composant de liaison permettant d’éliminer par l’urine des résidus nocifs du métabolisme, surtout des acides. Songeons par exemple à l’acide oxalique, qui joue un grand rôle dans la formation des calculs rénaux. La combinaison de cet acide avec le calcium donne de l’oxalate de calcium, sous une forme transportable par les organes urinaires.
Une quantité suffisante de calcium protège aussi de la scrofule35 et diminue les risques de tuberculose. Les médecins spécialistes rapportent souvent ce fait. Si le calcium est présent dans le sang à un taux normal, il peut aussi nous protéger contre les effets nocifs du Strontium 90 radioactif. Cette constatation est toutefois nouvelle pour beaucoup d’entre nous, mais en tout cas rassurante, car il n’est pas très difficile d’agir opportunément sur notre taux de calcium. Les raisons de veiller à l’absorption suffisante de cette substance minérale essentielle qu’est le calcium sont assez convaincantes et sensées pour ne pas être négligées.
Les denrées à base de blé complet, les crudités, les produits laitiers sont de bons fournisseurs de calcium que nous devrions consommer tous les jours. Malheureusement nous ne pouvons pas assimiler le calcaire de l’eau ni les autres formes de calcium inorganiques. C’est pourquoi il faut veiller à fournir au corps du calcium organique, surtout celui des végétaux. Comme ce minéral essentiel s’assimile mieux sous cette forme, c’est la seule qui soit à prendre vraiment en considération. Cependant si quelqu’un souffre d’un manque de calcium malgré une alimentation adéquate, il doit absolument veiller à absorber régulièrement une bonne préparation biologique, comme un complexe de calcium et d’orties. C’est la forme idéale du calcium des orties qui maintient le taux de calcium des enfants et des adultes à un bon niveau, en permettant une meilleure assimilation du calcium des aliments par l’organisme. Quiconque a déjà essayé une préparation de calcium et d’orties ne voudra plus se passer de ce remède simple et agréable à prendre. Chez les gens épuisés, surmenés et atteints de maux divers, qui ne réagissent généralement plus à la plupart des remèdes, on peut constater un rétablissement de la santé à l’aide du complexe au calcium et aux orties, ce qui permet à l’organisme de tirer à nouveau profit des autres remèdes. Puisque l’équilibre des minéraux de notre corps est si important, nous devons veiller à le préserver constamment grâce aux conseils donnés.
Le mystère de notre sang
La Bible nous dit que l’âme se trouve dans le sang et le poète lui-même ressent sa nature mystérieuse en qualifiant le sang de sève étrange. Cette opinion fut émise bien avant que les recherches scientifiques des temps modernes ne viennent le confirmer. J’ai médité sur la thèse récente de savants réputés affirmant que l’état d’un être se reconnaissait à chacune des gouttes de son sang, où l’on peut déceler la santé ou la maladie. Néanmoins, les chercheurs n’ont pas encore trouvé de méthode adéquate pour prouver cette assertion. Il chercheurs devront encore travailler pour trouver cette méthode et en fournir les analyses. Des études ont toutefois déjà permis de comprendre la méthode de cristallisation du sang. D’autres méthodes suivront certainement et nous sommes sans doute sur le point de reconnaître la plupart des maladies telles que le cancer, la tuberculose, le rhumatisme, la goutte et autres à leur stade initial, c’est-à-dire avant l’apparition des symptômes caractéristiques. Bien que l’on distingue déjà les différents groupes sanguins et le facteur Rhésus, ainsi que la granulation fine ou grossière du sang, tout comme pour les pores de la peau, la spécificité du sang et les différences de composition et de structure selon les individus constituent encore un grand mystère, que les chercheurs élucideront un jour.
Si les recherches concernant le sang étaient déjà plus avancées, il n’y aurait pas près de 20.000 décès par an, aux Etats-Unis, par suite de transfusions sanguines. Dans un avenir proche, il est bien possible que les médecins ne se servent plus que de succédanés de sang et de plasma car ils sont bien conscients des risques liés à la transfusion de sang humain. Citons dans ce contexte l’apparition fréquente d’une hépatite, redoutable inflammation du foie en liaison avec une jaunisse infectieuse, à la suite d’une transfusion sanguine. La protection contre l’hépatite sérique fait partie des problèmes de la transfusion qui ne sont pas encore résolus. Songeons aussi aux nombreux cas récents de transmission du sida à la suite de transfusions sanguines. Ceci incita même le médecin-chef d’une banque du sang américaine à exprimer de sérieuses réserves, tandis que de nombreux médecins préfèrent éviter tout risque en ne travaillant qu’avec des succédanés de plasma. Pour le patient, c’est plus qu’il n’en faut et un entretien préalable avec le médecin lui permettra de décider en connaissance de cause.
Comment l’être humain pourrait-il percer tous les mystères du sang puisque ce n’est pas lui qui l’a créé ? Mais pour celui qui l’a créé, tout est clair. Ceci explique que dans sa bienveillance divine et paternelle, Il ait interdit aux survivants du déluge d’absorber du sang. Plus tard, ce commandement s’appliqua au peuple élu de Dieu et du temps de Saint Paul, les dirigeants de l’église primitive le reprirent comme une obligation qui resta valable durant l’ère chrétienne et qui est encore déterminante de nos jours. Contre le sida, la meilleure protection réside également dans une éthique sexuelle parfaite, comme le commandement divin l’évoque clairement dans la Bible.
Qu’on le veuille ou non, l’analyse approfondie de divers commandements nous permet de constater qu’ils n’ont pas seulement un but éducatif mais qu’ils sont indirectement utiles pour le maintien de la santé. Le respect des exigences imposées sert en tout cas à la protection individuelle. Celui qui refuse d’absorber ou de recevoir du sang sous quelque forme que ce soit, par respect du commandement divin ou par considération d’hygiène, se trouve de plus en plus conforté dans son opinion au fur et à mesure que les recherches progressent dans ce domaine.
La lymphe, le flux sanguin blanc
Bien que l’ensemble des vaisseaux lymphatiques soit bien plus longs que ceux du sang, nos connaissances en ce qui concerne le système lymphatique sont encore bien modestes. Les vaisseaux lymphatiques, répartis dans tout le corps, sont beaucoup plus fins que les vaisseaux sanguins. Contrairement au flux sanguin, la lymphe ne coule que dans une direction puisqu’elle rejoint le sang, une fois sa tâche accomplie. En faisant une croix centrée sur le nombril, nous faisons une représentation schématique et partageons le corps en quatre ; chacune de ces parties représente un réseau lymphatique, avec une « centrale » à droite et à gauche dans les aines ou les aisselles. Il y a aussi les petites centrales situées à gauche et à droite du maxillaire inférieur. La lymphe forme des nodosités qui deviennent plus grosses à proximité des centrales, où se trouvent regroupés les véritables ganglions.
La tâche du flux lymphatique
Les humeurs, le sang et le liquide cervical sont maintenus en bon état par le système lymphatique. Au total, ce liquide correspond à environ 60 % du poids du corps. A part sa fonction de régulation, la lymphe a un travail plus étendu et plus important à fournir : comme un gendarme, elle est chargée de maintenir l’ordre contre tout intrus qui mettrait en danger l’état des cellules. Il s’agit des bactéries qui sont plus ou moins mauvaises, parfois même dangereuses pour la vie même. Si, par exemple, une coupure ou un clou rouillé blessent la peau, des millions de bactéries se précipitent dans la blessure comme à travers une porte défoncée. La lymphe des vaisseaux peut n’être pas assez forte et les microbes remontent jusqu’aux ganglions de la « centrale ». Celle-ci mobilise tant de troupes prêtes à la bataille que les ganglions se dilatent. Nous sentons alors sous les bras ou dans le pli inguinal une grosseur qui peut avoir la taille d’un œuf. Si les lymphocytes, les phagocytes, les cellules migratrices et tout le potentiel de défense n’arrivent pas à faire leur travail, la lymphe est bloquée, elle se colore légèrement en rouge et les ganglions deviennent sensibles à la pression. Nous appelons ceci un empoisonnement du sang bien que le poison se trouve encore dans la lymphe. Si les toxines et microbes se déversaient directement dans le sang, l’être humain mourrait en bas âge, dès le premier empoisonnement du sang.
La lymphe joue également un rôle au niveau des amygdales et de l’appendice, qui doivent aussi exécuter des tâches de nettoyage et de destruction des microbes. Ils constituent en quelque sorte des filtres à microbes, c’est pourquoi on ne devrait pas les enlever sans raison valable car ceci affaiblit le potentiel de défense de l’organisme.
Lorsque des cellules cancéreuses s’échappent lors d’un prélèvement ou d’une opération incomplète, elles sont arrêtées par la lymphe et retenues dans la « centrale » pour être détruites. Si cela échoue, les cellules se mettent à proliférer, ce qui cause un lymphogranulome ou cancer lymphatique, particulièrement redoutable. C’est la raison pour laquelle les chirurgiens ôtent soigneusement les vaisseaux lymphatiques, les nodosités et les ganglions lors de l’opération d’un cancer, surtout d’un cancer du sein.
Une autre fonction du système lymphatique est l’absorption des graisses émulsionnées et leur distribution dans le sang en petites quantités assimilables. Tous les anticorps qui nous immunisent contre les maladies infectieuses sont développés par le système lymphatique. Il est donc vital que la lymphe travaille bien. Diverses maladies du cœur, des reins et des vaisseaux sont en rapport avec une certaine défaillance du système lymphatique.
Modes de guérison
Les exercices physiques et respiratoires en plein air sont le meilleur soutien du système lymphatique. Rayons du soleil en altitude et l’air marin sont deux facteurs qui, bien dosés, ont une bonne influence sur la lymphe.
Le remède à recommander pour soutenir le système lymphatique, c’est l’échinacée subtropicale : quand les ganglions enflent ou s’il y a empoisonnement du sang, les préparations aux plantes fraîches d’échinacée procurent du bien-être et se révèlent une aide efficace. En usage externe, on peut se servir des feuilles vertes écrasées ou encore appliquer de l’ouate imbibée de teinture d’échinacée. Dans la phase aiguë, il faut prendre toutes les heures 10 gouttes de teinture dans un peu d’eau. C’est en raison de ces nombreux bienfaits que chaque pharmacie familiale devrait avoir sa teinture d’échinacée fraîche.
Certains faits intéressants concernant la lymphe
Sans la lymphe, que l’on peut qualifier de « sang blanc », l’homme succomberait vite aux attaques des microbes. Les lymphocytes sont les gendarmes du corps. Ils détruisent surtout les microbes qui pénètrent dans la peau lors d’une blessure. De plus, ils prennent une part active à la reconstruction des cellules détruites. Comparable au système sanguin, le système lymphatique est cependant beaucoup plus ramifié et plus long. Les muqueuses, en particulier celles des intestins, ont un réseau lymphatique étendu, semblable à un filet aux mailles fines.
Les amygdales et l’appendice
Beaucoup de gens ignorent que les amygdales et l’appendice possèdent un réseau lymphatique très bien constitué. Comme ils servent à filtrer et à détruire les microbes, on peut les considérer comme des organes jumeaux. Leur fonction étant très importante, on ne devrait jamais les enlever tant qu’ils fonctionnent bien. De plus, en cas de maladie, on devrait toujours appliquer des méthodes de traitement conservatoires pour ne pas priver l’organisme de ces organes de première importance.
Les ganglions lymphatiques
Dans le système lymphatique se trouvent des nodosités appelées ganglions. Ce sont eux qui font fonction de filtre, en essayant de filtrer ou de détruire les microbes, les toxines et les poisons. Si un seul ganglion n’y suffit pas, d’autres interviennent. Quand des microbes pénètrent en grand nombre dans le corps, nous pouvons remarquer des durcissements rougeâtres et douloureux formant des grosseurs, par exemple à la saignée du coude. Ces nodules atteignent quelquefois la taille d’un œuf et sont sensibles à la pression. Il s’agit de cellules lymphatiques entourées de tissus conjonctifs et de fibres musculaires. C’est le symptôme classique d’un empoisonnement du sang. Il est alors possible que la centrale ne soit pas assez puissante et qu’elle aille chercher de l’aide dans les ganglions des aisselles. Si l’empoisonnement du sang est aux pieds, nous ressentons le cordon de la lymphe tout le long de la jambe et les ganglions les plus gros se forment dans le pli de l’aine.
La rate
Quoiqu’on ne connaisse pas encore bien la fonction exacte de la rate, on la considère comme la glande lymphatique la plus importante du corps. Elle se trouve à gauche de l’estomac, donc à l’opposé du foie, et elle n’a aucun rapport avec la digestion. Elle ne semble pas non plus avoir de relation fonctionnelle directe avec d’autres organes du corps. Elle n’est pas reliée au système lymphatique mais au sang. La rate pourrait en fait se trouver dans n’importe quel autre endroit du corps et il semble qu’elle est placée à gauche parce c’est probablement l’endroit qui lui offre plus de place. Elle représente encore actuellement une énigme pour les chercheurs. On peut l’enlever et continuer à vivre, mais le regroupement des forces de défense est alors si minime dans le sang que l’être humain ne peut survivre à une invasion massive de microbes, par exemple en cas de paludisme.
Les cellules migratrices
Les lymphocytes ainsi que les leucocytes sont considérés comme des cellules migratrices car étant tout petits, ils peuvent quitter le flux de la lymphe et du sang et se déplacer entre les parois cellulaires, comme l’étoile de mer entre les récifs coralliens. Ils peuvent intervenir partout, comme des policiers en mission spéciale. Ils sont au nombre de plusieurs milliards, c’est-à-dire qu’il y en a plus dans un seul corps humain qu’il n’y a d’êtres humains sur toute la terre.
Un facteur de guérison indispensable
Malgré sa bonne organisation la lymphe a souvent besoin de soutien. En effet, si le corps vient à manquer de calcium et de vitamine D, la lymphe éprouve de grandes difficultés à assurer ses fonctions. Les enfants chez lesquels on décèle des grosseurs inguinales ou sous les oreilles souffrent d’un manque de calcium ou de vitamine D. Ils sont sujets au catarrhe, à l’angine et aux maladies infectieuses et souffrent par ailleurs d’un manque d’appétit, de nervosité et de lassitude. On peut remédier à cet état en changeant d’habitudes alimentaires. Il faut supprimer la confiserie, la pâtisserie et toutes les sucreries, les produits à la farine blanche, au sucre industriel et aux huiles raffinées, au profit des légumes et des salades. Un plus grand apport en vitamines est assuré par l’absorption de notre fortifiant, associé au calcium d’orties. On donne du calcium aux enfants par mesure préventive, avant que ces symptômes n’apparaissent.
Le raifort est très efficace pour la lymphe, de sorte qu’on peut le considérer comme l’un des meilleurs remèdes. En effet, les troubles lymphatiques peuvent être soignés en prenant une cuillerée à café de raifort par jour. Il a très bon goût si on le consomme avec du fromage blanc ou des carottes râpées pour atténuer son goût piquant.
La tuberculose et le cancer
Quand le système lymphatique fonctionne bien, la tuberculose et le cancer ont peu de chances de se propager. Le cancer dépend en outre d’un bon fonctionnement du foie, de sorte qu’il faut bien veiller à cet organe ainsi qu’à l’état du système lymphatique. Avant de diagnostiquer une tuberculose, l’observateur attentif aura découvert chez le patient des petits ganglions douloureux. Ce phénomène peut être observé des années avant l’apparition de la maladie et l’on devrait toujours veiller à ces symptômes précoces pour éviter un mal irréparable. Pour que la lymphe reste en forme, il lui faut du soleil et de l’oxygène. Les logements sombres, sans soleil, sont des nids à tuberculose. Ne l’oublions pas lorsque nous choisissons un appartement.
La lymphogranulomatose
Cette terrible maladie lymphatique est connue sous le nom de maladie de Hodgkin36 ; elle atteint plus souvent les hommes que les femmes. Elle fut décrite par Thomas Hodgkin37, un savant anglais, en 1832. Mais la vraie cause de la maladie nous est encore inconnue aujourd’hui. La poussée de fièvre qui la caractérise au début laisse supposer qu’il s’agit d’une maladie infectieuse. On recherche pourtant en vain son agent pathogène. D’autres considèrent cette maladie comme cancéreuse et la soignent avec des rayons ultra-violets et la bombe au cobalt. En règle générale, l’effet de ce traitement est court et momentané. Si seuls quelques ganglions sont atteints, il est préférable de les éliminer tant que l’on n’a pas trouvé de meilleur moyen de traitement. Dès les premiers symptômes, il faut ici aussi changer totalement ses habitudes alimentaires en privilégiant les crudités, le fromage blanc, le raifort et le riz non décortiqué. Cette alimentation s’est avérée efficace. Pour lutter contre l’anémie, il est bon d’absorber tous les jours un décilitre de jus de carottes et un décilitre de jus de betteraves, ainsi qu’une infusion d’orties, d’avoine en fleurs et d’alfalfa. Les préparations de pétasite et de galéopsis donnent souvent de bons résultats.
Les soins de notre système capillaire
Rares sont ceux qui savent que le réseau capillaire du corps humain totalise plus de 100 millions de mètres de vaisseaux sanguins, ce qui correspond à 2 fois et demie le tour de la terre, en les alignant bout à bout. C’est une évaluation scientifique illustrant parfaitement l’une des nombreuses merveilles conçues dans notre organisme par le Créateur. Toutefois, nous devons non seulement connaître la structure de ces fins capillaires mais aussi le rôle qu’ils ont à remplir dans notre corps. L’échange de substances utilisées, la livraison d’acide carbonique au système veineux et beaucoup d’autres fonctions, connues ou partiellement encore inconnues, se situent au niveau du système capillaire.
Des erreurs dans l’alimentation et le mode de vie peuvent produire dans le corps de graves lésions. Ceci est également valable pour le système capillaire. Un mauvais régime produisant trop d’acide urique, avec beaucoup de viande et d’œufs au lieu de légumes et de fruits, entraîne une dégénération et une dilatation des vaisseaux capillaires si forte qu’on la reconnaît sur les photographies des capillaires. En agrandissement, les capillaires dilatés ressemblent à de petites varices. Une trop forte consommation d’alcool endommage et dilate également les capillaires. Les produits chimiques, que nous absorbons par exemple sous forme de médicaments, ainsi que la nicotine altèrent et endommagent les capillaires, ce qui est préjudiciable à l’alimentation des cellules et perturbe ainsi le métabolisme cellulaire tout entier. A quoi sert l’étonnant chef d’œuvre de notre corps si nous entravons son bon fonctionnement par des erreurs de nutrition et aussi par un mode de vie incluant trop peu d’exercice et de respiration ? Lors de troubles du système capillaire, ce sont non seulement les cellules musculaires mais aussi les cellules nerveuses qui ne sont plus nourries correctement ; en conséquence, elles se relâchent, dégénèrent et vieillissent. Il serait sage de le savoir et d’y veiller déjà lorsqu’on est jeune. Si nous n’en prenons conscience qu’au seuil de la vieillesse, cela nous est à peu près aussi utile que les vaines souffrances et les regrets d’un homme devenu vieux et pauvre qui songe à son opulence passée, après avoir dilapidé toute sa fortune dans sa jeunesse. La jeunesse se compare très bien aux sept années grasses qui eurent lieu dans l’ancienne Égypte. Nous devons prendre des mesures et agir aussi sagement que le fit jadis Joseph, afin de pouvoir jouir de nos réserves pendant les années maigres de la vieillesse. Celui qui observe donc généralement un mode de vie sain et conforme à la nature rendra en même temps les plus grands services à son système capillaire.
Les fonctions de la circulation
Imaginons un train postal circulant entre Bâle et Lugano, qui s’arrête ponctuellement à chaque station et que l’on décharge à l’aller pour le remplir au retour. Cette image correspond assez bien au rôle de la circulation. Songeons alors aux perturbations causées par un retard quelconque du train. A chaque station, nous verrons le chef de gare marcher de long en large avec agitation, guettant le train qui ne vient pas et rassurant au guichet les clients qui attendent en vain leur courrier depuis si longtemps. Ces irrégularités d’ordre apparemment minime peuvent déclencher des retards désagréables et des troubles contrariants pour la vie économique.
La même chose peut se produire pour la circulation sanguine. Comparons donc le trajet aller du train avec les artères qui apportent la marchandise à toutes les cellules afin que la vie économique dans les milliers de millions de cellules du corps puisse se dérouler normalement. Tous les carburants, les composants minéraux, les vitamines, les ferments, les acides aminés pour la formation d’albumine, tous les sucres, les particules graisseuses et même l’oxygène, tout cela constitue en quelque sorte des marchandises que le système de transport artériel doit acheminer sans cesse.
Chaque cellule est comme une petite fabrique qui a besoin de matériaux bruts pour ses éléments de construction et d’exploitation. Elle ne produit un travail merveilleux et consciencieux que si elle reçoit tout ce qui lui est indispensable, selon l’horaire du cours de la vie. Chaque carence dans la quantité requise comme dans la qualité des matériaux bruts force la cellule à chercher des solutions d’urgence non prévues. Ce n’est que sous la contrainte qu’elle se met à bâcler son travail. La cellule elle-même n’est cependant jamais coupable de telles insuffisances car elle se défend de toutes ses forces, aussi longtemps que possible, pour ne renoncer qu’en dernier recours.
Nous devons donc impérativement veiller à ce que le train postal de notre système artériel maintienne l’horaire vital en stimulant la circulation par la respiration et la pratique du sport. Il faut également disposer en quantité suffisante des matériaux bruts nécessaires afin que les laboratoires des cités cellulaires puissent exécuter leur merveilleux travail d’après le plan et le programme divins. De cette façon nous pourrons profiter pleinement des prestations que ce petit monde des cellules effectue volontiers pour nous.
Mais cela n’est qu’une des tâches car il faut veiller non seulement à l’approvisionnement mais aussi au fait que toute fabrication produit des déchets, surtout le processus de combustion qui a lieu dans notre corps. Les résidus qui en résultent doivent être évacués promptement afin d’éviter leur accumulation et des engorgements responsables de troubles du fonctionnement. Le trajet retour du train postal représente notre système veineux qui veille à ce que tous les résidus provenant de la combustion, ainsi que tous les déchets de fabrication tels que l’acide carbonique, l’acide urique et autres, soient récupérés. Ils sont alors en partie transformés par le foie ou éliminés par les reins. Si ce transport s’arrête, il se produit des encombrements car les provisions s’accumulent ; des tensions multiples et une pression accrue dans toutes les directions se font sentir. Cela provoque des déraillements, les marchandises en attente restant sur des voies de garage, ce qui se traduit dans le corps par la formation des varices si redoutées.
Premiers remèdes
Que pouvons-nous faire pour enrayer ce mal ? D’aucuns changeront peut-être certaines habitudes de leur vie professionnelle, en évitant par exemple de rester debout dans des locaux froids et humides. Nous nous efforcerons également de porter des vêtements raisonnables, nous nous vêtirons chaudement de sorte que l’abdomen et les jambes ne soient pas inutilement exposés au froid car ceci occasionne également des troubles. Quant aux talons hauts, d’après ce qu’on en dit, il vaut mieux y renoncer.
Quelques plantes nous seront aussi d’un grand secours. Parmi les plus connues il y a le marron d’Inde, la pulsatille (homéopathique), le millepertuis8 et l’achillée9. Les jeunes filles, les femmes et surtout les futures mamans s’en servent déjà avec profit. Une protection raisonnable et naturelle des organes de la circulation nous évitera bien des peines et des douleurs et nous rendra l’insouciance des jours heureux.
L’importante tâche des artères
Quand on pense au trafic automobile de New York, à ce va-et-vient continu de jour comme de nuit, c’est alors que l’expression « grandes artères de circulation » se justifie pleinement. Si le trafic venait à s’arrêter dans ces voies, la ville cesserait d’exister. L’importance des artères de notre corps ne nous est connue que si nous les observons de près. Un beau corps aux membres bien formés et une belle musculature tombent eux-mêmes en dégénérescence, un cerveau parfaitement doué et bien rempli nous refuse lui aussi ses services si les artères perdent de leur élasticité, se rétrécissent et se sclérosent. Nous prenons conscience de l’importance des artères lorsque nous en connaissons la conception anatomique. Imaginons un tuyau formé de plusieurs couches et dont la partie intérieure est lisse et élastique. Sur celle-ci, il y a d’autres couches en partie élastiques et en partie fibreuses mais solides. Ces tuyaux artériels résistent à une pression d’environ 20 atmosphères.
Sachant tout cela, nous avons déjà une petite idée de ce que sont nos artères principales. Comme le cœur, elles disposent d’un système d’irrigation particulier, le vasa vasorum, un réseau de capillaires incorporé dans les parois artérielles. Elles possèdent aussi leurs propres systèmes lymphatique et nerveux. En s’éloignant du cœur, les parois des artères sont de plus en plus minces et la pression diminue ; les capillaires des extrémités ont un diamètre cinquante fois inférieur au plus fin des cheveux humains.
Les artères dans la structure organique
Hoorne, un savant hollandais, disait que le corps est constitué de vaisseaux. Il inventa un procédé mettant en évidence les artères et les veines, en y injectant un liquide rouge. Pierre le Grand, qui se trouvait à l’époque en Hollande, fut subjugué par l’expérience et décida d’emporter chez lui le premier spécimen du test. Malheureusement, à son arrivée en Russie, celui-ci était inutilisable parce que les matelots avaient bu l’alcool dans lequel la préparation était conservée.
Il tient vraiment du miracle que chacune des milliards de cellules de notre organisme soit rattachée au système artériel. Il faut environ une seconde au sang pour passer des artérioles aux veinules. Cette seconde suffit pour que le métabolisme sanguin ait lieu : l’oxygène sort du sang et pénètre les tissus, l’acide carbonique quitte les tissus et se retrouve dans le sang. Dans le même temps, les substances nutritives transportées par le sang vont dans les tissus tandis que les métabolites des tissus rejoignent le sang. Une fois sa tâche accomplie, le sang retourne au cœur par les veines.
La petite circulation (coeur-poumons-coeur) accomplit un cycle en 6 à 7 secondes. Pour alimenter les muscles du cœur, par l’intermédiaire des artères coronaires, il faut 3 ou 4 secondes. Le sang atteint par ailleurs le cerveau en 8 secondes et les jambes, jusqu’au bout des orteils, en 18 secondes environ. Une cellule sanguine peut donc effectuer environ 3000 voyages par jour. Elle est en mouvement jour et nuit. Apparemment, il n’y a rien au monde qui voyage davantage qu’une cellule sanguine ! D’un seul élan, elle va du cœur jusqu’au plus fin des capillaires. Plus le sang s’éloigne du cœur, plus les vaisseaux deviennent étroits et sa circulation en est ralentie. En fin de parcours, il livre sa marchandise comme un courrier express avant de revenir par le circuit veineux. La vitesse des cellules sanguines est accélérée par le surmenage, le froid, l’humeur joyeuse et la fièvre. Les dépressions et la souffrance morale la ralentissent. Dans ce cas, des milliards de cellules seront mal nourries et si l’on n’y remédie pas, la personne peut tomber malade. C’est ainsi que des souffrances morales qui durent peuvent occasionner des troubles organiques.
Rétrécissement et calcification des artères
Si les artères rétrécissent et se sclérosent, les conséquences peuvent être très graves. La créature humaine se désagrège au vrai sens du mot, mentalement et physiquement. Nous pouvons affirmer qu’aujourd’hui la plupart des gens civilisés meurent d’une affection du système cardio-vasculaire ; cette mortalité est en constant augmentation, surtout en Europe, en Amérique et en Australie. La durée de la vie dépend très souvent de l’état des parois vasculaires. La sclérose artérielle commence par une altération discrète, qui ressemble à une tumeur plate. Le tissu conjonctif se met alors à proliférer et un dépôt calcaire se produit. L’orifice du vaisseau devient de plus en plus étroit. Il perd de son élasticité et devient dur et cassant. Simultanément la tension augmente ce qui peut provoquer une thrombose, une embolie ou une hémorragie cérébrale. Il se produit parfois aussi une dilatation cardiaque, une rupture des vaisseaux de la région du cœur ou une sclérose des reins.
Où sont les causes de ces maladies ?
1. Les aliments riches en graisses animales, favorisant la présence de cholestérol dans le sang, peuvent en être responsables.
2. La nicotine contribue à rétrécir les vaisseaux, particulièrement les vaisseaux coronariens.
3. Une nourriture trop copieuse, riche en protéines, avec beaucoup de viandes, d’œufs et de fromages peut causer la maladie.
4. L’abus d’alcool nuit aux capillaires et peut indirectement provoquer une affection artérielle.
Comment prévenir et guérir ces troubles ?
1. Une alimentation à base de riz naturel, de fromage blanc et de salades est le meilleur des régimes. Il peut faire des miracles s’il est rigoureusement respecté. La tension baisse de ce fait naturellement, évitant l’emploi d’un médicament de choc. C’est une méthode simple qui permet aux vaisseaux de se régénérer. C’est surtout le son de riz qui agit comme régénérateur des vaisseaux, ainsi que le prouvent l’expérience et les observations faites en Asie.
Potentille ansérine (Potentilla anserina)
Verge d’or (Solidago virgaurea)
2. Les végétaux naturellement iodés permettent d’éviter aussi ces maladies tout en jouant un rôle important dans leur guérison. Il s’agit surtout ici de plantes marines. Leurs bienfaits ont permis aux plantes marines de trouver leur place dans les assaisonnements et dans les produits alimentaires comme les assaisonnements végétaux liquides, les comprimés aux algues marines et les sels marins aux légumes et aux fines herbes d’A.Vogel.
D’autres épices et aromates sont également très efficaces comme le cresson de fontaine27 et autres variétés de cresson, le raifort, l’ail pris en petites quantités, l’ail des ours et le poireau. On peut obtenir de bons résultats avec de faibles doses de remèdes à base de racine de rauvolfia38. Le Ginkgo biloba21 est aussi recommandé pour soulager les troubles de l’artériosclérose.
3. Un bon apport en oxygène est essentiel. On y pourvoit en faisant de la marche et des randonnées et en respirant l’air pur des forêts, des montagnes ou de la mer. Toutefois, celui qui est déjà malade évitera l’altitude car l’air y est plus rare et le risque d’apoplexie cérébrale plus élevé.
Ceux qui passent le plus clair de leur temps assis dans un bureau devraient prendre à cœur ces méthodes curatives très simples, pour éviter de devenir l’un de ces vieillards fragiles et titubants qui ont l’air de marcher sur des œufs, et veiller à passer leurs loisirs au grand air plutôt qu’au bistrot du coin.
Comment éviter ces différents dommages ?
Il n’est pas nécessaire d’être un fanatique aux opinions radicales pour pouvoir affirmer que la vie de l’homme moderne et civilisé l’expose à bien des dangers. Ils résultent entre autres du confort omniprésent de la technique, au siècle de l’automobile et de la mécanisation à outrance. Nous nous déplaçons rarement au grand air et cet air lui-même est de plus en plus pollué. Des aliments trop raffinés ne nous fournissent plus la nourriture idéale pour notre santé. Le système vasculaire dégénère à cause de tous ces facteurs négatifs, les troubles de la sénescence apparaissent beaucoup trop tôt, nos forces physiques diminuent et nous perdons le goût de vivre. La mortalité infantile étant en régression, il ne sert à rien d’affirmer que notre espérance moyenne de vie progresse. Est-il vraiment intéressant de devenir très vieux, grâce à des soins artificiels et à des médicaments de soutien, lorsque la vie n’est plus faite que de souffrances ? Il vaut mieux vieillir normalement en restant en bonne santé. Pour cela, adaptons notre mode de vie et notre alimentation aux besoins régis par les lois de la nature et non pas à ceux que nous dicte une société dépravée contribuant à notre ramollissement.
Artériosclérose, thrombose coronaire39, infarctus du myocarde
Pendant mon séjour en Extrême-Orient je me suis particulièrement intéressé aux affections ci-dessus et j’ai pu constater qu’elles étaient très rares en Corée, en Indonésie, au Japon et aux Philippines, surtout chez les paysans. On en trouve seulement quelques cas chez les gens aisés qui ont atteint un niveau de vie plus élevé. Dans ces pays, la population rurale ne consomme pratiquement pas de matières grasses, utilisant en moyenne 50 g d’huile et de graisse par jour et par personne. Ces matières grasses généralement produites à la ferme renferment un fort pourcentage d’acides gras insaturés. Par ailleurs, il est essentiel que les besoins en hydrates de carbone soient traditionnellement satisfaits par la consommation de riz. Cet aliment conserve leur jeunesse aux vaisseaux sanguins et particulièrement aux artères, comme j’ai pu l’observer chez tous les peuples se nourrissant principalement de riz.
Le grand secret qui résoudra dans l’avenir encore bien des problèmes, c’est l’absorption régulière d’algues marines. C’est une habitude en Corée, au Japon et dans beaucoup de provinces chinoises que de manger avec le riz de fines feuilles de Fucus (algues). Nous nous sommes aussi habitués à en prendre pendant notre séjour là-bas et cela nous a fait le plus grand bien. Celui qui veut éviter les trois maladies intitulant ce chapitre ou les combattre avec succès prendra en considération les recommandations suivantes :
1. Consommer avec modération les aliments riches en protéines et en graisses. Eviter si possible les matières grasses animales que l’on remplacera par des huiles naturelles comme celles de tournesol, de pavot, de maïs, de germe de blé et de chardon.
2. L’aliment de base devrait être le riz naturel.
3. Une grande quantité de légumes crus et le fromage blanc compléteront l’alimentation au riz naturel. Les salades fraîches, servies tous les jours, seront préparées au petit-lait et à l’huile naturelle.
4. En complément, on peut prendre de l’huile de germe de blé ou des capsules de cette huile, ainsi que des comprimés à base d’algues marines (kelp). Supprimer le kelp en cas d’hypertension.
5. Au lieu de consommer toutes sortes de fromages, choisir de préférence le fromage blanc. Celui qui ne peut renoncer complètement à la viande en mangera moins souvent et en petite quantité ; il en est de même pour les œufs qu’on évitera de manger durs.
6. Saler parcimonieusement et pour cela utiliser du sel marin aux légumes et aux fines herbes d’A.Vogel.
7. Il est très important de fournir beaucoup d’oxygène à l’organisme ce qui nécessite des marches au grand air de la campagne. Si cela n’est pas possible en semaine, on le fera au moins pendant le week-end. Nous devrions nous servir plus souvent de nos jambes au lieu d’être assis au volant ou dans notre café habituel.
Celui qui respecte scrupuleusement ces sept règles vivra certainement plus longtemps et échappera à bien des maux du grand âge. Le vieillard ne sera plus à la merci d’une artériosclérose, d’une thrombose coronarienne39 ou d’un infarctus qui mettrait brutalement fin à ses jours. Si nous obéissons tout simplement à la nature, elle nous le rendra bien.
Mesures préventives contre les embolies et les thromboses39
Ce sont particulièrement les femmes qui subissent les graves séquelles d’une obstruction des vaisseaux, après une opération ou un accouchement. Ces obstructions se manifestent généralement du troisième au huitième jour après une intervention chirurgicale ou une naissance. Dans ce cas, le médecin pratique en général une injection pour fluidifier le sang et dilater les vaisseaux. Il est toutefois beaucoup plus intéressant et efficace de suivre ensuite un traitement prophylactique approprié que l’on recommande à toutes les personnes prédisposées aux embolies et aux thromboses, surtout à celles qui ont des varices.
Soins préventifs
En tout premier lieu il faut soigner les intestins car leur mauvais fonctionnement engorge le sang et tout l’organisme de résidus toxiques du métabolisme. Il est bon d’instaurer une journée jus de fruits par semaine pour améliorer le fonctionnement des intestins. Veiller aussi le reste du temps à une bonne nutrition car seule une nourriture saine et naturelle permet de régénérer un intestin paresseux.
En second lieu, n’oublions pas les vertus des cures de sudation qui sont aussi très efficaces pour la prévention des embolies et des thromboses. C’est très simple pour celui qui transpire naturellement lors de son travail quotidien. Les randonnées en montagnes sont parfois l’occasion de transpirer abondamment, mais il faut prévoir dans ce cas des vêtements de rechange qu’on endossera rapidement après l’effort. Celui qui ne transpire pas malgré les efforts physiques devrait aller une fois par semaine au sauna (jusqu’à 60° de température) dont l’effet prophylactique est également prouvé.
Le troisième point consiste à absorber des médicaments à base de plantes. La femme enceinte ne devrait pas se borner à en prendre juste avant la naissance, mais plusieurs mois à l’avance, pour améliorer non seulement le sang, mais aussi tout le système vasculaire. Dans ce cas, l’extrait d’hamamélis, arbuste magique des Indiens, est le remède idéal.
Il est aussi recommandé de prendre une préparation au calcium et aux orties, car le calcium biologique améliore la qualité des vaisseaux sanguins. Une préparation aux plantes fraîches à base de marron d’Inde a fait ses preuves comme mesure de soutien.
Il s’agit-là de remèdes simples qui seront bénéfiques à notre système vasculaire et qui pourront nous éviter bien des souffrances. Il faut suivre au plus tôt les conseils donnés et ne pas permettre aux mauvaises influences de progresser, car il est difficile, voire impossible, de venir à bout de ce type d’affections à un stade trop avancé.

Marronnier d‘Inde (Aesculus hippocastanum)
Sclérose et remèdes à base de calcium
L’idée qu’on se fait des remèdes à base de calcium, de la sclérose et en particulier de l’artériosclérose est généralement fausse. Les malades vous disent souvent : « Je souffre d’artériosclérose, donc je ne dois pas absorber de remède calcique, cela augmenterait mon mal ». Idée complètement erronée ! Les préparations biologiques à base de calcium, telles que le complexe de calcium et d’ortie, n’influencent pas directement la sclérose. Au contraire, celui qui souffre d’artériosclérose peut sans risque prendre du calcium biologique qui est assimilable. L’organisme l’utilise pour réparer des lésions et non pour le déposer n’importe où. D’ailleurs ni dans la sclérose ni dans l’artériosclérose, il ne s’agit de dépôts purement calcaires : dans les cas de sclérose, il s’agit de l’induration pathologique d’un organe ou d’un tissu, tandis que l’artériosclérose est une affection artérielle, caractérisée par la dégénérescence de toute la paroi vasculaire qui perd graduellement son élasticité. La membrane interne des artères devient tout d’abord le siège de dépôts lipoïdiques puis de dépôts calciques. Certains chercheurs supposent que l’épaississement qui en résulte est une nécessité naturelle ayant pour but de renforcer les parois : ce serait donc un moyen de défense de l’organisme, au moment où les parois, ayant perdu leur souplesse et leur solidité, ne répondent plus aux exigences de la pression sanguine. D’autres chercheurs, au contraire, prétendent que ce sont justement ces dépôts qui sont responsables de la fragilité des parois vasculaires. Quoi qu’il en soit, l’artériosclérose est un signe de vieillissement, causé par un métabolisme perturbé et une alimentation inadéquate, trop riche en protéines. Le calcium biologique apporté à l’organisme ne cause jamais d’artériosclérose. Dans le système osseux et dans d’autres cellules, il existe des réserves de calcium qui suffiraient à scléroser tout le système vasculaire phénomène qui ne se produit jamais. Le traitement naturel de l’artériosclérose apporte, tant que possible, aux vaisseaux les principes susceptibles de leur rendre leur élasticité. La pression baisse simultanément tandis qu’elle montait au fur et à mesure que les artères perdaient leur souplesse. S’il y a hypertension, le cœur doit travailler bien plus activement pour maintenir la circulation. Pour traiter cette affection, on ne prescrit pas n’importe quel produit. On peut donner de l’arnica10 et du Crataegus, ainsi que du gui (Viscum album) et des capsules à l’ail. Tous ces remèdes ont fait leurs preuves. Il faut par ailleurs adopter un régime pauvre en sel et en protéines. Le riz naturel est l’un des meilleurs aliments susceptibles de prévenir et de soigner l’artériosclérose. On en mangera plusieurs fois par semaine, le matin, à midi ou le soir, apprêté de diverses manières. Une alimentation riche en fruits, en légumes et en riz fera baisser graduellement la tension sanguine et régresser l’artériosclérose.
Si pour une raison ou pour une autre, on est obligé de prendre un complexe au calcium (complexe au calcium et aux orties), ce produit n’exercera aucune mauvaise influence sur la sclérose, bien au contraire. Ces explications, je l’espère, vont rassurer tous ceux qui se gardent de prendre du calcium biologique, craignant d’aggraver leur artériosclérose. Comprendront-ils une fois pour toutes que ces remèdes au calcium n’ont aucun rapport avec l’affection vasculaire en question ? Le calcium biologique exerce dans tous les cas une influence bénéfique.
Le problème du calcium au troisième âge
Des personnes âgées me demandent souvent s’il n’est pas déconseillé, à leur âge, de prendre des remèdes au calcium biologique, tels qu’un complexe au calcium et aux orties, et de veiller à un régime riche en calcium, puisque leur organisme est menacé par la sclérose. Il est vrai qu’avec l’âge le calcium a tendance à se retirer des os pour se déposer dans les vaisseaux et les tissus. Les os deviennent poreux et cassants et forment des calcifications dures dans les vaisseaux et les tissus, ainsi que dans les cicatrices. D’un point de vue superficiel, il serait donc logique de réduire l’absorption de calcium. L’expérience a toutefois prouvé qu’un régime pauvre en calcium favorisait l’apparition de l’ostéoporose ou décalcification osseuse.
Où se trouve la solution de l’énigme ? Le calcium est un minéral basique qui se combine facilement aux acides. Au troisième âge, il arrive que certains acides, tels que l’acide oxalique, qui devraient être excrétés avec les urines restent dans l’organisme ; celui-ci les combine alors au calcium pour les neutraliser et les rendre inoffensifs. En veillant à un bon équilibre du métabolisme des minéraux et à un taux de calcium normal dans le sang, on pourra atteindre un âge avancé sans souffrir de décalcification osseuse anormale et donc sans formation de dépôts sclérotiques dans les vaisseaux et les tissus. Comment prévenir alors un vieillissement précoce ?
Mesures préventives à suivre
En premier lieu, une personne âgée a besoin de suffisamment d’oxygène, donc de respirer et de bouger au grand air. La pratique raisonnable d’un sport peut être utile, mais on peut aussi se contenter de petits travaux de jardinage, de promenades en forêt ou de courtes randonnées par monts et par vaux pour activer la respiration et rester en mouvement.
En second lieu, la personne âgée doit manger suffisamment de fer pour favoriser l’oxydation au niveau du sang ainsi qu’une combustion normale. Ceci implique un régime riche en légumes verts et en crudités qui feront partie de tous nos repas. Au printemps, les possibilités qui s’offrent sont très variées. Nous utiliserons pour agrémenter nos salades les diverses espèces de cresson et les jeunes feuilles tendres de l’épinard, sans oublier les jeunes pousses d’orties dont l’efficacité est merveilleuse. Il y a de nombreuses façons de couvrir sans problème nos besoins quotidiens.
La troisième mesure consiste à entretenir et à stimuler le système des glandes endocrines. Les frictions quotidiennes avec une brosse douce sont ici très efficaces, de même que les douches écossaises que l’on termine si possible par un jet d’eau froide. Une agréable impression de chaleur se répand alors dans le corps. Si l’on a toutefois une sensation de froid, il vaut mieux renoncer à cette méthode et se limiter aux douches chaudes. Le sommeil a des effets réparateurs, mais veiller surtout à dormir avant minuit car ce sommeil-là est particulièrement bénéfique. On s’endort d’ailleurs plus facilement en se couchant de bonne heure, sans attendre d’être trop fatigué ou même épuisé. En complément à un régime riche en minéraux, un produit à base d’algues marines comme le kelp est recommandé. Comme nous l’avons expliqué en détail ci-dessus, la prise d’un remède au calcium biologique, en plus d’aliments riches en calcium, est tout à fait bénéfique. Il est également souhaitable de stimuler de temps en temps l’activité des reins, en prenant par exemple une préparation pour l’activité rénale à base de plantes fraîches qui favorise l’élimination urinaire.
Celui qui respecte ces règles, en mangeant et en buvant de façon raisonnable, vieillira sans devenir raide et maladroit. Il suffit souvent de connaître et d’appliquer quelques mesures préventives très simples pour éviter de grosses difficultés.
Régime hypotensif en cas d’artériosclérose et de troubles de la sénescence
Il faut distinguer entre une hausse de la tension résultant d’une maladie des reins ou provoquée par un durcissement des vaisseaux. Si toute affection rénale est exclue et que l’état des vaisseaux fait monter la tension, le régime au riz a des effets curatifs étonnants quand les troubles de l’âge commencent à se faire sentir. Il faut surtout consommer du riz brun ou du riz naturel complet, beaucoup plus efficace et nutritif que le riz blanc. Le riz Avorio ou parboiled est un compromis possible car il renferme presque autant de minéraux que le riz naturel.
Pour l’Européen habitué aux pommes de terre et aux céréales de nos contrées, il n’est pas toujours évident de suivre un tel régime alors que l’Oriental, lui, ne connaît que le riz. Ce dernier aura ainsi la chance de ne pas connaître l’hypertension s’il reste fidèle au mode alimentaire de ses pères.
Comme les personnes souffrant d’hypertension mangent généralement trop de protéines, il faudrait supprimer la viande, les œufs et le fromage, ou du moins en consommer très peu. La nourriture de base devrait se composer de riz, de fromage blanc et de salades si l’on veut faire baisser la tension.
Le riz joue ici un rôle essentiel car il contribue à rendre leur élasticité aux vaisseaux. Les protéines seront fournies par le fromage blanc dont le goût agréable accompagne très bien légumes et salades. C’est un aliment d’une haute valeur nutritive qui peut se préparer sous les formes les plus variées ; on peut l’accommoder avec du raifort, du curry et toutes sortes d’aromates, ainsi que des jus de légumes. Les salades, riches en vitamines, procurent aussi les minéraux nécessaires.
En Amérique, un médecin a traité avec succès un grand nombre d’hypertensifs grâce à ce régime. Les patients n’auraient pas pu le suivre chez eux, la tentation de retomber dans leurs vieilles habitudes aurait été trop forte. L’hypertension avait disparu après cette cure – mais aussi une belle somme d’argent, car les cures coûtent cher aux Etats-Unis.
Une cure de ce genre a généralement du succès au bout de trois ou quatre mois mais celui qui ne dispose que de quatre semaines n’a pas besoin de renoncer, car il peut poursuivre à la maison le régime commencé. Il suffit seulement d’un peu de volonté pour agir résolument et de compréhension de la part du conjoint et du reste de la famille pour mener à bien une telle cure. Les conseils suivants fournissent quelques suggestions et recommandations pour un régime idéal.
Le petit déjeuner
On peut varier la composition du petit déjeuner sans qu’il soit pour autant nécessaire de l’accompagner de viande, d’œufs ou de fromage. Faisons un café à base de céréales et prenons du pain noir, complet ou suédois avec du beurre ou de la margarine végétale, du miel ou de la confiture. Un muesli avec des baies et des fruits de saison complétera ce petit déjeuner savoureux, nourrissant et rafraîchissant.
Au lieu de prendre toujours des fruits à ce moment de la journée, nous pouvons accompagner notre café à base de céréales, de tartines beurrées ou garnies de fromage blanc, pour changer ; au printemps nous pouvons y ajouter des tranches de radis ainsi que des fines herbes et quelques petites feuilles de salade. L’ail des ours, ou ail sauvage, est également excellent pour la tension. On le prépare en salade ou en légume cuit à la vapeur. A la saison des tomates, nous pouvons aussi en garnir nos tartines ou les déguster en salade. Le raifort et le cresson peuvent aussi enrichir notre petit déjeuner.
Le repas de midi
Le repas que nous consommons à midi doit nous fournir une alimentation curative. Nous recommandons le type de menu suivant :
Faites cuire du riz chinois, ajoutez du fromage blanc enrichi de raifort et accompagné de 5 ou 6 salades différentes, sans oublier d’ajouter de l’ail à l’assaisonnement, étant donné ses propriétés curatives. Au printemps, nous remplacerons l’ail classique par l’ail des ours (ail sauvage). L’absorption de persil fait disparaître le goût et l’odeur de l’ail, si on y est trop sensible.
En variant les plats de riz, nous éviterons d’être écœuré trop vite par ce régime. Comme en Extrême-Orient, nous pouvons aussi préparer le riz aux légumes. Quelques plats très prisés : le riz aux courgettes, le riz aux tomates, le riz aux champignons, le riz aux aubergines, le riz aux poivrons, le riz aux germes de soja. On y ajoute du fromage blanc à la crème fraîche, on assaisonne le tout d’aromates et on sert avec un plat de salade.
Pour varier, nous faisons un riz sucré avec des raisins et des amandes que nous dégusterons avec de la compote de fruits ; pour finir le repas, nous buvons un café à base de céréales avec un peu de crème.
Ces plats de riz ne doivent pas cuire trop longtemps afin que les grains restent entiers. Le riz très cuit a moins de goût et la présence d’amidon ressort davantage. C’est ainsi que les Japonais l’apprécient tandis que les Chinois le préfèrent bien en grains. Pour rehausser la saveur d’un plat de riz, on peut le saupoudrer de persil finement haché et d’un peu de fromage râpé pour le gratiner ensuite au four. Une variation délicieuse.
Le sarrasin
Le sarrasin était plus connu autrefois qu’il ne l’est aujourd’hui. Comme il a les mêmes propriétés que le riz, nous devrions aussi l’utiliser de temps en temps, de la même façon, avec du fromage blanc et des salades. Il est préférable de faire cuire le sarrasin dans du bouillon de légumes. On peut y ajouter de la purée de tomates fraîches et des fines herbes. Si nous laissons refroidir la bouillie de sarrasin ainsi obtenue, nous pouvons la servir pour le repas du soir avec des tomates et de la salade verte. En mélangeant de la purée de sarrasin avec des oignons, de l’ail et un peu de marjolaine, on peut en faire de savoureuses croquettes.
Les assaisonnements
L’assaisonnement joue un très grand rôle pour les hypertendus. Un excès de sel peut faire monter la tension, de sorte qu’un régime sans sel est bénéfique aussi bien pour la tension que pour les reins. Pour réussir une bonne cuisine de régime, il faut donc apprendre à saler modérément et à bien épicer. Les aliments ne doivent pas être fades ce qui les rend écœurants. Nous pouvons utiliser le raifort, le persil, la marjolaine, le thym et même au besoin du paprika et du curry car ces derniers, employés avec modération, sont meilleurs que le sel. L’ail est aussi particulièrement savoureux pour épicer les plats de riz.
Les sels marins aux légumes et aux fines herbes d’A.Vogel permettent d’assaisonner modérément tous les plats.
Les boissons
Pour accompagner les repas végétariens, on choisira de préférence des boissons à l’acide lactique comme le concentré de petit-lait dilué ou des jus de carottes et de betteraves. Il faut absolument éviter de boire lorsqu’un aliment est encore dans la bouche car cela empêche une bonne insalivation et la prédigestion qui a lieu dans la bouche.
Le repas du soir
Le soir, nous devrions prendre un repas léger pour mieux dormir, plutôt que de perdre du sommeil à cause d’aliments difficiles à digérer. Nous choisirons donc avant tout des fruits qui seront accompagnés de tartines de pain complet à la margarine végétale ou au beurre. Comme boisson, le café à base de céréales sera l’idéal. Les fruits se trouveront dans le muesli ou sous forme de salade de fruits frais. On se contentera des fruits de saison car ce régime frugal ne doit comporter que des fruits frais.
Si on préfère les légumes, on peut manger un plat de sarrasin froid avec diverses salades. On peut aussi faire un potage de légumes frais, accompagné de toasts garnis et suivi de salade.
Pour éviter les fermentations, veiller à bien séparer les fruits et les légumes c’est-à-dire à ne pas manger des deux au cours du même repas. Celui qui ne connaît pas encore ce type de régime sera au premier abord surpris, mais il s’y habituera facilement, tout comme il l’avait fait pour son alimentation précédente, et en tirera bientôt profit : bien des troubles disparaîtront tandis que l’énergie encore disponible sera préservée.
Le régime au riz contre l’hypertension
En Amérique, ce type de régime est déjà pratiqué depuis longtemps pour combattre l’hypertension. Un sanatorium suisse avait adopté cette méthode avec d’excellents résultats, la tension de ses pensionnaires ayant baissé, mais un effet secondaire bien déplaisant car la plupart étaient devenus anémiques. Quelle était la cause d’un tel fiasco ? On avait simplement négligé le fait que le riz blanc et poli ne convenait pas à un régime, sa valeur nutritive étant considérablement réduite. Il est même responsable de carences typiques comme le béribéri que personne ne devrait ignorer. Un régime au riz ne sera donc bénéfique que si l’on utilise exclusivement du riz complet naturel. On pourra ainsi régulariser la tension sans inconvénients pour la santé. Cette remarque est aussi valable pour nos menus quotidiens car le riz naturel est toujours préférable de beaucoup au riz décortiqué ; il contient en effet 9,5 fois plus de sels minéraux que ce dernier, ce qui confirme sa haute valeur nutritive. En raffinant le riz, on supprime non seulement l’enveloppe cellulosique des grains mais malheureusement aussi la glumelle argentée au goût si particulier, ainsi que le germe. Les grains lisses et blanchis sont peut-être plus beaux, mais dépourvus de toute valeur nutritive, et ce n’est un secret pour personne que les résidus du décorticage sont en partie récupérés par l’industrie pharmaceutique qui les utilise comme composants pour la fabrication de fortifiants. Les faits sont là et il est bon d’en être informé afin de savoir en tirer profit pour notre santé.
Régulation de la tension par le riz naturel
Il est prouvé que la consommation de riz naturel permet de régulariser la tension sanguine. Le régime au riz est aussi efficace pour l’hypertension que pour l’hypotension. Il serait donc absurde d’ignorer ses vertus curatives dans un cas comme dans l’autre. Un ami atteint d’hypertension m’écrivit récemment d’Allemagne qu’il avait suivi mes conseils et fait une cure à base de riz, couronnée d’un grand succès.
Au bout de 10 semaines de régime, cet ami avait maigri et sa tension avait baissé de 230 à 190, ce qui était déjà un très bon résultat. Il prit ensuite quinze jours de vacances et sa tension tomba à 170. Pour cet homme de 63 ans, il est réjouissant que le régime de riz complet, fromage blanc et salades ait eu de si bons effets, sans qu’il ait pris le moindre remède. En poursuivant son régime, la tension baissera encore et l’élasticité des vaisseaux s’améliorera.
Bien que mon ami n’ait pas absorbé de médicaments, ce qui rend le résultat encore plus significatif, il serait bon qu’il en prenne maintenant pour renforcer encore les effets du régime. Il s’agit de la teinture de Viscum album, à base de gui1, une plante à l’effet hypotenseur. On y ajoute de l’aubépine, ou Crataegus, et de l’arnica qui sont bonnes pour les vaisseaux. Il convient aussi de prendre de l’ail des ours, favorable au système vasculaire. Au printemps, on récolte des plantes fraîches que l’on mange en salade et en légume cuit à la vapeur. Hors saison, on peut prendre du vin d’ail des ours ainsi que des capsules d’ail.
Si la tension baisse beaucoup, ce n’est pas seulement un succès tangible, mais c’est la preuve que les vaisseaux ont retrouvé leur élasticité, donc une certaine jeunesse.
L’hypotension
On se soucie en général beaucoup moins de l’hypotension que de l’hypertension. On se demande souvent aujourd’hui : « D’où vient-elle ? Que peut-on faire pour la guérir ? » Ces questions sont rarement prises en considération, même dans les livres de médecine naturelle. Pourtant, beaucoup de personnes souffrent de cet état. L’hypotendu a très souvent des vertiges et même de brèves absences à partir de 1500 ou 1800 mètres d’altitude. Le moindre effort peut occasionner des troubles vasculaires et cardiaques. Il est parfois nécessaire de changer d’altitude, le malade étant contraint d’habiter dans un lieu situé plus bas. Dans 90 % des cas, on constate des troubles du fonctionnement des gonades. Chez les femmes, il s’agit des ovaires et chez les hommes, des glandes génitales. Certains patients hypotendus, par contre, se sentent mieux en altitude qu’en plaine.
Quelle aide apporter ?
Dès que l’on stimule les fonctions défaillantes avec un remède adéquat, la tension se normalise. Il faut toutefois veiller à ne pas donner de préparations hormonales trop fortes. Leurs effets sont généralement limités dans le temps, avec parfois de fâcheuses conséquences, la tension pouvant monter trop brusquement. Ne serait-il pas préférable d’exercer indirectement une influence sur les gonades ? Cela peut se faire en utilisant des préparations à base d’iode et de potassium. Ces composants se trouvent dans toutes les plantes maritimes et l’on peut donc employer toutes les sortes d’algues, mais spécialement le kelp. Les tablettes d’algues marines se sont avérées très bonnes. Provenant des Indes ou de Ceylan, la racine de rauvolfia38 s’avère également efficace en doses homéopathiques pour traiter l’hypotension, la teinture de cette même racine étant utilisée pour réduire l’hypertension. Les gouttes de Ginkgo biloba21 rendent aussi de très bons services. On voit souvent dans nos parcs cet arbre sacré des temples d’Asie. Les principes actifs de ses feuilles sont bénéfiques pour la circulation sanguine. Pour les femmes, on peut conseiller une préparation pour les ovaires en dose homéopathique, Ovarium D3. Il s’agit d’un remède qui stimule la fonction ovarienne sans produire d’effets secondaires.
L’hysope40, une plante qu’on utilisait déjà dans les temps bibliques, est aussi efficace contre l’hypotension. Tout le monde connaît la recommandation de Dieu à Moïse concernant la préparation de l’agneau pascal. En ce temps-là, les Israélites devaient badigeonner les linteaux de leurs portes avec le sang de l’agneau, en employant des touffes d’hysope. Aujourd’hui encore, les Samaritains aspergent d’hysope les animaux sacrifiés pour que le sang ne coagule pas. La sève de la plante a en effet des propriétés anticoagulantes. Dans la Bible, au psaume 51, l’hysope est associée à la purification morale. Cette plante, dont il n’existe qu’une espèce, possède un pouvoir mystérieux. Elle agit vraisemblablement sur les glandes génitales ce qui améliore la tension sanguine.
Autres auxiliaires
Pour faire monter la tension, on peut de temps à autre boire un verre de vin rouge. Nous conseillons de prendre des préparations de plantes fraîches d’aubépine, Kalium phos. D6 et du pollen de fleurs41. Le pollen pur est très efficace, il peut faire monter la tension au point qu’un hypertendu ait une attaque s’il en prend. Si une personne souffrant d’hypertension veut prendre du pollen, elle doit être très prudente. J’ai connu un cas qui aurait pu se terminer tragiquement si les mesures nécessaires n’avaient pas été prises immédiatement pour rétablir la situation. Il faut donc être très prudent et éviter de prendre inconsidérément du pollen. Utiliser des produits naturels à mauvais escient comporte certains risques. Pour faire remonter la tension, on peut aussi prendre du jus de carottes42. Par conséquent, les hypertendus éviteront ce jus et ne devraient en aucun cas faire une cure de jus de carottes, alors qu’elle accompagne avec succès les remèdes donnés aux personnes souffrant d’hypotension. Si les carottes sont consommées entières, dans une salade, elles n’ont aucun effet sur la tension. Faire monter la tension n’est possible que par le jus. Il en est de même pour le jus de betteraves.
Pour ceux qui ont des vertiges en altitude, il est bon de boire une tasse de café très fort qui fournit de la caféine dont l’effet est particulièrement rapide. Les hypotendus qui habitent au bord de la mer peuvent améliorer la fonction des glandes génitales ainsi que leur tension en mangeant des huîtres.
L’hypotension est caractéristique d’une baisse de la vitalité. Ce n’est donc pas seulement les crises de vertige qu’il faut soigner, dans le but de mieux supporter l’altitude, mais il s’agit d’améliorer l’état général afin de reconquérir les forces nécessaires pour travailler. C’est plus efficace que de vouloir mobiliser par tous les moyens l’énergie restante. Si les glandes génitales ne fonctionnent pas bien, ce n’est pas seulement la vitalité sexuelle qui est entravée, mais aussi l’efficacité et les facultés physique, mentale et artistique. Il ne faut donc pas rester dans cet état à moins d’être déjà à la retraite et de se contenter d’une petite promenade par jour en guise d’activité.
Le traitement des varices
Le système vasculaire
Le sang a fait de tout temps l’objet de réflexion. La Bible nous explique que « l’âme habite dans le sang », ce qui revient à dire que le sang est le support de la vie ou des sentiments, et comme Goethe l’écrivait dans son Faust, « le sang est une sève très particulière. » De la qualité du sang dépendent en effet la constitution et toutes les fonctions de l’organisme, ainsi que tout ce que nous ressentons. Un bon sang permet des sensations justes. Nous avons déjà parlé des hormones : certaines d’entre elles, des sécrétions glandulaires qui passent dans le sang en infime quantité, influencent les activités fonctionnelles du corps. Elles ne se limitent pas à une action purement physique car elles influent de façon décisive sur notre état d’esprit et déterminent même notre caractère. On en a fait l’expérience : les troubles hormonaux entraînent des modifications du caractère. Ces constatations peuvent nous laisser songeur lorsqu’un médecin a l’intention de nous transfuser le sang d’une autre personne. Ceci étant corroboré par la religion juive qui interdit formellement d’absorber du sang.
Pour que le sang accomplisse sa tâche en bonne et due forme, il doit contenir les substances nutritives, les sels minéraux et les vitamines dont la machine humaine a besoin pour fonctionner normalement. La circulation a pour mission d’apporter à chaque cellule, régulièrement, tout ce dont elle a besoin. Le sang doit non seulement transporter ces produits nutritifs, mais il faut que le système circulatoire soit en bon état pour que le ravitaillement parvienne à bon port. Toutefois, la circulation ne se borne pas à ravitailler les cellules ; celles-ci périraient intoxiquées par les déchets du métabolisme qu’elles produisent elles-mêmes, si le sang ne les en débarrassait pas.
Ceux qui ont quelque connaissance des fonctions organiques savent que les artères amènent aux cellules un sang chargé de substances nutritives, tandis que les veines évacuent le sang usagé. Pour que notre organisme fonctionne bien, il doit y avoir un bon équilibre entre les artères et les veines. Toute œuvre du Créateur répond à des besoins précis. Les troubles circulatoires du système veineux sont plus fréquents que ceux du système artériel. Les stases veineuses s’observent surtout chez les femmes. Les jeunes filles doivent savoir que les pieds froids résultent d’une mauvaise circulation. Manque de mouvement et vêtements trop légers sont souvent responsables de cette défectuosité. Les pieds froids peuvent causer par la suite des troubles des organes génitaux ou des reins. C’est de cette manière que certaines jeunes filles se détériorent la santé très tôt. Leurs parents ne sont pas assez vigilants et les adolescentes ignorent les risques encourus, leur conception de l’élégance comptant pour elles davantage que la santé. C’est ainsi que les règles débutent avec des crampes et d’autres douleurs qu’il faut attribuer aux stases veineuses. Les engelures devraient aussi nous mettre en garde, mais cet avertissement est souvent négligé car on en ignore l’origine. On tente de les faire disparaître localement sans combattre les stases veineuses qui en sont la cause première. Les bains alternés ou prolongés sont indiqués, de même qu’un traitement interne.
La mode des pantalons longs conviendrait certes à beaucoup de femmes et de jeunes filles pour cacher leurs affreuses varices. Mais nous n’allons pas les plaindre puisque certaines d’entre elles sont esclaves de la mode au point de porter des souliers à très hauts talons qui contribuent à la formation de varices, en plus des sous-vêtements et des vêtements trop étroits. Dans ce contexte, il serait plus sage d’observer des règles élémentaires en matière d’habillement. De cette manière, on accorderait assez d’importance au bien-être et à la santé.
La sclérothérapie des varices
Si on ne les traite pas, les stases veineuses provoquent des varices : les veines dégénèrent, leurs parois musculaires se relâchent. Les varices se forment souvent en cours de grossesse ou pendant les couches. Il faut à tout prix les soigner car elles peuvent causer de sérieuses complications. Thromboses39 et embolies ne surviennent que dans un système veineux négligé. Si vous désirez une grossesse, un accouchement et des couches normales, Madame, surveillez vos veines !
Dès que les varices apparaissent, on désire s’en débarrasser le plus rapidement possible. Pour ce faire, on a recours à des injections de solutions hypertoniques de chlorure de sodium ou de glucose. Les vaisseaux sont ainsi mis hors d’usage. Sous le genou, la jambe possède deux veines principales extérieures et deux intérieures, tandis que la cuisse présente une veine principale extérieure et une intérieure, d’où partent de nombreuses ramifications. Si l’une de ces veines est mise hors d’usage, l’autre sera surchargée. On conçoit aisément que cette dernière risque de dégénérer à son tour car elle doit maintenant travailler pour deux. Si la tâche était déjà trop lourde pour deux, comment une simple veine pourrait-elle en venir à bout toute seule ? Ainsi viendra le moment où cette deuxième veine étant également mise hors d’usage, le sang ne circulera plus que dans les veines secondaires. Il est vrai que celles-ci peuvent se dilater et s’adapter quelque peu aux nouvelles exigences. Mais la circulation en souffrira de toute façon et d’autres difficultés surgiront. Elles deviendront plus fréquentes avec l’âge et pourront causer de graves troubles de la circulation aboutissant parfois à de graves troubles, comme par exemple à la gangrène. Une intervention malheureuse peut entraîner de tels problèmes même chez un sujet jeune. Par ailleurs, le risque de thrombose ou d’embolie augmente considérablement, comme le confirment de nombreux patients.
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